Portrait de madame Riesener
Toile.
:o, L. o'"58. — Ni signé, ni daté. — Cat. A.
Morcau, p. 236.
Au moment même où Delacroix faisait ce beau portrait de sa tante maternelle, madame Riesener, mère du peintre Léon Riesener, il écrivait, en faveur de ce dernier, une lettre dont le destinataire est inconnu :(. N'ayant pu presque sortir depuis près d'un mois, à cause d'une indisposition assez grave qui m'est survenue, je n'ai pu, comme je le désirais, aller rappeler à votre souvenir que vous m'aviez fait espérer qu'il pouvait se trouver quelque occasion d'employer le jeune Riesener dans les travaux de Versailles. Je prends le parti d'en appeler encore ;i votre obligeance sur ce sujet. Un encouragement venu du gouvernement, si peu important qu'il soit. serait un motif d'émulation pour un jeune homme dont le talent n'a pu être encore » Delacroix travaillait lui-même alors pour le musée de Versailles
sufhsamment apprécié
au portrait du maréchal de Tourville. que nous allons décrire
l62 L'ŒUVRE DE DELACROIX l835
N*'^ 607, 608 : Le maréchal de Tourville
i" Toile. — H. 2'"2i, L. i"'44. — Gravé au burin pour les Galeries historiques de Versailles, dans les dimensions de o"^2o6 sur o'"i33. — Au musée de Versailles. — Cat. A. Moreau, pp. 91, 2o5.
2" Toile. — Esquisse. — H. o"'34, L. o'"27. — N° i38 de la Vente posthume : iGo fr. à M. Arosa. — Vente Arosa, février 1878 : 410 fr. à M. d^Anthouart. — Photolithographié par Arosa dans les dimensions de o*" 1 20 sur o^og i . — Non catalogué par M. Moreau.
Faut-il rappeler que Anne-Hilarion de Cotentin, comte de Tourville,
marin célèbre, né en 1642, nommé maréchal en 1693, mourut en 1701? — Le rapproche ment des deux compositions prouve quelle réflexion Delacroix apportait à tout ce qu'il faisait.
N'' 609 : Nature morte
Toile. — H. o"'27, L. o'^ig. — Signé en haut à gauche. — Vente posthume : 600 fr. à M. Haro. — Non catalogué par M. Moreau.
Voilà un sujet que les amants du « style noble » trouveront bien peu digne d'occuper un grand artiste. Delacroix pensait à eux, quand, dans les quelques belles pages intitulées : Des critiques en matière d'art, il écrit : « A force de voir ajouter ou retrancher à la création et parer les objets de tant d'imaginations fantasques, on a cru véritablement que rien n'était plus simple que de remettre à sa place et de polir soigneusement ce qui ne semblait qu'ébauché dans l'ordre commun. Il s'en'est suivi une espèce d'aristocratie dans les êtres qui sont du domaine des arts. Telle innocente bête a été déclarée commune, peu présentable, triste, hideuse à voir; ou bien il a fallu tant de façons pour suppléer en elle au laid ou à l'ignoble, tant de détours pour lui donner droit de bourgeoisie et l'offrir du côté honnête, qu'elle n'est plus entrée en scène que toute rebâtie et proprement accommodée au goût du jour. »
N° 610 : Cheval arabe au piquet
Toile. — H. o-^SqS, L. o™434. — Eau-forte de Bracquemond, 1857, inédite dans les dimensions de o'"345 sur o'"434. — Cat. A. Moreau, p. loi .
M. Edmond About avait communiqué la gravure de ce tableau h Dtflacroix, qui lui en envoya une appréciation sévère, trop sévère. Nous la reproduisons cependant, Car elle montre b;=n ce que le maître exigeait de ses graveurs : « On ne peut meconnaitre un sentunent très vif dans cet ouvrage. La tête du cheval surtout a beaucoup d expression et tout annonce d'heureuses dispositions; mais l'inexpérience du lavis et
du modolii des plans se fait trop sentir en général Vous me trouverez peut-être sévère,
monsieur, et il n'est pourtant personne à qui j'eusse désiré davantage d'être agréable en cette occasion. Mais vous comprendrez plus facilement que qui que ce soit que j'ai plus à perdre que tout autre dans une interprétation incomplète. Il me faut absolument un homme qui sache dessiner tout à l'ait, non pas à la manière d'un prix de Rome, mais avec une connaissance de la hgureet une habileté de main capables d'interpréter avec sûreté là où il n'y aurait que des indications légères, etc., etc. Cette science, je ne me dissimule pas qu'elle ne peut être que le fruit de longues études que la plupart des peintres eux-mêmes ne font pas. Des graveurs, les uns ne savent que calquer timidement un original, faute d'une connaissance sullisante de la gravure; les autres, par la même raison, déguisent comme ils peuvent cette insuflisance à l'aide des travaux du métier. » [Lettres, édition Burty.) — Nous reproduisons cette lettre telle que la donne M. Ikirty. On nous dit cependant qu'elle est adressée àM.Champtleurv et non à M. li. About. et qu'au lieu du mot « lavis » (ligne 6) il faut lire « dessin. »
N'^-^ôii, 612 -.Arabes d'Oran
I" Toile.— Salon de i835. — H. o'"4i, L. o"'3i. — Vente Jacob de Vos, à Amsterdam, mai i883, sous le titre : « Orientaux assis à la porte d'une maison » : 9,600 fr. à M. Langenhuisen. à Huisen. — Cat. A. Moreau, p. 176.
2° Croquis mine de plomb. — In-quarto. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
Le tableau représente, assis à terre, h la porte d'une maison, un Arabe, et devant lui, vu de dos, un Turc qui fume une longue pipe. Auprèsd'eux se tient assis sur une margelle de puits un jeune nègre qui les écoute parler. Contre la muraille, à droite, est accrochée la tète d'un homme de couleur.
N^'^éi), 614: Côtes normandes
i" Falaises de Fécamp. — Toile. — H.
o"'36, L. o'"45. — Ni signé, ni daté. — Etude, effet de pluie, commencé par madame Dalton. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
2° Ruines du château d'Arqués, près Dieppe. — Aquarelle. — H. o'"i8, L. o'"i5. — Vente posthume. — Non catalogue par
Delacroix a toujours aimé les côtes normandes. En 1854, il écrit de Dieppe à madame de Forget : « Je me lève de très bonne heure, parce que je ne trouve pas le temps long et que je ne suis pas embarrassé de ma journée. J'ai trouvé par hasard une ressource pour certains moments, dans la rencontre que j'ai faite, sur la plage, de mon ami Chenavard, le peintre. C'est un homme de beaucoup d'esprit et qui a une vraie conversation. Nous n'abusons pas l'un de l'autre, et cela renouvelle les sensations. » {Lettres, édition Burty.)
l64 L'ŒUVRE DE DELACROIX « i835
615, 616 : Falaises d'Étretat
■.~'S-="^-^"--=~ "TT-T; 1° Aquarelle. — H. o'"! 5, L. o'^ao. — V-^-' ' " "^^^^^^5' ^^^^^^^^S^^^^l!^^^ Appartient à M. de Courval-Piron. —
i^i^-^T^^^^^^^^^^ ' — Vente posthume. — Appartient à m'^AI- ■iSSS^^^B^^^'^ fred Robaut. — Non catalogué par M. Piron. ^s^^^^^^^^^^^p Notre nume'ro i représente les falaises d'Étretat du côté de ■"-^^^^^^^S^^^^^ Fécamp ; le numéro 2, les mêmes falaises du côté du Havre, avec
leur découpure et leur aiguille romanesque tant de fois reproduites par les pemtres. — Dans une vente d'autographes du i^i- juin i883, nous avons trouvé la plus ancienne lettre connue de Eugène Delacroix; elle est datée du 10 janvier 18 14. Il y parle de son premier voyage en Normandie, de son premier séjour à Valmont, tout près d'Etretat, de ce Valmont, ancienne abbaye de Bénédictins, qui lui a inspiré une foule d'idées « romantiques. » Le mot y est, en 18 14!
N'''' 617, 618 : L'église de Therouldeville, près de Valmont
'^^^^M '° sacristie — Aquarelle. — H. ''I^^^^^^^^y l^^^^^^^^pl M. Lambert-Bornot. — Non catalogué
^ H. o™i35, L. o'"24o. — Vente^posthume ■ à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
En septembre 1834, Delacroix écrit à F. Villot : « Je suis devenu si paresseux icj, que le plaisir de causer un peu avec vous ne m'empêche pas de songer^à la tatigue extrême de tailler une plume et de chercher du papier pour le faire. Je ne sais, pour ainsi dire, que végéter. Quelques excursions rares aux environs et à la mer complètent mon existence, qui est adaptée aux mœurs de la province. « (Lettres^ édition Burty.)
N'' 619 : Le Roi des Aulnes
^y^^^^^^^^'^t^'- ^^^-^^ ^^P^^- — o™2io, L. o™3o5. — Appartient à madame
^M'^---^'^ Pierret. — Non catalogué par M. Moreau. fj^'^ff^^^^^^^^^i^^^i Nous ignorons si Delacroix a jamais repris ce projet et s'il en &'^^''Pu^^^^^^^^^ a fait un tableau. Nous ne trouvons pas dans son œuvre d'autre 1/ ' ' ^'"^'^^ composition d'après la célèbre ballade de Gœthe, que la musique de Schubert a rendue si populaire : n Voyez ce % ^^^^"^^ cavalier hâtant le pas. — Il tient son fils, qu'il réchauffe en ses bras; ... la nuit est noire, au loin gronde l'orage, ... le vent mugit avec fracas. — Le pïere : « Mon fils, pourquoi me cacher ton visage? « — L'enfant : « Mon père!! là!! Je viens de le voir, ... le roi des Aulnes, le spectre noir !! « — Le père : « Mon fils, c'est un brouillard du soir. »