L. o"'34. — Vente Sensier. — Non catalogue
En ce sujet biblique à peine indiqué, Delacroix avait trouvé les plus touchantes attitudes du pardon. H. de la Madelènc l'a dit très justement : « La peinture religieuse exige avant tout une grande àme et un cœur profond ! L'artiste peut ne pas avoir la foi des maîtres primitifs; mais c^u'importe (^u'il s'apitoie sincèrement devant la Passion du Sauveur ou le désespoir de Marie! Le premier but de l'art est d'émouvoir les âmes, et les tableaux ne sont pas faits pour soutenir des thèses de philosophie. « Delacroix au boulevard des Italiens.)
l6o L'ŒUVRE DE DELACROIX l835
N°' 600, 601 : Le combat du Giaour et du Pacha
^ Toile. — H. o-^jB, L. o'"6o. — Daté
i835. — Exposition universellede i855.
— N'' 76 de TExposition du Pavillon de Flore, 1 878. — Vente CoUot, 1 8 janvier 1 85o : 1 ,600 fr. àM. Davin; vente Davin, 14 mars i863 : 7,35o fr. à M. Péreire; vente Laurent Richard, mai i 878 : retiré à 27,000 fr. — Gravé à Teau-forte par Massard pour le catalogue Laurent- Richard dans les dimensions de o"M3i sur o'"io8; sur bois, pour le Monde Illustré, d'après Edmond Morin, dans les dimensions deo'"iQ7 suro™i37. — Appartient au baron Gérard. — Cat. A. Moreau, pp. i39, 190, 244, 276. 2° Dessin à la sépia. — H. o'"i6, L. o'^iô. — Variante du précédent. — Voir aussi le tableau et la lithographie de 1827.
« Quel goût passionné n'a-t-il pas pour le cheval, et comme on sent qu'il aime profondément cette noble bête ! Le cheval de Delacroix est presque une créature humaine : il l'associe à toutes les actions de ses héros; il lui prête leurs passions, il lui fait partager leurs rivalités ou leurs périls. Dans les mêlées, le cheval est toujours à la place d'honneur et sa vaillance s'affirme par l'éclat des prunelles et la fumée des naseaux. Le giaour et le pacha fondent l'un sur l'autre avec furie; mais qui est le plus furieux, des chevaux ou des cavaliers ? >)
N*" 602 : Le Christ entre les deux larrons
Toile. — H. i"'85, L. i"'35. — Signé en bas à gauche et daté i835. — Salon de i835. — Exposition posthume. — Appartient à la ville de Vannes. — Cat. A. Moreau, pp. 175, 221.
M. Robaut a vu ce tableau à Vannes en iSyS et transcrit les lignes suivantes peintes sur la toile même, à droite au bas : (( Donné à la ville de Vannes par S. M. le roi Louis-Philippe roi des Français, sur la demande de M. Vigier, député du premier arrondissement électoral et membre du Conseil général du département du Morbihan. « Si l'on y tenait, la place de cette inscription était sur le cadre et non sur la toile. M. Robaut a protesté contre ce vandalisme et cette mutilation inqualifiables, dans lenuméro 23 1 du journair.4r/(i°'' juin 1879). — scène représente le sommet du calvaire. Le Christ est en avant. La croix de l'un des larrons n'est pas encore dressée. La Madeleine, étendue à terre, lève les yeux vers le Christ. — Ce tableau, acheté par l'État au prix de 2,000 francs, et donné par lui à la ville de Vannes, est resté dans l'église Saint-Paterne jusqu'en i865. A cette époque, comme il avait beaucoup souffert par suite des mauvaises conditions dans lesc}uelles il s'était trouvé placé, il fut envoyé à M. Andrieu, qui le restaura. Il est maintenant à l'Hôtel de Ville de Vannes, dans le cabinet du maire.
i835 i.'(EiJVRi-: ni: m: [.a croix nu
N" 603 : Jeune religieuse
Toile. — Esquisse. — H. o"'42, L. o'"3i. — Non signé. — Appanicnt à M. Chrisiophe. — Non catalogué par M. Morcau.
('On se rappelle ce que Diderot dit à ce peintre qui lui apporta le portrait de son père, et qui, au lieu de le représenter tout simplement dans ses habits de travail (il était coutelier), l'avait paré de ses plus beaux habits : » Tu m'as fait mon père des dimanches, et je voulais avoir mon père de tous les jours.» Le peintre de Diderot avait tait comme presque tous les peintres, qui semblent croire que la nature s"est trompée en faisant les hommes comme ils sont; ils fardent, ils endimanchent leurs figures : loin d'être des hommes ue tous les jours, ce ne sont pas même des hommes. ( Delacroix, Questions sur le beau.)
N*" 604 : Madame Delaporte
Toile. — H. o">2o, L. o"'i5. — Cat. A. Moreau, p. 236.
M. Laporte ou Delaporte était encore consul de France à Tanger en 184G, lors du voyage de Dumas en Afrique; il en est maintes fois question dans le Veloce.
N" 60^ : Félix Guillemardet
Toile. — Salon de i835. — Cat. A. Moreau.
M. F". Guiljemardet était un des meilleurs amis du maître, peut-être celui qu'il a le plus regretté. (Ecrits posthumes.) Son nom a passé maintes fois sous les yeux du lecteur.