LE THEATRE DE BELLEVILLE
se souvient, pour prendre quelques exemples, de ce beau portrait du sculpteur Devillez dans son atelier, un chien auprès de lui, un modèle au fond, portrait sobre, élégant, nerveux, qui fit sensation lorsqu’il reparut à l’Exposition universelle de 1900? Qui ne se souvient de Jean Dolent, songeant, dans son musée de Belleville, entre son chien et sa petite fille ? et de Concourt aux yeux noirs et aux cheveux d’argent, le visage loyal et tendre ? et de Daudet, malade, courageux, affiné et tressaillant, tenant la main de sa petite fille? et de Verlaine, vu dans un jour d’apaisement et de confidence, avec sa physionomie ravagée, ses yeux brillants, son esprit et sa rêverie? et tant d’autres masques énergiques, réfléchis, où se manifeste la conscience de la vie.
On sait que Carrière a fait, d’après ces peintures, un certain nombre de lithographies : Daudet, Verlaine, Concourt, Puvis de Chavannes, Rodin, Rochefort. D’autres suivront : Anatole France, Verlaine, le colonel Picquart, Clemenceau, Elisée Reclus, Emile Zola, etc. Ces lithographies sont tirées à un
nombre restreint pour garder une fraîcheur à chaque épreuve, mais I œuvre originale se trouve néanmoins suffisamment multipliée pour être répandue à travers le monde. Il faut souhaiter que le Cabinet des Estampes conserve la précieuse collection de ces feuilles, qui ont la même puissance et le même charme que les peintures.
Le peintre doit savoir tout peindre. Carrière, peintre de scènes de la vie et de portraits, est donc aussi un peintre de nature morte et de paysage. En réalité, tout cela n'a pas à être subdivisé. Chez les artistes complets, tout cela se confond dans la même œuvre. Chez les maîtres de I Italie et de l’Allemagne, de I Espagne et des Flandres, de la France et de I Angleterre, toutes les preuves de la faculté de vision de l’artiste se trouvent réunies. L’assemblée des personnages se tient dans une pièce où il y a, sur les meubles, des fleurs, le service d'un repas, des faïences, des porcelaines, des verres, des viandes, des poissons, des fruits, et souvent, par la fenêtre ouverte, on aperçoit un paysage de ville ou des champs, le cours dune rivière, la lisière dune forêt, des rochers, des montagnes, une plage, la mer, et I étendue nuageuse ou pure d’un grand ciel. Si I on découpe par la pensée ce paysage, ou ces fleurs, ces fruits, ces repas, ces vaisselles, qui sont sur une table, on a, par ces fragments, des’ tableaux complets. Les exemples sont trop nombreux pour être énumérés. Rubens et Véronèse, Velasquez et Rembrandt, et le Vinci, et Raphaël, et Murillo, et tous, pourraient être cités à l’appui de cette remarque générale.
Il faut bien remarquer que notre siècle a spécialisé davantage les artistes.
Sans doute, on trouve chez certains d’entre eux des ensembles tels que ceux
PORTRAIT d’Elisée RECLUS
qui viennent d’être dits, mais il y a eu néanmoins un établissement certain de catégories, à ce point qu il y a eu, et qu'il y a encore des peintres uniquement occupés à la production de scènes mythologiques, de scènes historiques, de scènes de genre, de portraits, de paysages, de natures-mortes. Et même, dans ces catégories, il y a des sous-catégories, des peintres qui ne produisent que des scènes mythologiques d’une certaine inspiration, des dryades ou des naïades, des naissances de Vénus ou des chasses de Diane, — d'autres peintres qui s'en tiennent aux d'une certaine
romaines ou druimérovingien nés anecdotes du ou du dix-huilution, Directoire, je ? — d’autres qui needote que dans paysan, bourgeois, — d'autres qui s'en au même portrait
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scènes historiques époque, dames