‹ L'œuvre de H. de BalzacChapitre 67 sur 92 · PETITES MISERES DE LA VIE CONJUGALE · texte numérisé non relu

PETITES MISERES DE LA VIE CONJUGALE

Qne dire des Petites Misères de la vie conjugale après la Physiologie du mariage^ Presque rien. Les petits volumes de Gyp

ÉTUDES ANALYTIQUES. 4i7

de la Vie parisienne, sont autrement amusants que celui de Balzac; mais ils ont peut-être moins de fond, car il y a beaucoup de philosophie dans ce panorama des misères conjugales. Si la Physiologie du mariage a la prétention de faire éviter aux maris les infortunes de l'adultère, la deuxième étude de Balzac est encore mieux faite pour rendre les ménages meilleurs, en leur indiquant les écueils des désunions causées par des niaiseries. Il y a deux parties dans le livre : l'une contient la série des misères dont la femme peut rendre son mari victime; l'autre, le tableau des ennuis de toute sorte que causent à une femme les nombreux défauts du mari. C'est, en somme, un résumé de tous les faits que l'on pourrait appeler « les Mesquineries du mariage ». La lecture de ce livre se commence par un éclat de rire. Quand on a tourné la dernière page, la réflexion arrive et finit par vous rendre sombre, absolument comme une vision rétrospective des comédies, d'abord amusantes et finalement écœurantes, de la politique de « bascule ».

Vis-à-vis du mari, Balzac compare la femme à une Chambre des députés en guerre avec le pouvoir exécutif. Comme la Chambre, l'épouse fait de l'opposition, et l'opposition, dit plaisamment l'écrivain, n'a pas pour but d'avoir raison, elle n'a de raison d'être que celle de créer des embarras au pouvoir. De là Balzac tire l'historique du « 18 Brumaire des ménages » et de leur « Campagne de France » : ce sont les deux parties le plus pleines d'humour. Sont encore à signaler les pages oii l'auteur traite de la logique et du jésuitisme des femmes. La logique des ' femmes, cette chose qu'on croit si complexe, consiste tout bonnement, d'après Balzac, à ne jamais exprimer qu'une seule idée, celle qui formule leur volonté. « Comme toutes les choses de ■jf\a nature femelle, ce système peut se résoudre par ces deux termes algébriques : Oui — Non. Il y a aussi quelques hochements de tète qui remplacent tout. » Qu'une seule d'entre les femmes ose démentir, elle, celte logique serrée de Balzac! ; Le vrai chapitre de haute morale du livre est celui qui a pour litre « les Ambitions trom|)écs ». Là, l'écrivain, fort expert eu la matière, lait un tableau, hélas trop vrai! des mille soulTranccs

que la médiocrité intellectuelle d'un mari, d'abord pris pour un grand homme, fait endurer à une jeune femme! Aussi, exprimet-il quelque part le vœu que son livre apprenne aux hommes à traiter les femmes comme elles doivent l'être, c'est-à-dire en reines. Nous applaudissons de tout cœur à cette idée.

Il y a bien d'autres chapitres très intéressants; mais le chapitre essentiel manque, celui qui devrait traiter de la plus gi;ande des petites misères conjugales, « le Divorce ». Balzac n'avait pas prévu la loi Naquet. Il doit en ressentir bien de la confusion dans l'autre monde!

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