‹ L'œuvre de Corot (volume 3)Chapitre 295 sur 368 · EXPOSITION DE NANTES · texte numérisé non relu

EXPOSITION DE NANTES

Thoré (Th.). — L'Artiste, 2' série, t. III, p. 152.

SALON

Blanc (Charles). — Revue du Progrès, I" mai, p. 358.

« M. Corot ne procède que de lui-même. Je ne gage pas « que dans le domaine de la peinture personne ait compris « l'idylle de cette manière... 11 y a un raffinement inexpri- « mable de volupté dans l'aspect de cette nature attiédie où ■» la réalité se confond merveilleusement avec l'idéal. *

Delécluze. — Journal des Débats, 19 mars.

» Le joli tableau de M. Corot, le Soleil couchant, si vrai « de disposition, composé avec tant de grâce et d'élégance, « vous reporte agréablement devant ces beaux ciels d'un <" soir qui finit purement. Pourquoi faut-il que le charme

* de cet ouvrage soit altéré par la distraction pénible que « donne un coloris sale et terreux, une facture grossière et « souvent maladroite ? <•

Dréolle (J--A.) — Journal de l'Institut historique, p. 210.

« Le Soleil coucliiitit de M. Corot nous a rappelé les « belles pages de Claude Lorrain et de Vernet... Certes, « on ne nous accusera pas d'engouement pour cette pro- « duction qui a excité l'admiration générale. »

Gautier (Théophile). — La Presse, 27 mars.

« Les devants de M. Corot ne sont pas toujours assez •? nettement accusés et il y a un peu d'indécision dans sa « touche ; mais il se fait pardonner ces imperfections par ^. un sentiment très pur de l'antique, un amour sincère de

* la nature et une naïveté parfaite d'exécution. *

Janin (J.). — L'Artiste, 2' série, t. V, p. 169 et t. VI, p. 254.

Rapprochement des tableaux de Corot et des idylles de Théocrite ; aucune étude des tableaux exposés.

Voir notre t. I, p. 88.

Journal des Artistes, XlV'année, t.XXVII, I" vol. (26 avril), p. 258.

•?• Parmi, non pas les petits poissons, mais les petits « peintres devenus grands artistes, nous citerons M. Corot, « auteur de trois bons paysages distingués, traités de main « de maître. *

Planche (Gustave). — Revue des Deux- Mondes, 4* série, t. XXII (1" avril 1840).

Critique du Soleil couchant : <r. . . . Jamais M. Corot n'a « réussi à exprimer si bien sa pensée ; malheureusement, « l'exécution des diverses parties de ce tableau est loin de « répondre à la composition. Les arbres, dont les masses « sont bonnes, ne peuvent être vus de près, tant il y a de « mollesse et de gaucherie dans le tronc, les branches et le « feuillage ; la figure du pâtre, admirablement placée, est « d'un dessin très insuffisant. Toutefois, ce paysage est d'un « aspect délicieux et cause le même plaisir que la lecture •r d'une belle id3'lle antique. >

RoYER (Alphonse). — Le Siècle, 28 mars.

« Le groupe des parodistes de Poussin, des rêveurs du <!- paysage mystique, présente, cette année, pour ses chefs « MM. Corot et Cabat. Dans les trois toiles du premier de

« ces artistes, c'est le même parti-pris d'insurrection prémé- « ditée contre tout principe de couleur et de dessin. Les « ciels sont verts, les visages humains terre de sienne, les arbres « affectent la forme de plumets. Le n° 308, intitulé Soleil « cotuhiint, est une espèce d'esquisse première qu'on croi- « rait brossée, par suite d'un défi, avec les restes d'une pa- « lette. En acceptant cet incroyable morceau, le jury des « Beau.\-Arts s'est montré bien sévère pour son auteur, v

St. L. (?). — Le National, 19 mars.

« A côté de Cabat, au-dessus de lui selon beaucoup de « connaisseurs, s'élève et se soutient Corot, avec la rare « qualité d'avoir un style, une couleur, une disposition, qui « sont à lui et non à d'autres. *

Aucune mention dans le Constitutionnel, ni dans les Guêpes (avril, Salon, p. s8 à 68), d'Alphonse Karr.

Gautier (Théophile). — Revue de Paris, nouv. sér.; t. 28, p. 264-265.

« Déiiiocrite et h'sAbdéritaiiis ne sont que le prétexte d'un * de ces sites déserts et sauvages qu'affectionne M. Corot, « et dont il excelle à rendre l'âpre rudesse et la désolation <• aride. Dans le tableau de M. Corot, le poudroiement « lumineux et blanchâtre des terrains calcinés par le soleil « de plomb des pays chauds, la verdure terne et glauque « des oliviers, l'azur immobile et mat de la mer sont rendus « avec une rare exactitude ; nous regrettons seulement que « la touche si large et si ferme de M. Corot n'ait pas un « peu plus de précision dans les premiers plans. *

Peisse (Louis). — Revue des Deux-Mondes, 4' série ; t. 26 (i" avril).

Corot est cité parmi les membres de la nouvelle école de paysage dont fait partie Aligny, qui encourt le reproche d'être froid à force d'être pur, et insignifiant à force d'être simple. Ce reproche, Corot le mérite encore plus spécialement.

SALON

L'Artiste. — 2' série ; t. VII, p. 301.

« ... Il restera toujours dans cette œuvre d'un artiste « enthousiaste de sa nature, bien que sceptique et irrésolu « par modestie, un sentiment de poésie indéfinissable qui « suffirait seul à racheter de bien plus graves imperfections. « Le site est silencieux et discret, éclairé d'une douce et « paisible lumière, sans prétentions outrées, sans opposi- <K lions désordonnées; l'eau est d'une vérité frappante; les « rochers sont peints avec solidité; il n'est pas jusqu'aux « premiers plans qui ne témoignent d'un mieux très réel, « quant à l'adresse de main et au savoir faire. Le ton seul « est resté un peu gris, et c'est à peine si l'on y songe, tant « il y a d'harmonie sous cette uniformité légèrement systé- « matique. a

Bourgeois (Un) — Le Siècle, 11 avril.

«... Dcniocritc, belle page pleine de vérité, de calme, « et de mélancolie. L'aspect de ce tableau n'éblouit pas d'a- « bord, n'attire point les regards, mais plus on l'examine, « plus on reconnaît quel sentiment profond l'a inspiré. J'en « parle avec d'autant plus de plaisir que l'année dernière « moi, bourgeois ignare, sans être renseigné par aucun cri- « tique, sans être guidé par aucun article de journal, je me « suis arrêté pendant de longues heures devant une magni- « fique page du même auteur... J'ai su par cœur autrefois « les Egiogues de Virgile ; aucune ne m'a touché plus profon- « dément, aucune ne m'a paru mieux sentie, d'un style plus « simple et plus élevé. Le paysage de cette année {Dcino- « crite) est inférieur peut-être, la touche est plus molle... « mais dans cet état d'imperfection relative, c'est encore un c des plus remarquables de l'Exposition, i

Delécluze. — Journal des Débats, 18 mai.

« Bien que les ouvrages de M. Corot soient exécutés, « non pas avec négligence, mais avec une indifférence trop « marquée de détails, ils ont toujours un aspect qui frappe « et attache ; il règne ordinairement dans le tout ensemble « un sentiment du plein air, de l'odeur des bois, du vrai « paysage en un mot, qui charme l'imagination, bien que « les yeux ne soient pas toujours complètement satisfaits. « C'est ce que l'on trouve dans le Démocrite et les Environs « de Njples qu'a peints M. Corot. »

Pellet.^n (Eugène). — La Presse; 5 mai.

« Comme tous les grands artistes, M. Corot ne cherche pas « seulement, la forme, la ligne, l'anatomie en quelque sorte « de la nature, mais bien la vie du paysage, les attitudes des « arbres, la variété de l'animation du feuillage, les fumées « qui remplissent les clairières à certaines heures du soir, « la diversité et la valeur de tons des uns par rapport aux « autres. Sans faire du paysage une sorte d'architecture où « la symétrie domine, où la main de l'homme efface la « main de Dieu, il a su garder l'équilibre entre l'idéal, qui « est l'âme du peintre, et la réalité, qui est la nature.

« Cependant la timidité de la main, je devrais dire la « bonhomie d'exécution a contribué au mérite de Corot...

« M. Corot, forcé d'aller trouver la nature toutes les fois «: qu'il veut peindre, n'obtenant rien d'elle qu'il ne lui ait « arraché à force de soumission et de patience, a fini par « lui faire avouer, silencieuse amante, toutes les secrètes « beautés qu'elle renferme. »

Robert (H.). — Le National; 6 avril.

« Ce paysage est d'une sévérité et en même temps d'une « réalité parfaite ; les rochers y sont bien des rochers, les « terrains des terrains, et les arbres des arbres ; il manque « seulement un peu d'attrait, défaut ordinaire chez « M. Corot. *

Mention de nom par Moxtlaur (E. de), Revue du Progrès (1" mai 1841), p. 279.

Aucune mention dans :

La Sylphide (article de L. Berger).

Le Nouveau Correspondant (article de E. de Joinville).

Le Constitutionnel (article signé R.).

WoiNEZ (Charles), Promenade au musée.

SALON V Artiste, III' série ; t. I, p. 274.

«. . . Malgré le désavantage d'une couleur sans charme et « d'une exécution maladroite, cet artiste s'est placé par la

« sûreté de son goût et la distinction de son intelligence, «• au premier rang parmi les paysagistes contemporains. . . « Parfois l'inspiration est si puissante, qu'elle contraint la « main à lui obéir et obtient d'elle une exécution satisfai- «- santé ; d'autres fois aussi, la main oppose une résistance «^ invincible, et force est bien alors au pauvre artiste d'expo- <■ ser une peinture incomplète à ses propres yeux. De là f vient que ses ouvrages se succèdent si diftérents les uns <r des autres : bons, médiocres et irréprochables tour à tour, « et un peu au hasard. »

Bourgeois (Un). -Le Siècle; 5 mai.

« M. Corot et les peintres en général s'appliquent souvent ^- à détruire l'effet de la nature par une sorte de fiction ^ d'artiste. M. Corot est du reste un homme habile qui « possède la science du dessin et qui a fait de grands pro- € grès dans l'entente de la lumière et de la couleur. >Iais <- M. Corot n'est pas toujours heureux... »

(Suit néanmoins un éloge de ses toiles).

Delécluze (E.-J.). — Journal des Débats, 28 et 29 mars.

*• Il y a dans le Site d'Italie et VEffet du Matin de «- M. Corot ce charme qui s'attache à tous ses ouvrages. On « y sent le plein air, la campagne et son Verger au Soleil « levant serait un ouvrage complet h mon sens, si l'artiste V ne poussait pas le mépris et la négligence du faire jusqu'à « l'excès. »

Gautier (Théophile). — Le Cabinet de l'Amateiu- et de l'Antiquaire, t. I; p. 126.

Quelques lignes élogieuses : « charme *... « artiste cons- « ciencieux et naïf », etc. . .

La Sylphide,

Guénot-Lecointe (G.).

2' série, t. V; p. 283.

Simple mention de nom : « Les effets et sites de «- M. Corot. »

Robert (H.). — Le National; 8 mai.

« M. Corot n'a ni cette adresse, ni cette patience ; son « pinceau est lourd, ses contours ne sont pas nets, ses « teintes sont plutôt juxtaposées que fondues. A la distance « voulue, ces défauts s'évanouissent, il est vrai, dans l'har- « monie de l'ensemble ; mais, en approchant de trop près, «■ on est tout surpris de voir un assemblage confus de taches V de diverses nuances. Ce sont là de graves imperfections «■ que ma sympathie pour le talent de M. Corot ne m'auto- « rise pas à voiler.

« Mais je reviens avec plus d'intérêt encore, et comme «• involontairement, devant la Pastorale de M. Corot, dans «■ cette triste galerie des catacombes où l'a reléguée le tact « délicat des directeurs du Musée... ^

Stern (Daniel). —La Presse; 6 avril.

« M. Corot, d'année en année, se néglige davantage. « Personne autant que lui ne possédait le charme. Mais « aujourd'hui nous ne trouvons plus dans ses toiles, tant « l'exécution en est abandonnée, que de vagues réminis- « cences de son talent d'autrefois, i

Ténint (Wilhelm). — Album du Salon de 1842. Collection des principaux ouvrages exposés au Louvre... Paris, in-4% p. 16.

" ... Brascassat et Corot sont de ces artistes simples, «- doucement émus devant la nature, heureux de ses plus «• humbles beautés.. Nous ferons remarquer seulement à « M. Corot que jamais dans ses tableaux le soleil ne se dé- #• gage vraiment de ce brouillard de la matinée, qu'on ne « sait jamais avec lui à quelle heure du jour on peut-être, « et qu'ainsi, à son Site d'Italie, il aurait pu ajouter, entre <?■ parenthèses, comme il l'a fait pour son Verger (Effet du <- matin), à moins qu'il n'eût préféré mettre : (Effet du soir). « Encore eût-il fallu plus de vigueur dans ce soleil et plus « d'ardeur dans ce ciel. »

Aucune mention dans : les Guêpes, d'Alphonse Karr. (Avril, Salon ; p. i7-55)> "^^ dans le Constitutionnel.

Huard. — Journal des Artistes, XVI° année ; t. 32, vol. I (10 avril), p. 234.

e Jusqu'ici nous avions toujours été admirateurs du beau € talent de M. Corot, nous avions applaudi à ses succès, V. mais depuis deux ans nous remarquons avec peine que «• cet artiste, égaré par la louange, s'est laissé entraîner dans « une fausse route; il n'étudie plus, mais il fait à peu près; « il ne prend plus la peine de copier la nature, il ébauche et c touche légèrement ; les deux paysages qu'il a exposés « cette année sont de véritables décorations, indignes du « talent de M. Corot. ».

Peisse (Louis). — Revue des Deux-Mondes, 4' série ; t. 30 (15 avril).

« M. Corot aurait beaucoup à apprendre pour corriger «- les imperfections de ses ouvrages, et il n'est pas probable V qu'il y réussisse, si toutefois même il y songe. Il a le «■ sentiment délicat et naïf de la nature, une imagination <?• poétique ; mais, avec ces rares qualités, on doit craindre * qu'il ne reste en chemin. Il lui manque beaucoup de ce <r qui fait les trois quarts de la valeur des œuvres d'art : « l'exécution. . .

« Ces deux charmants paysages de M. Corot sont obscu- « rément cachés, l'un dans la galerie de bois, l'autre « {Le Verger) dans cette portion redoutée de la galerie que « les artistes appeljent les Catacombes I »

SALON

L'Artiste. 3' série ; t. III, p. 178.

Protestation contre l'iniquité du jury: «...M.Corot, c de qui on reçoit deux petites pochades assez maladroite- « ment faites, tandis que l'on refuse son admirable tableau « de VInceudie de Sodonie, la plus vaste et la plus étudiée « qu'il eût encore envoyée au Salon. »

Les Beaux-Arts, illustration des Arts et de la Littérature (revue fondée et dirigée par Ciirmer) ; t. I, p. 25.

Protestation contre les refus du jury, Corot entre autres.

Bourgeois (Un). — Le Siècle, 9 mai.

« ... Cet artiste a vu assurément des cygnes; mais il « ignore les canards; les sabots de nos paysans lui sont « complètement étrangers. Il aime à suspendre aux bran- « ches d'un bel arbre des enfants nus... Voilà un petit « drame qui se passe dans cet endroit silencieux, sous cette

« voûte si verte, du plus beau vert de M. Corot. Le Soir « offre un riant tableau sur lequel nos yeux se reposent avec « plaisir. »

A. — Le Constitutionnel, i6 mai.

« ... M. Corot, dont les compositions vous séduisent, en « quelque sorte, malgré vous et la prévention qu'elles vous « inspirent d'abord par je ne sais quel air de négligence « propre ; triomphez de cette première répugnance et peu « à peu vous trouverez, dans M. Corot, un grand charme « de naïveté et de souplesse. *

Hermann. — Journal des Enfants, p. 311.

HoussAYE (Arsène). — Revue de Paris, 4" série, t. XVI (2 avril 1843) ; p. 34-35.

« ... M. Corot, digne rival de Cabat, n'est pas du tout

<r. catholique en peinture. C'est un panthéiste qui aime le

«• sourire du ciel et des fleurs... Il n'aime pas les détails

c comme les poètes modernes ; ce qui le charme surtout,

« c'est la grandeur. A d'autres la patience, à d'autres la bro-

« derie et la mosaïque, à d'autres la nature pour la nature;

« ce qu'il recherche, c'est le style et l'effet... 11 est bien re-

« grettable de ne pouvoir étudier le tableau capital de

•y M. Corot représentant V Incendie de Sodome. »

Karr (Alphonse). — Les Guêpes, Paris, Martinon, (avril 1843) in-12 ; p. 28.

« M. Corot, un de nos meilleurs paysagistes — et dont la « réputation est faite depuis longtemps, — s'est vu refuser « un Incendie Je Sodome, — tableau plein d'effet et de « poésie, — qu'il avait travaillé toute une année.

«... Un des membres du jury disait: — Corot, Corot, « — je ne connais pas. — Ah ! oui, pardon, Corot j'y suis, « — celui qui ia'it si gris. — vous dites que nous l'avons' « refusé, — c'est possible — mais pourquoi faire un incen- « die quand on fait si gris. *

Peisse (Louis). — Revue des Deux-Mondes, 15' année, 4' série.

« Le jury n'ayant pas voulu nous laisser voir le grand « paysage historique de M. Corot {Lii Destruction de So- « donte), il faut lui savoir gré d'avoir accepté ses Jeunes « filles au bain. Ces jeunes filles, au nombre de trois, ne « sont pas précisément belles ; elles n'ont que cette grâce « naïve de sentiment et de mouvement qui est un des se- « crets du talent de l'artiste, et dont le charme attractif fait « oublier les négligences du dessin et la maladresse de « l'exécution. »

La Sylphide, 4" série;

Pelletan (Eugène).

t. VII, p. 365.

« ... C'est mieux que la touche, c'est la vie, c'est l'im- « pression du paysage qui est là dedans... Dieu soit loué de « ce que Corot, notre grand Corot, n'a pas été un habile « exécutant, il aurait subordonné la nature à l'art, tandis « qu'il s'est toujours présenté à elle plein de soumission et « d'un pieux tremblement pour la rendre et non pour la « travestir... »

Stern (Daniel). — La Presse, 3 avril.

« C'est un chagrin réel pour nous de ne pouvoir louer « les paysages que fait aujourd'hui M. Corot, à l'égal de ses « premières productions. »

Simple mention de nom dans Delécluze (E.-J.). Journal des Débats, 13 mars.

SALON

L'Artiste, 3' série ; t. V, p. 258.

« Malgré ses maladresses de dessin (maladresses char- « mantes et naïves), M. Corot est un des premiers paysa- « gistes de la nouvelle école. Celui-là comprend la nature, « mais surtout la nature poétique. M. Corot est un pan- « théiste qui aime le sourire du ciel et des fleurs. Ce qui « charme surtout dans M. Corot, c'est la grandeur. Ce qu'il « recherche, c'est le style, c'est le charme, c'est le caractère... « Les enthousiastes auront beau s'extasier, je ne compren- « drai jamais son Incendie de Sodome. 11 est vrai que \'In- « cendie de Sodome ne doit pas ressembler à un autre « incendie... *

Les Beaux-Arts, illustration des Arts et de la Littérature (Ed. Curmer) ; t. III, p. 2.

«Voyez \a. Destruction de Sodome, par M. Corot. Quelle « poésie dans le récit biblique ! quel prosaïsme dans le « tableau I

« ... M. Corot n'a pas été plus heureux dans l'exécution « que dans la pensée primitive. Ses tons sont sales, ses « figures balafrées de coups de pinceau, ses arbres d'un « vert noirâtre, ses terrains lourdement empâtés. :*

'D\3'isloi.k\-'QKCO-A {E.).~ Le Correspondant, t. VI, p. 321-322.

«... Nous ne reprocherons pas à M. Corot ses tons uni- « formes, ses jours qui ne sont que des crépuscules, ses « figures qui sont plutôt brossées que peintes ! car il nous « enlève dans de si hautes régions que tous les détails per- « dent leur importance. *

Gautier (Théophile), mars.

Cité par nous, t. I, p. io6.

La Presse, 30

HoussAYE (Arsène). — Revue du Salon de /S./.^. Paris, in-4° (en 30 livraisons); p. 47-48.

L'article est accompagné d'une gravure empruntée à \ Artiste, représentant un « Paysage avec figures. »

L' Lllustration ; ib mars.

Journal des Artistes, t. I, de la série in-4° (21 avril); p. 30.

La Démocratie

Laverdant (Désiré).

pacifique ; ib mai.

« Il y a des gens qui ne comprennent pas le génie de

« M. Corot. Plaignons leur malheur. Nous avons, pour

« cette nature d'élite, une profonde admiration, une sympa-

« thie respectueuse. Si M. Corot avait un peu de cette

« habileté, du faire de M. Marilhat, son nom serait cité

« entre les plus grands dans l'histoire de l'art. Jamais

« artiste ne s'est trouvé doué d'un sentiment plus délicat,

« plus pur des beautés champêtres... La Campagne de

« Rome est un tableau plein de qualités, mais d'un carac-

« tère moins poétique. Quant à V Incendie de Sodome, où

« le sentiment de la désolation est exprimé avec une rare

« puissance, on reproche avec raison à M. Corot de ne pas

« avoir donné à Sodome incendiée le caractère grandiose

« et somptueux que nous supposons à cette cité... »

M*** — La Chronique, revue universelle 3' année ; t. V. (Diderot au Salon de 1844), p. 104-105.

Eloge très vif du Paysage avec figures, moins enthousiaste de V Incendie de SoJonie ; critique de l'exécution parfois maladroite.

Peisse (Louis). — Revue des Deux-Mondes 14' année, nouv. série; t. 0(15 avril), p. 365.

Simple mention de nom.

Thoré (T.) — Le Consiitutionnel, 4 avril. Réimprimé dans: Le Salon de 1S44. Paris, in-i2, p. 30, et dans : Salons de T. Thoré. Paris, in-i2, 1868, p. 34-35-

«... Les compositions de Corot rappellent involontaire- « ment les idylles antiques, son talent modeste et solitaire c le porte à une rêverie touchante qui se réfléchit dans sa « peinture. Il n'a jamais péché par l'ambition d'un éclat « pompeux ; ses figures ne font pas grand bruit dans ses « paysages tranquilles. L'aspect est toujours extrêmement « juste d'ensemble. Une lumière douce, des demi-teintes « bien ménagées enveloppent toute sa composition... *

Simple mention de nom dans : Delécluze (E.-J.). — Journal des Débats; 15 mars.

Aucune mention dans les : Guêpes, d'Alphonse K.\RR (Salon, n° d'avril, p. 33 à 02).

SALON

L'Artiste. 4° série; t. IH, p. 181.

« M. Corot dans Homère et les Bergers n'a pas eu tout « le sentiment qui nous charmait chez lui ; mais dans « Daphnis et Chloé, nous le retrouvons tout entier. *

Baudelaire-Dufays (Ch.). — Salon de 1845, Paris, in-i8 ; p. 53-55, réimprimé dans : Curiosités Esthétiques, t. II des Œuvres Complètes, Paris, 1884, in-8° ; p. 53-55.

€ ... A propos de cette prétendue gaucherie de M. Corot,

« il nous semble qu'il y a ici un petit préjugé à relever. —

« Tous les demi-savants, après avoir consciencieusement

« admiré un tableau de Corot et lui avoir loyalement payé

« leur tribut d'éloges, trouvent que cela pèche par l'exécu-

« tien, et s'accordent en ceci que définitivement M. Corot

« ne sait pas peindre. — Braves gens ! qui ignorent d'abord

r. qu'une teuvre de génie — ou si l'on veut — une œuvre

" d'âme — où tout est bien vu, bien observé, bien compris,

« bien imaginé — est toujours très bien exécutée, quand

e elle l'est suffisamment — ensuite qu'il y a une grande

« différence entre un morceau fait et un morceau fini ;

« qu'en général ce qui est bien fait n'est pas fini et qu'une

«: chose très finie peut n'être pas faite du tout; que la valeur

« d'une touche spirituelle, importante et bien lancée est

« énorme... etc., etc. ; d'où il suit que M. Corot peint

« comme les grands maîtres.

« Ce qui prouve encore la puissance de M. Corot, ne

« fût-ce que dans le métier, c'est qu'il sait être coloriste

« avec une gamme de tons peu variée — et qu'il est tou-

« jours harmoniste même avec des tons assez crus et assez

« vifs... »

Blanx (Charles). — La Réforme, 17 mai (7' article).

Compliments sur la liberté de composition du paysagiste d'histoire.

Journal des Débats, 12 et 13

Delécluze.

mai.

«r ... Le laisser aller et le prosaïsme introduits aujourd'hui « dans les scènes héroïques sont tout à fait choquants. La <: plus grave critique que l'on puisse faire du tableau de « M. Corot est de demander où est Homère? Otez la lyre « et substituez tout autre instrument vulgaire qu'il vous « plaira et le chantre d'Achille disparaîtra, car rien dans son « attitude ni dans ses formes ne le caractérise. L'artiste « a-t-il été plus heureux dans le choix de son site et dans « le développement des lignes qui résultent de l'ensemble V. des terrains de la végétation qui les couvre ?... Non, as- « sûrement ; en sorte qu'il ne faut chercher dans le paysage « de M. Corot que ce qu'il a voulu y peindre: un lieu « champêtre dont Ja simplicité et le calme invitent l'âme et « le corps au repos. *

Gautier (Théophile). — La Presse, 17 avril.

Eloges de la « naïveté presque enfantine » du peintre, mitigés de critiques sur l'incertitude de l'exécution, la mauvaise anatomie et la petitesse des figures.

Laverdant. — De la mission de l'art et du rôle des artistes. Paris, 1845, grand in-8'' ; 2" partie ; Salon de 1845, P- 40-41-

Eloge de Corot mêlé du regret qu'il f. laisse ses ouvrages « à l'état d'ébauche. »

Menciaux (Alfred de). — Le Siècle, i" avril et 20 mai.

" M. Corrot (sic) continue de faire des bergerades grec- « ques... Il sait bien composer et arranger ses sujets... « ses intentions ne manquent ni de poésie, ni de charme, <• mais. . . il ne suffit pas de penser, il faut exécuter et l'hor- « rible plâtrage dont il couvre son dessin, sous prétexte de «■ couleur, gâte en lui toutes les qualités dont ses composi- « tions font preuve. . . »

Moniteur des Arts. Album des Expositions du Louvre, t. I, Paris, 1845, in-4''; Salon de 1845 (9° article), p. 121, 122 et 123.

« Dans le paysage de M. Corot (Homère et les Bergers), « nous voyons à droite un effet de soleil sur la ville et les * méandres d'un chemin oblique dont l'harmonie est incon- <: testable. Dans les derniers plans, à gauche, si c'est la e campagne qu'on a voulu peindre, elle est trop bleue ; si <: c'est un ciel, il est au-dessous du niveau géométral du «■ point de vue. Quel que soit le talent d'un artiste, rien ne <r lui permet de faire une optique impossible. La lumière « circule abondamment partout, à la vérité, mais elle sem- « ble passée à l'eau. Q uant à la verdure de M. Corot, nous «- ne la comprenons pas. . . »

Thoré. — Le Constitutionnel. Réimprimé dans: Le Salon de 1845. Paris, in-12 ; p. 148, et dans: Salons, de Th. Thoré, Paris, i8b8, in-12 ; p. 187.

<■ Corot a fait aussi ses Idylles accoutumées, une Daphnis <■ et Chloé, et deux autres paysages. C'est une peinture « naïve et harmonieuse dans une gamme très débile. L'orc. donnance des arbres a souvent beaucoup de grâce, et une « douce lumière baigne les fonds. »

Thoré. — L'Artiste, 4' série, t. III, p. 165.

Les œuvres de Corot sont citées parmi les « œuvres sérieuses ou seulement aimables. »

SALON

Baudelaire-Dufays (Charles). — Salon de 1846. Paris, in-i2, p. 106-107. Réimprimé dans: Curiosités Esthétiques, (t. II des Œuvres Complètes), p. 177.

« M. Corot est plutôt un harmoniste qu'un coloriste, et « ses compositions toujours dénuées de pédanterie, ont un « aspect séduisant par la simplicité même de la couleur.

« Presque toutes ses œuvres ont le don particulier de « l'unité, qui est un des besoins de la mémoire. *

Champfleury. — Œuvres posthumes. Salons (1846-1851). Paris, 1894 ; petit in-i2. Salon de 1848, p. 71 à 74.

« ... Le jury a refusé deux toiles, dont une ravissante,

« du grand paysagiste. En revanche il a accepté la plus

« faible ; celle-ci, qui est au Louvre, est encore une œuvre

« remarquable, mais elle sort de la manière de M. Corot.

« C'est plutôt une étude sérieuse, d'un dessin sévère et

« étudié, qu'un tableau. Si M. Corot n'avait eu tout le temps

« la critique et les artistes émiaents pour lui, il aurait pu

« rester dans l'oubli. Il n'a jamais vendu de tableaux, ni

« au ministère, ni à la ville, ni aux musées de province, ni

« aux marchands. . . Il est constamment par monts et par

« vaux, par voies et par chemins, tandis que beaucoup de

« paysagistes, ses confrères, vont faire des études d'après

« nature au ministère et chez les députés. . . *

Delaunay (A.-H.). — Catalogue complet du Salon de 1846, annoté. Paris, 184b ; in-12, p. 29.

« Il y a des gens qui appellent cela de la peinture. Ils « sont bien bons. »

Gautier (Théophile). — La Presse, 4 avril.

« Ce bon Corot, à qui le jury a eu la stupidité barbare de « refuser trois toiles sur quatre, s'est contenté d'un tour de « promenade dans la forêt de Fontainebleau. On y retrouve « la simplicité harmonieuse, le charme modeste et la naïve « gaucherie qui constituent son individualité. >

Gosso (Isidore S. de) (Bertrand-Isidore Salles). — Diogène au Salon, i" année. Paris, 1846 ; in-i8, p. 96.

« Avec quelle fierté se redresse et se travaille l'homme « qui dit : je suis chef d'école. J'aurais bien voulu voir les « premiers hommages rendus à l'homme que son mérite ou « le mauvais goût de son époque fait décorer de ce nom. « Combien son pinceau doit voltiger légèrement sur sa « toile I II n'a plus besoin de peindre, il fait une touche par- « ci, une par-là et on l'admire ; il n'a plus besoin de savoir « dessiner; pour lui tout est excusé. Tel est M. Corot, le « célèbre paysagiste ; il peint tout avec la terre qui tombe « de ses bottes quand on les lui nettoie ; voilà pour la terre, « les rochers, les eaux, le ciel, les troncs d'arbres, les chairs, « enfin tous les tons clairs ; il emploie pourtant du vert « pour ses arbres, mais du vert dur, bouteille, qui est tou-

r jours le même, quelles que soient les lumières et les om- « bres. Quant au faire, il se ressent des excentricités du co- « loris. Ce sont des arbres de tôle de Suède ou de carton- « pâte découpés sur un fond quelconque ; tout est mort, « raide ; rien ne joue, n'ondoie, ne reflète, ne repousse, ne « s'éloigne ; c'est toujours la même chose, quel que soit le « plan. »

Haussard (Prosper).

avril.

Le National, 28

« Art sincère et intéressant. La Vue de Fontainebleau

« est tranquille et harmonieuse, naïve et simple. *

HoussAYE (Arsène). — L'Artiste, 4' série, t. VI, p. 41 et 71.

« ... Il a certes un très grand sentiment de la nature; « mais, quand il veut la traduire sur sa toile les procédés « systématiques qu'il emploie, la gaucherie de son faire tra- » hissent son effort et font sa traduction infidèle. >

Lenormant (Charles). — Le Correspondant, t. XIV (avril-juin), p. 384 et 388.

Simples mentions de nom.

Menciaux (Alfred de). — Le Siècle, 25 mars.

« M. Corot a exposé son paysage de tous les ans ; on y » retrouve toujours les même qualités et les mêmes dé- « fauts. »

Planche (Gustave). — Revue des Deux- Mondes, If)* année ; nouvelle série, t. ,XIV (i^avril). Réimprimé dans: Études sur l'Ecole française (1831-1851), t. II. Paris, 1855, in-i8; p. 213.

«■...Son pinceau n'a pas rendu fidèlement toute sa pensée; « mais il est évident que l'auteur n'a pas consulté les tra- « ditions de l'école, et qu'il a reproduit librement ce qu'il « avait librement choisi.. C'est un mérite dont il faut lui c tenir compte. »

Thoré (T.). — Le Constitutionnel, réimprimé dans le Salon de 1846. Paris, in-12, p. 147, et dans : Salons de T. Thoré. Paris, 1868, in-12 ; p. 320.

« ...Le tempérament est bon, l'humeur poétique, le cœur « honnête, l'esprit distingué ; mais la peau est trop pâle. >

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