XVIII PRÉFACE
ont appelé comme jadis, Byron, Musset, Stendhal et Balzac, le chantre du désespoir, le poète du désenchantement. Laissons dire ces snobs de la critique. En vous appelant pessimiste, un mot qu ils ne comprennent pas, ils o.nt consacré votre talent et vous ont donné un titre de gloire.
En terminant cette trop longue dissertation, je ne puis résister au désir de vous révéler la façon originale djiint m'est venue l'idée de publier une étude sur Balzac, avant tout autre espèce d'ouvrage. N'y aurait-il pas déjà un livre intéressant à faire, seulement sur la manière dont s'enfante une œuvre? Il faut au moins que vous en sa- .^V^ chiez la première origine : écoutez, c'est pareil à un conte d'Hoffmann.
Le 3 novembre 1887, j'étais allé entendre, au Théâtre- Français, la délicieuse comédie de Musset : On ne badine pas avec l" amour. A la fin de la pièce, en descendant l'escalier qui mène au foyer des spectateurs, je m'arrêtai devant le buste de Balzac. Celle puissante physionomie, singulièrement illuminée par Téclat d'un regard qui contient tout un monde, a toujours excité mon admiration. Comme dans les figures de Mirabeau et de lionaparte, les traits de Balzac portent reniiM-cintc (b's |tlus grandes convulsions de l'àme. Son front et les trois |ilis verticaux qui séparent ses yeux, comme dans les tètes de lion, accusent l'indomptable opiniâtreté du génie en même temps que l'infini de la pensée humaine. Tandis que je contemplais fixement cette grande imag'f', le ('(iiii;iiil (rime svmpalirK^ m\ sli'ricusc semblait mCiitr.iiiicr ncis elle; toute mon Ame jaillissait liors de moi-même [niiir s'odiir à ce marbre inseusibic (pi'ellc aurait voulu aiiimef. Va\ |»roie à l'accablement des souve-