‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 54 sur 114 · Vente Villot · texte numérisé non relu

Vente Villot

11 est assis à terre, \ u de profil, la tète tournée ;i droite, écrivant sur ses genoux ou plutôt calligraphiant quelques versets du Coran. Le mouvement de tranquille attention exprimé par la jolie inclinaison

de la lete e,->t tout à fait charmant et l'ensemble du dessin très pur.

N"7p : L'éducation de la Vierge

Toile. — H.o"'93, L. i'"2i. — Gravé à Tcau-fortc par Hédouin pour VArtistc, dans les dimensions de : H. o"'i27, L. o'"i65.

— Refuse au Salon de 1845. — Voir réduction variante à i852.

— Vente George Sand, 23 avril 1864, retiré à 2,200 fr. — Vente Edouard Rodrigues, 8 octobre 1878, retiré à 4,200 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 98, 264.

George Sand a retiré de sa vente ce tableau qu'elle a olfert en iSô*) à M. Edouard Rodrigues, qui en racontait volontiers ce qui suit et que nous empruntons textuellement aux notes de M. A. Robaut : « Delacroix, au retour d'une promenade dans Nohant, dit à George Sand, dont il était l'hôte : « Je viens de voir en rentrant, dans le parc, un motif de tableau superbe, une scène qui m'a beaucoup louché. C'était votre fermière avec sa petite tille. J'ai pu les regarder tout à mon aise derrière un buisson où elles ne me voyaient pas. Toutes deux étaient assises sur un tronc d'arbre. La vieille avait une main posée sur l'épaule de l'enfant qui prenait attentivement une leçon de lecture. Si j'avais une toile, je peindrais ce sujet. — Mais je n'ai pas de toile ici, lui répondit George Sand. » Sur quoi, Delacroix, avisant un paquet dans un coin du vestibule, y trouva du coutil à l'usage des tabliers de cuisine, et sur le champ il se mit à l'œuvre, qui ne se ressent que trop du manque de préparation de la toile, car l'aspect général est un peu sale et froid, et on remarque aussi par endroits des parties embues à côte d'autres très brillantes d'empâtement, la couleur s'étant accrochée inégalement... — Quelques amateurs nomment aussi ce tableau " la petite Fadettc. » Il suftit, pour les détromper, de les renvoyer aux Lettres publiées par M. Burty et aux Lettres inédites publiées, dans l'Art, par M. J.-J. Guitl'rcy.

N°75^ : Une filandière à Nohant

Croquis à la plume. — H. o'"22, L. o"'rq. — Appartient à M. Dollfus. — Non catalogué par M. Moreau.

Au moisde juin 1842, Delacroix était chez madame George Sand à Nohant, d'où il écrit à son ami Pierret : « Madame Sand souffre fréquemment de violents maux de tête et d'yeux qu'elle prend sur elle de surmonter le plus possible et avec beaucoup de force pour ne pas nous fatiguer de ce qu'elle souffre. Le plus grand événement de mon séjour a été un bal de paysans sur la pelouse du château, avec le cornemuseux en réputation de l'endroit. Les gens de ce pays offrent un type remarquable de douceur et de bonhomie; la laideur y est rare, sans que la beauté y saute aux yeux fréquemment; mais il n'y a pas cette espèce de fièvre qui se dénote dans les paysans des environs de Paris. Les femmes ont toutes l'air de ces figures douces qu'on ne voit que dans les tableaux des vieux maîtres. Ce sont toutes des sainte Anne. » C'est ce qui inspira à Delacroix l'idée de peindre « l'Éducation de la Vierge. » (Voir le n" précédent. )

7^ : Vue générale des environs de Champrosay

Toile. — H. o'"4i, L. o'"72. — Lithographié à la plume par A. Robaut pour le catalogue de la vente C. Dutilleux, dans les dimensions de : H. o'"o7i, L. o'"i28. — Vente posthume, n" 21 5 : 910 fr. à M. Piron, qui Ta offert à Jenny Le Guillou. — Légué par Jenny Le Guillou à G. Dutilleux. — Vente après décès de C. Dutilleux, en 1874: i ,55o fr. à M . Brame. — Vente Carvalho, 1876 : 710 fr. — Vente novembre 1878 : 1,000 fr. à M. le baron de Beurnonville. — Non catalogué par M. Moreau.

N*'/^^ : Hamlet et Laertes

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"29, L. o"^2i. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions. — Vente posthume, n° 405 : 2o5 fr. à M. A. Robaut. — Voir la lithographie à Tannée 1884, n° 5 5o. • — Non catalogué par M. Moreau.

Il y a peu de variantes avec la lithographie originale, qui est retournée. — Dans ce croquis, on remarque plus de simplicité et plus d'expression à la fois, partant aussi plus de grandeur; car l'absence d'effet ou de coloration produit presque toujours ce résultat. Il est à remarquer, d'ailleurs, que Delacroix se plaisait à calquer plusieurs fois ses compositions, et plus il avançait, plus il simplifiait, s'eflbrçant de rendre en dix coups de crayon, ce qu'il avait d'abord exprimé. On ne saurait trop insister sur ce point ignoré au moment de la vente, ce qui fit que les plus beaux dessins du maître furent la plupart du temps délaissés aux enchères, parce qu'ils étaient sur papier calque. Les artistes seuls ne s'y laissaient pas prendre. — Nous rappelons que la scène représentée ici est la première du cinquième acte : « Je t'en prie, retire tes doigts de ma gorge, car bien que je ne sois pas emporté et prompt dans ma colère, j'ai pourtant en moi quelque chose de dangereux. »

au lieu de cent.

L'(EU\'R1". I)K DEI-ACROIX lo^

N" 7)6: Hamlct. — Mort d'Hamlet et de Laertes

'Il'lll \C'!tr'~ Croquis à la mine de plomb. — H. o"'2(), L. o'"2i. — Reproduit ji.yj ' ' en fac-similé par .A. Robaut dans les mêmes dimensions. — \'enie ,1»^^ j3 posthume, n" 406 : 23o fr. à M. Eui;. Dctrimont. — .Appartient îpf^^^uTi*^ à M. Feydeau. — Non catalogué par M. Moreau.

Les observations que nous avons faites au sujet du précédent numéro ■VO-V^^yj)' portent également sur celui-ci. Nous n'avons de remarques spéciales à \ faire que sur la composition du sujet. Nous n'assistons pas ici, comme on P'^'^'''''*'' le croire, à la fin du duel d'Hamlct et de Laertes, dans lequel les 5S>v. ^^^^"^^""«x combattants succombent tour à tour, frappés par le même iLurct dcmou- . cheté et empoisonné, qu'ils ont échangé dans la chaleur du combat. Delacroix a reproduit le dernier tableau du drame. — i.a scène est jonchée de cadavres. La reine est morte, le roi est mort, mort Laertes, mort Ilamlet; le jeune i-ortinbras, prince de Suède, a pénétré au bruit des fanfares et des tambours et s'est éloigné en donnant cet ordre qu'on exécute et qui clôt le drame: «Que quatre capitaines portent ilamlet sur l'estrade, comme on fait pour les soldats; car il est vraisemblable que si le destin l'eût mis à l'épreuve, il se fût montré un très grand roi. Que la musique guerrière et les marques de respect militaire l'accompagnent sur son passage. Enlevez les corps; un spectacle pareil orne un champ de bataille, mais oflre ici un aspect lugubre. Allez ordonner aux soldats de faire une décharge de mousquetcrie. " Marche funèbre. Ils sortent emportant les corps, après quoi on entend une décharge d'artillerie.

^"^757' 7)'^ • Études de lionnes

' 1° Lionnescouchécs. — Croquisà la plume. — H.o"^i~, ^pç^'fl '•'5^'"'" ^' — Reproduit en fac-similé par .1. Robaut C^,""-- '"^^jj^^^Ji dans les mêmes dimensions. — Vente posthume,

"^"^'^l^t^yS^ *" -l-"-^ • "^"^ '"-^ ^'^ baron de Laage. — Non -Jîl"^^^^ catalogué par .\L .Moreau.

2" Lionne déchirant une proie. — Croquis à la plume. — H. o"'o9, L. o"'i4. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

N^^'j^p, j6o : Fantasias arabes

' >T^''* ^> ' '° Cavalier arabe sabrant. — Croquis à la plume. — S^^^^ ^'-^^ H- o"'2o, L. o"M8. — Reproduit en fac-similé par '^^^^^K ^' r^obaut, dans les mêmes dimensions. — Vente pos- -^î/^^— - thume, à M. Gauvin-Seiter. — Non catalogué par ''v;^ ^^-^'"^'T M. Moreau.

2" Cavalier arabe chargeant. — H. o"^ij, L. o"'i8. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume. — Appartient à M. Le Gentil dWrras. — Non catalogué par M. Moreau.

N*"^ 761, 762 : Chevaux attaqués

1° Cheval attaqué par un tigre. — Toile. — H. o"^2 3 , L. o™3i. — Gravé à Teau-forte par Saint-Marcel, Tannée suivante (1843), dans les dimensions de : H. o'"245, L. o™3o5.

Vente posthume. — N" 80 de la Vente Beurnonville , avril 1880 :

- Cat. A. Moreau, p. io3.

attaqué par une panthère. — " Aquarelle. — H. o'"io5, L. o'»i8o. — Variante du n° précédent. — Non catalogué par M. Moreau. En ces œuvres se retrouve l'idée permanente du drame qui hantait 1 ame de l'artiste. Hommes, chevaux, lions et panthères, c'est toujours et partout le vertige de l'action et de la destruction exprimé avec une décision dans les plans et une fermeté dans le modelé qui donnent a toutes ces compositions la grande allure de groupes sculptés.

6,700 fr. • 2° Cheval

Année 1848

N""^ yôj, 764 : Lionne reposant sur le corps d'un Arabe

Toile. — Appartient à

H. o'"2o, L. o'"3o. — M. Lambert-Sainte-

Croix. — Non catalogué par M. Moreau.

2'^ Peinture sur bois.

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