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C.HARBON, SEPTICEMIE

Lorsque je communiquai le résultat de ces recherches a l’Académie des sciences, j’avais déterminé les limites de l’action d’un certain nombre de substances, telles que l’ammoniaque, l’acide phénique, la potasse caustique, l’acide sul furique, etc., etc.; mais je n’étais point arrivé a celle de l’iode, une circonstance fortuite étant venue interrompre mes travaux. Je me réservais de déterminer plus tard cette limite d’une manière précise, pensant qu’elle ne devait pas être bien éloignée du douze -millième. Ce n’est qu’au mois de juillet 1878 que je pus achever cette recherche dont je vais donner les résultats :

Le sang qui a servi primitivement à ces nouvelles expériences provenait de l’une des poules charbonneuses de M. Pasteur; les animaux inoculés ont tous été des cobayes; la proportion de sang charbonneux toujours frais a été, par rapport au liquide contenant, de un millième à un dix-millième; la durée du contact de ce sang avec l’iode a été de 50 a 60 minutes, et la quantité injectée de une à quatre gouttes.

Le 30 juillet 187ST, trois cobayes sont inoculés avec la solution d’iode iodurée au un dix-millième, au un quinze-millième, au un vingt-millième : tous survivent. — Le 4 août trois cobayes sont inoculés avec la solution au un vingt-cinq-millième, un trente-millième, un trente-cinq-millième; tous survivent. — Le 8 août, deux reçoivent la solution au un trente-cinqmillième et au un quarante-millième ; ils survivent. — Le 13 août, deux reçoivent la solution au un cinquante-millième et au un cinquante-cinqmillième; ils survivent. — Le 15 août, un cobaye est injecté avec la solution au un cent-millième ; ce qui correspond à 1 centigramme d’iode pour 1 kilogramme d’eau ; l’animal ne devient nullement malade.

Le 20 août, j’inoculai un cobaye avec la solution au un cent-dix-millième, et un autre au un cent-cinquante-millième, tous les deux survécurent. — Le 25 août, j'inoculai de nouveau trois cobayes, l’un avec la solution au un cent- dix-millième, un autre avec la solution au un centtrente-millième et le troisième au un cent-cinquante-millième; le premier et le dernier survécurent, mais celui qui avait été inoculé au un cent-trentemillième mourut du charbon. Cette mort tient sans doute à ce que la solution n’avait pas été exactement faite, ou bien à quelque accident de l’opération ; car nous venons de voir que deux' cobayes inoculés au un cent-

cinquante-millième ont survécu. Les jours suivants deux nouveaux cobayes inoculés avec la solution au un cent-cinquante-millième et au un centsoixante -millième ne furent nullement malades. Enfin trois cobayes ayant reçu la solution au un cent-soixante-dix -millième, deux survécurent et un mourut.

Nous sommes arrivés à la limite de l’action antiseptique de l’iode sur le virus charbonneux. Dans ma communication à l’Académie des sciences, j’ai fait remarquer que vers la limite où s’arrête l’action des antiseptiques, la même solution donne des résultats variables. Le S septembre, un cobaye inoculé au un cent -quatre-vingt millième mourut, et deux autres inoculés au un cent-quatre-vingt- dix-milllième moururent également. On peut donc regarder comme la limite extrême de l’action antiseptique de l'iode la proportion de un centsoixante-dix millième; ce qui représente la solution de 1 centigramme d’iode dans 1700 grammes d’eau.

Ce fait paraîtrait peu croyable s’il n’était prouvé par des expériences très multipliées, et si la même proportion d’iode n avait été expérimentée deux et trois fois, toujours avec des solutions nouvelles, et dont la plupart ont été préparées par un pharmacien distingué bien connu de l’Académie, M. Limousin.

Au reste, l’iode n’est pas le seul corps qui ait une action aussi énergique sur le charbon, comme je le dirai ci-après.

Ces faits nouveaux montrent que l’action de l’iode est infiniment supérieure a ce qu’avaient fait présumer mes premières expériences, qui s’étaient arrêtées au un douze - millième, et 1 on s expliquera mieux encore que par le passé les heureux résultats de cette médication contre les affections charbonneuses dans les cas malheureusement trop peu nombreux où elle a été essayée.

Le premier fait dans lequel l’iode fut employé pour com-

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battre le charbon chez l'homme appartient, comme je l’ai dit, à Staniz Cézard. 11 concerne un œdème malin de la face, maladie presque toujours mortelle, au dire des médecins les plus compétents. Je regrette de ne pouvoir rapporter dans tous ses détails la relation émouvante de Staniz Cézard, relation dans laquelle on le voit disputer à la mort un de ses amis, et n’ayant d’espoir que dans un remède inappliqué jusqu’alors et purement théorique.

Un homme, âgé de vingt -cinq ans, mégissier à Varennes (Meuse), s’aperçut un matin (25 novembre 1873) que sa paupière supérieure droite était le siège d’un gonflement avec gêne des mouvements ; ce gonflement augmente dans la journée et inquiète le malade qui avait eu, quelques semaines auparavant, l’un de ses ouvriers atteint d’une pustule maligne Dans la journée suivante le gonflement augmente encore, il envahit la paupière inférieure, et l’œil ne peut plus s’ouvrir.

Le lendemain (27 novembre), troisième jour de la maladie. — L’œdème s'étend depuis le milieu du front, jusqu’à l’oreille et jusqu’au milieu de la joue; il est pâle, indolent, et ne produit qu’une sensation de gêne malgré son volume énorme. Les Drs Jailliot, Collot, consultés, et Staniz Cézard sont unanimes à reconnaître dans cette affection un œdème charbonneux. — Le quatrième jour, en désespoir de cause, les médecins pratiquent sur la paupière supérieure, où était apparue une tache ardoisée, une large cautérisation au fer rouge. Malgré cette opération, l’œdème fait du progrès en tous sens et gagne la partie supérieure de la poitrine ; le gonflement extrême des deux lèvres du côté droit s’oppose à l’occlusion de la bouche.

Effrayé par les progrès incessants du mal, dit Staniz Cézard, je me suis décidé à demander à M. Davaine des conseils, afin d’arriver à employer le traitement par l’iode de la manière la plus rationnelle ; à une heure de l’après-midi, je lui adresse un télégramme dans lequel je lui expose le plus

succinctement l’état du malade Quelques heures plus tard je recevais

le télégramme suivant :

■ « Iode, 25 centigrammes ;

Iodure de potassium, 50 centigrammes ;

Eau distillée, 1 litre ;

Injections répétées avec seringue de Pravaz et boire fréquemment par demi -verre. >'

Cinq heures du soir. — Pouls à 120, mou ; l’œdème semble toujours progresser; le Dr Jailliot pratique, avec la solution au un quatre-millième de M. Davaine, sept injections de huit gouttes chacune dans les diverses parties du gonflement, qu’il badigeonne ensuite avec la glycérine iodée.

Pour la nuit on prescrit de semblables badigeonnages toutes les deux heures et des compresses permanentes avec de l’eau de sureau alcoolisée. A l’intérieur, une cuillerée à bouche, chaque deux heures, d’une potion tonique et stimulante et dans l'intervalle un demi-verre de la solution prescrite par M. Davainc. Cette solution est acceptée sans répugnance par le malade.

Le 29 novembre, cinquième jour. — A une heure du matin, je constate, c’est toujours Staniz Cézard qui parle, que le bord inférieur de l'eschare produite par la cautérisation est soulevé par de la sérosité ; je crois prudent de ne pas attendre la visite des médecins pour combattre la progression locale du mal, et je prends sur moi de badigeonner fortement, au moyen d’un pinceau, la paupière supérieure avec de la teinture d'iode pure.

Cette application provoque une douleur très intense. Pour ne pas fatiguer le malade, je remplace les boissons-iodurées par trois lavements administrés à deux heures d'intervalle, et contenant chacun 150 grammes de solution au un quatre -millième.

Assoupisssement notable, quelques nausées, quelques frissons, parfois un peu de délire; prostration considérable; idées lugubres.

Sept heures du matin. — Je reçois de M. Davaine une lettre explicative de sa dépêche d’hier ; en voici la substance : « Faire des injections souscutanées aussi nombreuses que possible dans les parties œdémateuses avec la solution iodurée. De plus le malade peut en boire, mais l’iode doit être transformé dans l’estomac en iodure, et alors une action sous cette forme doit être à peu près nulle. Je crains bien que ce remède n’arrive trop tard ; du reste il n'a pas encore été essayé sur l'homme ; les doses que j’indique sont arbitraires ; elles peuvent être augmentées, je pense, sans inconvénient étalons avec avantage. »

Huit heures du matin. — L’eschare colorée par la teinture d’iode est très sèche, legonflement semble avoir diminué sur le front ; par contre il a augmenté vers la poitrine, et les paupières de l’œil gauche commencent à se gonfler...

Midi. — Le premier litre de solution iodurée est épuisé ; on le remplace par un autre.

Soir. — Pouls, 125. Le gonflement des paupières de l’œil droit est notablement affaissé. L’œdème continue à progresser du côté de la poitrine. Le gonflement des paupières gauches est fort augmenté ; elles ne peuvent plus s’entr'ouvrir.

Le Dr Jailliot pratique une injection sous-cutanée au un quatre-millième de vingt gouttes dans la paupière supérieure et une de la même quantité au cou.

Toutes les heures on badigeonne les paupières à droite et à gauche avec la glycérine iodée.

Sixième jour, une heure du matin, — L'eschare est toujours sèche ;

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l’œdème de 1 œil gauche est resté stationnaire ; pouls à 1 14 ; administration d’un lavement avec 150 grammes de solution iodée.

Huit heures du matin. — Même état ; sous l’influence du traitement iodé, il s est produit une légère irritation de la gorge et un peu de ptyalisme ; on continue néanmoins les boissons iodées qui n'exercent à leur passage aucune action irritante sur la gorge. On continue aussi les badigeonnages a la glycérine iodée. Les médecins ne croient pas nécessaire de faire de nouvelles injections sous cutanées en raison du mieux évident.

Le deuxième litre de solution iodée au un quatre-millième est épuisé à midi ; il a été pris en vingt-quatre heures en boisson à l’exception de 150 grammes qui ont été donnés en lavement. On le remplace par un litre de solution au un millième que le malade boit aussi facilement.

Dans le courant de la journée le pouls monte à 125, et l’œdème gauche augmente notablement. Cependant l’état général est meilleur, l’appétit revient un peu et l’assoupissement tend à diminuer. Le malade transpire abondamment.

Soir. — L'œdème gauche est devenu considérable ; les deux paupières ont tout à fait le volume et l’apparence qu'avaient celles de droite quelques heures avant l’apparition des points gangréneux ; leur écartement est impossible.

Pour m’assurer de la possibilité d'injecter la solution au un cinq- centième, que j’avais conseillée, dit Staniz Cézard, j’essaie sur moi des injections avec la solution au un quatre-millième, au un deux-millième et au un cinq-centième. Je constate qu’elles ne sont pour ainsi dire pas plus douloureuses les unes que les autres, en prenant la précaution de les faire lestement. Je me suis fait à l'avant-bras, sans aucun inconvénient, une injection de vingt gouttes de la solution au un cinq-centième.

En conséquence, le Dr Jailliot injecte vingt gouttes de la solution au un cinq -centième dans la paupière supérieure, et de trente gouttes au niveau de la clavicule droite. Badigeonnage à la teinture d’iode toutes les heures sur l’œil gauche, et chaque demi-heure à la glycérine iodée sur toute J'étendue du gontlement. Fumigations iodées dans la chambre du malade.

Le 1er décembre, septième jour, une heure du matin. — Le gonflement n'a augmenté ni de volume ni d’étendue : à droite, il tend à prendre une teinte rouge érysipélateuse de bon augure. L’assoupissement des jours précédents est remplacé par un sommeil calme.

Huit heures du matin. — L’œdème de gauche s’est légèrement affaissé ; le gonflement de droite est le siège d’une réaction inflammatoire bien accusée. L’appétit augmente notablement, les forces tendent à revenir ; les phlyctèmes les plus volumineuses sont percées et vidées, puis on y injecte un peu de solution iodée. Le soir le mieux s’accentue.

Je crois qu’il serait maintenant sans grand intérêt de donner la suite de cette observation avec tous les détails rapportés par Staniz Cézard. Le

huitième jour on supprima les applications d’iode et la boisson iodurée. Le malade ne tarda pas à entrer en convalescence, mais en consei\ant des ulcérations profondes des paupières du côte droit, ulceiations qui miient plusieurs mois à se cicatriser et qui furent suivies d’un ectropis.

L'œil gauche, qui avait été tout aussi malade que l’œil droit, mais qui fut traité exclusivement par l’iode, guérit sans ulcération et sans difformité. (Staniz Cézard, Comptes rendus Acad, des Sciences, 27 juillet 1874, et Recueil de médecine vétérinaire , 1874, p. 384) l.

Le second cas de guérison par les injections d’iode appartient à M. Raimbert. Il a été rapporté déjà dans notre Bulletin 2. Je crois devoir le donner ici de nouveau, parce qu’il est resté ignoré, et que plusieurs des chirurgiens les plus distingués de l’Académie m’ont demandé de donner à tous ces faits le plus de développements possible :

Une femme, marchande de peaux de moutons, âgée de vingt- trois ans et enceinte de sept mois, présente sur la pommette droite une pustule qui offre tous les caractères de la pustule maligne ; l'existence des bactéridies est constatée dans la sérosité des vésicules.

Le deuxième jour de la maladie (16 octobre 1874), la joue est le siège d’une tuméfaction dure et élastique près de la pustule, molle dans les parties plus éloignées, et qui ne s’étend point jusqu’aux paupières ni jusqu’aux lèvres. L’eschare est enlevée par le bistouri et l’on applique dans la plaie un fragment de sublimé.

Le lendemain, troisième jour, la tuméfaction a augmenté en arrière, du côté du cou, et aussi vers les paupières qui sont gonflées et molles ; en bas, elle s'étend sous la mâchoire et le menton. Le soir, le gonflement a encore un peu augmenté, surtout en arrière. Quatre injections d'une solution d'iode au un cinq-centième sont pratiquées sur la joue et au niveau des branches de la mâchoire inférieure. Chacune de ces injections est de la moitié du contenu d’une seringue de Pravaz.

Le quatrième jour, le gonflement est stationnaire à la joue, mais il a augmenté à la circonférence, en bas, sous la mâchoire et long du cou en arrière. Les paupières sont un peu moins œdématiées.

Le soir, quatre injections sont pratiquées à la partie inférieure de la

J 1 ne relation abrégée du même fait a été donnée p, 249. 2 Observation déjà rapportée p. 254.

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joue, au-dessous du maxillaire inférieur, derrière la branche montante de cet os, à la partie latérale du cou. Chacune de ces injections d’une solution iodurée au un cinq-centième est de la moitié du contenu d’une seringue de Pravaz.

Le lendemain, cinquième jour, la tuméfaction des paupières continue de décroître. La joue est moins tuméfiée, plus molle; mais en arrière le gonflement n'a pas sensiblement diminué, il s’est même encore étendu. En avant il dépasse un peu la clavicule ; en arrière il atteint l’épaule droite et la partie supérieure du dos.

Le soir, les paupières, moins œdémateuses, s’entrouvrent; mais l’état des autres parties n a pas changé. L’injection de deux seringues pleines de la solution iodurée au un cinq-centième est pratiquée, l’une au-dessous de l’apophyse mastoïde, l’autre à la partie supérieure et latérale du cou.

Le lendemain, sixième jour, la tuméfaction a diminué partout, et le septième jour elle est presque complètement dissipée, excepté autour de l’eschare déterminée parle caustique.

Le huitième jour, l’état local continue de s'améliorer et l’état général est satisfaisant, lorsque des douleurs se font sentir dans diverses parties du tronc et principalement vers l’utérus ; elles augmentent le lendemain et amènent l’expulsion d’un fœtus qui ne tarde pas à expirer.

Une perte abondante suit cet accouchement prématuré, et la malade meurt deux jours après, le onzième depuis l’invasion de la pustule.

Dans le rapport que je fis à l’Académie sur le mémoire de M. Raimbert où ce fait est rapporté, je concluais que la malade n’était point morte du charbon, d’après les raisons suivantes : « La terminaison fatale de la maladie ne doit point être attribuée à l’affection charbonneuse, bien que cette affection en ait été la cause indirecte par l’avortement qu’elle a provoqué. Eu effet, les malades atteints d’une pustule maligne meurent généralement entre le troisième et le septième jour ; il est très rare qu’ils atteignent le neuvième, et cette femme est morte le onzième jour après l'apparition de la pustule. En second lieu, la tuméfaction avait disparu deux jours au moins avant la terminaison fatale; enfin l’examen microscopique des caillots de la métrorrhagie ne fit découvrir aucune bactéridie, bien que l’existence de ces petits corps eût été constatée au début dans la sérosité de la pustule. » (Bull. Acad, de médecine , séance du 18 mai 1875).

Cette dernière raison d’admettre que la malade était guérie

du charbon pouvait bien, il y a cinq ans, ne pas convaincre tout le monde; mais aujourd’hui que personne ne conteste plus la présence constante des bactéridies dans le sang des indi • \ûdus morts du charbon, cette raison est tout a fait démonstrative.

Le cas suivant a été publié dans un rapport du Dr Gallet à l’Académie royale de médecine de Belgique (1878). Le fait a été observé par le Dr G. Baladoni (de San Léo, Italie).

Un homme âgé de vingt-deux ans, voulant exciser une tumeur de la gorge d’un porc charbonneux, eut la première phalange de l’indicateur droit prise entre les dents de l’animal, qui lui firent deux plaies intéressant les parties molles, dans lesquelles le sang dont la bouche de ce dernier étaitremplie put pénétrer librement. Vingt-quatre heures après, engourdissement du bras correspondant, malaise général, nausées, anorexie, obtusions de l’esprit, céphalalgie, vertiges, frissons, fièvre. Trente-quatre heure s après fièvre élevée. (Température 39° C. = F. 124 = R. 29). A la face palmaire de la première phalange de l’index droit, les deux petites plaies paraissent ecchymosées, bleuâtres ; le bras correspondant engourdi présente de légères stries lymphatiques ; les glandes axillaires sont légèrement tuméfiées et sensibles au toucher. Du sang extrait par piqûre dans le voisinage de la plaie l’enfermait des bactéridies en grand nombre, de même que celui pris de la bouche du porc qui avait été l’agent inoculateur.

Diagnostic : Fièvre charbonneuse san3 localisation ou, en d’autres termes, intoxication charbonneuse par absorption du sang d'animal charbonneux. Le malade guérit en six jours, pendant qu'il subissait un traitement interne et externe par l’iode. (Solution de teinture d’iode au deux-millième à prendre toutes les demi-heures par gorgée ; application sur les plaies de charpie imbibée au un centième d’iode iodurée 1 .

M. le docteur Rémy, agrégé de la Faculté de médecine de

l Académie royale de médecine de liebjiqnc , séance du 30 mars 1878, et Gazelle hebdomadaire , p. 231, 1878.

Davai.nk. L'Œuvre.

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Paris a bien voulu me remettre la note suivante sur un cas de pustule maligne observé par lui :

Maury (Jules), dix-huit ans, mégissior, demeurant rue des Gobelins, n° 19, entré le 21 mai 1876, salle Saint- Gabriel, service de M- le D' Léon Labbé, sorti le 20 juin 1876.

Ce jeune homme entra a 1 hôpital dans la soirée ; il avait une pustule maligne très caractérisée : 1“ une eschare noire, déprimée, ovale, de 1 centimètre de long, siégeait sur la moitié droite du front; 2° autour de ce centre déprimé faisait saillie une couronne de petites phlyctènes ; 3° un gonflement énorme empâtait toute la face et s’étendait jusqu’au creux susclaviculaire droit. Immédiatement, je circonscrivis la pustule par une incision et je la disséquai avec le bistouri. Après l’avoir enlevée, je mis dans l’excavation do la pâte caustique de Vienne que je laissai dix minutes; puis je fis prendre au malade, pendant la nuit, une potion contenant un peu d'acide pliénique.

J’ai examiné le produit du râclage de la pustule que j’avais enlevée, et j’y ai constaté, au microscope, des bactéridies tout à fait classiques.

Le lendemain matin, à la visite de M. le Dr Labbé, le gonflement ne parut pas modifié. L’état général n’était pas aggravé ; le malade avait un peu d’abattement. M. Labbé, craignant un insuccès, nous fit alors pratiquer des injections sous-cutanées suivant votre procédé dans les parties œdématiées. Il suffit d’une seule séance, et le gonflement diminua peu à peu, lentement cependant. Au moment où l’on se disposait à faire les injections, je recueillis du sang du malade pour y chercher les bactéridies ; il n’en contenait pas.

Le 10 juillet dernier, le D1' Chipault, chirurgien en chef à l’Hôtel-Dieu d’Orléans, ancien interne des hôpitaux de Paris et correspondant de la Société de chirurgie, me communiqua un fait d’un grand intérêt au point de vue de la question qui nous occupe. Je ne puis mieux faire que de transcrire ici la lettre qu’il a bien voulu m’écrire à ce sujet.

Ayant eu à soigner, il y a deux mois, dans mon service à l’Hôtel-Dieu, une pustule maligne de l’avant-bras droit sur une femme enceinte de six • mois, je pensai que c’était bien l’occasion d’avoir recours à la méthode antivirulente qui, d’après vos indications, a si bien réussi entre les mains

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de M. Cézard, de Varennes-en-Argonne, sur un de ses amis atteint d’œdème malin des paupières.

Dans le fait dont j’ai l’honneur de vous entretenir, les signes cliniques me disaient assez qu'il s’agissait du charbon ; mais avant d’instituer le traitement, et pour éviter toute objection, un cobaye fut inoculé avec de la sérosité sanguinolente extraite du foyer infectieux. L’animal mourut trentesix heures après l’inoculation, et, dans le sang de la rate, du foie et des poumons, les bactéridies se montrèrent sur le champ du microscope en quantité considérable. Votre solution fut donnée à l’intérieur par demi-tasse toutes les deux heures et matin et soir, et avec la même solution, je fis deux injections sous-cutanées de vingt gouttes chacune. En outre, j’avais appliqué dès le début sur la région malade un pansement maintenu humide en permanence avec la solution suivante :

Acide phénique 20 grammes, eau 1 litre.

Deux jours après l’institution du traitement par les injections l’amélioration fut notable, et un cobaye inoculé alors ne fut nullement influencé ; il vit encore. Quand à la malade, elle est guérie sans que la grossesse ait été troublée .

* Ce matin même j’ai reçu une nouvelle lettre de M. le l)r Chipault, ainsi conçue :

L u nouveau fait de pustule maligne, siégeant encore à l'avant-bras droit, s’est présenté à mon observation chez un homme qui avait travaillé de la laine brute.

Le traitement fut celui déjà employé :

Injections sous-cutanées d une solution d'iode iodurée matin et soir (30 centigrammes diode, 1 gramme d’iodure de potassium et un litre d’eau).

Même solution en boisson, deux litres en quarante-huit heures. Pansements avec des compresses imbibées de la même solution. La guérison fut rapide.

Au quatrième jour du traitement les injections étaient supprimées et la boisson seule était continuée pendant deux jours encore, ainsi que les pansements iodés.

M. le Dr Chipault se propose de communiquer prochainement à la Société de chirurgie ces deux faits, avec tous les détails qu’ils comportent.

Le sublimé corrosif est employé par les médecins de la

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Beauce contre la pustule maligne, à l’exclusion presque de tout autre traitement. Après avoir incisé la pustule, on j’applique le sublimé grossièrement pulvérisé; le lendemain une eschare profonde est formée, et l’amélioration de la maladie ne tarde ordinairement pas à se montrer.

Ce médicament inspire une grande confiance aux médecins qui l’emploient journellement; et son grand avantage sur les autres caustiques parait être de donner de bons résultats à une période très avancée de la maladie.

J’ai donc cherché si les propriétés antiseptiques de ce médicament étaient très développées, et j’ai procédé dans cette recherche comme pour l’iode. Sans m’étendre davantage sur ce sujet, je vais donner l’indication pure et simple de mes expériences. Les animaux inoculés ont été des cobayes, et la durée du contact du sang charbonneux avec la solution de bichlorure a été généralement d’une heure environ.

Du 4 août au 8 septembre 1878, il a été pratiqué deux inoculations au un quatre-millième ; une au un huit- millième ; une au un seize-millième ; une au un trente-deux-millième; une au un soixante-millième ; une au un soixante-quatremillième; une au un soixante-dix-millième ; une au un quatrevingt-millième ; une au un cent-vingt-millième; une au un cent quarante-millième. Tous les animaux ont survécu. Une au un cent-cinquante-millième, l’animal meurt. Deux au un cent soixante-millième, l’un meurt et l’autre survit. Deux au un cent- soixante dix -millième meurent.

La limite de l’action antiseptique du sublimé corrosif est donc très voisine de celle de l’iode; on peut la fixer entre le un cent-cinquante-millième et le un cent-soixante-millième.

Cette propriété antiseptique si remarquable du sublimé corrosif est sans doute la cause de ses effets salutaires à une période très avancée de la pustule maligne, lorsque l’œdème s’est déjà étendu au loin. En effet, on doit croire que ce corps n’agit pas seulement comme caustique; mais qu’il agit encore en se répandant par diffusion dans les parties voisines. Ce

qui le prouve ce sont les phénomènes d’intoxication qui ont été quelquefois observés pendant son application et la salivation qui l’a quelquefois suivie. La crainte de ces phénomènes d’intoxication a restreint l’usage de ce médicament tant préconisé par les médecins de la Beauce; on n’y voyait d’ailleurs qu’un caustique plus ou moins semblable aux autres.

Pour nous, qui savons maintenant que 1 centigramme de sublimé dans 1500 grammes d’eau détruit le virus charbon neux, nous pouvons nous expliquer ses bons effets à une période très avancée de la maladie, ainsi que la préférence qui lui a été accordée par les médecins qui ont à traiter journel lement la pustule maligne.

Parmi tous les antiseptiques dont j’ai cherché jusque aujourd’hui la limite d’action sur le virus charbonneux et sur celui de la septicémie, aucun n’approche, même de très loin, l'iode et le sublimé corrosif. L’acide salycilique, le plus puissant de tous, ne dépasse pas le un douze millième. Or, si l’on considère que l’iode et le mercure sont les deux médicaments les plus puissants contre la syphilis, ne sera-t-on point disposé à croire qu’ils doivent leur action spécifique à leurs propriétés antiseptiques?

Mes recherches relatives au traitement des maladies charbonneuses ont encore porté sur l’action des feuilles de noyer. On sait qu’un médecin de Perpignan, le D1' Pomayrol, a dit les avoir appliquées avec succès au traitement de la pustule maligne. On n’a accordé aucune attention à cette affirmation qui paraissait fort singulière; néanmoins, le Dr Raphaël, médecin à Provins, fut amené par circonstance à essayer ce traitement. La première application fut heureuse, et d’autres ont donné des résultats aussi favorables.

Nélaton, dont nous honorons tous ici la mémoire, n’a pas dédaigné d’en entretenir cette Académie. Dans la séance du 29 septembre 1857, il a fait connaître quatre observations du Dr Raphaël qui semblaient prouver, en effet, l’efficacité des feuilles de noyer dans le traitement de la pustule maligne.

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Nélaton, sans affirmer cette efficacité, vit dans ces faits des raisons suffisantes pour appeler l’attention sur ce traitement.

L’appel de Nélaton n’a guère été entendu, et le traitement par les feuilles de noyer n’a pas été appliqué d’une manière sérieuse par les médecins qui se sont occupés des maladies charbonneuses. Ce n’est point par des faits, mais c’est par des raisonnements qu’ils y ont généralement répondu. Comment peut-on croire, disait-on, que de simples feuilles de noyer appliquées sur une pustule charbonneuse puissent la guérir, quand les caustiques les plus violents n’atteignent pas toujours ce résultat?

Nous pouvons remarquer avec satisfaction quels progrès se sont accomplis dans nos esprits par les connaissances nouvellement acquises sur le£ causes des maladies contagieuses. Chez nos maîtres et nos contemporains, le mal apparaissait comme une bête fauve qu'on devait attaquer par le fer et le feu ; aujourd’hui, il s’agit tout simplement d’empêcher le développement dans l’organisme animal de petits végétaux microscopiques.

Les faits rapportés par Nélaton et par le D1 Raphaël1 m’ont paru dignes d’attention. L’un de ces faits même concerne une malade atteinte de pustule maligne à l’avant-bras. La nature de cette pustule fut déterminée d’une manière certaine par l’inoculation à un mouton qui mourut quatre jours après. La malade guérit néanmoins par l’application des feuilles de noyer.

Pour reconnaître si, en effet, le suc des feuilles du noyer pouvait avoir quelque action sur le charbon, je fis (août 1878), les expériences suivantes :

1° Des feuilles fraîches de noyer furent triturées dans un mortier avec du sang charbonneux étendu d une certaine quantité d’eau. Au bout de vingt six heures, quelques gouttes du suc extraites par compression de ce magma, ayant été injectées à un cobaye à l'aide de la seringue de Pravaz, l’animal ne devint nullement malade.

1 Raphaël, Traité de la pustule maligne. Provins, 1S72.

traitement des maladies charbonneuses

2° La même expérience fut répétée après cinq heures seulement de contact. Le cobaye inoculé n’en ressentit aucun effet apparent.

3° Une troisième expérience semblable avec seulement deux heures de contact donna le même résultat.

4° L’expérience ayant été répétée avec une heure seulement de contact, le cobaye ne fut point atteint du charbon.

5°, 6°, 7° Enfin trois autres expériences furent faites dans les mêmes conditions ; la durée du contact ayant été de quatorze heures, d’une heure et d’une demi -heure. Les trois animaux inoculés ne contractèrent point le charbon .

Il me semble que l’on peut conclure des sept expériences qui viennent d’être rapportées, que le suc des feuilles de noyer est doué de propriétés antiseptiques suffisantes pour détruire le virus charbonneux.

Nos expériences relatives aux propriétés antiseptiques de l’iode, et les faits cliniques qui les confirment, ne peuvent laisser de doute sur l'efficacité du traitement iodé dans les affections charbonneuses. L’iode peut être employé à l’exclusion de tout autre moyen de traitement dans la première et dans la seconde période de l’œdème malin et de la pustule maligne. Je puis répéter avec confiance, aujourd’hui, ce que j’ai dit déjà, il y a cinq ans, à ce sujet : « Ce traitement est exempt de douleurs vives, il n’altère point les tissus envahis, il ne laisse point dans les parties atteintes de désordres consécutifs graves; il est facile dans son application et prompt dans ses résultats ; il peut donc sans inconvénient être mis en pratique dès le début du mal, alors même que le diagnostic laisserait quelque incertitude. »

Mais bien des recherches pourront encore être faites utilement sur le meilleur mode d’emploi de l’iode. Quelle est la valeur des applications externes? Quelle peut être celle des boissons ou des lavements iodés? Assurément, c’est l’action des injections sous-cutanées qui paraît la plus manifeste, si 1 on considère que dix gouttes d’une solution au un cinq-centième représentent un milligramme d’iode, quantité beaucoup

CHARBON. SEPTICEMIE

plus que suffisante pour neutraliser 100 grammes d’un liquide virulent. Vaut-il mieux injecter des solutions au un cinqcentième, au un millième, au un deux-millième? Vaut-il mieux les répéter souvent, comme j’incline à le croire, ou ne les faire que deux fois par jour, ainsi qu’on l’a fait dans plusieurs des cas rapportés ci-dessus? Ce sont toutes questions auxquelles les faits cliniques seuls pourront répondre.

Quand au sublimé corrosif, il pourrait recevoir des applications'semblables, si l’on n’avait pas à craindre ses effets toxiques. Peut -être que sa fixité plus grande que celle de l’iode trouvera, dans certains cas, des applications particulières.

Le traitement par les feuilles de noyer ne doit pas être rejeté de la thérapeutique des maladies charbonneuses. Combien de fois ne voit- on pas, à la lecture des faits rapportés par divers auteurs, que le traitement n’a pu être mis en pratique immédiatement, parce que le malade était éloigné de tout secours médical, parce que le médecin n’avait pas sous la main les médicaments ou les instruments nécessaires! Dans ces cas, à la campagne, on trouve partout des feuilles de noyer; il pourra quelquefois être utile d’en couvrir la partie malade en suivant les prescriptions du Dr Raphaël.

Il me resterait à parler du traitement de la troisième période des maladies charbonneuses de l’homme; mais je dois terminer cette communication déjà trop longue.

EXPÉRIENCES SUR LA RAPIDITE DE L’ABSORPTION DES VIRUS A LA SURFACE DES PI. AIES 1

11 n’existe aujourd’hui aucun doute relativement à l’utilité,

1 Comptes rendus de l'Académie des sciences. 12 décembre 1881, p. 991.

ABSORPTION DES VIRUS a I A SURFACE DES PLAIES

pour prévenir l’invasion cl’une maladie virulente, d’appliquer la cautérisation ou quelque autre traitement analogue, dans un très bref délai; mais il est extrêmement rare qu’on puisse, dans la pratique de la médecine, appliquer immédiatement ces moyens de préservation. Il serait donc d’un grand intérêt de savoir après combien de temps la cautérisation d’une plaie virulente peut encore être appliquée avec succès. Les médecins n’ont pu résoudre cette question par la simple observation des malades, car, dans la plupart des cas, il est impossible de connaître le moment précis où le virus a été inoculé, ou bien de savoir s’il l’a été en effet.

Or, il semble que l’expérimentation peut donner facilement la solution de cette question ; c’est pourquoi, en 1849, le savant directeur de l’École d’Alfort, Renault, fit sur les animaux de nombreuses et fort intéressantes expériences, avec la collaboration de M. H. Bouley, aujourd’hui membre de cette Académie.

La question que je me proposais de résoudre, dit M. Renault, est celleci : une parcelle de virus morveux ou claveleux étant déposée sous l'épiderme, constater le plus ou moins de rapidité avec laquelle ce virus est absorbé, à partir du moment de son inoculation.

Pour savoir à quel moment le virus s’était déjà propagé au loin dans l’économie de l’animal, il suffisait de détruire la partie inoculée à des intervalles de temps plus ou moins rapprochés. Les expériences avec le virus de la morve furent faites sur treize chevaux, celles de la clavelée sur vingt-deux moutons. Dans les deux séries d’expériences, on introduisit le virus, comme on le faisait généralement alors, en soulevant l’épiderme avec la pointe d’un instrument tranchant.

Pour les premiers des treize chevaux inoculés avec la morve, l’intervalle de temps entre l’insertion du virus et la destruction de la plaie qui l’avait reçu a été de plusieurs jours; il ne fut plus, chez le douzième, que de deux heures, et, chez le treizième, il fut d’une heure seulement. Tous ces animaux, sans exception, furent atteints de la morve.

CIIARB0X, SEPTICÉMIE

Les expériences avec le virus de la clavelée ont été pratiquées de la même manière, sur les vingt -deux moutons, et l’intervalle entre l’inoculation et la cautérisation a été successivement de moins en moins grand; de sorte que cet intervalle a été, pour les trois derniers moutons, de dix, huit et cinq minutes. Tous ces animaux contractèrent la clavelée.

D après ces résultats, en jugeant des autres virus par analogie, on devrait conclure que, dans presque tous les cas, il serait inutile, pour prévenir une maladie virulente, de cautériser les plaies, et qu’il vaut mieux épargner au malade les douleurs de l’opération.

Des expériences du même genre furent faites ensuite, avec le virus charbonneux, par M. Colin, professeur à l’École d’Alfort. Ces expériences, pratiquées sur les lapins en insérant le virus charbonneux dans la peau de l’oreille, puis enlevant cette partie par une section nette, ont donné des résultats identiques à celles de Renault. M. Colin les résume en ces termes :

Si l’inoculation étant faite à la pointe de l’oreille, on vient à couper cette partie au bout de trois, quatre, cinq minutes, l’inoculation n’en produit pas moins ses effets, quant à la rapidité et à la gravité

Dans tous ces faits, la matière virulente a été insérée dans une plaie très petite, faite par un instrument tranchant : ne doit-on pas croire que, sur une plaie plus grande, l’absorption du virus sera plus certaine et plus rapide encore? Cependant, si l’on considère que les plaies qui reçoivent parfois des virus ne sont point faites par une lame étroite et acérée, à moins qu’un expérimentateur ne se blesse lui-même par accident, on pourra douter que l’on doive conclure exactement des unes aux autres. En effet, on sait que les blessures les plus étendues, produites par arrachement, ne sont point toujours accompagnées d’hémorragie. Or, si les artères déchirées ne donnent point de sang, il est probable que les veines, dans les mêmes conditions, ne permettent point aux

1 Bail, de VAcad. de Mi{d., t* CLX.XXVJI, p. 349.

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