VI. — Le type normal et ses variations
Avant de chercher à classer les déviations au type normal, il importe de connaître ce type et de déterminer ses caractères.
Davainl. I/Œuvre.
VJ
ANOMALIES, TERATOLOGIE
Or, dans la nature, il n existe point pour chaque espèce d’êtres vivants, comme dans les produits de l’industrie de l’homme, un étalon, un prototype auquel on puisse rapporter les reproductions plus ou moins approximatives du modèle. Le t^vpe naturel est une création de notre esprit ; c’est la résul tante de caractères plus ou moins divergents, plus ou moins semblables et jamais fixes.
Le type spécifique se déduit donc pour nous de la conception d’un ensemble de caractères présentés par les individus qui composent l’espèce, individus qui doivent eux-mêmes leur distinction particulière à des caractères propres à chacun d’eux.
Or, parmi les caractères que nous regardons comme les plus divergents dans le type dont nous avons la conception, qui nous prouvera que les uns s’écartent plus que les autres du type naturel? Nous devons donc reconnaître que nous ne possédons point un critérium qui puisse nous affirmer que ce que nous sommes disposés à regarder comme une divergence, un écart de ce type, le soit en effet.
Toutefois, il parait rationnel, et l’on est en quelque sorte convenu (mais c’est une convention) de regarder comme des écarts, comme des divergences les caractères que l’on observe le plus rarement. On les appelle des variations, si elles sont légères et individuelles; des variétés, si elles sont plus profondes et plus stables1, variétés qui pourront, en se transmettant par voie de génération, former des races ou des familles distinctes.
Les variétés de l’espèce humaine qui constituent des races particulières ne doivent point nous occuper, mais les variations individuelles peuvent avoir un rapport direct avec les déviations qui constituent des anomalies.
i En botaniq ;c on regarde comme variétés loules les modifications générales des végétaux qui sont assez intenses pour se conserver dans la reproduction par division, c’est-à-dire par tubercules, marcottes, boutons ou greffes, I.es variations ne durent qu’autant que les végétaux qui les présentent, sont soumisn des circonstances extérieures données; elles sont donc moins fixes que les variétés.
Les variations ou les variétés sont produites par deux influences distinctes ; les unes ne paraissent avoir d auti e cause que la tendance naturelle de tous les êtres a n ants a varier, au moins les conditions qui produisent les variations nous échappent le plus souvent. Elle constituent les variétés naturelles.
Les autres ont leur origine dans une altération de la santé des procréateurs ou de l’individu même, altération produite par des causes souvent faciles à apprécier. Elles constituent les variétés maladives .