‹ L'œuvre de C.-J. DavaineChapitre 88 sur 132 · RECHERCHES SCR LES GLOBULES BLANCS DU SANG · texte numérisé non relu

RECHERCHES SCR LES GLOBULES BLANCS DU SANG

l’ observateur que les globules rouges dont ils sont entourés conservent leur apparence primitive pendant longtemps, lorsqu’on ne les déforme point par la compression ou par l’addition de l’eau ou de quelque autre substance qui les altère ; les changements de forme des globules blancs sont, dis -je, si remarquables et se succèdent en nombre si considérable que l’idée de mouvements spontanés dans ces corpuscules se présente à l’esprit. D’abord, il est impossible de les attribuera une dessiccation progressive de ces petits corps, puisque ces changements de forme ont lieu lorsque les globules blancs sont baignés par une légère couche de sérum, et pendant que les globules rouges nagent et circulent dans la gouttelette en observation ; on ne peut pas davantage regarder ces variations de forme comme des déchirures ou des éraillements, puisqu’on voit les petites expansions revenir sur elles-mêmes. A ces raisons j’ajouterai qu’on a plusieurs fois constaté, et je l’ai constaté moi -même en étudiant sur la grenouille le mouvement des globules sanguins dans les vaisseaux, que les globules blancs restent souvent immobiles et comme adhérents aux parois de ces vaisseaux pendant que les globules rouges, beaucoup plus nombreux, suivent le torrent de la circulation , or je me suis assuré que ces globules blancs, ainsi fixés sur les parois des vaisseaux, présentent des changements de forme analogues à ceux qu’ils offrent dans une gouttelette de sang placée sur une lame de verre.

En définitive, il paraît donc prouvé que ces variations dans la forme des corpuscules blancs du sang ne peuvent être attribuées à un phénomène d’altération, et si l'on voulait leur donner une interprétation, on ne pourrait guère les comparer qu’a celles de certains animaux infusoires, protées ou .amibes, par exemple. C’est, du reste, une question que je n’aborderai pas aujourd’hui ; pour le moment, je me bornerai seulement à signaler un fait digne de l’attention des physiolo gistes, à savoir : la propriété remarquable qu’ont les globules blancs du sang de prendre des formes très variées et successives.

ANATOMIK, PHYSIOLOGIE

Je dois ajouter que ce n’est pas seulement chez l’homme que les globules blancs présentent ces changements de forme; je les ai observés encore dans plusieurs individus appartenant à chacune des autres classes des vertébrés ; je ferai remarquer en outre qu’ayant étudié le sang d’un assez grand nombre d’animaux invertébrés et qu’ayant constaté dans les corpuscules qu’on y rencontre des caractères et des variations déformé analogues à ceux que j’ai signalés précédemment, je suis porté à conclure que les globules blancs de l’homme et des animaux vertébrés doivent être rapprochés des corpuscules du sang des animaux inférieurs h

i Voir un autre mémoire du D' Davaine, Remarques sur les corpuscules du sang de la lamproie et sur ceux des animaux en général (Comptes rendus et Mémoires de la Société de biologie , 2” série, t. II, p. 54. 1S55.

RECHERCHES sur la génération DES HUITRES1

Pendant l’été de l’année 1849, j’entrepris dans le laboratoire de M. Rayer, avec M. le Dr Chaussât, des reclieiches sur la génération des huîtres. Bien que dans ces dernières années, les travaux d’embryogénie sur les mollusques aient été très multipliés, et que des etudes plus ou moins complètes aient été faites sur des espèces voisines de 1 huître, aucun travail, à notre connaissance, n’existait sur 1 embryogénie de ce mollusque. On a d’autant plus lieu de s’étonner de cette lacune que les huîtres, par leur abondance dans nos mers, par l’usage que nous en faisons et par la facilité avec laquelle on se les procure à de grandes distances des régions qui les produisent, semblent plus qu’aucun autre mollusque avoir dû attirer l’attention des naturalistes.

Nous publiâmes, M. Chaussât et moi, dans les Comptes rendus de la Société de biologie (juillet 1849), les résultats de nos observations, parmi lesquels nous signalâmes surtout les transformations remarquables offertes par 1 embryon de l’huître. Ces résultats, malgré nos longues et laborieuses recherches qui portèrent surplus de trois cents huîtres, laissaient beaucoup à désirer sous plusieurs rapports. La question de sexualité, sur laquelle les naturalistes ont émis des opinions très diverses, n’avait nullement été éclaircie. Sur un grand nombre d’huîtres, nous avions constaté dans l’organe delà reproduction l’existence exclusive de l’élément mâle (les zoospermes) ; sur quelques autres, nous n’avions pu y découvrir que l’élément femelle (ovules); mais d’autres fois nous avons reconnu d’une manière non douteuse la présence simultanée dans l’organe sexuel d’ovules et de zoospermes bien caractérisés.

1 Mémoires de la Société de biologie, 1852, et vol. in-8 chez J. -B. Baillière.

ANATOMIE, 'PHYSIOLOGIE

De ces faits, en apparence contradictoires, on ne pouvait conclure ni à l’hermaphrodisme ni à la séparation des sexes chez l’huître. Etait-ce par exception, par anomalie, comme nous l’avons entendu dire, que plusieurs de ces mollusques nous avaient offert dans le même organe des ovules et des zoospermes? On eût été plus naturellement conduit à conclure que ces animaux peuvent être hermaphrodites ou avoir les sexes séparés indifféremment, suivant les individus. Mais cette manière de voir ne nous paraissait pas non plus admissible par la considération que cette indifférence sexuelle eût été sans analogue aujourd’hui connu dans le règne animal.

La solution de cette question difficile n’était pas seulement intéressante au point de vue zoologique, elle l’était encore au point de vue économique, car les succès obtenus dans ces derniers temps par la fécondation artificielle chez les poissons ont fait penser à appliquer ce moyen de reproduction à la propagation des huîtres.

Plusieurs savants qui se sont occupés de ce sujet, ont admis,' sans l’avoir démontrée, la séparation des sexes chez les huîtres. Les résultats exposés ci-dessus ne me permettaient pas d’adopter cette opinion. Malgré l’insuccès de nos travaux sous ce rapport, je ne désespérai pas de trouver la raison de l’apparente contradiction qu’ils avaient signalée dans la sexualité des huîtres. De nouvelles recherches que j’ai entreprises à ce sujet au Havre et à Paris dans le courant de l’été dernier, m’ont permis de détermirer les conditions dans lesquelles l’huître présente tantôt l’élément mâle excluvement, tantôt l’élément femelle ou tantôt l’un et l’autre à la fois. J’ai pu reconnaître ainsi que ce mollusque ne déroge point, sous le rapport de la sexualité, aux lois qui régissent les autres animaux.

M. Rayer, qui m’avait encouragé à entreprendre ces études, les a suivies avec un bienveillant intérêt. Les résultats auxquels je suis arrivé ont été constatés par plusieurs savants, parmi lesquels je citerai mon ami M. le Dr Claude Bernard et M. le Dr Desjardins, médecin distingué du Havre qui a

RECHERCHES SUR l.A. GENERATION DES HUITRES

mis à ma disposition, avec une obligeance extrême, tous les moyens dont il pouvait disposer pour faciliter mon travail.

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