‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 81 sur 132 · IV. — Infériorité , dé gradation organique du parasite · texte numérisé non relu

IV. — Infériorité , dé gradation organique du parasite

Modifications morphologiques.

Dans l’immense catégorie des animaux ou des végétaux qui vivent aux dépens des autres, une condition paraît tout d’abord à peu près universelle : c’est l’infériorité organique du parasite à l’égard de son hôte. La vie parasitaire, en effet, n’est l’attribut d’aucun animal ou d’aucun végétal d’un ordre élevé. Dans le règne animal, les parasites les mieux organisés sont des insectes, des arachnides et des crustacés, lesquels pour la plupart appartiennent à des genres inférieurs ou qui sont à l’état de larves, c’est-à dire aussi dans l'état le moins élevé ; leurs hôtes sont généralement des animaux vertébrés. Dans le règne végétal, les parasites les plus élevés sont des phanérogames ordinairement dégradés, encore sont-ils en petit nombre La grande généralité appartient aux plantes cellulaires.

Outre son infériorité organique, le parasite présente parfois encore une dégradation qui dépend de son genre de vie, car, pouvant trouver dans les systèmes organiques de son hôte 1 accomplissement d un certain nombre de fonctions nécessaires, il peut se passer de certains organes. S’il vit extérieurement, il n’est point dépourvu des sens extérieurs et d’organes de la locomotion ; mais, s il vit à l’intérieur, il ne possède plus ces 01 ganes inutiles pour lui et sa dégradation est parfois portée aux dernières limites; c est ainsi que les hydatides qui se développent au sein des parenchymes n’ont plus aucun organe

506 PARASITISME, MICROBISME

déterminé. Elles vivent par intussusception, comme les tissus dans lesquels elles existent, et sont inférieures même au plus grand nombre des végétaux.

Toutefois, la dégradation du parasite ne porte point sur les organes de la reproduction auxquels l’individu peut paraître entièrement subordonné. A l’état de larve, un grand nombre de parasites se reproduisent par scissiparité ou par gemmiparité et tous, à l’état adulte, par d’innombrables œufs.

Les végétaux parasites offrent des dégradations analogues par l’absence d’organes importants, tels que les feuilles et les racines. Ils vivent alors aux dépens des sucs nutritifs élaborés par leur hôte; au contraire, leurs organes de reproduction, par leur variété, ou par leur multiplicité, n’ont pas moins de prédominance que chez les animaux.

A la dégradation organique s’ajoutent, chez beaucoup de parasites, des modifications morphologiques ou physiologiques plus ou moins profondes et singulières. Ces modifications sont si étendues chez certains animaux, qu’on ne pourrait rapporter l’individu qui les présente à l’espèce à laquelle il appartient, si Ton n’avait pour témoin le parasite à son premier âge, ou l’individu de l’autre sexe qui reste indépendant.

Chez certains végétaux, ces modifications sont tout aussi grandes ; ainsi, l’appareil végétatif, considérablement réduit et presque inutile, revêt des formes fongiques. Les conditions physiologiques offrent des déviations remarquables, l’embryon du gui, en se développant, ne se tourne point, comme le font tous les végétaux de sa classe, vers le centre de la terre ; les tiges de la cuscute 11e suivent point une direction déterminée.

V. — Action réciproque du par a site sur l'hôte et de l'hôte sur le parasite.

Page 1