RECHERCHES SUR LES MAC FERIES
les plus ordinaires, au baclerium t.ermo. Elle fut prise dans des substances végétales réduites en putrilage par une altération semblable à celle que l’on connaît sous le nom de pourriture.
L’expérience consiste simplement à introduire sous l’épiderme d’un végétal, par inoculation, une petite quantité de liquide ou de substance contenant les infusoires ; toutefois en prenant quelques précautions pour que ces infusoires ne soient point entraînés avec la sève qui s’écoule, et pour que la petite plaie ne se dessèche pas. Si le végétal offre des conditions favorables, on voit, dès le lendemain, les premiers indices de l’envahissement de la plante, qui pourra être totalement détruite en peu de jours.
Caractères des bactéries. Variabilité. — Les bactéries dont il vient d’être question étaient agitées d’un mouvement rapide ; elles représentaient des corpuscules ou filaments très courts, qui atteignaient au plus 0ram, 005 de longueur. Transmises par inoculation à un certain nombre de plantes grasses, telles que Y opuntia cylindrica, Yaloe translucens, etc., elles se propagèrent en conservant leurs caractères primitifs ; mais dans d’autres plantes elles modifièrent leur forme d’une manière très notable. ChezYaloe variegata, par exemple, elles donnèrent naissance à des filaments qui atteignaient jusqu à Omm,03, et qui étaient divisés en deux, trois ou quatre segments. Ces longs filaments inoculés à Yaloe spiralis produisirent des corpuscules infiniment petits, qui s offraient, aux plus forts grossissements, sous l’apparence d une très fine poussière. Enfin, ces bactéries, longues ou courtes, inoculées aux plantes précédemment citées, reprirent leurs caractères primitifs, à savoir ceux du bacterium termo. Ces transports alternatifs sur des plantes diverses ont été opérés un grand nombre de fois avec des résultats semblables.
Si l’on considère cette espèce de bactérie dans les divers milieux où elle se propage, et si l’on veut lui donner sa place dans le genre auquel elle appartient, on verra qu’elle peut
PARASITISME, MICROBISME
être rapportée indifféremment aux diverses espèces de ce genre, c’est-à-dire du genre bacterium, qu’elle pourrait même être classée dans le genre vibrio. On doit conclure de là que la division du genre bacterium admise aujourd'hui, et même celle du genre vibrio, sont purement arbitraires.
Altérations pathologiques . — Les lésions pathologiques que produisent ces bactéries se présentent sous deux apparences très distinctes : ordinairement les tissus se réduisent en une sorte de putrilage. Au point inoculé on observe, dès le lendemain ou le surlendemain, une tache comme huileuse qui s’agrandit rapidement. Les parties envahies paraissent plus humides et comme œdémateuses ; elles se ramollissent et s’affaissent sur elles-mêmes. Le liquide qui remplit les tissus fourmille de myriades de bactéries. Rarement l’altération s’arrête spontanément ; toute la plante périt si l’on ne s’oppose à l’envahissement progressif, par un moyen dont je parlerai plus loin. La seconde forme de la maladie causée par les bactéries est une ulcération dont la marche est lente et qui n’envahit pas toute la plante. Au point inoculé, l’épiderme prend une coloration brune et se dessèche ; il recouvre une cavité à surface noirâtre, qui acquiert quelquefois plusieurs centimètres d’étendue. La surface de cette cavité est revêtue d’une pellicule mince, ayant l’apparence d’un vernis. Or, cette pellicule se montre, au microscope, formée presque exclusivement par des myriades de corpuscules infiniment petits, sans forme régulière ou déterminée. Une parcelle de cette pellicule, placée dans l’eau, se résout en tourbillons de particules mouvantes dont le nombre semble s’accroître à mesure qu’on l’examine avec des grossissements successivement plus forts. Ces particules amorphes, dont l’aspect et l’irrégularité rappellent jusqu’à un certain point les granulations élémentaires, sont des bactéries ; en effet, reportées par inoculation sur d’autres plantes, elles donnent des bactéries filiformes et l’altération humide ordinaire.
Voilà donc deux lésions pathologiques d’apparences très