‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 179 sur 233 · LE PRÉTENDU TROISIÈME MARIAGE DE REMBRANDT · texte numérisé non relu

LE PRÉTENDU TROISIÈME MARIAGE DE REMBRANDT

On avait admis la liaison de Rembrandt avec Hendrickie Jaghers, confirmée d’ailleurs par une citation devant le consistoire et par la reconnaissance que fit Rembrandt d’une fille nommée Corné-

lia ; mais le fait d’un mariage subséquent avec la mère était resté dans le doute. Plus tard, un autre

mariage, résultant d’un acte inscrit à la suite de la mention du décès du peintre, ayant été avancé par plusieurs auteurs, avait peut-être paru plus probable. Il paraît que ce mariage n’a jamais eu lieu et, si on l’a cru vraisemblable, cette erreur vient d’un

texte mal lu, sur le registre des décès. En voici la teneur.

Rembrandt van r Gracht, 8 ber (octobre)…...2 Le 21 décembre 1674, Catharina van Wyck la veuve,

n, peintre Rose

a déclaré n'avoir pas de moyens pour prouver que ses enfants

Jan Theunisz Blanckerhof...…2

ont hérité de leur père ce que Catharina

Theunis Blanckerhof affirma être vrai

te syn. prs. (= présent) de Hr Hinlopen (une personne de la Chambre des Orphelins).

Catharina van Wyck, qu’on a donnée pour deuxième ou troisième femme à Rembrandt, n’aurait été autre chose que la veuve d’un peintre nommé Blanckerhof qui serait mort peut-être le 8 octobre 1669, le même jour que Rembrandt, et qui aurait été enterré dans le Westerkerk. La déclaration de Catharina van Wyck, faite le 21 décembre 1674, n’aurait eu pour but que de pouvoir faire les publications légales le 23 du même mois de son mariage projeté avec un tailleur.

Voici comment est libellé le second acte :

Catharina van Wyck, veuve de Jan Blankerof, peintre de vues de mer, domicilié à Achterburgiwal

près du Rosmarijnsteeg, a offert sa main et son cœur à Barend Barends?, tailleur, né à Munster, veuf de Jannetje Pietersen, domiciliée à cette époque sur le Singel.

Cette publication aurait été affichée le 23 décembre 1674.

INVENTAIRE DE REMBRANDT 157

MM. de Vries et Roever ui, dans un ouvrage récent publié sous le titre de Oud-Holland qui, D » P , signalent l'erreur, donnent cette explication :

Il paraît qu’à cette époque les registres de décès étaient tenus par les fossoyeurs qui nese piquaient pas toujours d’exactitude.

Ainsi ils enregistrent l’acte de décès de Rembrandt et n’inscrivent pas celui de Blanckerhof. Comment la mention cinq ans après peut-elle se trouver à la suite de l'acte qui concerne Rembrandt? Les mêmes auteurs disent que les fossoyeurs avaient l'habitude de laisser souvent, après l'acte qu'ils inscrivaient, un espace blanc pour y ajouter quelques renseignements, et c’est ainsi que, par inadvertance présumablement, la déclaration de la veuve Blanckerhof a été inscrite après l'acte de décès de Rembrandt.

On conçoit très bien que la veuve qui voulait se remarier eût le désir de produire un acte de décès de son mari. S'il était mort environ vers le 8 octobre 1669, rien n’était plus simple que d'inscrire son acte de décès. Point du tout, on porte une déclaration constatant que les deux enfants de la veuve n’ont rien eu de la succession de leur père. Cette mention pouvait certainement être faite à sa date véritable, à l'époque, ou bien sur le registre où se trouve la publication des bans de mariage.

Maintenant on allègue encore que Blanckerhof est morten 1669, vers le 8 octobre, et l'on cite à l'appui é à Amsterdam en 1669, tandis

Houbraken, qui prétend avoir entendu dire que ce peintre est décé qu’un certain Voorhout affirme qu'il était encore à Hambourg en 1674. Nous nous bornons à déclarer

qu'Houbraken ne mérite pas une foi absolue, puisqu'il place la mort de Rembrandt en 1674. Toutefois, nous croyons qu’il faut s’en rapporter à la dernière déclaration de Catharina van Wyck,en signalant cependant une variation dans deux actes si voisins : dans le premier on parle de Jan Theunisz Blanckerhof (s'agit-il d’un des enfants ou du père ? si c’est le nom de ce dernier, pourquoi ne pas lui avoir donné la qualité de peintre et n’avoir pas mentionné la date de son décès, ce qui était bien facile, on trouve sur l’autre

puisqu'il y avait de la place sur la ligne où son nom figure?), et deux jours apr

acte la qualité de peintre; mais le nom est écrit Blankerof, et celui de Theunisz est omis

Malgré ces divergences et ces explications plus ou moins étranges, nous croyons qu'il faut écarter désormais ce second ou ce troisième mariage de Rembrandt et rendre à l’oubli des personnes qui probablement n'auraient pas demandé à en sortir.

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