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LES MONUMENTS

AUTELS

'autel est, sans contredit, la partie la plus importante de toute église.

Pendant les trois premiers siècles de l’ère chrétienne, les différents auteurs ont généralement désigné l’autel par le mot latin altare; à partir du ive siècle, ils se sont servi tantôt du mot altare (i), tantôt du mot mensa accompagné d’un qualificatif qui fait connaître son usage sacré dans l’Église : mensa divina, regia , sacra , mystica, tremenda, cœlestis, etc.

Quelquefois ils ont employé les noms area (2) et ara, mais depuis le commencement du vne siècle, le mot ara a été généralement adopté pour indiquer la petite pierre qu’on encastrait dans la table de l’édicule, comme nous le faisons encore aujourd’hui quand l’autel tout entier n’est pas consacré. Un texte précis d’un concile d’Espagne nous le dit d’une façon formelle : « Quod

qnando sacerdos célébra tamis est Missam , videat an in altari sit ara sacrata et si ara

tabulce inserta sit, an forte tabula sursum et ara deorsum versa sit, ut ita reperiat , vertat, ad Missam rite faciendam » (3).

La forme de l’autel chrétien se rapporte à deux types : c’est une table ou un tombeau; le premier est un souvenir de la table de la Cène, où Jésus-Christ institua l’eucharistie; le second rappelle les tombes des martyrs sur lesquelles on offrit d’abord, dans les catacombes, le saint sacrifice; aussi le désignait-on par les expressions significatives de confessio, martyrium , titulus, memoria , testimonium. Table, c’est une tranche de bois, de pierre ou de métal, portée par une ou plusieurs colonnes (4); tombeau, les supports en

(1) Autel vient de hauteur, dit saint Isidore de Séville : « Altare autem ab altitudine constat esse nominatum, quasi alla ara ». Origin., lib. XV, cap. iv, N° 14. — Durand de Mende, t. I, p. 33.

(2) Gregor. Tur., Hist. Franç., I, IX, cap. xv.

(3) Collect. Concil. Hispan. Tome IV des Œuvres de saint Isidore de Séville, édit. Migne.

(4) Le dessous des autels soutenus par des colonnes était souvent un lieu d’asile; il est parlé plus d’une fois dans l’histoire ecclésiastique de personnages qui embrassent les colonnes sacrées pour se soustraire à la poursuite de leurs ennemis.

Quand l’autel n’était porté que par une seule colonne placée au milieu, cette colonne s’appelait calamus

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sont supprimés et la table repose sur quatre plaques ou tablettes, offrant par leur assemblage l’aspect d’un coffre. Le caractère de ces autels, c’est qu’ils sont toujours creux pour pouvoir renfermer les reliques d’un saint et qu’ils n’ont point une maçonnerie pleine et solide comme ceux de nos jours.

Dans tous les cas l’autel devait être placé sur les reliques d’un martyr (1), ou à défaut on incrustait dans la grande table de l’autel, comme le prescrit le concile d’Espagne cité plus haut, une table beaucoup plus petite, ara, qui contenait des reliques; c’est la pierre de consécration sans laquelle on ne peut accomplir les divins mystères.

A l’origine les chrétiens, jaloux du dogme de l’unité divine qu’ils étaient fiers d’opposer au polythéisme, n’élevèrent qu’un seul autel dans les églises, mais il n’y a aucune règle fixe à ce sujet, car on ne saurait produire aucun texte, aucune prohibition à la pluralité de ces monuments. L’unité d’autel était cependant d’un usage très général, usage auquel les Orientaux sont presque toujours restés fidèles, mais en Occident, à partir du vie siècle, on songea à établir plusieurs autels dans la même église (2). Les décrets des conciles, qui défendaient de célébrer, le même jour, deux messes sur le même autel (3), ne durent pas être étrangers à cette mesure, quand on songe que ces décrets étaient encore en vigueur au xvme siècle. « Nous remarquâmes encore dans Clairvaux », nous dit dom Martène, « une pratique singulière. Tous les religieux-prêtres ont leur autel assigné pour dire la sainte messe, et aucun ne la célèbre sur l’autel d’un autre: c’est un reste de l’ancienne discipline qui ne permettait pas de dire en un même jour deux messes sur un même autel » (4).

Dans les premiers siècles, les chrétiens se sont servi préférablement d’autels en bois, qu’il était facile de faire disparaître dans les crises de persécution ; après la paix de l’Église, lorsque la liturgie eut recouvré sa liberté, ils se souvinrent des prescriptions de Jéhovah (5) et les construisirent en pierre. Au ive siècle, il y avait des autels en métaux précieux et en pierre, mais les autels en pierre furent généralement adoptés au vic siècle. Le concile de Paris, en 509, et celui d’Épaone, en 517, prohibèrent toute autre matière que la pierre (Altaria nisi lapidea non sacrentur — Can. XXIII), et cette prohibition fut dans la suite renouvelée plusieurs fois. Nous la trouvons même men-

ou columelle, et dans sa partie supérieure se trouvait presque toujours une petite cavité pour recevoir les reliques.

(1) L’an 274, le pape Félix Ier rendit obligatoire l’usage déjà ancien de célébrer les saints mystères sur les restes d’un martyr : « Hic constituit supra sepulcra martyrum missa celebrari », dit Anastase le Bibliothécaire. Plus tard, les corps des confesseurs reçurent les mêmes honneurs. On croit que saint Martin de Tours est le premier saint non martyr dont la tombe ait été transformée en autel.

(2) Dans presque toutes les églises monastiques il y avait, à l’entrée du sanctuaire, l’autel matutinal, qui était celui où se disait l'office ordinaire, et l’autel des reliques, placé au fond du sanctuaire. Ce qui distingue l’autel des reliques des autres autels, c’est qu’ils sont adossés à des châsses remplies de reliques. Ces châsses sont posées à la hauteur du retable ou derrière le retable même, mais presque toujours de façon à ce qu’on puisse passer et se tenir dessous. C’était, pour les pieux fidèles, le moyen de se mettre directement sous la protection des saints. Ces autels des reliques commencent à se montrer dès le xu° siècle.

(3) Un décret du concile d’Auxerre, en 578, est ainsi conçu : « Non licet super uno altario in una die duas missas dicere, nec in altario ubi episcopus dixerit ut presbyter in ilia die missas dicat ». Le XXXIIe canon du concile de Cantorbéry, tenu en 685, renouvelle cette prescription : « In uno altari duas facere missas conceditur, et ille qui prius manducare probatur, ad osculum pacis non permittetur ». Labbe, VI, 1876.

(4) Voyages de deux Bénédictins , t. I, p. 186.

(5) « Et ædificabis ibi altare Domino Deo tuo : de lapidibus quos ferrum non tetigit ». Exode, XX, 25.

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tionnée, en 769, dans les Capitulaires de Charlemagne : « Vetantur sacerclotes missas celebrare, nisi in mensis lapideis » (cap. xiv).

Ces textes des Capitulaires nous laisseraient entrevoir que la table seule de l’autel devait être en pierre, et que la partie sur laquelle elle reposait pouvait être en bois, en métal ou en maçonnerie. En effet, le Liber pontificalis (In Adrian., I) nous apprend qu’un Pape lui-même, Adrien Ier, offrit à la fin du vme siècle, aux basiliques de Saint- Pierre et de Saint-Paul, des autels en métaux précieux.

La loi émise par le concile d’Épaone est encore en vigueur, et la pierre est toujours obligatoire pour la partie sur laquelle reposent immédiatement l’hostie et le calice. Cette pierre, à moins d’une autorisation spéciale, devait être enchâssée dans l’autel même (1).

Dès les premiers siècles du christianisme, la table de l’autel n’était point ornée, elle ne portait absolument que les vases sacrés et le livre des Évangiles; à partir du xe siècle, elle reçut quelquefois une croix et des chandeliers.

Il faut chercher la raison de cette absence de tout ornement dans la manière dont le prêtre se tenait à l’autel. L’autel se trouvait, le plus souvent, au point central de l’intersection de la nef et du transsept, le clergé était placé derrière, et l’officiant, lui tournant le dos, faisait face aux assistants. On comprend alors que l’autel ne devait pas être chargé d’ornements qui pouvaient masquer la personne célébrant le saint sacrifice. Cette réserve n’eut plus sa raison d’être au xic et au xue siècles, lorsque par suite de l’étendue plus considérable donnée aux églises, l’autel fut placé au fond du sanctuaire. Par suite de cette disposition le clergé se plaça en avant, dans la partie appelée le chœur, et le prêtre, en officiant, tournait le dos aux assistants.

On s’évertua alors à orner l’autel. D’après le témoignage des Pères de l’Église (2), cette décoration consista en ornements d’or et d’argent, en pierreries, en émaux et aussi en riches tapisseries qu’on déployait au moment des saints mystères. On peut peut-être voir dans ces tapisseries l’origine des parements en étoffe dont on décora dans la suite le devant et le retable des autels.

Mais l’ornement caractéristique de l’autel principal des basiliques était le ciborium.

On donne le nom de ciborium à un petit édifice isolé formé ordinairement de quatre colonnes, et portant une coupole destinée à abriter l’autel. Entre les colonnes étaient fixés des rideaux ou courtines d’étoffes, pour la plupart fort riches, et qu’on tenait fermés à certains moments de la célébration de la messe. Ces courtines, au nombre de quatre, sont désignées pour cela dans le Liber pontificalis, sous le nom de tetravela (rstpa, quatre, et vélum , voile); quelquefois elles portaient le nom de circitorium. Elles rappellent, d'après certains auteurs, un usage emprunté aux Juifs, dont le saint des saints était séparé des autres parties du temple par un immense voile.

Le ciborium semble dater du ive siècle, car saint Jean Chrysostome affirme qu’il en existait de son temps, en nous parlant des voiles qui étaient pendants autour de l’autel (3).

Souvent, sous ce ciborium principal, on élevait un ciborium plus petit dont les colonnettes s’appuyaient sur les quatre angles de la table même de l’autel ; il prenait alors le nom de peristorium (du grec ïïeptcTsp iov, colombaire ) parce qu’il abritait directement la

(1) « Nous avons donné et octroyé de grâce espéciale et de notre autorité royale à nosd. conseillers qu'en nostred. palais ils puissent faire chanter une messe sur un autel portatif sans qu’il soit attaché en pierre ne en piastre ». ( Ordonn . de Philippe VI. — Félibien, Hist. de Paris, t. III, p. 304.)

(2) Théodoret, Hist. eccles., lib. I, cap. 31 ; S' Jérome, Ad Demet. opp., t. I ; S' Jean Chrysostome, Hom. X, in Mattli.

(3) Homil. III. In c. 1 Epist. ad Ephes.

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colombe contenant l’eucharistie. C’est ce qui explique comment, en 475, saint Perpetuus, évêque de Tours, put léguer au prêtre Amalaire peristerium et columbam (1). Il est évident que l’objet légué ne pouvait être qu’un objet portatif.

Le ciborium tend à disparaître, du moins à se modifier quant à sa forme, à partir du xiie siècle. L’autel restera bien entouré de grands voiles ou courtines, mais les tringles auxquelles ils seront suspendus seront désormais scellées dans quatre ou six colonnes plus espacées que celles du ciborium et ne portant sur leurs chapiteaux, à la place du dôme, que des statuettes d’anges tenant dans leurs mains des chandeliers, ou bien encore les instruments de la Passion. L’ancien autel de la cathédrale d’Arras, l’autel principal de Notre-Dame de Paris, tous deux reproduits par Viollet-le-Duc (2), nous en fournissent des exemples.

A Saint-Étienne à Limoges, au-dessus du maître-autel, se trouvait une colonne de bronze supportant un ange du même métal, qui tenait suspendu à la main un saint-ciboire renfermant les saintes espèces, recouvert d’un riche voile. Sur chacun des côtés de l’autel formant le rond-point du sanctuaire étaient placées, à des distances égales, trois colonnes élégantes en bronze, hautes d’environ 3” 30, surmontées d’un ange de bronze portant un candélabre d’une main. Ce sanctuaire se fermait avec un grand rideau (3).

Guillaume Durand, qui écrivait à la fin du xme siècle, semble bien nous dire que de son temps tous les autels étaient encore entourés de courtines (4) : les textes nous prouvent qu’il y en avait encore au xvie siècle (5), mais à partir de la Renaissance on commença à remplacer le ciborium par le baldaquin (du latin baldakinus), sorte de dais ou couronnement d’autel élevé sur plusieurs colonnes, et l’abbé Thiers nous laisse entrevoir que cet usage avait totalement disparu, du moins en France, au xvne siècle.

Au Moyen-âge, le ciborium fut souvent remplacé par une potence ayant la forme d’une grande crosse placée derrière l’autel. A l’aide d’une poulie, on faisait descendre ou monter a volonté la pyxide eucharistique ou bien une couronne, et plus tard la lampe qui y était suspendue.

S’il fallait s’en rapporter à l’abbé Texier, « l’église de l’abbaye de Grandmont avait un ciborium en cuivre doré et émaillé comme l’autel qu’il abritait. Le tout datait de 1165 » (6). Il est probable que le savant archéologue est dans le vrai, mais cette pièce remarquable a malheureusement disparu, et la seule description qui nous en reste, due au frère Pardoux de La Garde, ne nous permet pas d’être affirmatif (7).

(1) « Amalario Presbytero capsulam unam communem de serico : item peristerium et columbam argenteam ad repositorium... do, lego ». Du Cange, Glossaire, verbo Columba.

(2) Dictionnaire de V Architecture française, t. II, verbo Autel, p. 29 et 30.

(3) Maurice Ardant, Bulletin du Comité historique des Arts et Monuments. Archéologie , t. I, p. 168.

(4) Ration., lib. I, cap. ni.

(5) 15 17. A l’environ (du grand-autel) il y a 4 grandes columpnes de cuyvre, et sur icelles 4 anges de 3 à 4 piedz de haulteur; led. aultel bien aorné et encourtiné de drap d’or et de soye. Voyage de la reine de Sicile à Clairvaux. Voir les Annales archéologiques, t. III, p. 226. — 1562. 6 grands piliers de cuivre doré estant aux costés du grand autel, servant à attacher des barres de cuivre doré servant à tenir les courtines... Inv. de l’abbaye de la Couronne, p. 33.

(6) Dictionnaire d' Orfèvrerie, verbo Ciborium, col. 382.

(7) « Ceste esglise (l’église de Grandmont) est belle par excellence pour la grandeur qu’el’ha; et la voulte d’ycelle n’est supportée d’aulchuns pilliers comme sont aultres esglises, fors que de quatre pilliers ou coulonnes qui sont fort beaulx et excellentz, que sont aux quatre angulcs du grand autel, joignant le premier

degre d’ycelluy Sur chascun desdictz pilliers sont huyct arcz entrelassez sur le hault, portant ladite

voulte, et sont en nombre, sur les quatre pilliers xxxii arcz, entre les quelz, in caput anguli, sont de

AUTELS

Cette digression sur le ciborium nous a peut-être entraîné un peu loin ; revenons à notre sujet. Faisons tout d’abord observer qu’il est difficile de donner une notion exacte sur nos autels français antérieurs aux xie et xne siècles, par le motif qu’il y en a fort peu de conservés; aussi est-on obligé de s’en rapporter aux différentes représentations qui existent sur certains monuments.

Jusqu’au xne siècle ils nous paraissent avoir été d’une extrême simplicité, ne montrant souvent que de simples massifs en maçonnerie sans aucune ornementation, et ne présentant comme décors que quelques moulures grossières comme toutes celles de l’époque romane primitive, ou bien quelques figures symboliques, telles que le labarum , la palme, l’A et l’Q, un agneau, des colombes, des grappes de raisin, des feuilles de vigne. Ils ne se composaient que d’une table presque toujours rectangulaire, supportée par une ou plusieurs colonnes et recouverte d’une nappe tombant sur les deux côtés, jusqu’au sol (voir, figure 205, l’autel devant lequel officiait saint Martial). Sur la châsse de Mauzac, l'autel est représenté massif et orné cl’une nappe qui l’enveloppe de toutes parts (voir figures 168, 169 et 173). Cette forme se retrouvera sur un grand nombre de reliquaires décrits dans la suite de cet ouvrage.

Les tables étaient généralement creusées de quelques centimètres en forme de plateau à rebords et percées souvent d’un trou aux quatre coins, afin, nous dit Viollet-le-Duc, « de pouvoir être lavées sans crainte de répandre à terre l’eau qui pouvait entraîner des parcelles des saintes espèces » (1).

A l’église de Saint-Martial de Limoges (aujourd’hui démolie), le maître-autel était recouvert d’une table de marbre présentant trois cavités carrées, ce qui faisait dire que trois prêtres pouvaient y célébrer la messe en même temps (2).

A partir du xne siècle, les autels, comme tout le mobilier des églises, subissent l’influence des modifications opérées dans l’architecture. Quand l’autel est massif, la face antérieure que nous retrouvons comme par le passé, tantôt en bois, tantôt en pierre, tantôt en métal, est recouverte de peintures, d’émaux, de sculptures, ou elle se divise presque toujours au moyen d’arcatures, quelquefois superposées sur deux rangs, en plusieurs compartiments verticaux. Celui du milieu, ordinairement plus large, contient soit une figure du Christ bénissant, soit celle de la Vierge ; dans les autres sont représentés les apôtres ou quelques saints.

Les autels de cette époque sont généralement plus longs, et par conséquent moins carrés que dans les siècles précédents. Le synode de Trêves disait, en 1227, « que lesautels ne doivent pas être si petits qu’on ne puisse y consacrer qu’avec peine ».

Aux xmc et xive siècles, leurs faces verticales, surtout quand ces faces sont pleines, se revêtent de parements, c’est-à-dire de draperies ou d’étoffes précieuses qui remplacent les revêtements métalliques des époques précédentes.

grandz platines de cuyvre doré, ou sont engravées de grandz roses, anciennes armoyries d’Angleterre, fondateurs dudit monastère » Citation de Louis Guibert, L’École monastique d'Orfévrerie de Grandmont,

p. 16 et 17.

(1) Dictionnaire de l’Architecture, t. II, p. 19, verbo Autel.

(2) Maurice Ardant, Bulletin du Comité historique des Arts et Monuments. Archéologie, t. I, p. 170. — Ort lit dans Morin, d’après un Cérémonial de la bibliothèque de Toulouse : « Consueverunt presbyteri cardinales romanorum circonstare Pontificem, et cum eo pariter celebrare dumque consummatum est sacrificium, de manu ejus communionem accipere, significantes apostolos qui cum Domino pariter discumbentes, sacram de manu ejus Eucharistiam acceperunt et in eo quod ipsi concélébrant, ostendunt apostolos hune a Domino ritum hujus sacrificii didicisse ». Citât, de M. Rohault de Fleury, Autels , p. 233.

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Aux xve et xvie siècles on revient à la sculpture, et on représente sur le devant des autels des anges, des saints, des scènes de la Passion, et même, sous la table de l’autel, le Christ au sépulcre parfois entouré des saintes femmes et des soldats endormis.

Dans les siècles suivants, l’autel cesse d’affecter la forme d’une table ou d’un coffre pour adopter jusqu’à nos jours celle d’un tombeau, d’un sarcophage scellé.

Dès le principe l’autel, souvent élevé au-dessus du sol même du sanctuaire par la confession, qu’il surmontait, ne paraît pas avoir eu de degrés. Au ive siècle on commença à l’élever d’une ou deux marches au-dessus du sol, mais à partir du xve siècle, le nombre de ces degrés fut porté à trois, quelquefois à cinq et à sept.

Tous les autels, au moins les autels majeurs, devaient être complètement isolés pour se conformer au cérémonial de leur consécration, qui prescrit à l’évêque d’en faire sept fois le tour (1). Ce n’est qu’à partir du xvne siècle qu’on s’est quelquefois écarté de cette règle, comme de bien d’autres.

Pour compléter cet article, nous devons dire un mot des retables dont l’apparition a été un fait des plus remarquables des xie et xne siècles.

On appelle retable (de rétro, en arrière, et de tabula, table) (2), une espèce de tablette ou de panneau posé verticalement sur l’arrière de la table d’autel (3). Les retables étaient fixes ou mobiles. Avant le xi 11e siècle il n’y eut pas de retables fixes, du moins sur les autels principaux, parce qu’ils auraient caché le siège de l’évêque qui, jusqu’à cette époque, se trouvait placé au fond de l’abside. Ils n’y apparurent que du jour où les chœurs et les sièges épiscopaux s’établirent en avant de l’autel.

Les premiers retables furent de petites dimensions, ayant tout au plus om 60 de hauteur; on ne les posait sur l’autel qu’à l’occasion de certaines solennités, et pour la commodité du transport on leur donnait souvent la forme des diptyques ou des triptyques anciens, c’est-à-dire qu’ils étaient formés de deux ou de trois tablettes distinctes, réunies ensemble par des charnières, de manière à pouvoir se replier l’une sur l’autre. Ces retables étaient en bois sculpté, en ivoire, en or, en argent, en cuivre repoussé et émaillé. Presque tous les autels, à l’exception de la plupart des autels majeurs des cathédrales et des églises abbatiales, en étaient ornés. Un des plus beaux que l’on connaisse est celui qui a été donné par l’empereur Henri II à la cathédrale de Bâle, en 1019. Il est en or et conservé aujourd’hui au Musée de Cluny. Nous citerons aussi la célèbre Pala d’oro de l’église Saint-Marc de Venise, grand retable d’or émaillé et enrichi de pierreries, dont une partie date de la fin du Xe siècle. Nous en avons longuement parlé à la page 6.

A ces retables mobiles vinrent s’adjoindre, au xme siècle, des retables fixes, dont les dimensions ne dépassaient pas alors celles des retables mobiles. Parfois on exposait sur

(1) « Circuit septies tabulant altaris ». Cérém. rom.

(2) Il ne faut point confondre les retables avec les ftredella ou petits gradins qui, dans nos autels modernes, reçoivent les chandeliers. D’après Pellicia, ces predella auraient commencé à faire leur apparition dès le xiii' siècle, mais il n’y en eut jamais qu’un pendant le Moyen-âge; plus tard on en mit plusieurs. C’est au milieu de ces gradins, et un peu en avant qu’on plaça, à partir du xve siècle, des tabernacles ayant pour destination de contenir la réserve eucharistique. En effet l’évêque Laurent Allemand, lors des visites pastorales qu’il fit en 1551 dans son diocèse de Grenoble, prescrivait de placer au milieu de l’autel des tabernacles en bois de noyer, là où il n’y en avait pas encore : « Ordinavit fieri custodiam nuceam in medio altaris ». Cf. Bulletin monumental , t. XXIV, p. 61.

(3) D’après l’abbé Corblet, retable, qu’on écrivait jadis rez-table, vient de la basse-latinité rasus (ras), dans le sens où l’on dit rez-terre, rez-de-chaussée. C’était en effet une décoration qu’on plaçait immédiatement sur l’autel, et par conséquent au niveau, au ras ou au rez de sa table. Revue de l'Art chrétien, année 1883, p. 321.

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leur épaisseur de petits reliquaires. Au xivc siècle, ces retables commencent à prendre de grandes proportions : ils s’élèvent, dominent l’autel et présentent un grand échafaudage de figures et d’ornementations. Au siècle suivant l’exagération était à son comble, le retable occupait une grande partie du chevet et montait jusqu’à la voûte.

Jusqu’à la fin du xne siècle, les petits retables mobiles sont en ivoire ou bien en métal orné d’émaux et de pierres précieuses.

Aux xme et xive siècles la pierre domine; à la fin du xive et du xve, elle cède la place au bois ou à quelque matière facile à travailler, comme l’albâtre. Au commencement du xvie siècle, le bois fut indifféremment sculpté ou peint; on employa aussi quelquefois le marbre; enfin, vers le milieu du xvic, la peinture l’emporta définitivement sur la sculpture.

Disons enfin, pour terminer, que dès la fin du xvie siècle le retable avait perdu sa simplicité et son ancienne disposition pour prendre tantôt la forme d’un arc de triomphe romain avec colonnes, chapiteaux, entablements et statues, tantôt l’ordonnance d’une façade antique, avec corniches et frontons de toutes sortes surmontés d’une immense gloire en cuivre doré, en bois ou en plâtre, d’un triangle, ou même du Père éternel descendant du Ciel entouré d’anges et de nuages.

Le Limousin conservait, avant la Révolution, plusieurs autels émaillés : un dans l’église Saint-Martial à Limoges, un autre à Bourganeuf, un troisième à Grandmont. Les deux premiers ont disparu en 1792 sans laisser de traces. Celui de Grandmont était le plus remarquable. Le frère Pardoux de La Garde nous en a laissé une description que nous avons transcrite à la page 97 (1). Cet autel fut mutilé au xvic siècle par la bande calviniste de Saint-Germain Beaupré. En 1760, l’église de Grandmont ayant été reconstruite, l'autel fut relégué dans une chapelle. Quelques années après, en 1789, sur les instances de Mgr d’Argentrè, évêque de Limoges, l’abbaye de Grandmont ayant été supprimée et ses biens réunis à la mense épiscopale, l’autel fut vendu comme vieux cuivre au sieur Coutaud, fondeur à Limoges.

L’église de Torcillac, dans la Creuse, possédait une plaque émaillée de consécration d’autel. Nous l’avons reproduite sous la figure 209. Cette plaque rappelle, par son inscription, que sa consécration a été faite par Aymeric de la Serre de Malemort, évêque de Limoges, en l’honneur de la Vierge, de saint André, de saint Laurien pontife, de saint Nicolas évêque, de sainte Catherine et de tous les saints. Une bordure de palmettes encadre élégamment la plaque. Trois patrons : la Vierge, saint André et sainte Catherine sont représentés en figures champlevées et gravées sur un fond émaillé de bleu. Cette plaque, nous l’avons déjà dit, appartient aujourd’hui à la comtesse Dzialynska; elle est datée de 1267.

Le Musée de Burgos, en Espagne, conserve une partie de l’autel devant lequel fut canonisé saint Dominique dans son monastère (2).

Ce devant d’autel, long de 2m 30, est en bois recouvert de plaques de cuivre émaillé. Nous en donnons une reproduction d’après une photographie communiquée par M. Émile Molinier (voir planche XXII, figure 256).

(1) L’abbé Texier ( Dictionnaire d'Orfévrerie, col. 201) a été induit en erreur par l’emploi du terme contrôlable dont se sert le frère Pardoux de La Garde, et il a supposé que les deux faces de l’autel de Grandmont étaient revêtues de la même décoration émaillée. Nous pensons que dans la description précitée, le mot contrôlable doit s’appliquer au retable proprement dit, à la paroi à laquelle l’autel était adossé; il est opposé au mot table, qui indique l’autel même et spécialement le parement faisant face au public.

(2) Monumentos archilectonicos de Esfiana, t. I.

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Au centre apparaît le Christ de Majesté inscrit dans une auréole elliptique ; il bénit de la main droite et tient de la gauche, appuyé sur ses genoux, le livre de la Loi.

Dans les angles de ce panneau central sont disposés les attributs des évangélistes. De chaque côté se déroule une série de six arcades séparées par des colonnettes et surmontées d’édicules aux formes les plus riches et les plus variées. On se croirait en face d’une ville immense ou en présence de quelque palais féerique. Chaque arcade abrite une figure d’apôtre : saint Pierre seul, placé à la droite du Christ, est reconnaissable à ses clefs symboliques.

Une bordure, composée alternativement de petites plaques émaillées serties dans des bâtes rectangulaires, et de cinq pierres montées en cabochons, décore le haut et le bas de ce monument qui repose sur un soubassement formé de neuf arcatures à jour. Les personnages ont en moyenne une hauteur de om 30 ; ils sont émaillés ; les têtes seules, suivant un usage qui n’a été adopté que par l’École limousine, sont en relief et rapportées après coup ; elles se détachent sur des nimbes, tous différents, et dont l’ensemble constitue une riche décoration.

Les colonnettes et les chapiteaux sont de véritables modèles de ciselure, remarquables par leur décor et par leur finesse. Jamais les Limousins n’ont rien produit de plus parfait dans ce genre de travail.

Cette pièce tout-à-fait hors ligne date du xme siècle. On remarque sur chacun des panneaux qui la composent la réunion des procédés du cloisonné et du champlevé, comme nous l’avons constaté sur la belle plaque de la collection Spitzer (voir planche XXI, figure 225).

Autels portatifs. — Outre les autels ordinaires et qu’on appelle fixes, il y avait aussi une autre sorte d’autels plus petits, qui servirent spécialement aux jours de la persécution pour célébrer le saint sacrifice, soit dans les maisons particulières, soit dans les déserts, soit sur les navires, soit même dans les prisons (1).

Comme ils étaient de petites dimensions, ils pouvaient se transporter facilement d’un lieu à un autre et étaient désignés sous les noms d’autels portatifs, altaria gestatoria, portatilia, viatica, itineraria. Ces deux dernières appellations indiquent même qu’on s’en servait en voyage (2).

La plupart des liturgistes sont d’accord sur ce point : c’est qu’à aucune époque et en aucune circonstance il ne fut permis de célébrer sans un autel de l’une de ces deux espèces (3). Les seules exceptions à cette règle qu’ils admettent dans l’histoire se rattachent à des cas de nécessité absolue, ce sont celles de saint Lucien le Syrien (J- 312) qui, dans sa prison, célébra sur sa propre poitrine (4), et de Théodore, évêque de Cyr

(1) « Persccutione exagitati essemus, et morte mulctati festum lætis animis celebravimus et singula Ioca et singula atïïictionum généra nobis præstituta, est ager silvestris, solitudo deserta, navis fluctibus jactata, deversarium publicum, et horridus carcer opportuna videbantur, in quibus célébrés conventus maximo cum studio ageremus ». S. Dionysius, Alexand. episc. apucl Eusebium, lib. 7, Hist., cap. 17.

(2) Charlemagne, dans la guerre qu’il fit aux Saxons, emmena avec lui des chapelains qui, dit un historien de cette campagne, avaient une table de bois, laquelle, recouverte d’un linge, servait d’autel : « Quitus lignea tabula erat, quœ linteo adoperta modum altavis efferebat ». (Anonym. De mirac. S. Dionys, c. xx.)

(3) Voir Gattico, De oratoriis domesticis et de usu altaris portatilis , p. 350.

(4) « Mensa quidem erit vobis hoc meum pcctus non Deo futura minus honesta eâ quæ fit ex inanimé materiâ ». Acta auctore anonymo ex Simeone Malaphrasta, cap. iv. — Boll , VII, jan., I, 136. Ce fait est aussi rapporté par un historien arien : Philostorg. Hist. eccl., liv. VII, c. 12 et 13.

AUTELS

(première moitié du ve siècle) qui, dans une occasion à peu près analogue, offrit les divins mystères sur les mains de ses diacres, à la prière du saint ermite Maris (1).

S’il fallait s’en rapporter à Thiers ( Dissert . sur les principaux autels des églises, ch. 11), les autels portatifs n’auraient pas été usités avant le vme siècle, mais d’autres érudits, Gattico, Rossy, Martigny, etc., émettent un avis opposé et pensent qu’on s’en servit dès les premiers siècles, alors qu’il n’y avait pas de lieux fixés pour l’assemblée des fidèles. Si la qualification de portatif n’apparaît que tardivement, c’est qu’on ne faisait point de distinction entre ces autels et les autels fixes, qui ne différèrent d’abord que par leurs dimensions. Saint Cyprien , martyrisé en l’an 258, recommande aux prêtres qui étaient appelés à célébrer le saint sacrifice dans les prisons, de s’entourer de toutes sortes de précautions pour ne point être aperçus par les païens (Epist. IV); ces recommandations ne peuvent faire allusion qu’à des autels de dimensions fort restreintes et faciles à transporter. Au rapport de Sozomène, qui vivait au ve siècle, Constantin-le-Grand (306-337) avait toujours dans son camp des prêtres qui célébraient la messe sur un autel viatique, dans une grande tente en forme d’église (2).

La matière des autels portatifs était quelquefois le bois, la terre cuite, mais le plus souvent la pierre, le marbre, le porphyre, le jaspe, l’onyx, le cristal de roche, l’ardoise; parfois elle se composait de simples pierres, précieuses seulement par le souvenir qui s’y rattachait, par exemple un fragment des dalles arrosées par le sang de saint Thomas de Cantorbéry (3) ou un morceau du tombeau de la Vierge ; l’autel devenait ainsi luimême une relique.

Ces autels avaient la forme d’un carré long de om 30 à om 50 ; par exception, on en trouve de triangulaires, d’elliptiques et de circulaires. Ils étaient généralement composés d’une pierre consacrée qu’on enchâssait dans une bordure de métal ciselé, doré, niellé ou émaillé, et affectaient deux formes principales : celle d’un coffret et d’une tablette munie quelquefois d’une poignée. Dans le coffret, dont la pierre consacrée occupait le dessus, on renfermait les reliques qui étaient de dimensions assez considérables; sur la tablette, et dans une petite cavité ménagée à cet effet, l’on n’en mettait que des parcelles sur lesquelles se posaient la pierre consacrée et sa bordure.

Ces autels portatifs sont plutôt des pierres d’autels que des autels dans l’acception du mot. Par respect pour leur emploi sacré, souvent on les tenait enfermés dans des coffres ou écrins en bois (4) recouverts de cuir gaufré, et même ornés parfois de plaques et de lames de métal repoussé et émaillé à la manière des couvertures d’évangéliaires.

Les croisades donnèrent une grande extension à l’usage de l’autel portatif : chaque prêtre devait porter sa table cl’autel afin d’y célébrer la messe pour les croisés et les nouveaux convertis. A partir de la fin du xme siècle, ces monuments devinrent de plus

(1) « Ego vero libenter obtemperari et sacra vasa ad ferri jussi (nec enim procul aberat locus). Diaconorumque manibus utem pro altari, mysticum et divinum ac salutare sacrificium obtuli ». Thiers, Hisl. relig., c. xx ; Mabillon, Prcef., in sœc. III, N° 79.

(2) Sozomène, Hist. ecclés., liv. I, cap. vin. Voir aussi Socrate, Hist. ecclés., liv. I, cap. 14, et Nicéphore, 1. vi, cap. 46.

(3) « Duo altaria de lapidibus super quæ sanctus martyr (Thomas Cantuarensis) occubuit, et unum altare de sepulcro sanctæ Mariæ, argento ornatum et dedicatum ». Dr Rock, The churcli of our fathers. d’après YHistoria fundalionis monasterii de Bello, p. 256.

(4) 1438. — « Un autel portatif de jaspre bordé d’argent doré, et aux 4 cornes y a reliques couvers de cristal, et est led. autel dedens un estuy de cuir fermant ». Inv. de Notre-Dame de Paris, fol. 7. — « 1483. — N° 8. It. Altare portatile de jaspide inchassato in nemore vocato plenot cum suo estuy s seu copertura ». Inv. de la chap. des ducs de Savoie, p. 50.

L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE

en plus rares. Cette rareté s’explique par l’interruption des expéditions lointaines et la conquête chrétienne d’une grande partie de l’Europe. Us ne disparurent pas d’une manière complète, mais l’interdiction de s’en servir devint de plus en plus sévère, et le concile de Trente obligea le clergé à ne demander l’autorisation de célébrer en dehors des églises que pour les circonstances les plus graves (i). Bien que de loin en loin on en trouve la mention dans les inventaires des xive et xve siècles, ils semblent être devenus, à quelques exceptions près, un privilège exclusif des chapelles royales.

Les autels portatifs sont rares en France, mais assez communs en Allemagne.

Nous avons déjà décrit et reproduit, pages 72 et 73, les deux autels portatifs qui se trouvent à Conques. Nous ne reviendrons pas sur les descriptions données; nous ferons simplement observer que celui qui est figuré sous le N° 137 pourrait bien n’avoir pas toujours été un autel portatif, mais une ancienne reliure d’évangéliaire transformée, a l’époque romane, en autel par la substitution d’un bas-relief à l’albâtre.

Parmi les autres autels portatifs émaillés qu’on pourrait énumérer, nous n’en connaissons pas qu’on puisse attribuer aux ateliers de Limoges. Ils ont été détruits ou se trouvent encore enfouis dans quelques coins ignorés. Pendant le cours de ses voyages dans l’ancienne province du Limousin l’abbé Texier en avait bien découvert un, mais depuis lors il a été vendu et a disparu du pays sans qu’on puisse en retrouver la trace (2).

« Avant la Révolution, l’église de la Souterraine (Creuse) conservait un autel portatif auquel la tradition attribuait une origine ancienne. Alentour on lisait ces vers gravés sur l’argent :

ARA CRUCIS, TUMULIQUE CALIX, LAPIDISQUE PATENA SINDONIS OFFICIUM, CANDIDA BISSUS HABETO.

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