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BOUCLES DE CEINTURE

Les boucles sont des anneaux de diverses formes servant à attacher certains objets et à les maintenir au moyen d’un ou de plusieurs ardillons. La boucle est un dérivé de la fibule antique (i), mais il ne faut pas la confondre avec l’agrafe et la broche. La boucle,

Fig. 660. — Boucee de ceinture trouvée a avesnes-le-comte (Pas-de-Calais). Haut, de la plaque, ora3o; larg. om027; épais. o”oo2.

(xme siècle.)

cousue ou rivée à l’extrémité d’une courroie ou d'une bande d’étoffe percée de trous, permet de serrer plus ou moins cette courroie autour de ce qu’elle doit maintenir, tandis que l’agrafe réunit simplement deux parties d’un vêtement et que la broche est formée

(1) Les anciens donnaient la dénomination d e fibule à toute espèce d’agrafe employée pour attacher les vêtements des deux sexes, et plus particulièrement à des broches en métaux de diverses sortes, souvent rehaussés de pierres précieuses et d’émaux. A partir du xme siècle, les agrafes destinées à réunir deux parties du vêtement sur la poitrine des femmes changèrent leur nom de fibules pour celui de fennaux ; elles se couvrirent de nombreux ornements. Celles qui étaient décorées d’emblèmes politiques ou religieux prirent, au xiv' siècle, le nom d 'affiches, pour désigner en quelque sorte un objet mis en évidence, qui annonce une opinion ou un parti :

Sur quoi l’on met un affichai!

Qui autrement est dit fermail. Guill. de Guigneville , 1330.

Le xvn' siècle couvrit les broches de ciselures, d’émaux, et les chargea de perles et de diamants. Au siècle suivant, les broches devinrent encore plus massives, plus lourdes, et on les enrichit de portraits peints en miniature. Enfin, après avoir été abandonnées sous la Révolution, elles reparurent avec le premier Empire, qui les orna de camées.

L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE

d’une longue épingle, fixée par une charnière à une pièce généralement ronde ou ovale, qui sert à fermer le haut des robes et quelquefois le manteau des femmes.

De nos jours la boucle n’est plus qu’un accessoire du vêtement, et son usage n’exige plus, comme autrefois, le choix de la matière et l’intervention de l’art. Pendant la période carlovingienne la boucle est peu employée; mais à partir du xne siècle elle vient enrichir, jusqu’à l’époque de la Renaissance, le costume militaire et le costume civil. Elle servait non-seulement à serrer à la taille les baudriers et les ceinturons, mais elle était encore une parure extérieure pour laquelle on employait l’or, l’argent, les pierres précieuses et l’émail.

Dans les textes les petites boucles sont souvent appelées bouclettes (i), et les ardillons coispiaus (2).

La boucle que nous reproduisons sous la figure 660 se trouve actuellement au Musée départemental d’Arras. Elle a été trouvée en 1889 par M. Ledru, à trois kilomètres d’Avesnes, sur le revers d’une colline connue dans le pays sous le nom de Culaumont (3).

Elle se compose d’une plaque de forme rectangulaire, percée de deux trous pour permettre de la river à une courroie ou à une passementerie épaisse, et d’un anneau, garni dans son axe vertical, d’une traverse qui maintient un ardillon.

L’une des extrémités de la plaque se retourne sur elle-même, de manière à former une sorte de douille dans laquelle s’engage l’un des côtés de l’anneau, qui ainsi peut pivoter et prendre la courbure de la taille.

La décoration de l’anneau se compose d’un mince bandeau et d’une guirlande formée de neuf dents de scie, entre lesquels on a appliqué un émail bleu rehaussé de carrés et de petits losanges en réserve.

La plaque représente, aussi en réserve, sur un fond également bleu, une sirène dont la tête, suivant la coutume limousine, est en relief et rapportée après coup. Le corps et la queue de l’animal sont en émail vert clair liseré de jaune ; l’appendice codai est en outre ponctué de rouge ; les ailes sont émaillées de blanc, de bleu clair et de rouge.

(1) « 1352. — Pour faire et forger 6 paires de bouclètes à sollers, pesans 6 onces d’argent ». Compte d'Étienne de la Fontaine.

(2) Et la boucle est et li coispiaux

De propres mençonges polies.

Le conte de dame Guile. ( Jongleurs et Trouvères des xin' et xive siècles , publ. par A. Jubinal.)

(3) Cette boucle a été décrite avec gravure par M. Henri Loriquet, dans la Statistique monumentale du Pas-de-Calais, année 1889, tome 111, gm° livraison.

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