‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 34 sur 132 · LA SEPTICÉMIE, REPONSE A M. COLIN · texte numérisé non relu

LA SEPTICÉMIE, REPONSE A M. COLIN

s’exprime ainsi : « Ici, messieurs, il faut renoncer a expérimenter sur de grands animaux. Songer à altérer le sang, à vicier les humeurs d’un animal du poids de 4 à 500 kilogrammes à l’aide de quelques gouttes de liquide que la lancette peut porter dans une plaie, est une conception peu logique. Le toxique quel qu’il soit agit proportionnellement à sa masse, le ferment n’agit pas sensiblement s’il est en trop petite quantité, et le virus lui-même, à trop faible dose, peut ne donner que des effets avortés. Il convient donc, je pense, tout en opérant sur de petites quantités, de les proportionner à la taille des animaux et de choisir particulièrement les petites espèces, qui, en raison même de leur petit volume, deviennent des réactifs d’une extrême sensibilité.

« Le budget de l’expérimeptateur doit d’ailleurs porter à cette préférence. » Viennent ensuite un grand nombre d’expériences faites sur le lapin. Que M. Colin, en 1873, nous permette de suivre les préceptes et les exemples de M. Colin en 1871 .

J’ai dit que M. Colin, dans son préambule, s’est servi d’une forme impersonnelle à l’égard des capacités et des travaux des savants qu’il critique.

Celte manière de procéder rend la réponse difficile. Une autre particularité des communications de notre savant collègue qui ne permet pas non plus de le suivre facilement sur le terrain, où il se place, c’est l’absence de toute indication historique.

11 est d’usage, dans nos travaux scientifiques, de donner dans un préambule l'état de la science sur la question qu’on veut traiter, ou sinon on le fait en abordant successivement chaque question particulière.

Cet usage est très rationnel; il a l’avantage de marquer le point de départ, de faire apprécier les progrès accomplis et de montrer enfin nettement ce qui appartient aux recherches qu on vient exposer. 11 est aussi un acte de justice envers ceux qui nous ont précédés.

ùL Colin d’ailleurs y est intéressé plus qu’un autre.

238 CHARBON, SEPTICÉMIE

Un premier travail, communiqué à cette Académie en 1871 par notre savant collègue, est, nous dit- il, le préliminaire logique de ses nouvelles communications. C’est donc là, sans doute, que l’on doit chercher la partie historique de la question.

M. Colin y parle eu effet des travaux de Magendie, rie l)upuy et de ceux de M. Rouillaud.

Mais les travaux de notre savant et honoré maître M. Bouillaud datent de 1827, je crois. Rien n’aurait donc été fait sur la question pendant quarante-quatre ans, si l’on en juge par le silence de M. Colin, et les expériences qu’il va donner sont tout à fait nouvelles.

Mais en ceci M. Colin commet une grave erreur; plusieurs de ses expériences sont conformes à celles par lesquelles M. Raimbert en 1859, MM. Coze et Feltz en 1866, avaient prouvé que la septicémie est contagieuse par l’inoculation.

Si M. Colin regardait de moins haut les travaux des autres, il aurait vu que la question avait marché depuis quarantequatre ans, il aurait pris son point de départ de moins loin et la science y aurait gagné.

Dans la question des maladies charbonneuses, la connaissance de la perte de la virulence par la putréfaction n’est pas moins importante. Le sang charbonneux putréfié étant inoculé ne donne point le charbon, mais la septicémie. Ce fait a été la cause de l’extrême obscurité qui a régné jusqu’à nos jours sur la nature de la maladie charbonneuse et celle de nombreuses discussions qui se sont élevées entre les expérimentateurs pendant plus de vingt ans.

Ur, voici comment M. Colin, dans sa seconde communication, s’exprime à l’égard de cette question : « Le sang charbonneux frais donne le charbon et putréfié la septicémie... L’expérimentateur non prévenu peut très bien s’y tromper et j’y ai été trompé moi- même pendant quelque temps : mais j’ai vite reconnu le moment où le sang charbonneux ne donnait plus le charbon, à ce qu'il tuait les animaux aptes à la seplicémie, tandis qu’il demeurait sans action sur ceux qui

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