‹ L'œuvre de H. de BalzacChapitre 39 sur 92 · I.INTEUDICTION · texte numérisé non relu

I.INTEUDICTION

Une éblouissante causerie sur le caractère des femmes à la mode, entre le docteur Bianclioii et Hastignac, forme le brillant début de i Inlerdiclion. La décevante opinion de l'honnête doc-

leur est à connaître : « La femme à la mode, dit-il, n'est plus une femme; elle n'est ni mère, ni épouse, ni amante; elle est un sexe dans le cerveau, médicalement parlant, » ce à quoi le positif RaStiga|.c réplique cyniquement : «Une bourgeoise, une femme aiiQarffe, un ange, ne mènent à rien; une femme à la mode mène #1 tout; elle est le diamant avec lequel un homme coupe toutes les vitres, quand il n'a pas la clef d'or avec laquelle s'ouvrent toutes les portes. » A qui donc s'appliquent les attributs du monstre dont parle Bianchon? A la marquise d'Espard, la reine de la mode en 1827 au faubourg Saint-Germain, le type le plus achevé de l'égoïsme des hautes sphères, qui parle de son âme, comme feu Louis XVIIl parlait de son cœur; femme à estomac solide, ambitieuse de luxe, de bien-être et d'honneurs; mais nature froide, forte tête sans cœur, possédant l'insensibilité et la lâcheté d'un tigre jointes au venin de la vipère. Ne diraiton pas le portrait de quelques-unes de nos grandes Parisiennes de 1888? Mais la plupart de ces femmes ne^se sont jamais reconnues dans l'œuvre de Balzac. Madame d'Espard de Nègrepelisse appartient comme de juste à l'Olympe de la Comédie humaine. Elle y joue, comme femme, à peu près le même rôle que Marsay, comme homme. C'est peut-être le pire de tous les monstres femelles qu'ait minutieusement observés Balzac. D'une blancheur de peau des plus aristocratiques, elle a l'càme aussi noire que madame Nourrisson, la doyenne, si renommée dans Paris, des marchandes à la toilette. Aussi le génie d'analyse aigui' de l'auteur s'est-il épuise à fouiller cette âme. Espérons que le personnage du roman est très exagéré par rapport à l'original, car il est atroce de penser qu'il puisse y avoir beaucoup de marquises d'Espard.

La Comédie humaine compte cinq grandes dames qui ont tenu l'une après l'autre, de 181 i à 1830, le sceptre de la mode. Ce sont : la vicomtesse de Bcausénnt, la duchesse de liangonis, mîidame L'iriniani, la duchesse de Maufrigncuse cl, enfin, la marquise d'Espard. Nous avons dit nu un»! (\i'<. qualrc preiniri-rs eu temps et lieu. Nous croyons devoir insister sur la ciiiquicnic, la plus extraordinaire de toutes par son vice rédliiluloiit' de ItMiime

sans cœur; car c'est surtout clans la peinture de tels caractères que Balzac atteint les limites extrêmes de son talent de chroniqueur et d'analyste. Bien des gens prétendent que Balzac ne connaissait pas le faubourg Saint-Germain, où, disenWîs,\ l'écrivain n'a jamais mis les pieds. Il faut avouer, si la chose ,est vr aie, que le romancier savait au moins deviner avec une pénétration sans égale cette société où il n'entrait pas, mais dont, sans doute, il faisait le tour. Si les portraits, faits de main de maître, de la duchesse de Langeais et de la marquise d'Espard ne démontraient surabondamment les occasions qu'a dû avoir Balzac d'observer de près quelques modèles analogues, l'amitié célèbre de l'écrivain pour la duchesse dé Castries, que l'on dit être l'original d'Antoinette de Langeais, suffirait à prouver que les portes du noble faubourg n'ont jamais été fermées à Balzac.

Dans la première moitié du xix*^ siècle, l'auteur de la Comédie humaine justifie sa qualité de chroniqueur de l'école de Walter. Scott et de moraliste à la façon de Marivaux, surtout par les descriptions qu'il a faites successivement des salons parisiens sous l'Empire, la Restauration et le gouvernement de Juillet. Sous l'Empire, immédiatement après les mœurs libres du Directoire, le ton de la mode est à la fois artistique et guerrier. Ce sont des personnages d'une grande indépendance d'allures, tels que Camille Maupin et le baron Gérard, qui en sont l'expression la plus brillante et la plus vraie. Sous Louis XYIII, les salons politiques renaissent avec la liberté de même nom. supprimée par Bonaparte depuis le 18 Brumaire. Nous en voyons une fort belle étude dans la Duchesse de Lanc/eals. Sous Charles X, la coterie des « roués », de Marsay, Mon tri veau, Ronquerolles, la Hoche-Hugon, de Sérizy, de Trailles, les deux Vandenesse, se donne rendez-vous chez la marquise d'Espard. Le premier salon du faubourg est toujours politique, mais avec une nuance d'opposition : « Le salon de madame d'Espard est contre telle mesure », disent qucdipics sots de la Chambre des pairs, et le mot se répète à la cour pour inihiencer les ministres, l-jifin, sous Louis-Philippe, dans les dernières années du règne, le grand ton

de la mode passe ostensiblement à l'argent. Plus de littérature, plus de politique, plus d'art; rien que l'outrecuidante omnipotence du bourgeois riche. Le salon régnant devient celui de ^Nucingen, le financier véreux nommé baron d'hier, salon où ,^:1*b,n ne cause plus mais où on fait les mouchoirs de poche et les montres, « simple plaisanterie », selon le mot du Falsacappa dè-Scribe. Qu'aurait ajouté Balzac s'il avait pu voir la suite des -temps? Les mœurs nouvelles auraient certes excité sa verve; il - aurait continué sa chronique par la peinture des curieuses coteries dû second Empire où ont commencé d'entrer les premiers rastaquouêres et piastreux puants, pires que les bourgeois. Quant à notre fin de siècle démocratique où la manie d'égalité a tout eO'acé, il l'aurait forcément trouvée sans grandeur. Notre société, divisée à l'excès, lui aurait montré dans chacune de ses parties une simple réduction des divers règnes de la mode qui se sont succédé jadis. Le salon de madame Adam et celui d'Arsène Houssaye peuvent rappeler de loin ceux de Camille Maupin et du baron Gérard. Les fêtes parisiennes chez la duchesse d'Uzès. la vicomtesse de Trédern et la princesse de Sagan peuvent donner aux petits-fils de Rastignac l'illusion de soirées chez la vicomtesse de Beauséant, madame Firmiani ou la duchesse de Maufrigneuse. Mais, hélas! ce qu'a dit Balzac de la mode est bien plus vrai de notre temps que du sien. « La mode élève et abaisse successivement des personnages qui, d'abord grands, puis petits, c'est à-dire, tour à tour en vue et oubliés, deviennent plus lard des personnes insupportables, comme le sont, tous les ministres disgraciés et toutes les majestés déchues. »

Pour en revenir au sujet qui nous occupe, le romancier a voulu (juc madame d'Kspard soit devenue précisément une esclave de ce grand caprice des mœurs appelé la mode; et la raison du projet infâme qu'elle médite : demander à la justice d'interdire le marquis d'Kspard, n'est autre que la fatale nécessite où se trouve la marquise de con([uérir, après la dissipation d'une première fortune, de nouveaux moyens de prolonger son règne au firmament parisien. Depuis douze ans, le marquis est séparé de sa femme dont il n'a pu supporter l'égoïsme. S'étanl d(''|iosséd('' de la

presque totalité de sa fortune en faveur de la famille Jeanrenaud, jadis injustement dépouillée par les d'Espard, ce gentilhomme, noble autant de cœur que de race, et qui a voulu efTacer dans le passé une tache faite à son nom, en est réduit à vivre très modestement avec ses deux fds qu'il élève lui-même. Pour augmenter ses ressources et rendre service à un vieil émigré de ses amis, il s'est occupé à faire une étude historique sur les mœurs de la Chine, dont la publication obtient un légitime succès; car elle éclaire l'opinion peu formée des Européens sur ce pays, et rectifie bien des erreurs. Pendant ce temps, la marquise d'Espard, qui n'ignore rien de la belle conduite de son mari, et a refusé d'en partager les conséquences, est rentrée en possession de sa dot, vingt-cinq mille livres de rentes qu'elle a bientôt fait de dévorer à Paris. Sous le poids de fortes dettes contractées par la suite, il lui vient à l'idée de reprendre aux Jeanrenaud la fortune si généreusement abandonnée par le marquis. Pour arriver à ses fins, sur les conseils de son beau-frère, le comte d'Espard, nouveau Gain d'un autre Abel, elle fait établi par M° Desroches, un de ces avoués qui ne voient que leur fortune à faire, une requête au tribunal de première instance, par laquelle elle réclame l'interdiction de son mari et la tutelle de ses enfants. Les motifs qu'elle allègue, afin d'obtenir gain de cause, sont de monstrueux mensonges. Elle veut faire passer le marquis, aux j-eux des juges, comme atteint d'aliénation mentale. Elle offre de prouver que madame Jeanrenaud est sa maîtresse; et qu'il subit de la part de cette femme, qui l'a ruiné, une influence répréhensible.

Balzac ne nous dit pas ici quel a été le jugement rendu par le ribunal sur celle scandaleuse affaire. C'est ailleurs que l'on sait que l'interdiction ne fut pas obtenue. Pour l'auteur de la Comédie bumaine, un tel sujet n'a été que l'occasion de faire en particulier, au sein de la vie parisienne, une étude de la manière dont est c<jnçu et appliqué le code dans les litiges de famille. Pour cela, il a choisi un cas exceptionnel et des plus rares, où sa profonde observation peut se donner libre carrière, découvrir les mille plis de la pensée des juges et des plaideurs. L Inicrdicllon

est surtout une magnifique étude de Tesprit de notre nnagistrature montrée dans la personne de Jean-Jules Popinot, simple jiige au tribunal de la Seine, une des figures en apparence des plus modestes de la Comédie humaine, mais en réalité des plus <^%iernent belles, au même titre que le docteur Bennassis, l'abbé v-Bji^nef, madame de La Chanterie, etc., par le bienfaisant génie -de charité, la probité intègre au suprême chef, et les aptitudes professionnelles hors de pair du personnage qu'elle représente. (( M. Popinot, dit Balzac, est juge comme la mort est la mort, juge comme l'illustre Desplein est chirurgien, pénétrant les consciences comme ce savant pénétrait les corps, conduit par sa vie et ses mœurs irréprochables à l'appréciation exacte des pensées les plus secrètes, d'après l'examen des faits. » Dans l'admirable histoire de Popinot, le romancier, empruntant le langage d'un jurisconsulte de profession, écrit : « Les magistrats, les avocats, les avoués, tous ceux qui pâturent sur le terrain judiciaire, distinguent deux éléments dans une cause : le droit et l'équité. L'équité résulte des faits; le droit est l'application des principes aux faits. Un homme peut avoir raison en équité, tort en justice, sans que le juge soit accusable. Entre la conscience et le fait, il est un abîme de raisons déterminantes qui sont inconnues aux juges et qui condamnent ou légitiment un fait. » Tout ceci est pour arriver à dire au sujet de Popinot, que ce bon et fin juge parisien, frappé des injustices profondes qui couronnent les luttes où tout dessert l'honnête homme, où tout profite au fripon, concluait souvent contre le droit en faveur de l'équité, dans toutes les causes où il s'agissait de questions en quelque sorte divinatoires. Où trouver, ailleurs que chez Balzac. une érudition et une puissance d'analyse qui permettent de présenter au lecteur étonné un portrait de magistrat d'un si vie aussi saisissant que celui de Popinot? Toutes les qualités se confondent dans cet homme pour en faire un juge parfait : la ruse diplomatique de Pozzo di Borgo et la pitié de Saint-VinciMil de Paul. Un le voit bien du reste le jour où, amené chez la marquise d'Espard par le docteur Bianchon, Popinot, que Rastignac voudrait entortiller au profit de sa nouv<'lle conquête, démasque

avec un sans-gêne et un sang-froid stupéfiants, cachés sous un air de bonhomie non moins traître, les pensées de derrière l'occiput de madame d'Espard et de son beau-frère. C'est là une scène du plus haut comique. La marquise a cru devoir faire venir chez elle le juge chargé d'examiner sa requête, afin de se le rendre favorable; et l'intégrité du bonhomme d'abord pris pour un niais, mais qui la rend quinaude en trois répliques bien senlies, lui fait vivement regretter une démarche plus funeste qu'utile à la cause immorale qu'elle poursuit. L'amitié de madame d'Espard pour le garde des sceaux vient heureusement la tirer de ce pas imprudent. Devinant que Popinot conclura contre elle et flétrira peut-être la conduite des requérants, elle use de son crédit pour lui faire retirer l'instruction de l'afl'aire qui passe entre les mains de Camusot. Nous connaissons déjà ce dernier; c'est le magistrat encore jeune qui fait son entrée dans la Comédie humaine au Cabinet des antiques, dans l'affaire de faux du jeune d'Esgrignon, et continue plus tard sa carrière, dans Splendeurs et Misère?, des courtisanes, lors du procès criminel intenté à Vautrin et à Lucien de Rubempré. Camusot est l'antithèse de Popinot. Il y a entre eux la dilTérence de Mole à Laubardemont. Cette loi d'antithèse, sur laquelle repose l'intérêt de tout roman, est appliquée d'un bout à l'autre de la Comédie humaine. Nous ne manquons pas d'en faire observer les détails, toutes les fois que l'occasion s'en présente.

Après la scène entre la marquise d'Espard et Popinot, la seconde moitié du livre tient tout entière dans la visite d'interrogatoire du juge au marquis, en vue d'établir le rapport judiciaire que devra apprécier le tribunal. Après la honteuse comédie chez la marquise, on passe au drame héroïque chez son mari. L'histoire de la plus sublime des générosités suit celle du pire des égoïsmcs. Toujours l'elfet de la loi d'antithèse. Le tableau de l'intérieur du marquis et de ses deux fils est des plus touchants. Après avoir réfuté les calomnies vraiment li-op naïves de la requête, la victime pousse la grandeur d'âme jusqu'à prier le juge de se taire plutôt que d'infliger un blAme à madame d'Espard. Les deux hommes en présence sont dignes l'un de l'autre. Ou est

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certes profondément remué en les écoutant. Le portrait du marquis d'Espard vaut, dans son genre, celui de Popinot. « Croyant , à la supériorité de son sang, mais aussi aux obligations de lu noblesse, M. d'Espard possédait les vertus et la force qu'elle e^ige; considéré comme un débri de ce grand corps nommé la .îéadalilé, il méritait une admiration respectueuse. » Ces quelques 'lignes, suffisent, en peignant le marquis, à prouver l'intérêt pal- ^ .gîtant qui résulte dans VlnterdicliGn de la mise en présence de /ces quatre personnages différents: madame dEspard, Popinot, le marquis et le chevalier d'Espard. Nous n'avons rien dit de ce • ,4'ernier. Il paraît deux secondes dans l'intrigue, mais on sent qu'il y plane secrètement. Il est le conseiller de sa belle-sœur dans la requête. Sa courte et muette apparition est, du reste, effrayante par les quatre coups de crayon dont l'a faite le romancier. Ce frère du marquis d'Espard vient sans doute en droite ligne de celui des aïeux qui a jadis assassiné et volé le père de Jeanrenaud.

Quelques détails descriptifs sont à signaler dans VLiterdlcIion en raison de la perfection de leur dessin, chose que nous savons familière à Balzac. La rue du Fouarre où habite Popinot, la rue de la Montagne-Sainle-Geneviève où habite le marquis d'Espard, l'intérieur des appartements où nous sont montrés chacun des personnages, tout cela forme autant de bijoux archéologiques d'aspects très divers. La scène matinale de la distribution des aumônes à la maison Popinot est un tableau réaliste qui vaut .une toile de Gros. « C'était, dit l'auteur, une réunion horrible dont l'aspect inspirait d'abord le dégoût, mais qui bientôt causait une sorte de terreur au moment où l'on s'apercevait que, purement fortuite, la résignation de ces âmes aux prises avec ; tous les besoins de la vie était une spéculation fondée sur la bienfaisance. » Les détails pittoresques du vêtement de Popinot sont tout une révélation de sa charité légendaire, dont un seul trait de la figure, la bouche, est déjà la plus belle expression. L'histoire de ce dernier côté de l'existence ilu juge sert de préface à la nouvelle, a[)rès le dialogue^ de Ilaslignac et Bianclidu. « Popinot, |)r()fond criminalisle. était le Saint-Vincent de Paul des malheureux prévenus. Eu montant dans les grenieis. en

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apercevant les misères, en étudiant les nécessités cruelles qui conduisent graduellement les pauvres à des actions blâmables, en mesurant enfin leurs longues luttes, il avait été saisi de compassion. » Personne au palais ne connaissait la seconde part secrète de la vie de Popinot, car, dit Balzac, « il est des vertus si éclatantes qu'elles comportent l'obscurité; les hommes s'empressent de les mettre sous le boisseau ». Le roman fourmille comme toujours de réflexions morales très profondes. Elles s'appliquent presque toutes, cette fois, à la magistrature et au code. L'une d'elles, sur un défaut presque irrémédiable de nos lois, est à citer. Parlant de la requête de madame d'Espard, Popinot dit à Bianchon : « Dans nos mœurs, on n'est pas déshonoré par ces sortes de tentatives, tandis que nous envoyons aux galères un pauvre diable pour avoir cassé la vitre qui le séparait d'une sébile pleine d'or. » Rien n'est plus juste.

Une scène très courte mais très curieuse, qui termine le roman, est la demande de récusation faite à Popinot pour l'affaire d'Espard par le président du tribunal. Sur l'avis du garde des sceaux, le président donne pour prétexte de cette singulière démarche que le juge, ayant pris le thé chez la marquise, ne peut siéger dans la cause. Balzac en laisse entendre bien long dans ce petit fait, raconté avec beaucoup d'esprit, sur les coupables faiblesses de la justice, qui, en France comme partout et en tout temps sans doute, se laisse influencer dans ses arrêts par des considérations qui ne sont que trop étrangères à sa mission, sinon tout à fait contraires. Rien n'est plus admirable que la façon, pleine de malice opportune, avec laquelle le romancier pousse sa pointe satirique contre de telles lacunes.

Nous avons déjà vu plusieurs des romans de la Comédie humaine où figurent des types de magistrats, d'hommes de loi, des procès, et tout ce qui se rattache aux intérieurs d'études et de tribunaux. J.c Cabinel des antiques, Un Début dans la vie, Sjjtendciiis et Mhhcs des courtisanes nous ont appris ce que sont les juges et les avocats, sans compter les officiers ministériels : notaires, avoués et leurs clercs. Le Colonel Ckaberl, V Interdiction, V Envers de VIJistoire contemporaine, sont les

trois œuvres de la Comédie humaine spéciales à l'étude de notre système judiciaire, par les affaires dont elles expliquent la procédure; les types de plaideurs, juges et gens de robe dont elles retracent l'histoire. Il serait fort curieux d'établir, d'après tous cesj livres, un parallèle entre les articles du code et les nombreuses applications qu'on en rencontre dans la Comédie humaine : justes ou injustes, faites au point de vue du droit, ou simplement conformes à l'équité. Balzac était aussi bon légiste que le plus fort des docteurs en droit; et c'est sa remarquable science du code qui, infusée dans ses romans judiciaires, en fait lès chefs-d'œuvre que nous venons de citer.

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