‹ L'œuvre de E. Carrière;Chapitre 6 sur 26 · ORIGINALE · texte numérisé non relu

ORIGINALE

En 1 896, une lithographie:

le Portrait d’Edmond de Concourt.

En 1897, une toile : Christ en croix, et une lithographie :

le Portrait de Verlaine.

En 1898, deux toiles : Portraits et le Panneau décoratif pour l'amphithéâtre de I enseignement libre à la Sorbonne.

En 1899, deux toiles : le Réveil et Etude.

En 1900, la Société nationale n’ouvrit pas son Salon annuel, et Carrière envoya, à la Décennale de l’Exposition universelle, huit toiles : Théâtre populaire; Christ en croix; Portraits de M"e Caplain et de sa petite-fille; Portrait Étude; Portrait de Mlle Ménakdet cinq lithographies : Edmond de

Concourt; Alphonse Daudet; Paul Verlaine; Auguste Rodin; Iete de

Femme.

En dehors des Salons et des Expositions universelles, Carrière Ht des expositions particulières où il réunit les œuvres de plusieurs années.

La première eut lieu sous les auspices de notre ami Maurice .lovant, qui dirigeait alors, boulevard Montmartre, la succursale d un magasin de tableaux et gravures. Tous les amateurs d’art ont connu ce petit réduit d’entresol, si bas de plafond, qui était, en plein mouvement de Paris, comme un poste de l’art avancé. Avant .lovant, c’était Van Gogh, le frère du peintre Vincent Van Gogh, qui était là embusqué en tirailleur, et qui réunit aux maîtres de l’école impressionniste, tous les nouveaux, chercheurs de nouveau. Il y eut des expositions de Camille Pissarro, de Raffaélli, de Berthe Morisot, de Toulouse- Lautrec, de Maurin, sans parler de tous les tableaux isolés qui défilèrent au fur et a mesure de leur production ou selon le hasard des trouvailles. L’endroit, était bon pour le repos et pour la causerie, et il fut très fréquenté des artistes, des amateurs, des gens de lettres, qui firent là, très paisiblement, de la révolution artistique, au-dessus des photogravures coloriées que l'on débitait au rez-dechaussée.

Carrière, dis-je, lit alors une première exposition particulière. Elle dura du 3 avril au 3 mai i8yi. Elle se composait de tableaux, d’esquisses, de croquis au crayon noir, au fusain, à la sanguine. Le catalogue était précédé d’une préface qui me fut demandée fraternellement par I artiste. Ees œuvres avaient été en partie prêtées par des collectionneurs qui avaient senti, dès ses débuts, le pouvoir attractif de cette peinture savante. MM. Benjamin-Constant, Paul Gallimard, Gillet, Grünebauin, Jean Dolent, Roger Marx, Vever, Man/.i, Clemenceau, Pont remol i, Frantz Jourdain, Gabriel Séai Iles, Moreau-Aélaton, C. Leroux, furent de ces amis de la première heure, et l’on n’a pas oublié les toiles qu'ils prêtèrent et qui firent, dans le local du boulevard Montmartre, toute une éclosion

d œuvres charmantes, douces, fortes, réfléchies : la femme nue du Sommeil,

les rouges Géraniums, — le rire de Lisette, — la petite main tenant le Verre,

la face contractée et concentrée de la Mélancolie, — la petite fi i le au Bol, et toute la série îles têtes déniants, des maternités, — et celle des portraits oii

la pensée est surprise.

En 189(1, l’année où Carrière n envoya au Salon qu'une lithographie, qui était le portrait d Edmond de Concourt, il recommença l’expérience d'une exposition d’ensemble, et cette fois, il lit voyager cette exposition. Ce qu'il put réunir de son œuvre accomplit un petit parcours européen : à Genève, tout d’abord, en compagnie de dessins de Puvis de Chavannes, de dessins, de, plâtres et de

marbres de Bodin; au Salon de la puis, enfin, à maison de l'Art Provence. Le exposition (1896) d'une préface Ire lui-même. Il de reproduire ici un document de qu il est indispenfigurer dans ce « Dans le court la naissance de la peut à peine faire route à parcourir, pris conscience de menace finale

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