CROIX A MAIN
Mgr Barbier de Montault a décrit dans le Bulletin de la Société archéologique de la Corrèze, année 1888, page 307, sous le nom de croix à main, une petite croix qui a été découverte dans le cimetière de Bouillac (Tarn-et-Garonne), commune sur laquelle était
CROIX ET CRUCIFIX
l’ancienne abbaye de Grandselve; elle est aujourd’hui la propriété de M. Rossignol, demeurant à Montans (Tarn), qui a bien voulu me la confier pour la dessiner (voir figures 362 et 363).
Fig'. 362 et 363. — Croix trouvée a bouillac (Tarn-et-Garonne). — xmc siècle.
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Appartient à M. Rossignol, à Montans (Tarn).
Cette croix à main (1) a sa hampe démesurément agrandie; elle est en bois recouvert de lames de cuivre guilloché, doré et orné de cinq cabochons; ces cabochons ne sont maintenus que par des trous faits dans les plaques de métal, trous dont les bords sont légère-
(1) On trouve dans les inventaires la mention de ces sortes de croix : « Une petite croix à main ». Inventaire de l’abbaye de Maubuisson, 1792.
L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE
ment relevés en façon de bâtes et forment ainsi une sertissure très économique. Vers le milieu de la tige, on aperçoit une brisure et un espace uni non guilloché qui devaient être recouverts, peut-être, par un petit reliquaire de forme allongée et appliqué après coup. Dans cette hypothèse la croix était présentée aux fidèles comme les baisers de paix (1). La tête est un peu plus longue que les bras, caractère des croix de fabrication limousine.
Le revers, formé également de plaques de cuivre estampé, montre, au pourtour, un cordon de perles très espacées, et, au milieu du champ, sept étoiles à huit rais.
Cette croix ayant été exhumée d’un cimetière il est probable qu’elle vient d’une tombe, et Mgr Barbier de Montault pense que cette tombe ne pouvait être que celle d’un prêtre.
En effet le Cérémonial des Évêques, dont la rédaction définitive remonte à la fin du xve siècle, recommande de faire tenir une croix à l’évêque sur son lit de parade (2), et ces prescriptions formelles pour l’évêque s’observaient aussi pour les simples prêtres, comme on peut le constater sur leurs monuments funèbres, notamment, au xme siècle, sur l’effigie d’un chanoine de Limoges à Grandbourg (Creuse). Cette croix n’ayant aucune valeur matérielle devait appartenir non à un prélat, mais au desservant d’une modeste église de campagne (3).