‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 53 sur 114 · I.ACKOlX · texte numérisé non relu

I.ACKOlX

Année 1841

N° 7^ : Prise de Constuntinople par les Croisés

Toile. — H. 4"'[3, L. 5"'oo. — Daté au Lxis. — Lithographie par Jorcl et par Lassalle, dans les dimensions de : H. o'"i 76, L. o'"2i5, et de : H. o'"i63, L. o'"20i. — Grave au burin par Frilley, en deux dimensions, pour les « galeries de Versailles » : i" H. o'"234, L. o'"28o; 2" H. o"'o99, L. o'"i2i. — Reproduit à Taquatinie, par Dcsmadrvl, dans les dimensions de : H. o'"ib4, L. o"'2o<). — Gravé sur bois pour le Maf^asin pittoresque dans les dimensions de : H. 5"'i3o, L. o"'i5o, et, pour le Monde illustré, dans les dimensions de: H. o'"2 24, L. o'"32o. — Salon de 1841. — Voir à Tannée i852. — Appartient au Musée de Versailles. — Cat. A. Moreau, p. 75, 90, 179, 2o5, 258.

Le ministère des Beaux-Arts a commandé une copie de ce tableau à M. Charles de Serres, avec l'intention de la substituer à l'œuvre originale qui viendrait au Louvre.

N°73^ : Épisode de Tentrée des Croisés

Dessin. — H. o"'i20, L. o'"i55. — Signé en bas à droite. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque (1841), dans les dimensions de: H. o"M2o, L. o'"i55 — Photolithographié par Arosa, cl reproduit en fac-similé inédit par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. y5.

C'est le beau groupe des deux femmes qui occupent le premier plan à droite de la composition, aux pieds du cheval de Baudouin. Le dos de la jeune femme blonde, écheveléc, à demi-nue, accroupie sur le sol, rappelle, par la splendeur nacrée de la carnation, celui de la femme debout dans la Mort de Sardanapale.

N° 736 : Les miracles de saint Benoit. — D'après Rubens

Toile. — H. i"'3o, L. l'^qS. — N" 162 de la Vente posthume : 6,5oo fr. à M. Emile Pércirc. — Vente Péreirc, 6 mars i852 : 18,000 fr. à M. Ikame. — Collection particulière du roi des Belges. — Cat. A. Moreau, p. 319.

Delacroix, à ce que rapporte AL Tencc, avait fait cette copie cliez M. George, expert, en 1841, rue Je la Fontaine-Molière. Cette copie est très librement faite, l'artiste ne s'est pas attaché à être exact autrement que d'aspect et d'impression.

N° 7^7 : Suzanne au bain. — Esquisse d'après Rubens

Toile. — H. o"^27, L. o'"35. — Lithographié à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o^ioSS, L. o"'ii3, et cliché pour le catalogue de la vente C. Dutilleux. — Vente Dutilleux, mars 1874 • 4°^ fr- ^ Michel Cerf. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette esquisse a été faite de souvenir d'après une des plus énergiques compositions de Rubens, au retour d'un voyage en Belgique et avec l'aide d'une ancienne gravure sur bois de Christoffel legher. Le grand caractère de cette composition avait dû séduire Delacroix. C'est qu'ici Suzanne se défend sérieusement, alors que dans la plupart des compositions faites sur ce sujet, elle a l'air d'une victime complaisante.

N° 738 : Cavaliers marocains au bord du fleuve Sebou

Panneau de carton. — H. o'"26, L. o"'33. — Appartient à M. de Courval-Piron. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix avait offert ce petit paysage, œuvre d'une délicatesse exquise, à mademoiselle Piron, fille aînée de l'exécuteur testamentaire du maître. Celle-ci plus tard étant entrée en religion, le donna à son beau-frère, M. de Courval. — Une haute montagne éclairée par le soleil couchant jette sa grande ombre sur de vastes terrains qui descendent par degrés jusqu'au bord du fleuve, où une troupe de cavaliers pénètre pour faire baigner les chevaux à la fin d'une journée chaude.

N° 739 : Cavalier arabe se chauffant

cheval

Xoile. — H. o'"34, L. o'"29. — Signé à droite, non daté. — Vente D., 23 janvier i85o : 38o fr. à M. Soultzener. — Cat. A. Moreau, p. 267.

M. Moreau catalogue ce tableau sous le titre de: «Arabe et son coursier », titre qui rappelle trop les romances et le roman sentimental de la Restauration, Malek-Adel et consorts, avec lesquels l'esprit de Eugène Delacroix n'a rien de commun. — Ici le cavalier descendu de son cheval bai brun est assis, tenant son fusil entre les jambes, et se chauffe à un feu de broussailles. Dans sa description, M. Moreau dit que l'homme tient le bride. C'est une erreur, une très légère erreur à rectifier.

N° 740 : Chevaux au piquet

Toile. — Vente Binant, 6 février 1844 : 35o fr. à M. Meffre. — Vente Durand-Ruel,

28 janvier 1845 : 460 fr. à M. Tedesco. — Cat. A. Moreau, p. 266.

« Des Arabes tiennent leurs chevaux par la bride ; l'un d'eux plante un piquet en terre. )>

i;(KUVKi': Di: di: la croix

N'"" 741, 742, 74^ : Sainte Victoire et saint Jean

insuffisante le grand 3" Nous avons vu ch première pensée de

i"ct 2" Toiles. — H. 3"'87, L.o'"87. — Cartons camaicu pour des vitraux destinés à Tcglise paroissiale d'Eu. — (îravc sur zinc d'après un dessin au trait de A. Robaut, pour l'Art, dans les dimensions de : H.o'"268, L.o'"6o3. — .Xppartcnant à la manufacture de Sèvres. — Cat. A. Moreau, p. 223.

Derrière chacun de ces deux cartons, on a colle deux étiquettes. On lit sur l'une : « Sainte Victoire, par M. Kugène Delacroix. — Pour les fenêtres latérales du portail de TEglise d'Eu (S41. 0 On lit sur l'autre : « Manufacture royale de porcelaine de Sèvres. — 1™ division, T'hélasse, 1"' ordre. — Section D. § 11. An i84t, n" 6.» Pour le saint Jean, il n'y a de différence que dans le numéro qui est coté « n" 5. B. 1) Tous les deux portent la date de i!^4i, époque à laquelle le maître les a faits. — Les cartons sont peints à l'huile en camaïeu et sont légèrement rehaussés de couleurs dans les ornements du haut et du bas. L'exécution en verre ne rend que d'une façon bien caractère sculptural de ces deux figures.

ez iM. le comte Doria, à Orrouv (Oise), un croquis de ces deux figures, ce double sujet qui faisait partie du n" 342 de la Vente posthume.

N"'' 744, 74^' : Études de fauves

^.^ i" Une lionne qui se lèche. — Sépia au trait. —

^^^f^-^^ >^^/ ^' ^' o"'-'- — Reproduit en tac-similc inédit

-"i'S'ji'^'^^^-iii par Émile Vernier, en 1864, dans les dimensions de : H. o"'i5o, L. o"'2io. — Cat. A. Moreau, p. 92. 2° Un jaguar. — Dessin au crayon. — H. o"M2r), L. o"'20o. — Partie du n" i()6"de la Vente posthume. — Reproduit en une photolithographie inédite par Arosa, dans les mêmes dimensions. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix a conservé jusqu'à sa dernière heure l'amour des grands félins. Il n'est pas d'année où il n'en ait reproduit quelqu'un. Un de ses derniers tableaux représentera une panthère.

N*'^ 746^ 747 : Musicien juif de Tanger

1° Dessin à la plume. — H. o"'i i5, L. o"'i5o. — Signé à gauche en bas. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque 11842), dans les dimensions de : H. o'"i i5, L. o'"i5o. — Cat. A. Moreau, p. 75.

2° Aquarelle. — In-quarto. — Vente Baroilhet, 12 avril 1862: 355 fr. — Appartient à M. Choquet. — Cat. A. Moreau, p. 290.

Assis à terre, les jambes croisées, le musicien promène l'archet sur une .sorte de violon à deux cordes. Un tambour de basaue est posé près de lui. On reconnaît là une des figures du tableau de la Noce juive. ( Voir plus haut, n^èSy. )

Année 1842

N° 748 : Bataille de Taillebourg. — Carton de vitrail

Toile camaïeu. — H. 3"'55, L. i^So. — Reproduit au trait par A. Robaut pour VArt (1879). — Voir le tableau et une variante à Tannée iS3y. — Appartient aux collections de la manufacture de Sèvres. — Non catalogué par M. Moreau.

La disposition en hauteur a conduit l'artiste à modifier sensiblement la composition primitive de ce motif telle que nous l'avons vue à Tannée i82>j. — On lit derrière la toile : » Section D, § II — I — 1842 n" 2. — Bataille de Taillebourg, par M. Eugène Delacroix; pour un vitrail de la chapelle sépulcrale de Dreux. » Ce carton a, parait-il, été dessiné par M. Lassalle-Bordes, d'après un croquis de Delacroix. M. Lassalle-Bordes, qui cite ce fait dans les notes qu'il a communiquées à M. Burty, pour la seconde édition des Lettres, désigne sans doute sous le mot de croquis Tune des aquarelles dont nous parlerons tout à l'heure. Nous n'aurions donc pas reproduit ici ce carton, qui n'est pas de la main de Delacroix, s'il ne donnait une idée approximative de l'aquarelle. En modifiant la première composition, le maître en fait une œuvre toute nouvelle. A Versailles, le pont est parallèle à la bordure; la bataille est montrée de profil. A Sèvres, la mêlée, ardente, furieuse, se présente de face; elle descend à pic et comme une avalanche, de l'arête du pont en dos d'âne, dont les arches gothiques allongent leurs hautes ogives dans la profondeur du tableau. On se bat corps à corps, visière contre visière, s'épiant du regard, le fer croisé, attendant un faux mouvement. Des hommes d'armes tombent lourdement, les bras en avant, avec leurs montures qui s'abattent. D'autres, soutenus par un écuyer, veuknt mourir debout h côté de l'ennemi gisant affaissé, renversé sur le sol, immobilisé à jamais. Là on s'assemble par groupes, et, de la pointe des piques, on rejette dans le fleuve les guerriers culbutés avec leurs chevaux par-dessus les parapets de pierre, en essayant de reprendre pied sur la rive. L'un d'eux y a réussi. Il fait quelques pas en remontant vers le centre de l'action. Un coup de talon ferré porté de haut en bas lui écrase la face comme une grenade et l'arrête court. Autour du roi saint Louis, à l'ombre d'une forêt de lances, la mêlée redouble de fureur. Tout Teffort du combat se concentre dans le rayon de sa formidable épée. Du haut de son cheval blanc superbement caparaçonné, il domine la bataille, menacé, frappé, rendant blessure pour blessure. D'un coup de lance, l'un de ses barons le débarrasse du plus proche de ses adversaires. Un jeune page, glissant à travers les combattants, empoigne les rênes de la monture royale, déjà saisie à la nuque par l'effroyable coup de dents d'un cheval enivré. A droite, à gauche, c'est un pêle-mêle sanglant d'hommes frappant et criant, de chevaux hennissant et se cabrant. Au loin, le paysage verdoyant et doux s'étend vers les montagnes, embrassant les silhouettes grises des forteresses. Dans le ciel d'un bleu d'azur, de grandes nuées blanches, mollement balancées, nagent, opposant leurs formes claires à l'intensité vigoureuse des flammes et des pennons qui flottent au vent. Le vitrail proprement dit, tel qu'il a été exécuté à la manufacture de Sèvres et tel qu'on peut le voir dans la chapelle de Dreux, est une assez triste interprétation de l'œuvre de Delacroix; par la disposition et la crudité des teintes, les groupes sont divisés et manquent de cette solidité dans les masses, de cette harmonie générale dont le maître s'est toujours montré si .ardemment préoccupé. ( Voir, sur la préparation de ce carton, les n"" suivants. )

L'ŒUVIŒ DK 1) F. LACROIX ioi

N"^ 749, 7)0 : Bataille de Taillebourg. — Projet de vitrail

i" Aquarelle. — H. o"'44o, L. o"'22j. — Vente Villoi, i865 : 3, 100 fr. nu duc d'Aumale. — Voir le carton n" jo5. — Cat. A. Moreau, p. 227.

2° Outre raquarclie du duc d'Aumale, il y en avait une autre que l'on pouvait encore voir en i85i au musée de Sevrés, celle d'apros laquelle le carton fut dessine parle praticien de Delacroix. Elle n'y était plus exposée en i863. Depuis elle a tout à fait disparu des collections de Sèvres, et l'un des derniers directeurs, consulté à ce sujet, dit que ce dessin est du nombre de ceux qu'on n'a plus retrouvés à la manufacture après l'occupation prussienne. La perte est d'autant plus regrettable que cette aquarelle devait présenter une lét^ère variante. Le combattant qui reçoit un coup de talon dans le visage ne se voit pas dans le carton.

Turc écrivant

Toile peinte à la cire i865

170 fr. — Cat. A

— H. o'"28, L. o" Moreau, p. 273.

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