‹ L'œuvre de H. de BalzacChapitre 23 sur 92 · PIERRE GRASSOU · texte numérisé non relu

PIERRE GRASSOU

Au roman bourgeois de Un Début dans la vie nous pouvons rattacher la nouvelle intitulée Pierre Grassou. Quoique revêtue d'un cachet parisien très original, cette petite étude de Balzac semble appartenir par son dénouement à la série d'œuvres, que nous voyons, depuis la Bourse, s'intéresser aux essais de position sociale des jeunes gens par l'étude des vocations et celle du ma- ^ riage, le fait à la fois privé et social qui marque bien souvent le point de départ d'une seconde existence. Oscar Husson est le militaire sorti des i^angs, qui serait peut-être devenu général, sans l'accident auquel il doit la perte de son bras. Pierre Grassou est le type de l'artiste médiocre qui, à force de patience et d'opiniâtreté bretonne, arrive sans talent aucun, sans envie et sans cabale, par le seul effet du travail de fourmi qui caractérise l'enfant du peuple, à se faire un nom dans les arts.

Dans ce roman, l'auteur se livre à quelques remarques intéressantes à propos d'art et d'artistes. Il dit d'abord un mot assez vrai sur le Salon contemporain : « Au lieu d'un tournoi, dit-il, vous avez une émeute; au lieu d'une exposition glorieuse, vous avez un tumultueux bazar » ; et, plus loin, il décoche un trait à la foule des faux artistes : « Maintenant que le moindre gâcheur de toile peut envoyer son œuvre, il n'est question que de gens incompris. » Rien n'est plus vrai que ces paroles, et encore plus aujourd'hui, pcut-êlre, que du temps de l'auteur. L'intérieur de l'atelier de Pierre Grassou et la vie privée de l'artiste sont l'fjbjct d'une peinture assez fine, attachante même. Le romancier nous nioiilic le peintre, perché au quatrième étage d'une de ces maisons étroites et hautes qui ressemblent à l'obélisque de Lour)sor. Dans la description des modestes repas de Grassou, composés de noix et d'un morceau de pain, Balzac trouve encore moyen de remuer le couir du lecteur par une seule phrase, et de l'apitoyer sur le sort du pauvre et courageux artiste, « 11 mangeait, dit-il, avec cet air patient et résigné qui (lit tant de choses. » Oui, elle dit IxNaucoup de choses cette résil-Mialion. Oiiand on compare ce triste état, commun à des mil-

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liers de gens, qui ont à peine de quoi suffire à leur faim, à la bonne chère des riches, on a le cœur serré, et un seul mot de l'écrivain nous rappelle à certaines réalités poignantes. Le lecieàf ému pense toutes ces choses, que laisse deviner, comme dit I*auilKiir, la physionomie de l'artiste qui a faim.

"îrre Grassou fait la connaissance de la famille Vervelle. La icfcsion du livre est son mariage avec Virginie Vervelle. le couple est le plus heureux du monde.

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