‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 87 sur 132 · RECHERCHES SUR LES GLOBULES BLANCS DU SANG · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR LES GLOBULES BLANCS DU SANG

Les anatomistes et les physiologistes qui se sont occupés de l’étude des globules sanguins chez l’homme en ont distingué trois espèces :

Les globules rouges, les globulins et les globules blancs.

Je me propose aujourd’hui d’appeler l’attention des membres de la Société sur un phénomène très curieux et non indiqué, que présentent les globules blancs, lorsqu’on soumet à l’inspection microscopique une gouttelette de sang prise sur l’homme vivant.

On a déjà remarqué que, lorsqu’on place une gouttelette de sang frais entre deux lames de verre, le globule blanc ne tarde pas à se fixer ; il résiste au courant qui se manifeste en ce moment dans le liquide, et se reconnaît en général très facilement aux îlots de globules rouges qui se forment autour de lui. On peut le reconnaître, en outre, aux caractères suivants : il est incolore, sphéroïde, irrégulier, granuleux, sans noyau central, mais offrant un ou plusieurs points distincts par leur plus grande transparence ; enfin il est plus volumineux que le globule rouge. Après un certain temps, lorsque le sang contenu entre les lamelles de verre s’est répandu uniformément et que le mouvement du liquide s’est apaisé, commence le phénomène que je me suis proposé de décrire.

Le globule blanc perd sa forme arrondie; d’un point de sa circonférence s’avance très lentement une expansion plus

1 Mémoires de l % Société de biologie , 1850, t. II, p. 103.

ANATOMIE, PHYSIOLOGIE

transparente que la niasse du globule, qui devient ainsi ovalaire, ou quadrilatère, ou irrégulier, suivant la forme de l’expansion produite. Bientôt après, il se montre sur un autre point une nouvelle expansion qui amène une nouvelle forme du globule, soit que l’expansion première rentre dans la masse primitive, soit qu’elle reste étalée au dehors. De nouvelles expansions continuant à se produire, en même temps que des retraits s’opèrent sur d’autres points de la circonférence du globule, donnent incessamment à ce corpuscule un aspect nou veau et différent des précédents. Ces expansions et ces retraits se produisent avec une grande lenteur; il faut beaucoup d’attention pour en suivre le développement, mais les variations qu’elles déterminent dans la forme du globule blanc sont très faciles à constater, si on l’examine à de courts intervalles.

Pendant que l’on remarque ces changements dans la conformation extérieure du globule, on peut en constater aussi dans son intérieur : ainsi, certains points deviennent plus ou moins transparents ou cessent de l’être ; sur plusieurs corpuscules j’ai pu constater un, quelquefois deux points plus clairs, semblables, en apparence, à des vacuoles, qui ne disparais sent jamais complètement et qui, par les transformations successives de la masse, en occupaient tantôt un point central, tantôt un point quelconque de la circonférence.

J’ai pu suivre sur un globule, dans l’espace d’une demiheure, une vingtaine de changements de forme. Toutes les fois qu’une forme a persisté pendant plus de cinq minutes, c’était la dernière.

De tous les micrographes, M. Donné me paraît être celui qui a étudié avec le plus de soin les globules blancs, et il en a donné dans son atlas plusieurs figures très exactes. Plusieurs de ces globules sont représentés avec des formes différentes, mais M. Donné ne dit nulle part que ces globules peuvent prendre un grand nombre de formes différentes et succes sives dans un court espace de temps, ainsi que je crois l'avoir constaté le premier.

Ces variations des globules blancs frappent d’autant plus

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