‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 8 sur 132 · BACTÉRIDIES DANS I.A PUSTULE MAI, IGNE CHEZ L’HOMME · texte numérisé non relu

BACTÉRIDIES DANS I.A PUSTULE MAI, IGNE CHEZ L’HOMME

SUR LA PRÉSENCE DES BACTERIDIES DANS LA PUSTULE MALIGNE CHEZ l’HOMMK1 (en commun avec M. Raimbert.)

Les médecins s’accordent généralement à croire que, dans la plupart des cas, la pustule maligne reconnaît pour cause l’introduction sous l’épiderme ou dans le tissu cellulaire souscutané d’un virus spécifique qui a pris naissance chez les animaux atteints de maladies charbonneuses.

Si la pustule maligne a cette origine, les bactéridies doivent s’y rencontrer comme dans les maladies charbonneuses, localisées, toutefois, dans une partie, avant de se répandre dans la circulation générale.

M. le Dr Raimbert, médecin à Chàteaudun, qui a souvent l’occasion d’observer la pustule maligne, et qui a publié sur cette maladie un traité très estimé, a bien voulu s’adjoindre à moi pour étudier diverses questions qui s’y rapportent. La pustule maligne n’est pas assez commune pour que toutes ces questions puissent être bientôt résolues; nous avons donc cru devoir, dès maintenant, porter à la connaissance de l’Académie le fait intéressant de l’existence des bactéridies dans cette affection.

Un charretier attaché à une ferme dont les moutons étaient attaqués de la maladie du sang de rate, fut atteint le 14 de ce mois (août) d’une petite pustule à la paupière inférieure. Le 17, le D1' Raimbert ayant été appelé, trouva que les deux paupières, la joue, la tempe et le front du même côté étaient déjà très tuméfiés. Sur la paupière inférieure existait une pustule maligne qui, par son apparence, fut jugée très

i Comptes rendus de l'Académie des sciences, 29 août 1864.

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grave. Elle était formée par un point jaune brunâtre, déprimé, ayant 2 à 3 millimètres de diamètre, entouré d’un anneau vésiculeux de 2 millimètres de long au plus et d’une aréole d’apparence chagrinée, c’est-à-dire parsemée de très petites vésicules rudimentaires. Le centre de cette pustule ne paraissait pas être une véritable escarre, mais une simple ecchymose gangreneuse.

Cette pustule fut enlevée par le bistouri, et la plaie fut immédiatement après cautérisée par le fer rouge.

La partie enlevée fut séchée rapidement afin d’empêcher que la putréfaction ne détruisît les bactéridies, s’il y en avait et elle me fut envoyée.

Une parcelle extrêmement mince fut détachée au centre et à la surface de la pustule desséchée; placée sous le microscope et traitée par une solution concentrée de potasse caustique, cette parcelle fut bientôt en partie dissoute, et alors des filaments tout à fait semblables à ceux du sang de rate se montrèrent isolés sur les bords, puis ensuite le centre même parutformé uniquement par un feutrage de ces filaments.il fut facile d’y reconnaître des bactéridies avec tous leurs caractères ordinaires.

Cependant, pour avoir sur la nature de ces filaments une certitude plus complète, le reste de la pustule desséchée fut divisé en quatre fragments qui furent introduits par quatre petites piqûres sous la peau d’un cobaye (20 août). Cinq jours après (25 août), le cobaye mourut et son sang m’offrit des bactéridies en quantité considérable. Ces bactéridies ne différaient point de celles qui surviennent après l’inoculation du sang de rate.

Nous nous bornons à communiquer ce fait à l’Académie. L’élude des bactéridies dans la pustule maligne jettera de nouvelles lumières sur quelques points restés obscurs dans l’histoire de cette maladie. Dans les cas douteux, l’existence des bactéridies fixera le diagnostic et dirigera le médecin dans le choix du traitement le plus convenable.

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