II. — Aperçu historique
Les diverses conditions du parastisme et sa nature même n’ont été bien connues que dans ces derniers temps.
Dans les siècles qui ont précédé le nôtre, les parasites étaient
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regardés comme des produits organiques recevant la vie par des influences particulières, telles que la chaleur, la fermentation, la putréfaction, etc L absence de notions positives sur l’organisation et sur les moyens de reproduction de ces êtres donnaient à ces opinions une apparence de raison. Mais lorsque les recherches réitérées des savants de la fin du xvme et du commencement du xix° siècle eurent fait connaître la structure complexe et les organes reproducteurs d’un grand nombre de parasites-, ces opinions ne purent être soutenues avec des arguments ; cependant elles conservaient des partisans parmi les helminthologistes les plus célèbres de l’époque, tels que Bremser et Rudolphi. En 1830, Burdach disait encore : « Les parasites se forment des liquides sécrétés en contact avec la surface organique... Le système cutané dont la faculté plastique est si active et qui, en même temps, constitue la limite organique, est leur principal siège... La cavité abdominale, comme foyer proprement dit de la vie matérielle et plastique, est aussi la région du corps qui recèle le plus grand nombre d’entozoaires.
( (< Les Parasites ne peuvent point accomplir entièrement leur séparation. Ils s’élèvent bien à une vie propre, mais non à 1 indépendance et demeurent soumis à l’organisme dont la substance les a engendrés1. »
Or, à l'époque où l’éminent physiologiste écrivait ces lignes qui sont si loin de la réalité des faits, on possédait des notions certaines sur la génération d'un grand nombre de parasites.
Depuis plus d’un siècle, Leeuwenhoek avait indiqué celle du pediculus vestimenti et les organes sexuels des ento zoaires étaient bien connus. Mais les connaissances nouvelles qui froissent les idées reçues se font difficilement accepter aussi les anciens préjugés de l’école trouvent longtemps des adeptes et des défenseurs.
La question de l’origine du parasitisme chez les animaux
Paris",' 1837 UrdaCh' rrai,e' ^physiologie, traduit par Jourdan, t. VIII, p. 390, in-8".
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s’éclaire de vives lumières, lorsque Steenstrup (1842) conçut la théorie des générations alternantes1, et que de Siebold, van Beneden et Küchenmeister eurent étudié à ce point de vue la génération des vers plats. A la même époque, plusieurs autres savants, parmi lesquels je dois me compter, firent connaître les conditions de celle des vers ronds.
Relativement au parasitisme des végétaux, nos connaissances ne furent pas moins tardives. Les botanistes et les agriculteurs anciens avaient vu des champignons parasites, mais ils les regardaient comme des produits pathologiques ; Persoon (1801) et quelques autres observateurs avaient depuis longtemps sans doute reconnu leur nature fongique, mais ils ignoraient comment ils se forment. Aussi l’opinion qui faisait de ces parasites le produit d’un organisme malade fût-elle défendue jusqu’à nos jours par des botanistes éminents tels que Turpin, Fries, Nægeli, et par Unger surtout, qui a cru trouver dans la végétation de l'ustilago maidis la preuve directe que ce champignon est un produit de la plante qui le porte. Pour arriver à la vérité dans cette question, on ne pouvait prendreun argument dans la certitude acquise, depuis les admirables travaux de Pasteur, qu’il n’existe point de génération spontanée, car, dans leur idée préconçue, il ne s’agit pas d’un être vivant particulier, il s’agissait de la transformation des cellules normales del’hôtesous l’influence d’un état morbide spécial.
La vérité, toutefois, ne tarda pas à se faire jour : la nature des champignons parasites fut rendue évidente par les recherches expérimentales de quelques savants, nos comtemporains, parmi lesquels nous devons citer avant toutTulasne (1847) et de Bary.
L’explication qu’on donnait de l’origine des parasites végétaux par une transformation des tissus de leur porteur ne compte plus aujourd’hui de partisans. Cependant on trouverait
1 J.-J.-S, Steenstrup, Ueber don Gencralionsusechsel, oder Forlpfianzung und Entwichelung durch abwochselmle Generationcn. Copenhagen, in-S°, I8I2i
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encore des traces de cette manière de voir dans celle des anatomo-pathologistes relativement à la nature des tumeurs hétérologues. Ces tumeurs seraient constituées par les tissus mêmes des organes qui se sont transformés en tissus nouveaux. Toutefois, il n’est pas téméraire de croire qu’un jour on découvrira que cette transformation des tissus est produite par l’action d’un microbe infiniment petit qui échappe aujourd’hui à l’inspection microscopique. J’ai montré1, à propos des anomalies cellulaires, que chez les végétaux certaines tumeurs, certaines hypertrophies ont pour cause l’irritation des tisssus produite par des parasites. Des faits analogues, mais qui ont besoin d’une étude plus approfondie, n’ont-ils pas été signalés dernièrement, dans l’éléphantiasis, la lèpre et la tuberculose?
Le parasitisme qui a d’abord attiré l’attention des savants est celui des animaux sur des animaux. Rédi, dès 1684, en avait fait l’objet de ses études. Il nous les a transmises dans un livre célèbre 2. Quant au parasitisme des animaux sur des végétaux, bien qu’il eût été observé depuis longtemps par les agriculteurs, nous venons de voir que les opinions des botanistes à cet égard ont été presque jusqu’à nos jours complètement erronées.
Olfers a parlé le premier (1815) du parasitisme des végétaux sur des animaux ; mais, bien que son travail soit intitulé : De vegetalivis et animatis corporibus in corporé animato reperiundis3, l’auteur n’a fait mention des végétaux nulle autre part que dans le titre.
La connaissance des parasites végétaux vivant sur des animaux est due surtout à Charles Robin qui, dans un ouvrage devenu classique, a élevé un véritable monument à cette partie alors peu connue de la science /‘. Depuis celte
1 Article Monstres, Monstruosité, du Dictionnaire, p. 234-235.
2 Rédi, Osservazioni intorna agli animali viventi, che si trovano negli animal i viventi, in -4”. Firenze, 1684.
3 Fr. M. Olfers, Pars prima. Gcettingæ, 1815, in-8o, 112 pages. Dissert, inaug. — Id. Commentarius, Pars prima ( unie a), in-8“. Berolini, 1816.
1 Ch, Robin, Des végétaux gui croissent sur l'homme cl sur les animaux vivants,
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époque de nombreux travaux ont été faits suivant cette direction. J’en citerai plusieurs dans le courant de cet article.