‹ L'œuvre de Corot (volume 2)Chapitre 17 sur 50 · C. Corot · texte numérisé non relu

C. Corot

Quand l'amitié était en jeu, l'artiste abdiquait tout amour-propre et se résignait, au besoin, à perdre un temps précieux sur les banquettes d'une antichambre. Cela ressort d'une autre lettre dont le destinataire

CoKoT

Croquis fait par Corot sur le verso d'une invitation au bout de l'an de sa mère (i8^î).

nous est inconnu, mais qui s'adressait sans aucun doute à un fonctionnaire des Beaux-Arts ( 1 1. La voici :

Ville-d'Avray, ce 26 (2).

Monsieur,

Je suis venu jeudi dernier, comme vous me l'aviez indiqué. Je suis arrivé à midi un quart pour prendre mon rang; je suis resté jusqu'à 3 heures 1/4. Ne voyant pas arriver mon tour et devant retournera la campagne, j'ai été forcé de ne pouvoir l'attendre.

J'étais venu pour vous parler de Monsieur Poirot, mon ami, peintre d'architecture, d'intérieur, qui a déjà eu une commande, il y a deux ans, du Ministère. Si vous pouviez lui en faire avoir une autre, dans le genre de celle qu'il a eue précédemment, vous m'obligeriez infiniment.

Je profite de cette occasion pour vous remercier de ce que vous avez bien voulu faire pour moi cette année.

J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec considération, votre tout dévoué.

(i) Catalogue Eug. Chavaray, janvier-février 1896, n° 54.

(2) Bien que cette requête ne porte pas de date il est à peu près certain qu'elle fut écrite dans le courant de i8so; car deux tableaux de Poirot, commandés par le Ministère de l'Intérieur, ont figuré l'un au Salon de 1849, l'autre à celui de iSso. Le remerciement de Corot, en ce qui le concerne personnellement, vise sans doute l'acquisition de son Christ au Jardin des Oliviers.

Telles étaient les incursions de Corot dans le monde officiel. Telle était 'sa manière d'user du crédit que les puissants du jour daignaient enfin accorder à sa personne et à son talent. L'égoïsme n'était pas son fait.

Pour un cœur comme celui-là, c'est un coup terrible que la perte d'une mère. Ce douloureux malheur le frappe au moment où la destinée semble se décider à lui sourire pour tout de bon. Mme Corot meurt le 27 février 185 1.

La douleur d'Orphée (croquis).

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