PARASITISME, M1CR0BI.-MK
D après Dujardin, il disparaît des infusions animales ou végétales, h mesure que d’autres espèces auxquelles il sert de nourriture viennent h se multiplier ; et lorsque l’infusion devient plus concentrée par suite de l’évaporation ou devient trop fétide pour que les autres espèces y puissent vivre, le bacterium termo s’y montre de nouveau aussi abondamment.
Il est facile de reconnaître que le bacterium termo disparaît en général, non parce qu’il est avalé par d’autres infusoires, mais par suite des changements qui s'opèrent dans les liquides de l’infusion ; il disparaît souvent aussi, sans doute, parce que, confondu avec le premier âge d’une autre espèce, il en revêt les caractères en se développant. Quant à sa réapparition dans le même liquide devenu plus fétide, il se pourrait que les bactéries nouvelles ne fussent point tou jours de la même espèce que le bacterium primitif. Sous le nom de bacterium termo (?) nous confondons plusieurs espèces diverses. Dans les infusions très fétides, j’en ai vu d’une telle petitesse que leurs essaims se perdaient aux limites de la vision comme des tourbillons d’une très fine poussière. Malgré l’imperfection de nos moyens d’observation, l’œil suffit quelquefois à reconnaître à ces bactéries une physionomie particulière, mais qui n’est susceptible d’aucune description.
D’après M. Pasteur ce bacterium respire le gaz oxygène libre; dans les liquides qui contiennent des matières organiques, il s’empare de tout ce gaz et périt ensuite ou bien il continue de vivre à la surface, formant une pellicule qui protège le liquide contre l'action de l’air atmosphérique. Il possède aussi la faculté de fixer l’oxygène de l’air sur certains produits organiques et de contribuer ainsi a leur destruction complète.
2. Bacterium chaînette. Bacterium calenula (Dujardin). Corps filiformes, cylindriques, souvent assemblés par trois, quatre ou cinq, par suite de la division spontanée; articles longs de 0mra,003 à 0mm ,004 ; épais de 0mm,0004 à 0mm ,0005 ; longueur totale 0,02. (Dujardin). Dans la fièvre
BACTERIES
typhoïde chez l’homme et dans cette maladie communiquée au lapin se trouve un bmterium catenula épais de 0,nm,000i à 0m'”,0008; long de 0mm,004 à 0'nm,00i (L. Coze et Y. Feltz).
Ce bacterium a un grand rapport de forme avec le vibrionfennent de l’acide lactique ; et en effet, Dujardin le confondaut avec le bacterium termo, l’indique comme s’étant développé dans une infusion de sucre et de phosphate d’ammoniaque. Suivant cet observateur, ce bacterium serait peut-être le premier degré du développement àwvibrio bacitlus. Il se trouve dans des infusions fétides.
3. Bacteriüm point. Bacterium punctum (Ehrenberg). Corps de forme ovoïde, allongé, incolore, à mouvement lent, vacillant, souvent assemblés par deux, long de 0'nm,0052 ; épais 0mm,0017 (Dujardin).
Il se développe dans diverses infusions de substances animales. Dans les animaux morts h la suite de l’inoculation de substances putréfiées se trouve un bacterium punctum large de 0mm,0016; long de 0nm,004 à 0m:n,02 (L. Coze etFeltz).
4. Bacterium trii.ocoi.aire ou articulatum (Ehrenberg). Corps formé d’un certain nombre d’articles, pourvu à la partie antérieure d’une trompe vibratile ayant le tiers delà longueur du corps, long de 0mm,0112 à Omm, 005(5; épais de 0mm,002 à (jmm,Q025. Ce bacterium est regardé comme douteux par Dujardin; c’est un des premiers êtres qui apparaissent dans les infusions.
5. Bacterium de la pourriture. Bacterium putreclinis (Davaine). Ce vibrionien paraît différer spécifiquement des bactéries qui se produisent dans les matières animales en décomposition. 11 se présente sous trois formes ; i°en corpuscules amorphes, infiniment petits et innombrables, constituant un tourbillon mouvant dont la plupart des individus se per ■ dent aux limites de la vision; 2° en filaments minces, courts> droits, quelquefois divisés en deux, atteignant au plus 0mm, 005 de longueur, doués de mouvements semblables à ceux du bacterium termo ; 3° en filaments généralement plus longs
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et dont quelques-uns atteignent jusqu’à 0mm,03 de longueur, semblables pour le reste aux précédents qui les accompagnent toujours plus ou moins.
Les bactéries de la pourriture peuvent être desséchées sans périr; elles gardent alors leur vitalité pendant plusieurs mois. Chauffées a 50° C., elles perdent leurs mouvements; elles meurent à 52° C. Les filaments longs périssent avant les courts; ces derniers jouissent, à l’égard de divers agents, d’une vitalité plus grande que les premiers.
Ces bactéries déterminent dans les plantes une pourriture ordinairement plus humide que celle qui est causée par le mycélium des champignons ; quelquefois ce sont des ulcérations sèches. La pourriture débute généralement par la racine et envahit ensuite toute la plante. Je l’ai observée dans des végétaux à parenchyme très tendre, comme la balsamine et dans les plantes grasses trop fortement arrosées. Elle peut se transmettre par inoculation aux tiges et aux feuilles d’un grand nombre de ces plantes. Cette pourriture est arrêtée par l’exposition du végétal envahi à une température de 52" C. à 55° C. (beaucoup de plantes grasses supportent cette chaleur sans en être altérées).
L’inoculation nous donne le moyen d’étudier les propriétés du bactérium de la pourriture et de reconnaître la variabilité de ses formes qui changent suivant diverses conditions, parmi lesquelles il faut compter l’espèce du végétal qu’il envahit: on observe généralement la première forme à la surface des ulcérations sèches, et dans le stapelia grandi/fora, Yaloe spiralis, la seconde dans le stapelia europæa , V echinop si s cristata, Y opuntia cylindrica , etc., la troisième dans Yaloe variegata, etc. Ainsi, l’étude de celte bactérie, outre l’intérêt physiologique et pathologique, nous fait apprécier la valeur de plusieurs caractères que l’on a regardés jusqu’aujourd'hui comme spécifiques chez les vibrioniens.
Il est remarquable que les corpuscules les plus petits qui échappent presque à notre vue et qui n’ont point de forme caractéristique, aient une vitalité supérieure à celle des bac-
BACTÉRIES
téries bien développées. Ce sont, sans doute, ces corpuscules qui doivent être considérés comme des germes.
6. Bacterium capitatum (Davaine). Corps filiforme, rigide, terminé par une extrémité renflée, à mouvements vifs, non ondulatoires; long de 0mm,01 à 0mm,015. Ils perdent leurs mouvements à une température de 55° C.
J'ai observé ces filaments en nombre considérable dans de l’eau où macérait depuis quatre jours une tumeur fibroplastique. Ils étaient tous immobiles; trois jours après ils avaient des mouvements variés de balancement ou de giration et s’avançaient par l'une ou l’autre de leurs extrémités indifféremment. La tête, demi-transparente, bleuâtre, avait la forme de celle des zoospermes de l'homme. J’en ai vu de tout semblables dans des infusions de jambon et de fromage.
J’ai observé encore dens l’intestin de la courtilière, et plusieurs fois dans, l’eau de vases où poussaient des jacinthes, des filaments très analogues, mais dont le renflement paraissait dû à une sorte d’endochrome nucléaire et l’on pouvait, dans une série d’individus, reconnaître jusqu’à un certain point le passage d’un vibrionien à une clostérie.
IL — Genre V IBRION. Vibrio (Millier et Ehrenberg). Corps filiforme plus ou moins distinctement articulé, par suite d’une division spontanée imparfaite, susceptible d un mouvement ondulatoire comme un serpent. (Dujardin).
1. Vibrion linéole. Vibrio lineola (Muller). Corps diaphanes, cylindriques, un peu renflés au milieu, deux ou trois fois plus longs que larges, assemblés par deux ou trois en une ligne très mince, un peu flexueuse et présentant seulement deux ou trois inflexions, articles longs de 0mm,0035; épais de O"'1», 0013 à 0mm,0003; longueur totale de 0mm,007 à 0mm,0Ûl (Dujardin).
Ce vibrion ressemble beaucoup au bacterium termo. On le trouve souvent avec ce bacterium dans la même infusion. Il est alors difficile de savoir si l’un n'est pas le premier âge
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de 1 autre. Il existe dans des infusions diverses végétales ou animales d’eau douce ou d’eau de mer. M. Donné l’indique comme se trouvant dans le pus virulent des chancres du gland et de la vulve.
2. Le vibrio TREMELANS d’Ehrenberg diffère trop peu du vibrio lineola pour qu’on puisse le regarder comme formant un autre type spécifique.
3. A ibrion rugole. Vibrio rugula (Millier). Corps dia phanes, en fils alternativement droits ou flexueux, de cinq à huit inflexions, se mouvant avec vivacité en ondulant ou en serpentant; longueur (non déployé), 0mm,008 à 0mm,013; épaisseur, 0mm,0007 à 0mm,008 (Dujardin); longueur, Ümm,046S; épaisseur, 0mm, 00225 (Ehrenberg).
Ce vibrion a une manière d'être toute particulière qui le caractérise : tantôt il s’allonge, se redresse et se meut lentement; tantôt il se raccourcit, s’enroule en hélice et part avec une extrême rapidité. La faculté qu’il possède de s’allonger et de rester droit le distingue des spirillum, qui sont toujours plus ou moins enroulés. Ces vibrioniens vivent souvent par groupes qui se reforment incessamment comme des essaims d’abeilles. Ils se trouvent aussi quelquefois dans les matières intestinales de l'homme (Leemvenhoek), et dans les déjections des cholériques (Pouchet). J'en ai vu dans l’intestin des cobayes et dans l'appendice cœcal de plusieurs perdrix et de plusieurs poulets ; leurs mouvements se conservaient plusieurs heures après la mort de ces animaux.
4. Le vibrion prolifer d’Ehrenberg serait plus épais, à articulations plus visibles, à mouvements plus lents.
5. Vibrion serpent. Vibrio serpens (Millier, Dujardin). Corps très allongé, filiforme, ondulé, suivant une direction le plus souvent rectiligne, dix à quinze inflexions à angles obtus; longueur, 0m,n, 023; épaisseur, 0mm,0007. (Dujardin).
Il ressemble à une ligne très longue relativement à son épaisseur, serpentante, à inflexions égales et lâches. Il se trouve dans de l’eau de rivière (Muller), dans des infusions animales (Dujardin).
BACTÉRIES
G. Vibrion bagüette. Vibrio bacillus (Mûller). Corps transparent, filiforme, rectiligne, égal, à articulations fort longues, n’ayant que des mouvements d’infiexion peu sen sibles pendant qu’il s’avance lentement dans le liquide, et indifféremment en avant ou en arrière, paraissant souvent brisé à chaque articulation : longueur d’un seul article, 0mm,005 à 0mm ,008; longueur totale jusqu’à 0ra:n,033; épaisseur, 0mm,0007 à 0mn\001 (Dujardin); longueur totale; 0mra,05; épaisseur, 0mra,00'16 (Ehrenberg).
11 se reconnaît facilement à ses longs articles, formant des angles nets qui lui donnent l’aspect d’une ligne brisée, lise développe dans des infusions diverses d’eau de mer ou d’eau douce, dans la matière blanche qui s’amasse autour des dents (Leeuwenhoek), dans l’intestin des courtilières et de plusieurs mammifères (Davaine).
7. Le Vibrio subtilis d’Ehrenberg et ambiguës de Dujardin sont probablement des conferves.
8. Vibrion lactique (Pasteur,). Articles presque globuleux, très courts, un peu renflés aux extrémités; longueur d’un seul article, 0mra,0016; d’une série, 0ram,05 environ.
Le vibrion lactique pourrait être rapproché pour la forme du bacterium termo ou du bacterium catenula. Ses mouvements ressemblent aux mouvements browniens ; je les ai vus continuer après le contact d’une solution aqueuse d’iode, ce qui indiquerait qu’ils ne sont point spontanés.
Le vibrion lactique se forme dans des liquides sucrés, déterminant la formation de 1 acide lactique, et dans le lait dont il coagule le caséum. Il apparaît d’abord par amas dispersés dans toute la hauteur du liquide; son apparition précède la coagulation. Du lait porte pendant vingt jours de suite pendant une minute à une température voisine de + 100° G. avait conservé ces qualités physiques ordinaires ;le vibrion lactique ne s 3' était point développé. L’ayant laissé cinq jours sans le chaufler, j 3 vis apparaître des amas de ce vibrion, et le lendemain le caséum fut coagulé.
D. \ ibrio s ynxanthus (Ehrenberg). Corps cylindrique,
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peu flexueux, formé de corpuscules dépassant rarement le nombre de cinq; longueur de chaque corpuscule, 0mm, 00073 à 0mm,0ul09.
Dans le lait de vache altéré, auquel il donne une coloration jaune (aureum) ; observé par Fuschs.
10. Vibrio syncyanus (Ehrenberg). Corps cylindrique, peu flexueux, formé de corpuscules dépassant rarement le nombre de cinq ; longueur de chaque corpuscule, 0mm ,00073 à 0m,n, 00109.
Dans le lait vache aigri, auquel il donne une coloration bleue; observé par Fuschs.
Le vibrion synæanthus, comme le vibrion syncyanus , a les caractères du vibrion lactique ; il se pourrait que l'un et l’autre ne fussent que ce vibrionien et qu’ils ne fussent pour rien dans la coloration du lait. Le lait bleu, dit M. Robin1, est une altération de ce liquide qui se produit à sa surface et dans sa profondeur sous forme de taches d’un bleu foncé ou violacé, à contours diffus, se réunissant bientôt les unes aux autres. Elle se montre avec persistance dans les mêmes vases où elle est apparue une fois. Un peu de celait placé dans une laiterie saine y propage cette altération. Il existe dans ce lait, qui est acide, des vibrions courts, très nombreux, incolores; mais en même temps des filaments ou des spores d’une algue voisine des leplomitus, algue colorée en bleu violet, à laquelle M. Robin attribue, avec toute apparence de raison, la coloration anormale du lait.
11. Vibrion butyrique (Pasteur). Baguettes cylindriques, arrondies à leurs extrémités, ordinairement droites, isolées ou réunies par chaînes de deux, de trois, de quatre articles, et quelquefois même davantage. Leur épaisseur est de 0”m, 002 en moyenne ; la longueur des articles isolés varie de 0mm ,002 jusqu’à 0mra,015 ou 0œm,02.
Ces infusoires s’avancent en glissant. Pendant ce mouve-
1 Robin, Leçons sur les humeurs normales et morbides du corps de l'homme, p. 415. Paris, 1867.
BACTERIES
ment, leur corps reste rigide ou éprouve de légères ondulations. Ils pirouettent, se balancent ou font trembler vivement la partie antérieure et postérieure de leur corps. Les ondulations de leurs mouvements deviennent très évidentes dès que leur longueur atteint 0mm,015; souvent ils sont recourbésà une de leurs extrémités, quelquefois à toutes deux. Cette particularité est rare au commencement de leur vie. Ils se reproduisent par fissiparité. C’est évidemment à ce mode de génération qu’est due la disposition en chaîne d’articles qu’affecte le corps de quelques-uns. L’article qui en traîne d'autres après lui s’agite quelquefois vivement comme pour s’en détacher (Pasteur).
12. Vibrion tartrique droit (Pasteur). Tiges en granulations semblables au vibrion lactique, réunies en amas ou en lambeaux irréguliers; longueur d’un seul article, 0mm ,001, d’une série, 0mm,05 environ. Le diamètre des petites granulations ou globules est sensiblement le meme que dans la levûre lactique, et l’aspect général, au microscope, de ces deux productions, offre de grandes analogies. Dans la fermentation, le tartrate fait place à un dépôt qui est sensiblement composé de cadavres de vibrions. Ils se reproduisent par fissiparité, et, pendant la durée de la fermentation, la plus petite quantité du dépôt en offre une foule à mouvements plus ou moins rapides et flexueux (Pasteur).
III. — Genre BACTÉRIDIE. B actéridium (Dax aine). Corps filiforme , droit ou infléchi , plus ou moins distinctement articidé par suite d'une division spontanée imparfaite, toujours immobile.
1. Bactéridie charbonneuse (Davaine). Filaments droits, roides, cylindriques, quelquefois composés de deux, trois et très rarement quatre segments, offrant alors des inflexions à angle obtus en rapport avec les articles; très minces rela tivement à la longueur, qui va jusqu’à 0ram,01, ou 0ram,012 pour un seul article, et jusqu’à 0m“’,05 pour un filament composé.
Davaine. L’Œuvre.
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Dans la pustule maligne, les filaments simples ont jusqu’à 0mm,01 de longueur ; dans le sang des gros vaisseaux, ils sont ordinairement courts; ils atteignent leurs plus grandes dimensions dans la rate. Leur longueur est en rapport avec leur âge, comme on peut s’en assurer en suivant leur développement dans le sang ; mais elle est soumise encore à d’autres influences, car chez certains individus, toutes les bactéridies sont excessivement courtes relativement aux dimensions qu’elles atteignent chez d’autres animaux.
On peut distinguer les bactéridies des cristaux en aiguilles par leur résistance à l’action de la potasse caustique et de l’acide sulfurique ; on les distingue des vibrioniens qui se forment dans le sang putrifiè à ce que ceux-ci sont doués de mouvements spontanés; en outre les bactéridies charbonneuses se détruisent par la putréfaction.
Les bactéridies chai'bonneuses se développent chez l’homme, le mouton, le bœuf, le cheval, le lapin, le cobaye, le rat, la souris, etc. Elles ne se développent point chez le chien, le chat, chez les oiseaux ni chez les animaux à sang froid. Les bactéridies existent principalement dans les vaisseaux capillaires, surtout dans ceux du foie et de la rate. Elles semblent quelquefois rares dans le sang du cœur, mais on les trouve alors en grande quantité dans des concrétions fibrineuses, blanchâtres ou demi-transparentes placées, le plus souvent, entre les colonnes charnues ou dans les oreillettes. Elles se développent aussi dans le corps muqueux de la peau de l’homme, constituant la pustule maligne.
2. Bactéridies intestinales (Davaine). — Filaments généralement droits, épais, offrant souvent au milieu un espace clair, indice d’une segmentation binaire; quelquefois coudés en ce point.
Ces filaments existent ordinairement dans l’intestin des canards, des faisans, perdrix, cailles, poulets et pigeons. Chez tous ces oiseaux, ils offrent le même aspect et ne diffèrent que par la longueur. Voici les dimensions des filaments les plus longs : canards. 0mm,02 rarement 0mm,03; perdrix,
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Omm ,02, rarement 0mm,04; faisans, 0mm,015, rarement 0mm,025; poulets, 0mm,01, rarement 0mra, 015, généralement minces; 'cailles, 0mm,01 ; pigeons, 0mm,01. Je n’en ai point vu chez des moineaux, des pinsons et desverdiers.
Ces filaments se trouvent dans tonte l’étendue de l’intestin : mais très rares, minces et courts dans le duodénum, ils deviennent plus communs et plus longs en avançant vers le gros intestin. Ils existent par myriades et quelquefois réunis par amas dans les appendices cœcaux. Ils n’ont point de mouvements, même chez l’animal vivant; le régime n a pas d’influence marquée sur leur production, comme je m en suis assuré sur des canards nourris exclusivement avec des végétaux ou avec de la viande.
3. Bactéridie du i,evain. B. fermenti (Davaine). — Filaments ordinairement minces et courts, atteignant au plus 0n,m,01 de longueur, quelquefois divisés en deux articles, droits ou coudés, immobiles ou doués d’un léger mouvement brownien (qu’ils conservent dans une solution aqueuse d’iode). Dans certains cas, les filaments atteignent jusqu’à 0mm,02; ils sont alors divisés en deux, trois ou quatre articles formant des angles plus ou moins obtus.
Ces vibrioniens existent en grand nombre dans le levain de froment et d’orge. On les trouve aussi dans la colle de farine aigrie. Ils se développent souvent par groupes disséminés. La longueur des filaments paraît dépendre de leur situation superficielle ou profonde et du plus ou moins d’humidité de la pâte.
Ces bactéridies sont identiques par leurs caractères phy siques avec celles du charbon ; rapprochées de ces dernières, elles offrent un exemple intéressant de la diversité de l’espèce dans l’identité des formes.
4. Bactéridie guaireuse (Davaine). — Filaments d’une minceur extrême, droits ou coudés, hyalins, atteignant 0m,",01 de longueur.
J’ai observé deux fois ces filaments, d’une minceur telle qu’ils étaient à peine visibles aux plus forts grossissements.
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Ils se trouvaient dans une substance visqueuse, ressemblant à une glaire d’oeufs qui s’était formée dans de l’eau ordinaire sucrée et conservée pendant plusieurs mois. On peut attribuer la formation de la substance visqueuse à une fermentation déterminée par ces vibrioniens, mais celte propriété ne leur appartient pas exclusivement; beaucoup de végétaux, sans doute, en jouissent.
5. Bactéridie du vin tourné (Pasteur). — Je crois pouvoir attribuer aux bactéridies les filaments qui occasionnent la maladie du vin tourné : ce sont, dit M. Pasteur
des filaments d’une extrême ténuité, qui ont souvent moins de 1 millième de millimètre, et des longueurs très variables ; ils sont cylindriques, flexibles, sans articulations ou étranglements bien apparents ; ils se trouvent enchevêtrés les uns dans les autres en amas glutineux.
Peut-être le ferment qui occassionne la maladie de la graisse doit il être rapporté aussi aux vibrioniens.
6. Bactéridies des infusions (Davaine). — On observe fréquemment des vibrioniens immobiles dans les infusions artificielles; pour qu’on les rapportât aux bactéridies, il faudrait que leur immobilité fût constante. J’en ai vu avec ce caractère dans des infusions de varech, d’ulve, etc., et d’eau de mer qui étaient remarquables par l’iiniformité de tous les filaments; ils constituaient une couche épaisse, quelquefois d’un beau blanc à la surface de l’infusion. Tous ces filaments épais et droits, portant au milieu l’indice d’une segmentation binaire, avaient de longueur 0m.n,015 avec le varech vésiculeux ; 0mm,01 avec l’itfru îaciuca; 0mm,02 avec la farine de blé.
IV. Genre SPIR ILLUM (Ehrenberg). — Corps filiforme contourné en hélice , non extensible, quoique contractile (Dujardin).
1. Spirillum ondulé, Spirillum undula. (Ehrenberg). — Corps filiforme, contourné en hélice lâche à un tour et demi ou deux tours, déprimé dans le sens de l’axe de l’hélice et
BACTERIES
plus mince vers le contour; longueur totale, 0mm, 008 a 0mm,0i, ou même 0mm, 012 ; largeur, 0mm,005; épaisseur du filament, 0mm,00l l à 0mm,0013 (Dujardin).
Ce spirillum ne s’étend jamais en ligne droite; il se distingue par là du vibrio rugula. En repos, il représente un V majuscule; en mouvement, la lettre M. Il se meut avec une rapiditételle que l’œil peut à peine le suivre. Il se développe dans les ruisseaux (Millier) et très communément dans les infusions végétales et animales fétides.
2. Le Spirillum tende d’Ehrenberg ne différé du précédent que par son filament plus épais, 0mm,0022, moins fortement contourné et moins distinctement articulé.
3. Le Spirillum rufum de Perty ne diffère du siprillum undula que par sa couleur rougeâtre. Il a été observé dans l’eau d’un marais, à Berne.
4. Spirillum tournoyant. Spirillum volutans (Ehrenberg. — Corps filiforme, contourné en hélice à trois, quatre ou plusieurs tours serrés ; paraissant noirâtre, longueur totale, 0mmJ,01 à 0ram, 04 ; largeur, 0mm, 007; épaisseur du filament, Omm, ooi 4 (Dujardin).
On le voit alternativement en mouvement et en repos, conservant toujours sa forme en tire-bouchon, sans qu’on puisse reconnaître quels sont ses moyens de locomotion. Il se développe dans des infusions végétales ou animales d’eau de mer ou d’eau douce (Dujardin); dans l’intestin de la courtilière (Davaine).
5. Spirillum iæucomœenum (Perty). — Articles larges, noirâtres, à deux ou trois tours; mouvements très rapides.
Observé dans des infusions, dans les eaux marécageuses parmi des algues altérées; très commun.
6. Spirillum plicatile. Spirillum plicatile (Dujardin). — • Corps filiforme, non extensible, contourné en une hélice très longue, flexible et susceptible de se contourner sur elle même et de se mouvoir en ondulant; longueur totale, 0mm,13 à 0mm,20 (Dujardin).
Il existe dans des infusions animales, dans des infusions
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diverses d’eau de mer et dans l’intestin des cobayes (Davaine).
§11. — Physiologie et pathologie.
1. VlBRIONIENS DANS LA FERMENTATION. La vie s’eiltre • tient par l’acte de la respiration et par l’acte de la nutrition. L’un consiste dans l’assimilation de l’oxygène libre, l’autre dans l’assimilation d’un certain nombre de principes fournis par le milieu ambiant (ou par les aliments). Ces conditions que l’on croyait générales pour tous les corps doués de vie, offrent une remarquable exception que M. Pasteur a fait connaître. 11 existe, en effet, un grand nombre d’êtres qui, vivant sous certains rapports comme les précédents, assimilent comme eux, le carbone, l’azote, les phosphates, mais qui pour respirer s’emparent, à défaut de gaz oxygène libre, de celui qui se trouve dans certaines combinaisons peu stables, d’ou résulte pour celles-ci une décomposition progressive. Ces corps, privés de leur oxygène, forment de nouvelles combinaisons qui modifient profondément la nature du milieu ambiant. Les organismes doués de ces propriétés sont des ferments. Ces organismes qui ne constituent point une famille distincte ont, suivant leurs espèces, une action particulière sur telle ou telle substance et déterminent une combinaison chimique spéciale. Les ferments organisés ne se produisent donc point indifféremment dans des milieux divers ; à chaque espèce probablement correspond son terrain et sa fonction.
La famille des vibrioniens fournit un grand nombre de ferments; peut-être même tous les vibrioniens peuvent-ils vivre dans cette condition. Ce sont des vibrioniens qui occasionnent les fermentations lactique, butyrique et celle de l’acide tartrique droit. Ces fermentations ont lieu corrélativement à la production du vibrion- ferment . Elles apparaissent avec lui et aussi longtemps que dure la vie de cet infusoire, aussi longtemps dure la transformation delà matière fermentescible.