Parc de Valmont
Aquarelle. — H-o*"! 5o, L. o'"235. — Partie du n" 597 delà Vente posthume : 120 fr. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.
La vue est prise de l'habitation d'où Delacroix écrit à Frédéric V'illot : (1 Je suis ici tort désappointé par ce temps effroviible qui ne
v:^-<^.^ — - -, cesse de régner. Les ouragans se succèdent continuellement, et la
pluie n'a eu de relâche qu'un jour à peu près. Vous concevez combien cela est attristant, quand on se trouve au milieu d'un pays charmant, dont la verdure est encore comme au mois de mai et qui offrirait de si jolies promenades. La mer est bouleversée; j'ai eu le plaisir de la voir dans un fort bel état de fureur, mais il a fallu me faire tremper pour y aller et pour en re\ enir. »
N" 62 1 : Paysan de Frépillon
Aquarelle. — In-quarto. — Appartient à madame Théophile ■^^^^Êk Silvestre. — Riesener en avait fait un grand tableau — Non cata- ^^^Pi loguc par M. Moreau.
En regard de ce type si curieusement étudié, il est intéressant de placer les irf)nics du maître écrivant : « Les écoles modernes ont proscrit tout ce qui s'écarte de l'antique régulier; en embellissant même le Faune et le Silène, en ôtant des rides à la vieillesse, en supprimant les disgrâces inévitables et sou\xnt caractéristiques qu'entraînent, dans la représentation de la forme humaine, les accidents naturels et le travail, elles ont donné naïvement la preuve que le beau ne consistait pour elles que dans une suite tic recettes. Elles ont pu enseigner le beau, comme on enseigne l'algèbre, et non seulement l'enseigner, mais en donner de faciles exemples. Quoi de plus simple, en effet, à ce qu'il semble? Rapprocher tous les caractères d'un modèle unique, atténuer, effacer les différences profondes qui séparent, dans la nature, les tempéraments et les âges divers de l'homme, éviter les expressions compliquées ou les mouvements violents, capables de déranger l'harmonie des traits ou des membres, tels sont en abrégé les principes à l'aide desquels on tient le beau comme dans sa main! Il est facile de le faire pratiquer à des élèves et de le faire transmettre de génération en génération, comme un dépôt. « [Questions sur le beau.)
N" 622 : Le connétable de Bourbon
sociale à Goethe
Croquis mine do plomb. — H. o"'24, L. 0"'2o. — Non catalogué par M. Moreau.
Ce dessin est extrait d'un album donné par Jennv Le (niillou à M. (constant Dutilleux. Le motif, représentant le connétable tie Bourbon poursuivi par sa conscience, est emprunté au Sac de Rome du mystique, doux et
J laid Ballanche, un des timides soupirants de mailame Recamier, un des caudataires de Chateaubriand, qui a dit de lui : « Ce génie théosophe ne nous laisse rien à envier h l'Allemagne et à l'Italie. » Les grands hommes ont de ces mots écrasants. Comparer l'auteur de la Paliuf^dnésie
et à Dante! Le pavé était trop lourd. Le pauvre Ballanche en reste écrasé.
î6d L'ŒUVRE DE DELACROIX l835
N''^62 3, 624 : Croquis à la plume
i" Courrier espagnoL — H. o'"22, L. o"M' Daté « i3 janvier 35 ». — Vente Pierret, mai — Non catalogué par M. Moreau.
2° Femme assise. — H. o"'2o, L. o"Uj. — Daté « i3 Janvier i835. » — Appartient à madame Jules Michelin. — Non catalogué par M. Moreau.
0 On a raison de trouver que l'imitation de l'antique est excellente, mais c'est parce qu'on y trouve observées les lois qui régissent éternellement tous les arts, c'est-à-dire l'expression dans la juste mesure, le naturel et l'élévation tout ensemble; que, de plus, les moyens pratiques de l'exécution sont les plus sensés, les plus propres à produire l'effet. Ces moyens peuvent être employés à autre chose qu'à reproduire sans cesse les dieux de l'Olympe, qui ne sont plus les nôtres, et les héros de l'antiquité. Rembrandt, en faisant le portrait d'un mendiant en haillons, obéissait aux mêmes lois du goût que Phidias sculptant son Jupiter. »
N*' 62 ^ : Lion regardant marcher une tortue
Dessin à la plume. — H. o"Uj, L. o"'24. — Vente posthume n° 474; acheté 400 fr. par M. le baron de Laage. — Reproduction facsimilé par A. Robaut dans les dimensions de o"^iy sur o'"24. — Gravé sur zinc pour V Illustration du 29 octobre 1864. — Cat. A. Moreau, pp. i3(5 et 325.
n A chaque tentative audacieuse de ceux qui veulent qu'on donne aux choses leur figure véritable, et non une tournure de bonne compagnie ou d'opéra comique, les critiques se prévalent d'un certain type, enfant de leur cerveau, courent à la défense des principes avoués par les gens de goût, et, tenant fort à l'étroit les téméraires et les novateurs, démontrent de même comment la nature tombe aussi dans de grandes divagations. Ils ont en cela merveilleusement aidé l'essor de la médiocrité dans tous les genres. « [Des critiques en matière d'art.) Article de Delacroix dans la Revue de Paris, 1829.
'N" 626 : Toit de chaumière et groupe d arbres
Lithographie, croquis sur une feuille avec trois autres croquis, par madame Dalton.
— H. o-^\33, L. o'"i2 2.|— Vente De La Combe : 8 fr.; vente posthume : 7 fr.; vente Villot, décembre 1875 : 4 fr. à M. Robaut.
— Cat. A. Moreau, p. 33.
Ce dessin se trouve à droite dans le bas d'une feuille contenant trois autres croquis de paysage exécutés par madame Dalton, élève de Delacroix, et non pas par Paul Huet, comme l'indique le catalogue de la vente De La Combe. — Nous donnons le fac-similé de la page et la reproduction en plus grand du croquis de Delacroix.
l83() L'ŒUVRE DE DELACROIX 167
Année i836'
N" 627 : Saint Sebastien secouru par les saintes femmes
Toile. — H. 2"'i5, L. 2"^6. — Gravé à Tcau-fortc par Salmon, dans les dimensions de : H. o"'ioo, L. o'"i2q. — Eau-forte de Boilvin, dans les dimensions de : H. o"'o9, L. o'"i28. — Salon de i836. — Appartient à réglise de Nantua. — Cat. A. Moreau, pp. qû, 176, 222, 264.
Acheté par l'Etat au prix de 3, 000 fr., ce tableau a été vendu par la fabrique de Nantua en 18Ô9, pour la somme de 23, 000 fr., à M. Brame. L'atraire lit grand bruit. Le conseil municipal, qui n'avait pas donné son autorisation, assigna la fabrique et demanda contre M. Brame la nullité de la vente. Le tribunal de Nantua maintint le marché. Appel fut interjeté et la cour de Lyon a annulé la vente consentie a M. Brame. La cour de Lyon a ainsi consacré ce principe que les objets d'art donnés aux fabriques font partie du domaine public et ne peuvent, en conséquence, être aliénés. L'arrêt est de décembre 1873. — Outre les eaux-fortes ci-dessus mentionnées, il faut, pour être complet, citer aussi une lithographie de Menut Alophe. Delacroix, en ettct, écrivait le 25 mars iS36à M. de Cailleux, sous-directeur des musées royaux du Louvre : « .le vous serais bien reconnaissant s'il vous était possible de faire mettre momentanément mon tableau dcSaint Sébastien dans un lieu où il pût être dessiné par M. Alophe, qui vous remettra cette lettre. »
N" 628 : Saint Sébastien. — Esquisse
Toile. — H. o'"24, L. o"'32. — Phoioliihographie Arosa : H. o'"098, L. o"'i24. — Vente Arosa, février 1878 : i,3oo fr. à M. Rouart. — Non catalogué par M. Moreau.
N° 629 : Tête d'homme à barbe. — Étude
Toile. — H. o"'44, L. o'"36. — Epreuves lithographiques obtenues
far cliché sur verre, essai de M. A. Robaut, dans les dimensions de [. o"M42, L. o'"ii6. — Vente hôtel Drouot, 28 décembre 1874: !o5 fr. — Non catalogue par M. Moreau.
Tète avec emmanchement de buste; la tète seule est terminée. Delacroix avait donné cette étude à M. Jules (îaripuy, professeur de peinture à Bordeaux, en i838. La singulière indication des épaules, en cette étude, n'esteile pas sortie de la brosse du peintre dans une de ces heures d'ennui et de découragement, dont il se plaint dans une fort belle lettre h Villot en cette même année i83b ? « Un des caractères du découragement est de vous faire considérer votre profession comme inutile à vous et aux autres. La paresse, d'accord en cela avec l'humeur noire qui teint tout à vos yeux, dépouille de son cnarme le plus grand la po^^sibilité de travailler, lequel charme est cette possibilité même... ■> {Lettres, édition Burtv.)
N° 6jo : Musiciens arabes
Aquarelle. — H. 0^40, L. o"'jo. — Signé, et daté i836.
— Voir à Tannée 1848. — Gravé à Teau-forte par Laguillermie, pour le catalogue de la vente Faure, dans les dimensions de : H. o'"o83, L. o'"i22. — Vente Demidoff, i3 janvier i863 : 2,100 fr. à M. Bouruet-Aubertot ; vente Duval, i3 juin 1873, retiré à 1,000 fr. ; vente Faure, juin 1873: 8,5oo fr.; vente de madame R. F., 17 mars 1876 : 3,5oo fr.; vente Marmontel, i883 : 700 fr.
— Cat. A. Moreau, pp. 184 (note), 290, 292.
La composition est la même, à peu de chose près, que celle du tableau du musée de Tours, Musiciens et bouffons arabes. L'aquarelle est très soignée, mais dure et manquant d'air. Le tableau de 1848, au contraire, est un joyau dans l'œuvre de Eugène Delacroix.
N°6^i : Arabe assis au coin d'une rue
Lavis. — In-quarto. — Vente posthume; vente Sensier, 1877. — Non catalogué par M. Moreau.
On est stupéfait de l'immense quantité de motifs que Delacroix a rapportés de son rapide voyage au Maroc. Il n'exagère donc pas quand il dit, dans une lettre publiée Y^arV Autographe : « En fait de compositions tout arrêtées et parfaitement mises au net et prêtes pour l'exécution, j'ai de la besogne pour deux existences humaines, et quant aux projets de toute espèce, c'est-à-dire à de la matière propre à occuper l'esprit et la main, j'en ai pour quatre cents ans; jugez si j'ai le temps de me promener comme mes honorables confrères qui, je pense, pour
iii^ liuiiui tiuicb cuulicici qui, je pense, p<
la plupart, trouveront du temps de reste pour tout ce qu'ils ont à tirer de leur cerveau. »
N°^6p, 6)] : Un astronome en observation
1° Sépia. — H. o"'2o, L. o'"i8. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalo gué par M. Moreau. 2° Crayons de couleur. — H. o'"20, L. o"'22. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalogué par M. Moreau.
Nous avons eu occasion de citer une lettre de Delacroix où il parle, dans les meilleurs termes, de son ami Chenavard, (-homme de beaucoup d'esprit et qui a une vraie conversation.» M. Chenavard, philosophe autant que peintre, sinon plus, est l'auteur de compositions historiques destinées à la décoration du Panthéon et qui ne recurent pas leur destination, ainsi que d'une vaste peinture philosophique intitulée Divina Tragedia.Chnv\&\. Del acroix, Chenavard, Comairas, Lelièvre se réunissaient quelquefois le soir pour dessiner et causer chez Poterlet, leur ami commun, qui, plus tard, s'empoisonna avec de l'opium.
LCKIJVRK HE I) K I . A C R O I \
N" 6} 4: George affublé d'une armure
Plume et lavis encre de Chine. — H. o"'i9, L. o'"25. — Appartenait à M. G. Arosa. — Non catalogué par M. Moreau.
Scène de Gœtz de Berlicliingen. (Acte I, scène II.) Une auberge au milieu des bois. — Gœtz :« George ! Il n'entend pas. George! George!» — (îeorge arrive, affuble de l'armure d'un homme fait. — Gkouge : (1 Monseigneur! — Gœtz. Où étais-tu donc' As-tu dormi? Que diable signifie cette mascarade ? Mais sais-tu bien que tu as fort bonne façon? Approche, mon enfant, ne rougis donc pas; ce n'est pas la bravoure qui te manque, c'est plutôt un peu de taille... Cela viendra. C'est la cuirasse de Jean — Gkorgk. Oui, monseigneur. 11 l'a ôtée pour dormir un instant. — Gœtz. 11 est plus délicat que son maître. — Gf.okgk. Ne vous fâchez point, je la lui ai prise sans bruit, j'ai décroché du mur la vieille épée de mon père, j'ai couru dans la prairie, et là, je l'ai tirée hors du fourreau. — (îœtz. Et tu as frappé d'estoc et de taille tout ce qui était autour de toi, n'est-ce pas ? Tu as dù bien arranger les buissons! Jean dort-il? — Geougk. Vous l'avez réveillé en m'appelant, et c'est lui qui m'a crié que vous me demandiez. Je voulais d'abord me débarrasser de cette armure, mais vous m'avez appelé deux ou trois fois de suite.»
: L'Évêque et Adélaïde jouant aux échecs
Croquis à la mine de plomb. — H. o'"iy, L. o'"22. — Appartient à M. Burty. — Non catalogué par M. Moreau.
Scène de Gœtz de Berlichingen. (Acte II, scène I.) Château de Bamberg. — Un salon. Adélaïde : « Vous n'êtes pas à votre jeu. Echec au roi! — L'kvèque. Il y a encore de la ressource... — Liebetr.vut. On appelle cela un jeu royal; on prétend qu'il fut inventé pour un roi et que ce roi inonda l'inventeur d'une mer de générosités ! Si ce n'est pas un conte, il me semble que je vois ce prince-là. Pauvre d'esprit... ou d'années, sous la tutelle de sa mère ou de sa femme, il avait un peu de duvet au menton et quelques poils d'un blond fade autour des tempes; frêle comme un jeune saule, il jouait volontiers aux dames avec les dames, non par passion. Dieu l'en garde! mais par passe-temps. Son gouverneur, homme trop actif pour être un savant, trop roide pour être courtisan, inventa « ad usum Delphini » ce jeu où Sa Majesté se trouvait si dignement représentée... et ainsi du reste. »