‹ L'œuvre de H. de BalzacChapitre 10 sur 92 · XXII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XXII AVANT-PROPOS

rable exercée sur le mouvement littéraire, et marque enfin la place que doit occuper la Comédie humaine dans notre histoire des lettres. Toute une théorie dé l'art, tel que l'ont inauguré les romantiques, est renfermée dans cette introduction; Fauteur en montre l'application faite par Balzac, ses prédécesseurs, ses contemporains et ses suivants. Les différentes appellations d'écoles littérairçsj^'fjt philosophiques s'y trouvent définies du mieux possibïl^' Un parallèle est établi entre la Comédie humaine et le roman actuel; le mouvement philosophique qui a produit ce genre de littérature y est étudié et analysé. L'introduction est, en somme, une sorte de philosophie de la Comédie' humaine doublée de la philosophie de l'art en général.

Après cela, pour entrer dans le vif de l'œuvre, l'auteur a suivi la division indiquée par Balzac lui-même. Trois choses distinctes s'y trouvent : la Comédie humaine, les Contes drolatiques et le Théâtre. Prenant la Comédie humaine, la partie la plus considérable, l'auteur a fait une seconde introduction, s'appliquant plus spécialement à faire ressortir une des idées de Balzac (|ui a servi de base commune à tous ses livres : nous voulons parler de l'actualité du pouvoir de l'argent. Ce pouvoir a existé de tout temps, jamais cependant avec aulniit do force (ju'aujourd'iiui, en raison de la multiplicité des formes de possession et d'échang-e que la spéculation a données à l'arg-ent. Avec son intuition hors de pair des choses spéciales à son époque, Balzac a parlé dans tous ses romans du grand rôle de l'arg-ent; il Ta fait avec une hauteur de vue pleine d'audace et un talent fraïu-licnicnt exceptionnel. L'auteur a donc beaucoup insisté snr ce côté, peut-être insuffisamment compris, de la pensée de Balzac.

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Comme on le sait, la Comédie humaine se divise en trois parties : Études de mœurs, Eludes philosophiques et Études analytiques. Une introduction précède chacun de ces trois groupes d'études, où l'auteur cherche toujours à expliquer le sens de la pensée de l'écrivain. De ces trois ' pai-lies, les Études de mœurs constituent pour ainsi dire

-^':.: .^jfelles seules presque toute la Comédie humaine. Elles se ■>?4ivisent en Scènes de la vie privée, de la vie de province, de la vie parisienne, de la vie politique, militaire et de campagne. La même manière d'étude a été suivie pour chacun •de' ces groupes de scènes; il leur a été fait des introductions successives. Enfin, chose qui constitue le vrai fond de

i.- . Fouvraee, l'auteur a analvsé roman par roman chacun dos livres qiii composent les différents groupes de scènes; s'allachant, bien entendu, à l'analyse de ceux qu'il croit être les chefs-d'œuvre du maître. Il ne s'est pas contenté d'analyser tous ces romans d'une façon sèche, en en résumanl l'intrigue. Avant tout, il s'est préoccupé d'en expliquer le sens intime; il a cherché à donner à tous un lien commun; il les a classés suivant les idées qui en ont été, seh:>n lui, la genèse dans l'esprit de Balzac; il en a fait i'('ss(»rlir h^s côtés sailhinls, les beautés, les défauts; il a comparé plusieurs d'cnlri^ eux à nombre d'oMivres ]>lus récentes; il a montré les analogies cpii existent entre les personnages de Balzac et bien des héros de romans actuels. N'oublions pas, enfin, de dire que dnns cIkuiuc iniroduclion des grou|ies de scènes, se trouve une anaivse |tarliciilière des éliules (le lîalzac sur la fennne en général. — Balzac a (lil que, dans le nn)nde zo((I(>i:iqne, le nalni'alisle, après avoir fait le poitrail d'un niAlc, acliève en (|nelqnes tr;'.ils ajoutés celui de la femelle. Il n'en est pas de même poui*

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