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ÉTUIS POUR LES CROIX-RELIQUAIRES

Nous avons déjà dit, à la note 4 de la page 201, que le mot custode s’appliquait quelquefois aux enveloppes de toute nature servant à renfermer ou à protéger un objet. La fréquence des déplacements pendant le Moyen âge, l’habitude qu’on avait de transporter avec soi tout ce qu’on avait de plus précieux, faisaient qu’on se servait beaucoup de ces custodes, de ces étuis spécialement fabriqués pour chaque objet. On en confectionnait en bois, en cuir plus ou moins ornementé, en ivoire et en métal souvent enrichi d’émaux (4).

(1) Nadaud, Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, t. I, p. 293. — Charles Segoing, Trésor héraldique, p. 417. 1657, in-fol.

(2) « XII. Une croix semblable à la précédente (une croix double d’argent doré par dessus et de bois par dedans, bien travaillée, ornée de toutes parts de perles et pierres précieuses), de même travail et de même figure, ornée de fort grosses pierres précieuses, sur lesquelles sont même gravées quelques figures. Au milieu du travers d’en haut il y a un crucifix d’argent doré, et, à l’autre, une petite croix du bois de celle de Notre-Seigneur ». Invent, de Grandmont de 1666, publié dans le Dict. d' Orfèvrerie, col. 825 et suiv.

(3) La croix de Gorre a été publiée, avec figures, par M. R. de Lasteyrie dans le Bulletin archéologique du Comité des Travaux historiques et scientifiques de 1884.

(4) « Un estui d’argent, à poudre, esmaillé ». 1328. Inv. de la royne Clémence. — « Pour une gayne d’argent esmaillée à ymages, pesant 7 onces 15 esterlins, à tous un coustel, qui est de la forge de Maulve :

CROIX ET CRUCIFIX

Celui que nous reproduisons sous la figure 374 est au Musée de Cluny, catalogué sous le N° 5041 ; il a été trouvé dans le cimetière de la paroisse de Cologne, arrondissement de Lombez (Gers). La boîte est en cuivre rouge ; le couvercle est formé de deux parties égales réunies dans toute leur longueur par des charnières dont la clavette est retenue

Fig. 374. — Étui de croix-reliquaire (xive siècle). Haut. o"2o; larg. 0"'i2rj\ épais. o'"045. (Musée de Cluny.)

dans deux petites gâches placées aux extrémités. La face et les côtés sont couverts de rinceaux gravés et ornés de huit écussons émaillés. Les quatre petits : d’argent , à la croix pattée de gueules, représentant peut-être les armes des Comminges (1). Les quatre

tous prisé 7 escuz ». Inv. de l’argent, dressé en 1353. — « Un autre estuit d’argent doré, ouvré, esmaillé de la Vie de sainte Catherine ». 1363. — Un ymage d’or de Nostre Dame et l’estuy esmaillé d’azur ». 1380. Inv. de Charles V.

(1) C’est à tort que Y Inventaire des sceaux des Archives nationales blasonne les armes des Comminges : de gueules, aux quatre otelles d'argent posées en sautoir. Les Comminges portent : d’argent, à la croix pattée de gueules. Voir Juste!, Histoire généalogique de la maison d'Auvergne, 1643, p. 50 et 52. — Ph. de Bosredon et E. Rupin, Sigillographie du Bas-Limousin , 1886, p. 40 à 44.

L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE

grands sont alternés : d'azur , au besant d’or, orlè du même , et de gueules, à la croix d’or orlé d’azur.

Une inscription, composée de six lignes, en lettres émaillées alternativement de bleu et de rouge, borde les branches de la croix; cette inscription est aujourd’hui malheureusement incomplète; on lit : ^ Il . FV FCM PAIA \ PRIA’P DAIA ; REQIESCAT |

I[n] PACE AMEN.

Cette boîte renferme une croix à double traverse et à deux faces, en argent doré, rehaussé de pierreries, d’intailles, de filigranes et d’ornements en relief. Au centre de chacun des croisillons se trouve une petite croix creusée dans la masse, bordée de filigranes et servant de reliquaire. La boule qui se voit à l’extrémité inférieure est disposée pour l’emmanchement du bâton qui servait de hampe.

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