‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 80 sur 132 · III. — Domicile ou habitat · texte numérisé non relu

III. — Domicile ou habitat

moyens d'union des parasites ; association des espèces.

1. Domicile externe et interne. — Les parasites ont leur domicile à l’extérieur ou h l’intérieur de leur hôte. Les animaux qui vivent sur les téguments et qu'on appelle des épizoaires ou des ectozoaires sont de classes différentes lorsque leurs hôtes habitent des milieux différents, l’air ou l’eau. Dans le premier cas, ils appartiennent généralement aux insectes et aux arachnides ; dans le second, aux crustacés et aux vers.

Les parasites internes, appelés entozoaires, font partie pour la plupart de la classe des vers, quelques-uns sont des protozoaires, d’autres, des crustacés. Les entozoaires se divisent en deux catégories principales : chez les uns le corps est aplati et sans cavité générale [parenchymateux de Cuvier) ce sont les cestoïdes et les nématoïdes. Chez les autres le corps est allongé, cylindrique, avec une cavité générale qui contient les organes digestifs et génitaux ( cavitaires de Cuvier) : ce sont les nématoïdes. On compte encore parmi les parasites internes un certain nombre de larves qui appartiennent aux insectes. A l’état adulte ces insectes vivent en liberté : tels sont diverses œstrides qui habitent les cavités nasales ou l’estomac des moutons, des chevaux, etc., d’autres les cutérèbres, dermatobies, qui se développent sous les téguments chez les grands animaux et parfois chez l’homme.

Enfin un nombre bien plus considérable encore, tels que des insectes hyménoptères, ichneumons, braconides, ptéromaliens les scolies, des insectes diptères comme les tachinaires, etc.,

Paris, 1847, in-8o, avec trois planches gravées, 2' édition, Histoire naturelle des végétaux parasites qui croissent sur l'homme et sur les animaux vivants. Paris, i 0-8% 1853, avec atlas de 15 planches.

TARASITES

vivent à l'état de larve et de diverses manières aux dépens d’autres insectes. A côté de ces derniers on peut placer tous les animaux articulés ou les vers qui vivent en parasites sur un grand nombre de plantes.

Le parasitisme des végétaux, autant que la différence des organismes le permet, a de grands rapports avec celui des animaux. Les parasites végétaux vivent extérieurement ou intérieurement, sur la plante envahie ; ils sont ectophytes ou entophytes. Les premiers appartiennent aux phanérogames et aux cryptogames, mais ces derniers sont presque exclusivement des champignons.

2. Moyens d'union des parasites. — L’union du parasite et de l’hôte ne consiste ordinairement chez les animaux que dans un simple rapprochement, qui se maintient soit par des crochets, des ventouses, des suçoirs appartenant au premier, soit par une enveloppe ou kyste fourni par le second. Il n’y a point entre eux de soudure ou de greffe.

Chez les végétaux, au contraire, l’union est ordinairement intime et indissoluble. Le gui est en rapport avec la plante nourrice par une véritable greffe, les champignons propagent leurs filaments mycéliens dans les espaces intercellulaires du parenchyme de l'hôte et parfois les prolongements pénètrent à l’intérieur même des cellules.

Toutefois ces différences entre les deux catégories de parasites ne sont pas absolues.

Certains végétaux, comme la cuscute, sont en communication avec leur hôte par des suçoirs; et d’un autre côté certains animaux contractent avec leur porteur des adhérences permanentes, qui ne cessent que par la rupture des liens occasionnant leur union. C’est ce qu’on remarque dans les achlysies, état larvaire et nymphal des hydrachnes parasites de certains insectes (Dugès). Un crustacé, décrit par de Lacaze- Duthiers, envoie des appendices filiformes dans les téguments

5Q4 PARASITISME, MICROBISME

tle son hôte1, et des relations plus étroites ont été observées dans les larves d 'ocyptera et d ’hyalomyia par Léon Dufour. Dans ce dernier cas, il y a un accaparement de la trachée d’un insecte hémiptère (pentatoma) ou d’un coléoptère (brachycleres) par une larve de mouche parasite 2.

Parmi les végétaux, l’identification de l’hôte et du parasite semble former un seul corps. Telle serait la structure des lichens, résultant du parasitisme de champignons sur les algues. Je reviendrai sur ces sujets que je ne fais actuellement qu’indiquer.

3. Association des espèces. — L’association parasitaire ne s’accomplit ordinairement qu’entre des espèces déterminées Lorsque le parasite ne fait point de son hôte un choix aussi particulier, il ne s’écarte pas néanmoins d’un genre ou d’une famille, et si, par exception, il en est autrement, ses hôtes divers se rapprochent par des conditions de vie commune. Une autre nécessité de la vie parasitaire est celle du séjour dans un organe ou dans un système organique spécial; cette condition est universelle chez les animaux et les végétaux, plus nécessaire même que celle du choix de l’hôte. Toutefois ceci doit s’entendre de chacune des phases de la vie des parents, car le même individu change de domicile avec ses diverses phases : la larve habite un endroit, l’adulte un autre; la larve habite un animal et l’adulte un autre. Mais relativement à cette condition du séjour, la larve se spécialise moins que l’adulte, car il ne fait point toujours un choix d’organe aussi rigoureux. La larve n’habite pas d’ordinaire les cavités ouvertes à l’extérieur ; le choix de l’hôte est moins particulier que pour le parasite adulte. La larve s’introduit chez un.

1 H. de Lacaze-Duthiers, Mémoire sur un mode nouveau de parasitisme observé sur un animal non décrit. ( Comptes rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences. Paris, novembre 1865, p. 838).

2 Léon Dufour, Mémoire pour servir à l'histoire du genre Ocyptera (Annales des sciences naturelles , V° série, t. X, p. 249-260, pi. XI, fig. 2, h. 1827). — Mélanges entomologiques ( Annales de la Société cntomologique de France, 1851, p. 63-67 et 1852, p. 443-447, p). VIII, n* 2).

PARASITES

mollusque, un insecte, un vertébré même. A l’état adulte, l’entozoaire se spécialise davantage; il n’habite généralement qu’un organe ouvert à l’extérieur, déplus, il a choisi son hôte.

Ces données s’appliquent aussi aux végétaux. Le parasite sous forme de mycélium occupe parfois tout ou partie d’une plante, mais la fructification qui représente l’état adulte ne se fait que dans certaines parties spéciales.

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