AVANT-PROPOS. XXV
aussi bien que M. Thiers, M. Taine et M. Sardou l'histoire de la Révolution française. Sa nouvelle les Deux Rêves en contient tout le principe, L'Étude sur Catherine de Médicis a été long-uement analysée. Là, malgré son admiration pour l'écrivain, l'auteur s'est séparé de lui; il a condamné "son principe d'autorité absolue en politique, par lequel il veut excuser tous les crimes d'Etat, admettant ainsi, bien avant M. Nisard, la fatale obliiiation de deux morales : celle de l'homme privé et celle de l'homme d'Etat.
Après la Comédie humaine, il a été quelque peu parlé des Contes drolatiques, où éclate le naturel vrai du chroniqueur, plus rabelaisien et plus optimiste qu'on ne pense. Balzac, bien qu'ayant souffert de la vie plus que personne, n'était pas un rêveur; il avait l'esprit positif et le puissant vouloir de tous les vrais ambitieux. Trouvant que la vie a du bon, il savait, comme Bonaparte, rire et s'amuser joyeusement à certaines heures; et, du reste, il excellait à dompter, par un travail assidu, toutes les causes possibles de découra^'-ement. Aussi la haute moralité de son œuvre n'est point douteuse, quoi qu'en disent certains détracteurs moroses (pii, inquiissanls à découvrir le bul que se propose un écrivain, trouvent parloul en lui b; pessimisme, et rinvcnteraient au besoin pour donner un prétexte à leur morale élroile ou stérile.
A l'arlicle Théâtre , il esl démontré que Balzac n'a été qu'un anleiu- dramaliqur nuMliocre; son esprit lilléraire n'avait pas assez de précision, de clarb', de vivacilé. — Dans ses pièces, Balzac s'allardc trop aux grandes tirades phiIosopbi(|U(>s, excellentes pour le roman, mais (|ui, sur la scène, ne franchissent pas la rampe, étant incomprises du gros public. Néanmoins, l'auteur met en fait que tout le