LE MARTYRE DE SAINT PIERRE
Saint Pierre, le prince des apôtres, fut condamné au supplice de la croix. Arrivé sur le lieu de l’exécution il demanda comme une grâce d’être crucifié la tète en bas : « Il a été juste que mon Dieu, qui est descendu du ciel sur la terre, ait été élevé sur la croix;
(1) Carlulaire de Saint-Sernin, introd., XLV, XLVI. — Il est permis de supposer que l’abbé de Josaphat, mentionné dans la deuxième inscription, est l’abbé Jean dont on constate le nom en 1178. Voir Delaborde, Carlulaire du Saint-Sépulcre , N° XL.
(2) La châsse émaillée de Saint-Sernin, à Toulouse, a été décrite dans les ouvrages suivants : Du Mège, Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France , t. III, p. 322 et 323; — Abbé Texier, Dictionnaire d'Orfévrerie, col. 1346; — C. Douais, Revue de l'Art chrétien, année, 1888, p. 161, grav.
(3) Dictionnaire d'Orfévrerie, col. 893.
mais moi, ma tête doit indiquer la terre et mes pieds montrer le ciel. Je ne suis point digne d’être sur la croix comme mon Sauveur ; retournez-la donc, et crucifiez-moi la tête en bas ». Les bourreaux firent alors ce qu’il demandait (i).
Fig. 446. — Le martyre de saint pierre. — Châsse émaillée du xiii' siècle.
Haut. on,i8; long. o"'i5.
Église de Laurière (Haute-Vienne).
Le martyre de saint Pierre se trouve sur une châsse de l’église de Laurière' (Haute- Vienne). Nous en donnons le dessin sous la figure 446, d’après une aquarelle de Victor Gay. Le fond de la châsse est en bleu lapis: la croix sur laquelle est étendu le disciple du Seigneur est en émail vert. Nous avons reproduit (figure 227) le panneau qui forme le toit de la face postérieure de ce monument, mais c’est par erreur que nous l’avons indiqué comme appartenant à une châsse de l’église de Nexon.
SAINT PSALMET
L’abbé Texier donne dans le Dictionnaire d' Orfèvrerie , col. 1302, la description d’un petit reliquaire provenant sans doute de la collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne). Comme
(1) La Légende dorée, traduction de G. Brunet, t. I, p. 299. — Il n’est point étonnant que le martyre de
CHASSES
bien d’autres objets de ce genre, ce reliquaire a aujourd’hui disparu sans qu’on puisse en suivre la trace.
Quatre tableaux, inspirés par la légende du saint (1), décorent cette châsse.
Psalmet était un Écossais dont le nom de famille est demeuré inconnu. On dit qu’on l’appela Psalmodius ou Psalmet, pour rappeler les psaumes du roi David dont la lecture faisait ses délices. Psalmet avait le goût du recueillement et des longues méditations; il aimait a s’asseoir sur le bord de la mer et à considérer longuement l’immense nappe d’eau terminée par un vaste horizon bleu, derrière lequel sa pensée rêvait des horizons plus lointains encore. Un jour, assis sur un tas d’herbes desséchées sous les feux d’un soleil ardent, Psalmet s’était endormi à la suite de sa méditation solitaire ; la marée, montant, entoura sa couche, et, la soulevant peu à peu, emporta le saint pour le déposer doucement sur les rives d’un pays lointain. Tel est le sujet du premier tableau. Le saint part d’Écosse ; debout sur sa couche de verdure, il est plein de confiance et dirige ses regards vers le ciel, où est son appui. L’onde le respecte, et à l’entour les poissons jouent dans la mer tranquille.
Plus tard Psalmet vint se fixer à Saintes, à l’embouchure de la Charente, où il opéra de nombreux miracles. Nous le voyons, dans le second tableau de la châsse, bénir un personnage agenouillé devant lui, probablement un des nombreux malades qui venaient le trouver et qui durent la vie à son intercession.
Pour échapper à la renommée qui commençait â l’entourer, il quitta la Saintonge et vint se retirer dans le Haut-Limousin, près d’Eymoutiers, au fond d’une sombre forêt éloignée de toute habitation humaine. C’est là que se passa un épisode reproduit sur le troisième tableau, où l’on voit le saint accompagné d’un loup chargé d’un lourd fardeau. La légende dit en effet qu’un jour un loup ayant tué l’âne dont le serviteur de Dieu se servait pour porter sa provision de bois, l’animal féroce fut contraint de faire le service de la bête qu’il avait dévorée.
Dans le dernier tableau, des disciples attendris déposent dans un tombeau le corps du pieux anachorète.