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le Roi est sur le front, et que le peintre doit aller l'y rejoindre! On vit ensemble dans des logis de fortune, et l’on s’asseoit à la même table à l’occasion, et l’on prolonge les soirées. Besnard est un causeur exquis, aux souvenirs les plus variés, car il a connu toute la terre. Il trouva, comme on dit, à qui parler. Ces conversations d'art et de guerre furent choses délicieuses; je n'ai pas de peine à le croire.
Il sortira de là une œuvre d'art aussi parfaitement préparée quil se peut faire. Que le Roi et la Reine se soient prêtés l’un et l'autre avec une entière bonne volonté à l'observation de l'artiste, c'était le principal. Mais il y eut autre chose, qui n'a guère moins d'importance. Le peintre put se pénétrer de leur caractère même, en les retrouvant sans cesse dans le hasard et la variété des allées et venues de chaque jour; il eut toutes les occasions les plus favorables, dans la suite des entretiens, pour étudier la variété de leurs expressions, l'image même de leur pensée. Tel est le complément qui lui était nécessaire. Certes, à Rome, nous l’avions vu, avec sa prompte habileté, saisir ses personnages à la dérobée, presque les deviner. Mais l'œuvre recueillie en Belgique est d'une autre sorte.
Si la méditation y eut une grande place, l'imagination pourtant y retrouvera la sienne dans la mise en