‹ L'œuvre de LimogesChapitre 40 sur 118 · LA PRÉSENTATION AU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENTATION AU TEMPLE

Sous la loi de Moïse, la femme qui avait enfanté un enfant ou une fille était censée impure ; elle venait au tabernacle après le temps prescrit, et y offrait pour son expia-

Fig. 420. — Chasse émaillée de l’église de siegbourg (Allemagne). Haut, o"1 15; long. om 103 (xiiic siècle).

tion une tourterelle et un agneau, ou, si elle était pauvre, deux tourterelles ou deux petites colombes (2).

Tous les enfants mâles premiers-nés devaient être consacrés au Seigneur, en mémoire

(1) L 'Évangile de l'enfance dit que Jésus fut circoncis dans la caverne où il était né. Brunet, Les Evangiles apocryphes , p. 63. Il n’existait aucune prescription ni sur le lieu où devait se faire la circoncision, ni sur le ministre qui devait la pratiquer, ni sur les instruments dont on devait se servir.

(2) Levit., XII, v. 6 et 8. ... c< Quod si non invenerit manus ejus, nec potuerit offere agnum, sumet duos turtures, vel duos pullos columbarum, unum in holocaustum, et alterum pro peccato ».

CHASSES

de la délivrance d’Égypte (i). Ils étaient portés au Temple, et leurs parents les rachetaient pour la somme de cinq sicles, soit cent oboles (2).

Quarante jours après la naissance du Sauveur, selon les Apocryphes, et huit jours après le temps voulu pour les relevailles, suivant saint Luc, ce qui revient au même, Marie fut au Temple pour accomplir la double formalité de la purification et de la présentation.

Dans le même moment arrivait, poussé par l’inspiration du Saint-Esprit, un homme juste et qui attendait la consolation d’Israël. On le nommait Siméon. Il lui avait été révélé qu’il ne mourrait point qu’il n’eût salué le Christ. Or Siméon, ayant vu l’Enfant Jésus, le prit dans ses bras et éclata en actions de grâces.

Il y a, dans l’Évangile, deux actions que les artistes ont presque toujours réunies : celle de la Présentation et celle du vieillard Siméon, qui reçoit Jésus dans ses bras.

Fig. 421. — Chasse émaillée du musée de cluny (xivc siècle). Haut. om2o; long. o'"24; larg. omio.

Sur une châsse de l’église de Siegbourg (voir figure 420), Marie, couverte d’un long manteau et assistée d’une servante qui porte dans un panier les deux colombes offertes par les pauvres, dépose son premier-né sur l’autel de la Présentation : le vieillard Siméon le reçoit dans ses bras respectueusement recouverts d’un voile.

(1) Exod., XII, v. 29. XIII, v. 2, 12 et 13.

(2) Levit., XXVII, v. 6.

L’ÉMAILLERIE LIMOUSINE

M. de Boissière-Lagravère, à Montauban, possède une châsse dont le panneau supérieur représente le même sujet d’une façon identique, mais complété par la présence de la prophétesse Anne qui, de son côté, était venue dans le Temple pour louer le Seigneur. Au-dessous se trouve reproduite la scène du Massacre des Innocents. Cette châsse a omi9 de hauteur et om22 de longueur; les personnages sont en réserve, les têtes rapportées, et le fond en émail bleu constellé de rosaces de différentes couleurs.

Il est à remarquer que dans ces deux représentations Siméon ne reçoit l’Enfant Jésus que les mains enveloppées d’un voile ou de son manteau, conformément à ce qu’en dit le chapitre XV de l 'Histoire de la Nativité de Marie et de l’enfance du Sauveur : « 11 adora l’enfant, et, le prenant dans son manteau, il l’adora de nouveau ».

Sur une châsse du Musée de Cluny et qui provient de la collection Soltikoff (voir figure 421), le saint vieillard reçoit le Sauveur dans ses mains non recouvertes d’un voile ; mais nous sommes ici devant un objet du xive siècle, et l’on commençait déjà à laisser de côté ces récits, ces légendes naïves, ces poèmes populaires qui pendant de longs siècles ont joui d’une faveur démesurée.

Comme il est facile de s’en rendre compte, les sujets qui décorent la face de la châsse dont nous venons de parler sont : la Salutation angélique, la Visitation, la Présentation au Temple, la Fuite en Égypte, la Nativité, l’Adoration des bergers et celle des Mages; ils se détachent sur un fond bleu semé de croix à branches égales et de fleurs de lis d’or. Sur les pignons se trouvent le Massacre des Innocents, et le Christ et la Vierge dans leur gloire. Le revers est décoré de carrés rouges et bleus, que séparent obliquement des bandes d’émail bleu et rouge ; les carrés sont décorés de quatre fleurs de lis d’or sur les fonds rouges, et de quatre fleurons d’or sur les fonds bleus.

Page 1