‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 9 sur 132 · DANS LA PUSTULE MALIGNE · texte numérisé non relu

DANS LA PUSTULE MALIGNE

M. Davaine met sous les yeux de la Société des préparations d’une pustule maligne dans lesquelles on constate la présence d'un grand nombre de bactéridies. La pustule avait été extirpée par M. le DT Raimbert et desséchée aussitôt à l’air libre. Les bactéridies existaient nu centre et dans la couche superficielle de la petite tumeur ; elles avaient été mises en évidence par l'addition d'une goutte concentrée de potasse caustique.

M. Davaine fait suivre cette présentation des réflexions suivantes :

Plusieurs observateurs se sont occupés de la constitution anatomique de la pustule maligne, mais ils n’y ont rien découvert de particulier ou de caractéristique. Un histologiste des plus autorisés, M. le D1' Robin, a fait aussi l’examen d’une pustule maligne que lui avait remise M. le Dr Maunoury (de Chartres). Au rapport de ce médecin, « cette pustule ne présentait au champ du microscope rien de particulier, si ce n’est une apparence granuleuse qui se remarque dans tous les tissus gangrenés ». (Cité par Raimbert, Traité des ma ladies charbonneuses , p. 191, note.) Je ne puis admettre qu’il n’jr avait rien de particulier dans cette pustule; elle contenait certainement des bactéridies comme celle que nous venons d’examiner, mais ces corpuscules ont dû passer inaperçus, parce que, à cette époque, l’attention n’avait pas encore été appelée sur eux et parce que les moyens de les dégager des tissus n’ont sans doute pas été employés.

i Compte s rendus de lu Socidlc de biologie , année 186'».

CHARBON’, SEPTICÉMIE

J ai rappelé cette recherche infructueuse d’un savant histologiste afin de montrer l’importance qu’il y a de la faire avec certains soins particuliers. Dans les tissus très vasculaires, tels que ceux de la rate et du foie, les bactéridies se montrent très facilement, s’ils sont frais, en les dilacérant dans une goutte d’eau placée sous le microscope ; mais lorsque ces tissus ont été desséchés ou durcis par l’alcool ou par l’acide chromique, les bactéridies ne se dégagent pas aussi aisément; alors il faut traiter une parcelle de ce tissu par la potasse caustique qui en dissocie les éléments ou qui les dissout; après un contact plus ou moins long, les bactéridies, qui ne sont point altérées, apparaissent avec leurs caractères ordinaires.

Il est probable que dans une pustule maligne à l’état frais les bactéridies se montreraient, soit dans la sérosité des vésicules, soit dans le tissu même, sans qu’on ait recours à la potasse caustique; mais lorsque cette pustule à été desséchée ou placée dans un liquide conservateur, elle doit être traitée comme les tissus dont nous avons parlé. Le contact de la potasse doit être assez prolongé. Pour dégager ensuite les bactéridies des tissus environnants, il sera quelquefois nécessaire de malaxer un peu la parcelle en observation en faisant glisser les lames de verre l’une sur l’autre avec une légère pression. Les bactéridies se répandent ainsi autour de cette parcelle et elles deviennent très apparentes. Cette petite ma nœuvre aurait encore un avantage : lorsque des cristaux de margarine seraient renfermés dans les vésicules adipeuses du derme où ils pourraient être pris pour des amas de bactéridies, elle les ferait sortir de ces vésicules, et bientôt leurs aiguilles, au contact de la potasse caustique, seraient altérées ou dissoutes.

Le traitement parla potasse caustique sera nécessaire même lorsque les bactéridies, dans une pustule fraîche, seraient apparentes sans cet alcali. La même épreuve devra être répétée avec l’acide sulfurique; cet acide laisse les bactéridies intactes pendant un certain temps; il faut savoir cependant qu'il

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