PRÉSENCE CONSTANTE UES BACTERIDIES DANS LE CHARBON
observent; dans celles où cette maladie est rare, elle est fréquemment méconnue ou reconnue trop tard. Les notions nouvellement acquises sur la constitution de cette pustule me font espérer que la recherche des bactéridies, en ayant soin delà faire dans le centre de la tumeur et avec le secours de la potasse, ainsi qu’il a été dit plus haut, deviendra un moyen de diagnostic d’autant plus précieux qu’il pourra donner des indications au début même du mal.
SUR I,A PRÉSENCE CONSTANTE DES BACTÉRIDIES DANS LES ANIMAUX AFFECTÉS DE LA MALADIE CHARBONNEUSE1
MM. Leplat et Jaillard ont communiqué à l’Académie, dans la dernière séance, des recherches par lesquelles ils ont cru établir que, dans la maladie charbonneuse, la présence des bactéridies n’est pas constante.
Je dois à l’obligeance de M. Pasteur d’avoir été mis en rapport avec ces expérimentateurs, et d’avoir pu examiner un lapin mort dans les conditions qu’ils ont annoncées. Cet examen a été fait au Collège de France, en présence de MM. Pasteur, Claude Bernard, Leplat et Jaillard.
Des recherches multipliées auxquelles je me suis livré n’ont pas révélé la présence des bactéridies dans le sang du lapin qui nous était présenté ; mais j’ai reconnu depuis lors qu’il ne pouvait en être autrement, car la maladie dont cet animal était mort n’est pas de nature charbonneuse. En effet, déjà dans cette séance, j’ai pu remarquer et faire observer plusieurs
1 Comptes rendus de V Académie des sciences, 21 août 1865.
Da vaine. L’Œuvre.
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différences notables entre la maladie soumise à notre examen et celle du sang de rate :
1° La durée de l’incubation avait été beaucoup plus courte qu’elle ne l’est chez le lapin inoculé avec le sang de rate.
2° La putréfaction, qui s’était emparée du cadavre quoique la mort remontât à quelques heures seulement, est beaucoup moins rapide dans la maladie charbonneuse.
3° La rate n’était point volumineuse et gorgée de sang, mais elle avait son apparence et son volume ordinaires ; or, chez les animaux morts du charbon, cet organe est toujours profondément atteint et très développé, d’où vient le nom de maladie du sang de rate.
4° Enfin, les corpuscules sanguins, sous le microscope, n’étaient point agglomérés en îlots séparés par des espaces clairs, comme ils le sont d’une manière si remarquable dans le sang des animaux atteints du charbon.
Toutes ces différences, sur lesquelles j’appelai l’attention de MM. Leplat et Jaillard, jointes, d’une part, à l’absence des bactéridies, de l’autre, à la source d’où provenait le sang inoculé aux lapins, auraient dù mettre ces expérimentateurs en garde contre une confusion possible et même probable. Il est regrettable pour eux que, dans la poursuite d’une contradiction, ils aient négligé de rechercher les conditions de la présence ou de l’absence des bactéridies dans les cas divers qu’ils avaient observés, car ils eussent pu reconnaître ce fait intéressant de l’existence, dans la Beauce, de deux maladies contagieuses de natures complètement distinctes.
D’après des inoculations que j’ai faites à des animaux de diverses espèces avec le sang du lapin examiné au Collège de France, il est résulté pour moi, d’une manière certaine, que la maladie septique de la vache, prise par MM. Leplat et Jaillard pour le charbon, est d’une autre nature. Cette maladie diffère de celle du sang de rate et de la pustule maligne par la durée de l’incubation, par ses symptômes et sa marche, par l’état du foie et de la rate, par l’apparence des corpuscules sanguins, par la rapidité de la putréfaction