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LA FLAGELLATION

Dès que Jésus fut condamné à mort, Pilate ordonna de le flageller. La flagellation, chez les Juifs, précédait ordinairement l’exécution de la peine capitale. On dépouillait le patient de ses vêtements, et quatre soldats le frappaient, sans compter les coups, avec des lanières de cuir armées de petites boules de plomb ou d’ongles de fer. Ce supplice était si cruel que souvent les condamnés en mouraient.

Le Musée de Cluny possède un groupe de trois figures d’applique en cuivre repoussé et doré, avec les yeux en émail, représentant la Flagellation du Christ (voir figure 430).

Le Christ est attaché à une colonne, les mains en avant. Deux bourreaux, vêtus d’une tunique descendant jusqu’aux genoux et serrée autour des reins par une ceinture, s’apprêtent à meurtrir et à ensanglanter ses épaules nues. Ils sont armés d’un fouet. Les personnages sont finement ciselés: les figures traitées avec beaucoup de soin. Pour indiquer qu’on est dans le Prétoire on a figuré une colonne dont on remarquera l’ornementation et le chapiteau d’un style roman bien caractérisé. La pensée de l’artiste est bien évidente sur ce point, car souvent la colonne supporte des arceaux et même un petit

CHASSES

édifice percé de fenêtres à meneaux, comme le montre un parement d’autel, sur soie, du xve siècle, provenant de la cathédrale de Narbonne, et conservé aujourd’hui au Musée du Louvre.

Fig. 430. — La flagellation du christ (xiiic siècle). Haut. om32. (Musée de Cluny.)

Un des médaillons émaillés de la châsse de Saint-Viance (Corrèze) reproduit aussi la scène de la Flagellation. Nous la décrirons en parlant de ce beau monument.

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