‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 52 sur 114 · IS · texte numérisé non relu

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L'ŒUVRK IM: DKLACROIX 19'.^

ni conntiîtrc, ni par conséquent admirer! Cette impossibilité d'admirer est en proportion de l'inipossibilitii de s"élever. C"est aux intelligences d'clite qu'il est donne de réunir dans leur prédilection ces types diflerents de la perfection, entre lesquels les savants ne voient que des abîmes. Devant un sénat qui ne serait composé que de grands hommes, les disputes de ce genre ne seraient pas longues. Je suppose réunies ces vives lumières de l'art, ces modèles (Je la grâce ou de la tbrce, ces Raphaël, ces Titien, ces Michel-Ange, ces Rubens... je les suppose reunis pour classer les talents et distribuer la gloire, non pas seulement à ceux qui ont suivi dignement leurs traces, mais pour se rendre entre eux la justice que l'assentiment des siècles ne leur a pas refusée : ils se reconnaîtraient bien vite h une marque commune, ii cette puissance d'exprimer le beau, mais d'y atteindre chacun par des routes diOérentes. »

N** 714 : Justice de Trajan

x=^mÊi\vy'*r loile. — H. 4"'95, L. i"'gG. — Signé a droite au bas "^j^^vB^^- 5 . ? et date. - Lithographie par Challemel dan.s les dimen- '^^•HfâiiS—^- ^ ^' 1^- o"'i45. — Salon de 1840.— ■ ÉK^^^ i^^' E^Ppsi^'on universelle de i855. — Appartient au musée 1^^- m^^K^ % -oM '■^^ f^oucn. — Cat. A. Moreau, p. iiq, 178, 199. Ip'^/' ASSr^i^^nÉlJ^ Ce tableau fut payé au maître 6,000 fr. Il a subi de grandes i^i'"^''- '■\ïl0T/^7(i^^ÊÈ~<-'Si ' M restaurations ; on a dû remplir d'énormes crevasses qui s'y M^-'-^''^^JSii^^^^SB^^^^^è^^ étaient formées.

'^^^ù^^^'J^^^y^ i " Qu^^""*^ ^'crs de M. Antony Deschamps, traduits de Dante, ^ ^v!^^2(v-*^ar^r^ ^ »^ fourni le sujet de la justice de Trajan, dit Théophile ^^^"^^BK-^^yP-^' 'rW^^d^^M Gautier, dans les Beau.v-Aris en Europe. mia^^c^^v^u^-^rk^'Sm ^''^'^^''^ était lii, de douleur insensée,

S'etlorçant d'arrêter la marche commencée : H^^^^V^^^Bâi^^fi^^^^^^ Autour de l'empereur s'agitaient les drapeaux, WÊÊÊKSÈÙ^^^^^^^i) terre tremblait sous les pieds des chevaux.

kISE 0 Cette action n'est pas de celles que la peinture puisse rendre

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soires, d'admirables ressources à l'artiste. Que Trajan se soit arrête et n'ait continué sa marche triomphale qu'après avoir fait rendre justice à la pauvre veuve, c'est ce qu'il n'est pas aisé de deviner à l'inspection du tableau; mais qu'importe r — Cette riche architecture, ce ciel qui luit à travers les colonnes, cet empereur, étincelant dans sa pourpre, sur son cheval cabré, au milieu des généraux, des vexillaires, des soldats, des écuyers et du peuple, ces trophées, ces étendards, ces clairons droits, ces buccines recourbées, ces armes, ces cuirasses, ces draperies, forment un admirable et splendide ensemble. — La Justice de Trajan est peut-être comme couleur la plus belle toile de M. Eugène Delacroix, et rarement la peinture a donné aux yeux une fête si brillante : la jambe s'àppuyant, dans son cothurne de pourpre et d'or au tlanc rose de sa monture, est le plus frais bouquet de tons qu'on ait jamais cueilli sur une palette, même a Venise. »

j\ y ji6 : Portraits de Jenny Le Guillou et de sa fille

Toiles. — Léguées par Jenny Le Guillou à M. Duriez. — Cat. A. Moreau, p. 238.

C'est sur des toiles distinctes de 10 à 12, et non sur une seule, comme le donnerait à penser la mention qu'en fait M. Moreau, que Delacroix a peint de grandeur nature ces deux portraits, qui, dit-on, sont au Louvre, mais non exposés. La mère est en bonnet, la fille en cheveux.

N"'7i7, 718, 719, 720, 721, 722 : Froissart, Calvin, Régnier, Rabelais

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2°et 3°M. G.Villot possédait, eniSyb, un croquis qui lui venait de son père; ce dernier avait, en effet, posé en costume pour Froissart. On a pu voir un croquis semblable à la vente de M. Edouard Rodrigues, en octobre 1878.

N"^ 72}, 724 : Croquis à la plume

^^Ê^^^^^ Tigre en marche.- — H. o'"o5, L. o'"o9. — Dessiné en soirée ^^^^^^^p^ sur du papier à musique. — Appartient à madame veuve ^^^^^L\^ Jules Michelin. — Non catalogué par M. Moreau. ■^^^^^^^^-è^JszS^M^"^ 2" Lion couché et homme vu de dos (fragmentsl. — H. o"'22, L. o'"2q. — Reproduction en fac-similé par A. Robaut, dans ^'c:^-^^ -v/ les mêmes dimensions. - Vente posthume à M. Paul Huet. — Vjff '^on catalogué par M. Moreau.

''^^r^^>î^r'~^^^:s fac-similé du n° 2 sont reproduites les cinq lignes suivantes, '^^CJr W'^'' extraites d'une autre feuille : « Faire un choix dans la nature. On . --- . - - Y^fii " f^it î'"ss adroitement une loi parce que les trois quarts du : : ' /^ç/f^l « temps, la nature se passe des contrastes. C'est donc par impuis- ' « sance qu'on choisit, parce que les moyens de l'art sont bornés, « et qu'il lui faut toujours sacrifier une chose pour en faire valoir une autre. »

N° 725 : Madame Viardot et George Sand

'"Ti f-V^ F'' Croquis à la mine de plomb. — H. o'"23, L. o'"34. — Datés du i-M CvVfl 29 janvier 1 840. — Non catalogué par M. Moreau.

i3v-' « S'il entend Franchomme ou Chopin, Allard, Prudent, Delsarte ou (A. y Alcan, dit M. Moreau, ou bien encore quelques-unes de ces indivik. dualités du grand monde que le talent à su élever à la hauteur de véritables artistes; si leurs doigts merveilleux rendent comme il la comprend la musique de ses maîtres favoris, oh! alors, son bonheur n'a pas d'égal.... Que madame Viardot lui fasse connaître un vieil air de Gllick, il en rêvera des semaines entières, et le résultat de chacune de ses soirées sera pour le lendemain une journée de travail productif où son pinceau puisera de sublimes inspirations. »

N°726 : Portrait de madame Bornot

^^fet. Dessin à la mine de plomb. — H. o"'2i, L. o"M6. — Exécuté à Valë''^S mont, en septembre 1840. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué ^^^5^^ par M. Moreau.

^oni l'œuvre de portraitiste est bien à tort compte pour si peu dans j( • renscmblc de ses ouvra£;cs, avait au contraire la passion du portrait, si l'on / '^î^!>'^)'^" i.^S'^ P^T le nombre considérable d'images de ce genre, qu'il a laissées. V. Il n'a jamais négligé l'occasion de taire un portrait. Pourquoi? Parce que ce grand artiste qui portait dans son cerveau tout un monde de figures héroïques, appartenant à tous les âges de l'histoire, s'inspirait surtout de la réalité moderne, de la nature vivante, et non des canons de l'esthétique académique. Il demandait au portrait de le familiariser avec la vie même, avec l'expression de la pensée et du sentiment intérieur, alors que l'antique ne lui eût fourni que la symétrie et la belle proportion des traits. Aussi dit-il quelque part : « Le Silène est beau, le Faune est beau, le Socrate même est beau; cette tète est pleine d'une certaine beauté, malgré son petit nez épaté, sa bouche lippue et ses petits yeux. Elle ne brille pas, il est vrai, par la symétrie et la belle proportion des traits, mais elle est animée par le reflet de la pensée et d'une élévation intérieure. Encore, le Silène, le Faune et tant d'autres figures de caractère sont-elles de la pierre dans rantic|uc. On concevra facilement que la pierre, le bronze et le marbre demandent, dans 1 expression des traits, une certaine sobriété qui est de la raideur et de la sécheresse, quand on l'imite en peinture. Ce dernier art, qui a la couleur, l'efi'et qui se rapproche davantage de l'imitation immédiate, admet des détails pluspalpitants, moins conventionnels.»

N"'* 727, 728 : L'Envie

^ V // - ^ " fel*^ ' iiïî^' ' tV^^:^ Croquis à la mine de plomb. — i "^k:' ' \\ W^W^^^^^"'- 0-23. - Non catalogué

^ /? A îf f ^f^"^-' '^ par M. Moreau. i-^^^^N^^^^ '<V "^^^ 2» Croquis à la plume et à la mine de VX^5^..f=^ ^ySC^g;^, plomb. - H. 0-28, L. 0-37. - Re- ' ^^aJJ ^ produit en fac-similé à deux tons Vlviiy^V^^ < ""vi^Év^^.^^^^ par A. Robaut, dans les mêmes di- ^^-Sir^^jV»^'^' " mensions. — Vente posthume à '^■^ T^""^^^<<:^^^ M. Scnsier. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix a beaucoup travaillé ce motif allégorique de l'Envie, où il montre, sous l'image de Dante, dans le second croquis « le mérite arrivant à la renommée, malgré les mauvais génies. » Assurément, pendant que sa main traçait les lignes de cette allégorie, il avait au cœur l'amertume des injustices dont il devait rester l'objet jusqu'à sa mort, et qui lui firent écrire les quelques pages intitulées : « Des critiques en matière d'arts, » où nous lisons ceci : (( Les arts sont un vaste domaine dont ils ont tous la clef dans leur poche, et où ils n'admettent personne ; seulement ils disposent des lunettes au travers desquelles on se fait, si l'on peut, une idée sommaire de ce qui s'y passe. Ces dragons vigilants sont là pour vous avertir, vous, public, comment vous devez jouir ; vous, musiciens, peintres et poètes, pour vous diriger sur la scène au moyen de fils dont ils tiennent le bout, et pour encourager vos efforts, s'il y a lieu. Ne perdez pas trop courage si, au milieu du plus doux accès de vanité et quand vous vous croyez assuré du triomphe, vous vous sentez tiré rudement par votre chaîne. C'est pour vous avertir que vous allez trop loin, que vous perdez le respect, ou que vous manquez de grâce. Baisez la main de ces vizirs du public, gardiens de l'honneur de l'art.»

729, 7^0: Études de nu

1° Torse d^homme vu de proHL — Croquis aux deux crayons. — H. o"^27, L. o'"22. — Daté : « 3o décembre 1840. » — Non catalogué par M. Moreau. 2° Torse de jeune homme vu de face. — Croquis aux deux crayons. — H. o"'3g, L. o"'26. — Daté du 22 août 1840. — Non catalogué par M. Moreau.

. . «Le beau ne se transmet ni ne se concède comme l'héritage

d une ferme ; il est le fruit d'une inspiration persévérante, qui n'est qu'une suite de labeurs opiniâtres; il sort des entrailles avec des douleurs et des déchirements, comme tout ce qui est destiné à vivre; il fait le charme et la consolation des hommes, et ne peut être le fruit d'une application passagère ou d"une banale tradition. Des palmes vulgaires peuvent couronner de vulgaires efforts; un assentiment passager peut accompagner, pendant la durée de leur succès, des ouvrages enfantés par le caprice du moment; mais la poursuite de la gloire commande d'autres tentatives; il faut une lutte obstinée pour arracher un de ses sourires. «(Eugène Delacroix, Questions sur le beau.)

N° yji : Études d'hommes nus

i-''- Croquis à la plume. — H. o"'20, L. o™3i. — Daté au bas: « 25 décembre 1840. » — Publié en fac-similé par A. Robaut, n" 57, dans les dimensions de: H. o'"2o, L. o"^3i. — Vente posthume. — Cat. A. Moreau, p. i36.

Ce sont là de ces notes prises sur le vif, que Delacroix multipliait dans ses cartons, et qu'il consultait ensuite, pour la mise en œuvre de ses compositions. Je ne sais, en effet, si j'ai dit que jamais il ne faisait poser le modèle quand il exécutait un tableau. « Le modèle, avait-il coutume de dire, n'entre jamais dans le mouvement que vous avez vu avec l'œil de votre imagination; loin de se passionner, d'accuser le geste avec énergie, il se fatigue et devient de plus en plus glacial. D'un autre côté, la nature a une telle puissance, un tel attrait, que si elle pose devant vous quand vous tenez le pinceau, vous ne pouvez résister au charme de la copier. Vous faites peut-être une série de belles études, mais vous finissez, à coup sûr, par produire un détestable tableau. »

N*"^ 7^2, 73^ : Études de lions

]° Lion tenant un lièvre dans ses pattes. — Croquis à la plume. — H. o'"2 10, L. o"'340. — Publié en fac-similé par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume n° 475 : 280 fr., à M. le baron de Non catalogué par M. Moreau.

2'' Lion emportant une femme. — Croquis à la plume. — • H. o'"i3, L. o'"27. — Publié en fac-similé par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume à M. Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau.

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