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Castel Saint-Elia (1827)
Civita Cattcllana (1827
septembre à Papigno et à Narni. Corot ne cesse de songer à ses parents et à ses amis. Son correspondant, Abel Osmond, a été malade. Il l'assure de sa pensée fidèle et il plaisante amicalement avec lui :
Papigno, ce S août 1826.
« C'est du fond d'un bois épais et au bruit des cascades que je veux t'assurer, mon bon Abel, que je ne t'ai nullement accusé de négligence. Ma mère et ma sœur m'avaient bien informé de ta maladie. Loin de t'en vouloir, je te plaignais de tout mon cœur. Ces maudites douleurs ne veulent donc pas t'abandonner? J'en parlerai au Saint-Père : il faut que cela finisse... »
L'artiste travaille avec acharnement ; mais la saison est redevenue pluvieuse. Et puis, il a beau se donner du mal, il doute de lui et se juge sévèrement. Rentré à Rome, il écrit encore à son ami :
Rome, ce 2q octobre 182b.
« Mon bon Abel, j'ai bien tardé à répondre à ta lettre du 9 septembre. Mais, nous autres paysagistes, nous sommes des diables lorsque nous sommes dans les montagnes. Tout le jour à travailler et, le soir, harassés, il nous est impossible de nous remettre à autre chose.
C'était le séjour de Rome que j'attendais pour pouvoir te répondre. J'y suis revenu il y a quinze jours environ et, à peine arrivé, je suis reparti faire une petite campagne dans le voisinage qui, malheureuse comme toutes les autres, m'a forcé de rentrer encore une fois à Rome; et 'je ne veux pas plus longtemps remettre ma réponse. 11 peut y avoir beaucoup de poussière dans ton bureau à Paris; mais je te garantirai qu'en Italie, je n'y ai vu que de la crotte... Tu me parles en bien de mon petit tableau. Mon pauvre Abel, persuade-toi bien, malheureusement pour moi, que c'est réellement mauvais; et pense quel travail et quelle peine pour tâcher de faire bien ».
La suite de la lettre a trait à la difficulté que le peintre trouvait à se procurer de bonnes couleurs :
« A propos de peinture, je voulais encore mettre ton obligeance à l'épreuve. ■Veut-on se transporter chez Fleury, rue du faubourg Saint-Honoré n" 36 et le prier de s'informer auprès de quelqu'un des jeunes gens qui doivent venir cette année à Rome, les prix par exemple, s'informer, dis-je, s'il pourrait se charger d'un petit paquet de couleurs. Cela fait, Fleury aurait la bonté de te rendre réponse, oui ou non. Si c'est oui, tu voudras bien aller chez Colcomb-Bourgeois, quai de l'École, au spectre-
solaire, près le Pont-Neuf, et lui demander s'il a du jaune d'antimoine bien réussi. Si non, il n'en faut pas. Un nommé Brascassat, avant de venir à Rome, est allé chez lui pour en prendre et fut obligé de s'en passer, M. Colcomb n'en ayant que de mal réussi. Ainsi donc, s'il est bien bon, tu en prendrais une livre. (L'once coûte 2 francs). En plus, prends trois quarterons de jaune de mars. Alors, tu aurais la bonté de faire remettre le petit paquet à l'adresse que t'aurait indiquée Fleury. Je te serai bien obligé et j'écrirai à la maison pour qu'on te rembourse la note des dépenses... »