CATALOGUE DES COLOMBES EUCHARISTIQUES
CONSERVÉES TANT EN FRANCE QU'A L'ÉTRANGER
Allemagne. — Collégiale de N.-D. d’Herford (Westphalie). Colombe eucharistique figurée et décrite dans les Mélanges de Montfaucon, fol. 21.
Autriche. — Antiken-Cabinet de Vienne. Colombe eucharistique. Manquent les pieds, l'opercule dorsal et un morceau des ailes de la queue. XIIIe siècle. Voir Mittheilungen der K. K. Central-Commission, t. XI.
Abbaye de Gottiveig. Colombe eucharistique en laiton doré, sans aucune trace d'émail. Haut. omi82.
Belgique. — Musée des Antiquités de Bruxelles, à la Porte de Hal. Colombe en cuivre ciselé et doré reposant sur un plateau festonné. Haut. om 18; long. om22. XVe siècle.
DANEMARCK. — Musée des Antiquités du Nord, à Copenhague . Colombe eucharistique. Elle repose sur un disque; un gros cabochon rehausse le centre de l’opercule dorsal. Émaux polychromes. XIIIe siècle. Haut. omi65; diam. du disque, om 20. Reproduite dans X Encyclopédie de Demmin.
France. — Ancienne collection Ducatel. Colombe eucharistique en cuivre doré, émaillé et gravé, reposant sur une plaque circulaire gravée. Les pattes de l’oiseau et la plaque sur laquelle il repose sont de travail moderne. XIIIe siècle. Haut. om2i5; long. om 200.
Collection Spitzer. — Colombe reposant sur un plateau formé d’un disque émaillé orné d'une rosace et muni de quatre appendices relevés et terminés par des crochets. Emaux bleu lapis, bleu clair, jaune, vert, rouge sombre et blanc. Les yeux de l'oiseau sont figurés par deux perles de verre bleu. XIIIe siècle.
Ancienne collection Soltykoff. Une colombe reposant sur un plateau creux, de forme circulaire, dont les émaux recouvrent le fond; les ailes et la queue de l'oiseau nuancées de vert, de rouge, de bleu et de blanc. Haut. om 22. Reproduite dans le Moyen-âge et la Renais., de P. Lacroix et F. Serré, OrfÉVR., III, pl. X.
Musée de la ville d'Amiens. Colombe en cuivre doré et émaillé provenant de l’église de Raincheval (canton d’Acheux), ainsi que le constate l’inscription moderne gravée sous le plateau : OLIM ECCLESIÆ DE RAINCHEVAL. Haut. o"'ig; long. 9m25. xme siècle. Reproduite dans le Bulletin monumental, XXIV, p. 568, et dans X Abécédaire d'archéologie, ARCHITECTURE RELIGIEUSE, p. 573.
Musée de Cluny. Colombe en cuivre doré et émaillé, avec les ailes et la queue mobiles. Le plateau sur lequel elle reposait n'existe plus. Long. 9m25. XIIIe siècle.
Collection Dzialynska. Colombe qui a figuré, en 1880, à l'Exposition de l'Union centrale des Beaux-Arts.
Italie. — Église de Saint-Nazaire, à Milan. Colombe émaillée publiée par Allegranza, Monum. sacr. di Milano, tav. I, reproduite dans le Dictionnaire des Antiquités chrétiennes de Martigny.
RUSSIE. — Ancienne collection Basilewsky. Colombe eucharistique. Haut. om22; long. om2Ô. L'oiseau repose sur un plateau métallique creux, de forme circulaire, décoré d'émaux polychromes, et dont le bord est orné de cabochons alternant avec des disques sertis émaillés de bleu. Des imbrications nuées : rouge, vert, jaune, ou rouge, bleu, blanc, couvrent la naissance des ailes et la queue. Un filet vert contourne les ailes; un bandeau vertical, or, rehaussé de cabochons, sépare les longues plumes des courtes. Les yeux de l'oiseau sont en verre. Quatre appendices arrondis, percés d’un trou, font saillie autour du plateau; ils arrêtaient l’extrémité inférieure des chaînes de suspension. XIIIe siècle.
CROSSES EUCHARISTIQUES
Les custodes contenant la réserve eucharistique étaient le plus ordinairement portées par trois ou quatre chaînettes qui se reliaient à une chaîne principale; cette dernière était souvent suspendue a une crosse de bronze, d'argent ou de bois sculpté et doré qui dominait le maître-autel.
L’église de Beaulieu et celle d’Auriac-Xaintrie , toutes les deux dans le département de la Corrèze, possèdent encore deux crosses eucharistiques qui nous permettent de nous rendre compte de cette disposition. Elles sont en bois sculpté et doré. La première, celle de Beaulieu, se compose de deux parties essentielles : de la hampe et du crossillon séparés entre eux par un gros nœud richement ornementé ; sa hauteur totale est de 3 mètres.
La hampe, ornée d’une série de petits losanges, mesure im68 de hauteur. Le nœud ressemble à un chapiteau circulaire, placé au sommet de la hampe comme sur une colonne ; son tailloir, décoré de quatre figures de chérubins, repose sur une corbeille formée par des gaudrons fortement en relief; deux de ces figures ont actuellement disparu. Le crossillon a om 77 de largeur; sa hauteur, y compris le nœud, est de i m 3 3 . 11 représente une tige arborescente recouverte de larges feuilles d’acanthe qui encadrent une grosse marguerite épanouie (voir figure 301).
La hampe est creuse, et dans sa cavité circulait le cordage au moyen duquel on pouvait, par l’effet d’un contre-poids, élever ou abaisser la petite custode qui était suspendue sous la crosse. Ce cordage s’enroulait autour de la volute en suivant une rainure que l’on voit encore ménagée dans tout le pourtour de la partie supérieure, et venait ensuite sortir dans le bas, sous la fleur épanouie (1).
La crosse d’Auriac offre les mêmes aménagements. La hampe est ornée d’un dessin losangé sculpté en relief. Du nœud, de forme sphérique, s’élève une grande volute décorée de feuillages profondément découpés (voir figure 302).
On trouve sur plusieurs crosses une disposition différente. La chaîne qui supportait la custode, au lieu de suivre dans une rainure les contours extérieurs de la volute, roule sur une poulie placée à l’extrémité inférieure du croisillon, et entre par une petite ouverture dans l’extrémité supérieure de la hampe. Une autre poulie, logée dans l’intérieur de cette hampe, renvoie la chaîne jusqu’au pied d’une colonne où la crosse est
(1) Un texte, daté de 1622, laisserait supposer que pour abaisser le vase eucharistique, on se servait quelquefois d’un bâton muni d’un crochet : « N° 1. Le ciboire de dessus l’autel qui est d’argent doré, garnie de pierre, de petits saphirs et grenats; et il y a faulte de 2 chastons et pierres, pesantes avec les chaisnes et un cercle d’argent blanc, 22 m. 14 o., pesé le g septembre 1585. Défaut en tout 7 chattons et 2 feuillages. — N° 1 7. Ung baston avec un crochet au bout, pour tirer le saint ciboire de dessus l’autel ». Invent, de la, cathédrale de Reims.
L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE
adossée, et elle est accrochée à un goujon caché par une petite porte fermant à clef. Pour la faire manœuvrer, on se sert du mécanisme qui était utilisé autrefois pour faire descendre et pour hisser les anciens réverbères suspendus à des tiges de fer.
A Angers, la chaîne servant à descendre le saint sacrement était ainsi dissimulée dans le fût d’une des colonnes de marbre et aboutissait à une petite porte qui existe encore du côté de l’Évangile (1).
L’usage de suspendre ainsi dans les églises le saint ciboire à une crosse était autrefois assez fréquent. Les textes (2) comme les monuments nous le prouvent. Nous en trouvons un exemple dans un tableau du xvie siècle conservé dans la sacristie de la cathédrale d’Arras, et qui a été reproduit par Didron et par Viollet-le-Duc (3).
Nous citerons encore la Sainte-Chapelle à Paris, l’abbaye royale de Saint-Florent-lès- Saumur (4), les églises de Saint-Martin de Tours, de Saint-Étienne de Sens, de Saint-Ciran en Prenne (5), et la cathédrale de Bourges, dont le maître-autel était surmonté d’une crosse à laquelle était suspendue une petite custode. C’est ce qui ressort, pour cette dernière localité, des comptes de l’année 1518, dans lesquels il est dit qu’il a été payé « à Gilbert Arnoulx, fondeur, pour avoir souldè et habillé la crosse de la custode qui était rompue par le milieu , vm livres vi sols ».
Sur la tapisserie de Montpezat l’autel est aussi dominé par une crosse, mais cette crosse n’est là que comme décoration, la pyxide étant portée au bec d’une colombe, attachée elle-même par une corde ou une chaîne au centre d’un baldaquin qui la protège (voir figure 285).
Dans l’ancien prieuré de Saint-Thibault, non loin de Semur (Côte-d’Or), le maître-autel était surmonté d’une crosse en bois doré (xvuc siècle) supportant une colombe ; cette colombe ne renfermait point le saint sacrement, mais elle retenait la petite pyxide dans son bec (6).
L’église du Chalard (Haute-Vienne) conserve encore un grand retable du xvc siècle transformé aujourd’hui en armoire à reliques, et qui présente une disposition tout-à-fait particulière. La partie supérieure du retable, à laquelle a été adaptée une petite poulie, fait saillie sur l’autel. La corde qui soutenait la custode s’enroulait autour de cette poulie et venait s’accrocher au-dessus de la table d’autel, en face de l’officiant. Ce dernier, pendant la célébration de la messe, pouvait faire descendre, à l’aide de cette corde, le vase destiné a contenir les espèces sacramentelles et le remonter à sa place après les y avoir déposées.
D’autres fois on attachait les suspensions à une sorte de potence, à une tige recourbée, ou bien on les faisait porter par un ange, comme nous le voyons sur ce baldaquin d’assez mauvais goût qui domine le sanctuaire de la Sainte-Trinité, à Fécamp.
A Saint-Étienne et à Saint-Martial a Limoges, la réserve eucharistique était suspendue
(1) xve siècle. — « Item à Guillaume Robin maçon pour avoir habillé la fenestre derrière l’autel, pour avoir fendu le dos de l’autel pour passer la corde de la custode et replâtré le tout... » Invent, de l’ancien Trésor de la cathédrale d’Angers, publié par M. de Farcy dans la Revue de F Art chrét., année 1881, p. 310.
(2) 1462. — A maistre Jehan hochet, fondeur de métail, pour avoir faict à la croche, dessus le grant autel, par le quel on monte et descent Corpus Domini , sur led. grant autel, 17 feuillez et une aultre à une des coulombes, devant led. autel; pour chascune desd. foeulles, grandes et petites, 4 patars; 6 1. Haudoy, Cptes de Cambrai, p. 194.
(3) Annales archéologiques, t. IX, p. 1. — Viollet-le-Duc, Dict. de T Architecture, t. II, p. 28.
(4) Revue des Sociétés savantes, 1880, t. II, p. 223.
(5) Lebrun-Desmarettes, Voyages liturgiques en France, p. 115, 140 et 162.
(6) Annales archéologiques, t. V, p. 192 et 193.
CROSSES EUCHARISTIQUES
au-dessus de l’autel par la main d’un ange de grandeur naturelle placé au-dessus d’un cintre qui couronnait l’encadrement du sanctuaire. A l’église Saint-Martin-Saint-Laurent, dans la même ville, les RR. PP. Feuillants avaient placé, en 1649, une petite colonne au-dessus du tabernacle. Un ange, debout sur cette colonne, tenait suspendu par la main le corpus elevatum, comme dans l’église cathédrale (1).
Fig. 301. — Crosse eucharistique en bois doré. xviic siècle.
(Église de Beaulieu (Corrèze).
Fig. 302. — Crosse eucharistique en bois doré, xvii' siècle.
(Église d’Auriac (Corrèze).
Dans l'église de Sainte-Radegonde, dans celle de Notre-Dame de La Rochelle, dépendant du prieuré de l’île d’Aix, on voyait encore, au xvni' siècle, une colombe eucharistique suspendue à une crosse au-dessus de l’autel (2).
(1) Maurice Ardant, Bulletin du Comité historique des Arts et Monuments. Archéologie, année 1849, t. I, p. 168, 169 et 1 70.
(2) Cartulaire de Baigne (Saintonge), publié par M. l’abbé Cholet. Voir page 27, et chartes Nos 47, 342, 5°5i 5°7i 518 et 550.
L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE
Jusqu’à la fin du dernier siècle, l’usage de suspendre l’Eucharistie au-dessus du maîtreautel s’est conservé dans la plupart de nos grandes églises cathédrales et abbatiales: mais depuis le rétablissement du culte il n’en est plus tenu compte, on a renoncé à ce mode de suspension, et la réserve eucharistique est conservée dans des tabernacles fixes placés au-dessus de l’autel. Quelques églises, par exception, comme les cathédrales de Reims et d’Amiens, ont conservé l’ancien mode de suspension.
Dans l’abbaye de Solesme, une crosse en bois à laquelle est suspendue une colombe d’argent, orne encore le maître-autel et remplace le tabernacle (1).
(1) Edom, Bulletin monumental , t. III, p. 401 et 402.
CIBOIRES
« Toutes les liturgies », dit Thiers, « tous les sacramentaires, tous les cérémoniaux et tous les rituels anciens, établissent qu’autrefois on ne donnait pas la communion aux chrétiens hors de l’action du sacrifice, et qu’on ne leur distribuait que des hosties qui avaient été consacrées pendant la messe à laquelle ils assistaient » (i). On ne réservait les espèces consacrées que pour les malades ou les infirmes. Ce qui restait du saint sacrifice était consommé par de jeunes enfants encore innocents, comme l’indique le 6me canon du second concile de Mâcon tenu en 585, ou par les prêtres eux-mêmes, ou par les clercs. Un canon attribué au pape saint Clément et cité par Réginon, est ainsi conçu : « Il faut assurément offrir à l’autel autant d’holocaustes qu’il est nécessaire pour le peuple. S’il en reste, on ne les réservera pas pour le lendemain; mais les clercs auront soin de les consommer avec une sainte crainte et une vive terreur » (2).
Maintenant les hosties sont conservées pendant plusieurs jours ; elles sont renfermées dans un ciboire et servent pour donner la communion à toutes les messes. Sauf des exceptions tout-à-fait particulières, l’on n’en consacre d’autres que lorsqu’elles sont épuisées (3).
Lorsque l'usage de conserver en grand nombre les espèces consacrées commença à se répandre, la forme des pyxides se modifia insensiblement. On se servait fréquemment de ces vases liturgiques; pour la commodité du transport on les établit sur un pied, et ce pied affecta la forme de pied de calice, comme cette même forme fut admise pour le soutien des reliquaires-monstrances, et plus tard pour les montrances du corps du Seigneur. Le récipient lui-même prit une autre disposition : ce n’était plus une simple boîte cylindrique à couvercle conique, mais bien une coupe largement évasée avec couvercle plus plat, et dont les valves étaient encore montées à charnière. Ordinairement le couvercle était surmonté d une croix, d’autres fois il se terminait par un anneau (voir figures 303 et 307), car l’usage de suspendre le ciboire au-dessus de l’autel ne disparut pas tout d'un coup.
Le ciboire repose quelquefois sur une base assez basse, comme nous le montre la figure 303, mais le plus souvent il est élevé sur une tige élancée, ordinairement inter-
(,1) Thiers, Traité de T exposition du saint sacrement de l'autel, t. I, ch. ni, p. 21. Avignon, 1787.
(2) Regin., De ecclesiaslic. disciplinis , lib. I, cap. cxcv. Palrologie de Migne, t. CXXXII, col. 226. Citation de l’abbé Barraud : Notice historique et archéologique sur les ciboires.
(3) D’après Morin (lib. VIII, De Pœnil., c. ix, g 14, N° 2) et le cardinal Bona ( Rer . lilurg ., lib. II, c. xx, N° 2), ce seraient les religieux mendiants qui auraient introduit parmi nous l’usage de donner la communion hors de l’action du sacrifice, soit avant, soit après. Ce qu’il y a de certain, c’est que, dans une remarque du missel des Jacobins qui y fut introduite en 1254, il est dit expressément : « La communion du peuple se doit faire pendant la messe, à moins que la multitude des communiants n’oblige de la remettre après : ce qu’on laisse à la discrétion du prieur ». Citation de l’abbé Barraud {toc. cil.)
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rompue par un nœud qui permet de mieux le tenir à la. main (voir planche XXIII, figures 307, 308 et 309).
Fig. 303 — Ciboire en cuivre doré et émaillé (Fin du xrn' siècle.) Hauteur : 023; diamètre : omi34.
(Ancienne collection Basilewsky.)
La figure 303 nous donne la reproduction d’un ciboire qui faisait partie de la collection Basilewsky. Il se compose de deux hémisphères réunis à l’équateur par un double bandeau de métal. Le couvercle est terminé par une pomme de pin émaillée de bleu, et qui porte les traces d’un anneau de fer oxydé. La coupe repose sur un pied ayant la forme d’un cône tronqué. Un bandeau de feuilles d’ache, gravées en réserve sur un fond cl’émail bleu turquoise, ceint la base de ce pied; au-dessus apparaissent des rinceaux polychromes. La coupe et le couvercle sont décorés de médaillons inscrivant un ange à mi-
CIBOIRES
corps réservé sur fond vert; ces médaillons sont reliés entre eux par des enroulements bleu lapis.
Nous ne croyons pas que ce vase sacré soit, comme la coupe du Louvre connue sous le nom de « ciboire d’Alpaïs » (voir ligure 182), un scyphus, c’est-à-dire un vase destiné
Fig. 304. — Ciboire en cuivre doré et émaillé (xme siècle). (Musée germanique de Nuremberg.)
à la communion des fidèles, lorsqu’elle se pratiquait sous les deux espèces. Le couvercle de la coupe du Louvre s’emboîte, à frottements doux, sur son récipient et d’une façon hermétique; il peut s’enlever facilement. Celui de la collection Basilewsky est maintenu, au contraire, par une charnière fixe ; les bords des valves n’adhèrent pas entre eux suf-
L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE
fisamment pour établir une fermeture complète. C’est donc un ciboire pour la réserve des hosties et qu’on ne peut assimiler à un vase destiné à contenir le vin consacré qu’il n’aurait pas été commode de servir aux communiants et qu’on se serait exposé à répandre trop facilement. Nous n’apercevons aucune charnière, aucune goupille quelconque sur les scyphi qui se trouvent représentés soit dans le beau manuscrit d’Herrade de Landsberg, soit sur les vitraux du Mans, soit sur ceux de Bourges (1).
Fig. 305. — Ciboire en cuivre doré (xiv° s.). Fig. 306. — Ciboire en étain (xvii0 s.).
Hauteur : o"1 126. Hauteur : O"' 130.
Église de Vigeois (Corrèze). (Musée de Brive (Corrèze).
La figure 307 nous donne la reproduction d’un ciboire conservé au Musée du Louvre: sa hauteur est de om22Ô. Il est formé de deux hémisphères dont l’un, qui sert de couvercle, est surmonté d’une tige terminée par une boule, d’où s’échappe un fleuron plat percé cl’un trou. La coupe porte, par une haute tige interrompue par un nœud, sur un
(1) Voir sur le Scyphus, dans lé Bulletin monumental , année 1881, pages 153 à 186, le travail remarquable et déjà cité de Mgr Barbier de Monlault : Inventaires de la Basilique royale de Monza.
L Œuvre de Limoges. Pl- XXIII.
■5 0 /• — Ciboire en cuivre émaillé. Fig. 3o8. — Ciboire en cuivre émaillé. Fig- 309. - — - Ciboire en cuivre émaillé.
(XIVe SIÈCLE.) (XIIIe SIÈCLE.) (XIIIe SIÈCLE.)
(Musée du Louvre.) (Église de Prunet. Pyrénées-Orientales.) (Cathédrale de Lyon.)
CIBOIRES
pied en doucine. Les deux parties de la coupe et le pied sont émaillés de bleu lapis. La coupe est décorée de quatre médaillons séparés par un champ bleu orné d’une palmette cordiforme ; ces médaillons inscrivent le monogramme IMS gravé sur fond blanc. Sur le couvercle et sur le pied ils sont remplacés par des quadrilobes à redans émaillés de vert circonscrivant un écu triangulaire : burelé d’or et de gueules, à la bande d’azur chargée de 3.... d’or. xive siècle.
L’église de Prunet, dans les Pyrénées- Orientales, possède un ciboire de la fin du xme siècle, dans l’intérieur duquel se trouve une pyxide en cuivre destinée à contenir l’hostie. Sur le pied, circulaire, sont représentées, sous des arcatures trilobées, l’Annonciation et l’Adoration des Rois. Sur la coupe se trouvent six anges; sur le couvercle, les scènes du Christ dans le Prétoire, de la Résurrection, du Christ à la colonne, de la Crucifixion. Les figures sont gravées et réservées sur champ cl’émail bleu lapis. La tige qui surmonte le couvercle a perdu la croix qui la terminait (voir planche XXIII, figure 308).
Le ciboire, figure 309, appartient à la cathédrale de Lyon. Comme forme, il offre beaucoup d’analogie avec les deux précédents. La décoration du pied, de la coupe et du couvercle consiste en rinceaux et en médaillons d’anges gravés à mi-corps, et qui s’enlèvent, par l’éclat de la dorure, sur un fond d’émail bleu-lapis.
Celui du Musée germanique de Nuremberg (Bavière) est décoré également de médaillons circulaires encadrant des anges réservés sur fond alternativement turquoise ou rouge (voir figure 304).
Sous la figure 305, nous reproduisons un tout petit ciboire qui se trouve dans l’église de Vigeois (Corrèze). Il est en cuivre doré et formé de deux calottes hémisphériques, aplaties et réunies au moyen de charnières; un ornement perlé les borde; le chiffre IMS est inscrit dans un cercle sur l’hémisphère supérieur, que termine une longue tige conique surmontée d’une croix. Le pied, très élevé, est interrompu vers son milieu par un anneau méplat.
Les ciboires, au xve siècle, sont plus profonds et leurs couvercles plus plats; à partir de la fin de ce siècle, l’usage des charnières pour maintenir les valves entre elles disparaît complètement, le pied est largement évasé (voir figure 306), mais quelques années encore et le ciboire se rapprochera sensiblement du type actuel, dont l’origine remonte a l’époque de la Renaissance.
En terminant ces différents articles sur les pyxides et sur les ciboires, nous devons en outre mentionner deux custodes signalées par Laborde à la page 67 de la Notice des émaux exposés dans les galeries du Musée du Louvre. Ces custodes, par leur forme, sont peut-être uniques en leur genre. L’une était dans la collection Germeau, l’autre dans la collection Failly; la première est carrée, la seconde ressemble à une boîte dont le couvercle est plat. Toutes les deux présentent la même ornementation, la même fermeture à charnière, ce qui indique une même origine et une même époque.