‹ L'œuvre de l'agriculture dans l'Ontario [microform]Chapitre 14 sur 17 · DISTRIBUTION DES IMMIGRANTS · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES IMMIGRANTS

| Prov. Maritimes, Manitoba, Saskatcle- | Québec et van, Colombie-Britan- | Ontario nique et Yukon.

Royaume-Uni. Ne SE 33,711 25,179 Payn ranger: ,, 24 oo ce 1 28,024 IS ,0S2 Etats-Unis . eds : : 23,562 SO ,236

px nombre actuel des immigrants étrangers qui sont allés s'établir sur les homesteads dans les provinces de l'Ouest. il est néanmoins pos-

sible d'en faire une estimation assez exacte. On peut compter 2,5 personnes par homestead. Il appert que, tôt ou tard, presque tous se fixent sur une terre. Les immigrants qui se rendent dans l'Ouest se placent à la campagne; au contraire, ceux qui se dirigent vers l'Est se jettent plutôt dans les villes.

Etrangers Le quartier St. John, à Toronto, compte, à lui seul, Pnças environ 10,000 étrangers, les Juifs forment la moitié villes ss de ce nombre, les Italiens un quart, les autres étrangers canadiennes le reste.

En 1907, on caleulait que la population étrangère de Toronto était de 25,000.

On estime qu'à Winnipeg la population étrangère forme un quart où un tiers du total des habitants.

La population de Montréal serait composée de: 25,000 Juifs: S8C,000 à 100,000 Italiens; 1,000 Chinois: S00 à 1,000 Syriens. Il y à aussi beaucoup de Grecs et de Roumains.

Les trois extraits suivants relatifs à la population de Winnipeg indiquent qu'il y a encombrement dans ce centre agité *

“°M. Simok et M. Selenk, ont voulu s'assurer combien d'adultes ils pourraient entasser dans un espace donné. Selenk réussit à loger quarante-trois en cinq chambres où quatorze auraient pu trouver suffisamment d'air pour respirer hygiéniquement. Simok suivait de près son voisin: il entassa vingtquatre dans une chambre où il y avait place pour sept seulement. Ses chambres étaient trop basses et manquaient de système d’aérage. Vu les immenses profits que réalisaient ces individus par de tels procédés économiques, le magistrat Daly a imposé ce matin en cour de police, une amende de $15. et les frais à Selenk, et $10. plus les frais à Simok. ”

“Stanilas Yablonovish est charretier: ses chevaux sont à lui; sa femie est laveuse. Ils sont propriétaires de leur maison et de plusieurs lots à bâtir; ils vivent dans deux chambres et logent cinq personnes. Le mobilier se compose de trois lits, d’une table, de deux chaises, d’un fourneau de cuisine et de quelques boîtes; le grenier est plein de pigeons.”

“John Klenbyel, sa femme et six enfants, plus de quinze À vingt logeurs sont entassés en quatre chambres. Le taudis est “horriblement” sale. Les pensionnaires apportent presque chaque jour avec eux quelques baricauts de bière. Deux des filles sont employées au dehors. Une d’elles répondit à notre

* Les étrangers chez nous, James $. Wadsworth.

visiteur, l'autre jour, quelle ne pouvait rester à la maison:

elle était plus heureuse ailleurs.”

Quant à ceux qui se rendent d’abord dans l'Ontario et Québec, il n'est pas probable qu'un grand nombre s’établisse plus tard sur une terre dans l'Ouest; car, ceux qui trouvent de l'emploi en arrivant ne peuvent pas quitter l'endroit où ils se sont placés. Ils avaient peut-être l'intention de faire mieux: mais ils manquaient de l'argent nécessaire pour l'exécution de leurs projets; et, se réalisant bientôt qu'il faut autre chose que 160 acres de terre pour faire un colon, leurs bons vouloirs s'évanouissent, et ils redeviennent ce qu'ils étaient autrefois: des habitants de ville. Il suffit de visiter une de nos grandes villes pour se convaincre du fait. Il est certain, au moins en ce qui regarde la province de l'Ontario, que ces gens ne s'établissent pas à la campagne, car les rapports nous révèlent que les districts agricoles se dépeuplent constamment, non pas seulement parce que la jeune population se transporte vers les provinces de l'Ouest, mais aussi parce que les villes offrent de l'attraction aux habitants des campagnes. Trouvons-nous b ‘aucoup d'immigrants établis sur les fermes dans l'Ontario?

Godfrey écrit ce qui suit sur le flot de l'immigration destinée aux Etats-Unis:

“La vague humaine qui s’avance vers nos côtes et vient s'y échouer répand ses éléments dans plusieurs de nos villes. Trop peu des nouveau-venus se rend à la campagne; un trop grand nombre se réfugie dans les bas-fonds de la ville. C’est tout naturel: l'étranger cherche à se caser quelque part où les sons de sa langue maternelle résonnent agréablement à son oreille. C’est pourquoi l'Italien, à quelque port qu’il aborde, cherche la petite Italie,le Russe la petite Russie, et le Hongrois veut se loger dans la petite Hongrie.

“Une telle distribution rend le problème de l'habitation plus compliqué que celui de plusieurs villes d'Europe. Des logements modèles n’ont pas ici le choix de leurs locataires comme à Berlin où à Londres. Il y a empêchement, vu la différence des races: même ceux d’un même pays ne fusionnent pas; ainsi: l'Italien du nord ne veut pas pour voisin celui du sud; une portion de la réunion de ces races diverses, que l’on appelle Russie est peut-être l’ancienne ennemie de l’autre. Pour attaquer ce problème, il nous faudra des armes toutes spéciales. ??

Avec quelle justesse on pourrait appliquer ces pareles au Canada, à l’heure présente! Témoins de ces faits, ne devons-nous pas nous demander: travaillons-nous à fournir à notre population d’immigrants les avantages voulus en ce qui concerne l'habitation,

faisons-nous quelques chose même +à te sens pour notre propre population croissante? Nous sommes maintenant atteints des malheurs de l'encombrement et des dangers de l'insalubrité du logement. Par notre négligence, notre indifférence et notre cupidité, nous avons laissé s’incruster dans le bel écusson de notre civilisation Canadienne cette plaie qui est Pour nous une disgrâce et une honte. Elle n’a pas encore, il est vrai, les proportions qu'elle a chez les autres nations; mais, quelque insignifiante que vous la supposiez, elle existe: et si elle n'est pas combattue maintenant, elle constituera des conditions qui seront très difficiles à améliorer même après une dizaine d'années d'ici.

On est forcé de se demander s’il est juste d'inviter et d’encourager les colons à venir s'établir en ce PAYS, quand nous n'avons pas même un logement convenable à leur offrir, moyennant un loyer raisonnable, Nous ne parlerons pas de foyers stables. Il est vrai que nous sommes ure nation en formation, mais une nation doit être confortablement logée. L'état nomade de nos villes est passé. Je puis vous montrer des conditions d'habitation au Canada, qui ne sauraient être comparées, en fait de comfort et de commodités d'existence avec les avantages dont jouissaient ceux qui habitaient autrefois des tentes. Les Hébreux eux-mêmes pendant leurs quarante années de périgrination à travers le désert, observaient mieux que nous les conditions essentielles de l'hygiène personnelle et domestique.

Densité On trouve, dans le rapport du recensement de 1901, dela une bonne idée des Conditions de l'habitation au Ca- Population nada. Il n’est guère possible de tenir compte de ia

densité de la population, lorsqu'il s’agit de faire une étude sur l’état de santé de cette population; celle-ci, au nombre de sept à huit millions, est répartie sur une vaste étendue. L'encombrement existe principalement dans les grands centres, tels que Montréal, Toronto et Winnipeg. La Statistique relative à l'habitation dans les deux premières villes était la suivante:

Popu- | Super- Nombre Maisons Pop. | Pop.

Ad | ficie en de Familles par par | par

| Acres | maisons acres | maison | acre

RS ee a 2 AR Montréal. ........ | 267,730) 5,972 49,157] 51,759 8.2 5.4 44.8

Toronto.......... | 208,040! 10,777 39,104| 41,001 3.6/ 65.3| 10.3 ll f |

bé soit

Rangée de logements d'artisans ans une “ruelle”, vis-à-vis, des bâtiments, sur la gauche

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