‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 41 sur 132 · V. — Anatomie de l'anguillule da la nielle adulte · texte numérisé non relu

V. — Anatomie de l'anguillule da la nielle adulte

a) Iéguments. — La peau, chez l'anguillule de la nielle, est mince, transparente, blanchâtre, homogène; on n’y distingue aucune apparence de fibres. Elle est striée transversalement ; les stries, extrêmement fines, ne deviennent appréciables au grossissement de 350, qu après un traitement par la potasse caustique. Elles sont distantes d’environ 0mm,001 .

b) Muscles. — La couche musculaire sous-jacente à la peau forme deux bandes longitudinales larges, l’une ventrale, l’autre dorsale. Chacune de ces bandes est probablement séparée sur la ligne médiane par un raphé. Sur les côtés du corps, elles paraissent séparées par un assez large espace, disposition analogue à celle que l’on remarque chez le filaire de Médine. Les fibres primitives sont filiformes, droites, ondulées ou plissées régulièrement (pi. II, fig. 10) h

c) Organes de la digestion. — Le canal intestinal n’a point la disposition que l’on rencontre ordinairement chez les

rynçiennes, par la forme de l'œsophage, par la situation de la vulve, par l'utérus simple. Ses caractères se rapportent plus exactement à ceux du genre anguillule (anguillula) d’Ehrenberg, dont M. Dujardin donne la caractéristique sans y placer aucune espèce : « Vers à corps filiforme, cylindrique, élastique; bouche orbiculaire tronquée, nue; queue aiguë ou obtuse, sans papille terminale; spiculé du mâle simple, rétractile et sans gaine. » (Dujardin, ouvr. cité, p. 243.) Le genre anguillula a été conservé parM. Diesing (ouvr. cité, t. II, p. 123); mais M. Diesing range dans le genre anguillul i plusieurs espèces qui, évidemment , n'appartiennent pas au même groupe, et pour quelques-unes desquelles le genre rhabditis a été créé avec raison par M. Dujardin. L'anguillule de la nielle se rapportant parfaitement par ses caractères au genre anguillula d’Ehremberg et de Diesing, pourrait être prise pour type de ce genre.

i Chez les anguillules adultes, plongées pendant quelques heures dans de l'eau acidulée [avec l’acide sulfurique au un deux-centième, ces fibres paraissent striées en ravers (fig. 11).

vers nématoïdes ; beaucoup plus long que le corps, il est contenu dans l’intérieur d'un sac ou mésentère tubuleux, dans lequel il forme un assez grand nombre de circonvolutions (fig. 13, 14). Dans la première partie de sa longueur, le tube digestif offre plusieurs dilatations ou renflements constants (lig. 5 A) : une première dilatation très courte constitue la çavité buccale ou pharyngienne; elle est suivie d’un renflement fusiforme, après lequel vient une seconde dilatation arrondie (bulbe œsophagien). Enfin un nouveau renflement pyriforme, plus considérable que le premier, constitue l’estornac, à la suite duquel le tube digestif pénètre dans le sac mésentérique; là, cet organe devient très irrégulier, élargi en certains points, fortement rétréci en d’autres points; il se termine près de l’anus en cul-de-sac par l’atrophie de ses parois.

L’orifice de la bouche est très petit, arrondi, nu. La cavité buccale offre dans sa paroi un stylet court, conique, protrac tile et rétractile, dont la pointe peut faire une légère saillie en dehors du limbe buccal1. Ce stylet est continu en arrière avec un filament simple, très distinct, semblable à une fibre de tissu élastique qui se renfle au centre du bulbe œsophagien en une petite tête bilobée, et qui, en arrière de cette sorte de tète, se prolonge sur le tube intestinal, mais alors considérablement aminci (fig. 5 A. B). Ce filament constitue sur l’œsophage une tige élastique qui s’infléchit lorsque cet organe se contracte, et qui reprend ensuite sa rectitude. Il se recourbe à la base du stylet buccal pour embrasser le renflement œsophagien, qui paraît être constitué non par une dilatation du conduit, mais par un muscle superposé et destiné à mouvoir le sylet. Tout cet appareil a évidemment pour objet de donner de la force et de la résistance à l’extrémité antérieure de l’animal.

Le bulbe œsophagien, formé par une membrane mince et transparente, est agité de mouvements rhythmiques incessants,

i C est à ce stylet que M, Dujardin donne le nom de baguclle pharyngienne.

qui persistent encore pendant quelque temps après la mort de l’anguillule. Le renflement stomacal a des parois épaises qui sont constituées par des fibres pourvues d’un noyau de cellule. Les parois de l’intestin paraissent d’une structure homogène; on ne distingue point de fibres dans leur épaisseur, et la surface interne ne paraît pas revêtue d’une couche de cellules (fig. 17).

L’anus, presque terminal, est imperforé; sa situation, qu'il est très difficile de reconnaître, est indiquée par la direction du cordon qui termine l’intestin, et par un muscle rétracteur qui y aboutit (fig. 6 a).

Le sac ou mésentère dans lequel est contenu l’intestin (fig. 13-18), s’étend d’un bout à l’autre du corps en ligne droite. Il commence en arrière du renflement stomacal, occupant d’abord toute l'épaisseur du corps (fig. 5 f); il se rétrécit bientôt et forme un tube plus ou moins bosselé qui se termine près de l’anus. Repoussé par les organes génitaux internes, il se trouve dans la partie dorsale du corps, où la lumière transmise le fait paraître comme une bande noirâtre, irrégulière (fig. 3). Le mésentère est constitué par une membrane mince, à peine perceptible aux plus forts grossissements ; il renferme une substance albumino-graisseuse abondante, qui se disperse sous le microscope avec l'apparence de granulations moléculaires agitées du mouvement brownien. Parmi ces granulations sont répandus un grand nombre de noyaux de cellule pourvus d’un nucléole. Jamais je n’y ai reconnu de cellules distinctes. Cette substance albuminograisseuse est interposée aux circonvolutions de l’intestin et lui adhère plus ou moins. Chez les anguillules vieillies et en partie vidées par la ponte, il se développe dans cette matière des vésicules qui offrent à leur intérieur quelques-unes des granulations élémentaires; ces vésicules, quelquefois très abondantes, paraissent n’avoir d’autre fonction que de remplir l’espace laissé vide par la déplétion des organes génitaux.

d) Urganede circulation. — Chez les anguillules adultes,

RECHERCHES SUR L’ANGUILLULE DU RLE NIELLÉ

il existe un vaisseau longitudinal légèrement rougeâtre qui occupe presque toute la longueur du corps. Il est situé en dehors du mésentère et se termine de part et d autre en s a— mincissant régulièrement. En avant, il ne peut que très difficilement être suivi en deçà du bulbe œsophagien, et en arrière il ne peut l’être au delà de la vulve ou du pénis. Dans tout son trajet il est plus ou moins flexueux, et ne donne aucune branche collatérale. Il n’a point de batLemements, mais il paraît susceptible de contractions et d’expansions alternatives et lentes1. Quoique ses parois soient d’une minceur extrême, je l’ai vu isolé en partie : il a 0mm,003 à 0m,n,004 de diamètre (fig. 5 gg, fig. 7; fîg. 8 B).

e) Organe d’excrétion. — Un cordon, paraissant avoir son origine dans le sac annexé à l’intestin, se dirige obliquement d’arrière en avant et se rend à la peau au niveau du renflement stomacal ; ce cordon, vu par un fort grossissement, paraît avoir un orifice à son point d’insertion à la peau ; en outre, je l’ai quelquefois vu variqueux, ce qui tendrait à prouver que c’est un canal qui s’ouvre à l'extérieur et qui fait l’office de conduit excréteur (fig. 5 h. h, fig. 8 B, fig. 9)2.

f) Système nerveux. — Le filament longitudinal qui se termine en avant par la baguette pharyngienne est le seul filament qui, par sa situation, puisse être comparé à un cordon nerveux; mais l’on ne découvre dans ce filament aucune fibre nerveuse primitive. Ce n’est probablement qu’une fibre de tissu élastique. Il existe sur l’estomac une grande cellule ronde, munie d’un gros noyau sans nucléole, qui a dans son

1 J’ai vu dans le trichosome de la poule un vaisseau longitudinal droit, qui, dans la partie antérieure de l’animal, est doué de contractions et d’expansions alternatives lentes. La portion contractée du vaisseau disparait parfois complètement et réparait 30 à 50 secondes après.

2 J’ai observé, chez un slrongle qui se trouve dans l’estomac du lièvre, un organe analogue, très distinct. Il s’ouvre au dehors, en avant de la dilatation stomacale, et se prolonge en arrière sur la première portion de l’intestin.

Davaink. L'Œuvre.

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apparence quelque rapport avec une cellule nerveuse (fig. 5 A e, 5 C). Elle est constante et toujours facilement visible chez les adultes encore incomplètement développés ; elle ne parait émettre aucun filet, aucun tube semblable à un tube nerveux primitif; sa situation et son apparence portent néanmoins à penser qu’elle appartient au système nerveux.

g) Organes génitaux. — Les organes génitaux mâle et femelle, très dévoloppés relativement aux autres organes, sont faits sur le même type.

Mâle. — Ils consistent chez le mâle en un tube très long plusieurs fois replié, suivant la longueur du corps. Ce tube (testicule, canal déférent) unique et simple, n’offre sur aucun de ses points de dilatation qu’on puisse comparer à une vésicule séminale (fig. 12 b, b', b"). Le pénis est situé près de l’extrémité caudale; il est constitué par deux pièces cornées, un peu arquées, réunies vers leur extrémité libre, et d’une petite pièce interposée. Ordinairement caché dans l’épaisseur du corps, il peut en sortir presque complètement. Il fait alors saillie entre les deux ailes longitudinales minces, placées latéralement sous la queue de l’anguillule (pl. III, fig. 8, 9.).

Femelle. — Chez la femelle, les organes génitaux consistent également en un tube (ovaire et trompe) unique, simple, très long, replié plusieurs fois sur lui-même (fig. 1). Ce tube s’élargit en arrière progressivement jusqu’à une autre dilatation arrondie, oblongue (matrice), qui se termine par un canal long et droit (vagin); celui-ci se prolonge, en arrière de la vulve, en un diverticulum ou cul-de-sac, qui, au moment de la ponte, reçoit quelquefois un œuf. La vulve s’ouvre entre deux lèvres saillantes; elle est située près de 1 extrémité caudale.

Le tube génital mâle ou femelle commence en doigt de gant (fig. 2, 10). Les parois sont formées extérieurement par une membrane très mince et sans structure appréciable. Elles sont revêtues intérieurement d’une couche épaisse de cellules pourvues d’un noyau et d’un nucléole. Cette couche offre la

recherches sur l'angüjj.lulE du blé niellé 393

disposition d’un épithélium pavimenteux, disposition que l’on observe surtout bien dans le vagin (fig. 4). Dans la partie la plus renflée de la trompe les cellules sont plus nombreuses, et superposées (fig. 3, 5); plusieurs de ces cellules ont de deux à cinq noyaux; d’autres renferment dans leur intérieur de véritables cellules secondaires. On les prendrait, lorsqu’elles sont isolées, pour des ovules fractionnés, si elles n’en différaient par l’absence du vitellus (fig. 5). Ces cellules ne sont par toutes globuleuses, beaucoup sont fusiformes plus ou moins allongées et sont de véritables fibres cellules. Ces caractères deviennent très apparents lorsqu’on laisse les anguillules un certain temps dans de l’acide sulfurique très étendu (1/200 d’acide). La matrice et la trompe paraissent alors en grande partie constituées par ces fibres cellules (fig. 6).

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