‹ L'œuvre de LimogesChapitre 41 sur 118 · LA FUITE EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA FUITE EN EGYPTE

« Lorsque (les Mages) furent partis, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe a Joseph, disant : Levez-vous ; prenez l’Enfant et sa mère et fuyez en Égypte, et n’en partez point jusqu’à ce que je vous le dise; car il arrivera qu’Hérode cherchera l’Enfant pour le faire périr. Joseph, s’étant levé, prit l’Enfant et sa mère durant la nuit, et se retira en Égypte » (1).

Le manuscrit byzantin : Le Guide de la Peinture, traduit par Didron, fournit les indications suivantes pour la représentation de la Fuite en Égypte : « La Sainte-Vierge, assise sur un âne avec l’Enfant, regarde derrière elle Joseph portant un bâton et son manteau sur l’épaule. Un jeune homme conduit un âne chargé d’une corbeille de jonc; il regarde la Vierge, qui est derrière lui » (2).

C’est dans une légende ignorée aujourd’hui qu’a été pris ce jeune homme. Les Évangiles apocryphes le nomment Salomé (3). En Italie, plus rarement en France, on l’a remplacé par un ange qui dirige les divins exilés.

Nos artistes limousins ont adopté, en les dénaturant toutefois un peu, les prescriptions contenues dans le Guide de la Peinture. Celui de la châsse du Musée de Cluny (voir

(1) S. Matth., c. 11, v. 13 et 14.

(2) Didron, Manuel d' Iconographie chrétienne grecque et latine , p. 160.

<3) Brunet, Les Évangiles apocryphes, p. 24 et 53.

CHASSES

ligure 410) a représenté saint Joseph en avant conduisant l’âne par la bride, mais le nimbe qui devait orner sa tète ne s’y trouve point et a été donné à l’homme qui vient le dernier et qui, armé d’un bâton, excite la monture.

Sur le reliquaire de Siegbourg (voir figure 420) saint Joseph, barbu et nimbé, marche également le premier, et le jeune homme qui suit, ayant aussi la tète entourée cl’un nimbe, porte deux oiseaux dans une corbeille de jonc.

Fig. 422. — Panneau df. chasse du musée du Vatican (xme siècle).

Long, o'" 185.

Une châsse du Musée chrétien du Vatican présente sur l’une de ses faces, dans le bas, les saintes Femmes au Sépulcre, dans le haut, l’épisode de la Fuite en Égypte (voir figure 422). En avant, saint Joseph, nimbé, tient d’une main son bagage roulé autour d’une longue perche, et de l’autre la bride de l’âne ; il est à remarquer que le père nourricier de Jésus est ici représenté imberbe et les pieds nus. La nudité des pieds caractérise aussi le dernier personnage de la scène ; il se retourne vers les émigrés et semble, par signes, leur souhaiter bon voyage ou leur indiquer la route.

Quelquefois, comme sur les châsses de Siegbourg et du Musée du Vatican, on voit un ou plusieurs arbres qui s’inclinent devant le passage du Sauveur; c’est en vertu d'un texte de la Légende dorée, où il est dit que lorsque la Vierge Marie s’enfuyait en Égypte avec son fils, un arbre appelé persidis, dont les feuilles et l’écorce guérissaient d’un grand nombre de maladies, s’inclina jusqu’à terre et adora Jésus-Christ (1).

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