DE LISIEUX, POITRINAIRE AU TROISIÈME DEGRÉ (AOUT IQOO
Dans la guérison de M^e Hébert nous allons voir la cicatrisation instantanée d'une caverne pulmonaire. Le poumon détruit avait été remplacé par un tissu de nouvelle formation qui conservait à la région une sonorité à peu près normale, et tout cela s'était fait en quelques instants.
Mm« Hébert nous conduisait cette année son plus jeune fils atteint de tuberculose avancée, et qui venait confirmer par cette tare héréditaire le diagnostic autrefois porté sur la mère.
La guérison de M^e Hébert est peut-être la plus importante guérison de phtisique que nous ayons constatée. Nous tenons à reproduire les deux certificats de son médecin.
Le 21 août 1900, pendant le pèlerinage national, Mme Hébert nous apportait le certificat suivant du D"" La Néele, de Lisieux, ancien interne des hôpitaux:
Je, soussigné..., certifie que M""* Hébert est atteinte de tuberculose des deux poumons avec cavernes du côté droit, ramollissement du côté gauche, expectoration purulente très abondante (aSo grammes de pus chaque jour) et contenant une quantité considérable de bacilles de Koch, hémoptysies très fréquentes, amaigrissement prononcé.
Au retour du pèlerinage du 4 septembre 1900, le D^ La Néele constatait dans un second certificat la guérison complète de sa malade, quatre ou cinq jours après son retour.
Dans ce certificat, il déclarait que Mn^^ Hébert avait été guérie, à Lourdes, subitement et radicalement, à
la suite d'un bain froid. Il n'y avait plus trace de cavernes ni d'aucune lésion dans le poumon. L'expectoration a cessé tout d'un coup d'une façon absolue; les crachats qu'on n'a pu obtenir que bien des semaines après son retour, à l'occasion d'un rliume, ne renferment aucun microbe de la tuberculose.
Malgré une nourriture insuffisante et des privations de toutes sortes, un embonpoint très notable, de vingt livres environ, s'est produit depuis la guérison.
Ainsi, en quelques instants les cavernes s'étaient cicatrisées, un poumon infiltré de tubercules avait retrouvé son intégrité, les bacilles avaient disparu et l'expectoration s'était tarie. Jamais semblables résultats n'ont été constatés dans le cours de la phtisie. Il faut toute l'autorité qui s'attache au nom du D' La Néele pour accepter ce fait sans aucune réserve.
Mais le D' La Néele est un des médecins les plus appréciés du Calvados. Nous l'avons vu souvent dans notre bureau pendant le pèlerinage national, c'est à lui que nous devons les enquêtes si complètes sur Marie Le Marchand (le lupus de Zola), les études sur les guérisons de Lourdes lui sont familières, il a toute l'autorité voulue pour traiter ces questions, et sa signature nous est un sûr garant de l'authenticité de ce fait.
Depuis le mois d'août 1900, M^e Hébert est venue chaque année à Lourdes, et nous avons pu nous assurer que sa santé s'était parfaitement maintenue.
Un très grand nombre de médecins qui l'ont auscultée avec nous depuis cinq ans ont constaté qu'il ne restait aucune trace des lésions signalées dans le premier certificat.
GUEHiSOn D'VH MÉDECIH BELGE
Pendant le dernier pèlerinage belge de septembre, je voyais entrer dans mon bureau un solide et grand gaillard dans la force de l'âge et dont les pèlerins du train des malades avaient pu admirer l'entrain, le dévouement et la belle santé.
— Vous me reconnaissez sans doute, me dit-il.
— Je vois à vos insignes que vous êtes Belge et médecin.
— En effet. Et vous ne vous rappelez pas ce médecin atteint de tuberculose, il y a dix ans, et qui vint se guérir à Lourdes?
— Et c'est vous? Asseyez-vous donc. Et vous. Messieurs, permettez-moi de vous lire ce que, dans les Grandes Guérisons de Lourdes, y écrivaiis k la. page... à la page... (la page fut bientôt trouvée) à la page i4-
Et je lisais, à l'émotion curieuse de tous, à l'attendrissement toujours croissant et plus vif du docteur guéri :
Un médecin, atteint d'une maladie de poitrine, vient de passer l'hiver dans le Midi. Il perd du terrain, les bacilles ont envahi ses poumons ; il les retrouve chaque jour sous le microscope; sa carrière est brisée, sa vie sans espoir; le découragement envahit son âme. Il reste quinze jours à Lourdes, les forces reviennent, les bacilles disparaissent, et bientôt il peut reprendre l'exercice de sa profession, interrompue depuis de longs mois. Demandez-lui s'il croit à la vertu de Lourdes, à la guérison des malades auprès de la grotte !
— S'il y croit! Mais c'est moi! C'est moi, s'écrie le praticien ému jusqu'aux larmes.
— Et plus rien depuis dix ans?
— Plus rien : vous le voyez bien : j'ai seulement gagné i6 kilos!
On s'empresse autour du héros de ce petit épisode. On lui en fait reprendre la narration en détail.
C'était en 1895 ; il venait de s'établir au pays de Hervé; la température y est variable et froide, les courses longues pour le docteur, la rencontre des tuberculeux nombreuse. En octobre il fut pris de crachements de sang, et dans ces crachats les bacilles de la tuberculose apparurent de plus en plus nombreux.
Il consulta le D^ Van Lair, son ancien maître de l'Université de Liège. Celui-ci prescrivit d'abandonner pays de Hervé et clientèle pour aller chercher air plus doux et soulagement au midi, à Menton.
Après plusieurs mois de séjour, le malade n'y avait gagné que de cracher un peu moins de sang, mais les constatations microscopiques lui certifiaient que les bacilles de la tuberculose ne diminuaient pas, et ils étaient nombreux : il ne lui restait guère d'espoir quand il quitta Menton. Au lieu de regagner le pays de Hervé, c'est à Lourdes qu'il vint, en acquit d'une promesse, plus inquiet cependant que jamais, et toujours cruellement atteint. On était en mai 1896.
Après de courtes et laborieuses promenades ou une pieuse visite, il lui fallait se remettre au lit. Une de ces promenades l'avait conduit dans un vallon voisin, d'où, pour revenir, il fallait monter ferme ou se condamner à un grand détour, dont il se sentait incapable d'effectuer le parcours. c< Eh bien, dit-il à sa femme, à la grâce de Dieu! puisque nous sommes à Lourdes, faisons l'ascension! » Il la fit, et depuis cet instant de confiance, de plein abandon, il est guéri, absolument guéri.
Il a pu, un mois après, reprendre sa profession; il n'a plus jamais eu à en suspendre l'exercice; c'est un
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des hommes les plus solides de notre solide pays de Hervé.
Une semblable guérison constatée chez un médecin présente un bien grand intérêt. Le médecin s'observe chaque jour à toute heure, suit avec la recherche des bacilles tous les progrès de son mal. Il sait à quel moment précis sa maladie s'est arrêtée, se tient en garde contre toute rechute, rien ne lui échappe, son témoignage présente toutes les garanties et lorsqu'il vient vous dire que depuis dix ans il n'a pas eu un jour d'arrêt, que sa phtisie a été depuis arrêtée dans son cours, sa parole mérite toute créance.
Parmi ces guérisons de maladies organiques, tous les cas seraient à citer.
Dans les coxalgies tuberculeuses : Sœur Justinien, de Saint-Brieuc, que l'on nous apportait dans un panier d'osier, au dernier degré de la cachexie.
La petite-fille d'un professeur de l'École de médecine de Reims guérit le 2 septembre, à la procession, d'un mal de Pott inutilement traité par plusieurs médecins. La gibbosité disparait et les jambes paralysées reprennent leurs fonctions.
Dans la série des aveugles : Charles Auguste, aveugle de naissance, guéri pendant son pèlerinage. Cette année, c'était M^e Courcel, chanteuse des rues, qui retrouvait la vue en se lavant les yeux à la fontaine.
Plusieurs malades guéris les années précédentes sont venus faire constater que leur guérison s'était maintcnuejet nous ont apporté de nouveaux certificats.
Nous disons qu'un certain nombre de troubles fonctionnels confinent à la lésion organique. Il faut les étudier de bien près pour faire la part des deux
éléments en cause. Un poitrinaire retrouve à Lourdes ses forces, son entrain, il peut reprendre son travail, il se croit guéri, il reste quelques points suspects dans la poitrine, est-ce une guérison? est-ce une halte dans l'évolution de la maladie? Un coxalgique marche, un pottique laisse ses béquilles : il faut les observer longtemps avant de conclure.
Une jeune Alsacienne vientà Lourdes avec tous les symptômes d'une coxalgie guérie comme guérissent les coxalgies, l'articulation de la hanche est soudée, l'ankylose est complète, elle marche avec deux béquilles.
A Lourdes, elle laisse ses béquilles, elle marche sans canne, mais l'ankylose persiste, rien n'est changé dans l'état anatomique de son arliculalion. ^^"^ «""^"^
C'est une amélioration fonctionnelle. Mais, à côté, si nous reprenons les cas anciens déjà classés, voilà Marie Erillaut qui vient à Lourdes avec une coxalgie en pleine suppuration. La hanche est ouverte, on aperçoit les fragments qui déchirent la peau dès que la malade fait un mouvement. Tout autour les tissus sont violacés, infiltrés. On porte la malade dans une caisse, on la descend sur des bandes dans la piscine, aussitôt toute douleur cesse, et, au
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sortir de l'eau, il n'y a plus de plaie, plus d'enflure; la malade marche. Il y a cinq ans qu'elle n'a pas mis le pied par terre, elle ne sait plus marcher.
Parmi ces troubles fonctionnels qui confinent à la lésion organique nous trouvons des faits de premier ordre. Nous pouvons citer la guérison de la femme Gaillol, de Marseille. Elle est malade depuis trois ans, depuis la naissance de son cinquième enfant. Elle reste d'adord couchée chez elle pendant un an, ne prenant que du lait.
Ses ressources épuisées, elle entre à l'hôpital de l'Immaculée-Gonception ; après quatorze mois de séjour, le chef de service considérant cette malade comme incurable la fait admettre à l'hospice Sainte- Marguerite. A trente-neuf ans cette femme doit laisser pour toujours son mari et ses cinq enfants, elle voit se refermer pour le reste de sa vie les portes de l'hospice.
Nous racontons plus loin son pèlerinage, sa guérison le 8 septembre igoS, à la procession du Saint-Sacrement.
Un jeune brancardier de Belgique, M. Henri Davignon, nous présente d'une façon bien saisissante une malade du pèlerinage de Rouen, M^^ Ménager, qui parait avoir contracté le germe de la phtisie en soignant son mari.
Parmi les plus intéressantesmalades,nousdit-il, amenées par le pèlerinage deRouen, il faut détacher une mère de huit enfants, M"^^ Ménager, âgée de trente-six ans. Ces huit enfants furent nourris par elle, et même la pauvre femme en a nourri d'autres pour augmenter
ses ressources. Peut-être est-ce dans l'accomplissement de cette tâche épuisante qu'elle a trouvé le mal dont elle souffrait, et aussi auprès de son mari poitrinaire. Elle a été guérie en sortant de la piscine. C'est une physionomie bien caractéristique de lapopulation ouvrière d'aujourd'hui.
Mme Ménager est chrétienne; ses parents, qu'elle possède encore, le sont, et la foi que cette famille a conservée, peut-être sans grandes manifestations mais avec une tranquille persistance, s'épanouit en elle sous l'éclat du grand événement qui la dérobe au triste sort qui lui semblait réservé, et la rend à sa mission de vaillante mère et de brave épouse.
Venue à Lourdes sur un brancard d'hôpital, incapable de se mouvoir, inapte à se nourrir, elle s'en retourne guérie. Mais ce n'est pas cette guérison soudaine, inexplicable humainement qui est remarquable : on en compte tant dans les annales de Lourdes! Ce qui est intéressant, suggestif et bien fait pour émouvoir qui sait et veut regarder la vie, c'est que cette pauvre femme est renvoyée valide par la Providence à son rôle dans le monde ; c'est que, femme du peuple, elle est rendue au peuple pour en incarner les vertus et la noble et douloureuse vie.
Mariée depuis quinze ans à un peintre en bâtiment, Marie Ménager a eu huit enfants. Il ne lui en reste que trois. Deux sont prises par les bonnes Sœurs de riiospice, et la troisième, qui a quatorze ans, tient le ménage du père. Celui-ci d'ailleurs est atteint de la poitrine. Depuis dix-huit mois, la mère a quitté son ménage pour l'hôpital où les médecins l'ont soumise à des traitements, à des opérations. Elle était perdue, non au sens déterminé du mot, car elle eût vécu Dieu saitcomme ! Mais elle était perdue pour les siens, pour son intérieur, ses enfants, son mari. Dieu et la Vierge ne l'ont pas voulu.
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Elle reprendra sa place, et elle l'occupera, comme il faut, dans l'ordre moral, qu'elle soit occupée. Elle réalise le type populaire de la mère et de l'épouse, comme elle en réalise la physionomie physique fébrile, énergique et expressive. Ce type-là comporte des vertus de dévouement, d'attachement et de courage supérieures à celles peut-être qu'il faut aux mères et aux épouses de riches. Elle doit renfermer dans son âme une vigueur et une puissance de sacrifice et de générosité où le système nerveux n'a rien à voir. Cherchez-y le secret du courage des misérables et de l'énergie des souffrants, le don de Dieu, l'esprit chrétien. Concluez qu'elle était digne de guérir, qu'elle devait guérir, parce que, nécessaire aux siens, elle est destinée à servir d'exemple, et que de ces exempleslà notre société sans boussole et sans certitude a bien besoin.
^V[iie DE MOflGlJllaKElVt
Voilà un exemple de maladie nerveuse qui guérit à Lourdes alors que la suggestion portée à sa plus haute puissance n'avait rien donné. C'est le cas de répéter avec Charcot : « La foi qui guérit réussit là où tous les autres moyens ont échoué. » Reste à savoir pourquoi.
M"e de Monguilhem a perdu la parole depuis six ans, depuis l'âge de douze ans, elle en a dix-huit.
A Lourdes, la parole revient brusquement sans hésitation et cette infirmité disparait sans laisser aucune trace. Au premier abord, il semble qu'il s'agit
d'une guérison par suggestion, cependant deux mois avant son pèlerinage cette jeune fille avait éprouvé une émotion des plus terribles : assaillie par un malfaiteur dans un endroit isolé, elle se défendit avec toute l'énergie dont elle était capable. Mais dans ce pressant danger elle ne retrouva pas la parole; elle ne put pousser un cri dont elle aurait eu un si grand besoin pour appeler à son aide. Si Lourdes n'avait agi que sur son imagination, elle n'aurait pu ressentir un choc plus violent que celui qu'elle avait éprouvé. Il y a certainement à Lourdes autre chose que des effets physiques.
Si nous cherchons la cause de toutes ces objections irréductibles que nous rencontrons; si depuis quarante et cinquante ans les mots de suggestion et de maladie nerveuse résonnent autour de nous le plus souvent sans fondement, c'est que les passions et les préjugés viennent obscurcir les notions les plus claires.
Nous reconnaissons volontiers qu'un certain nombre de guérisons publiées dans la presse, inscrites même sur nos procès-verbaux, doivent être rayées de nos statistiques.
Un prêtre du diocèse de Bourges a publié, dans la Semaine Religieuse du i^r et du 8 septembre 1906, la liste de toutes les personnes de son diocèse qui avaient été citées comme guéries à Lourdes de 1872 à 1904- Il a trouvé trente-deux noms; il remarque, avec raison, qu'un grand nombre de faits très importants doivent rester inconnus. Mais, après une enquête très sérieuse faite sur chacune de ces trente-deux guérisons, il nous dit :
1° Il faut rayer quatre de ces noms portés à tort sur la liste;
2" Une guérison a été obtenue à Paray-le-Monial, non à Lourdes ;
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3° Une sourde et muette dont la guérison a fait grand bruit n'est pas guérie :
4" Un enfant atteint de mal de Pott n'estpas guéri.
Il y a eu des rechutes à une date assez rapprochée, des morts même, des infidélités aux grâces reçues.
Il ajoute : Nous avons entre les mains les documents les plus irrécusables qui confirment nos précédentes remarques. Un triage s'impose. Nous ne cessons de tenir en garde nos lecteurs contre les erreurs qui doivent se glisser parmi tous ces faits qui sont livrés d'une façon trop hâtive à la publicité. Si l'on faisait partout le travail qu'a fait le prêtre de Bourges, on écarterait l'une des causes les plus sérieuses d'erreur ou de critique.
Il y a donc des malades qui n'éprouvent qu'une amélioration passagère, il y a même parfois quelques décès à une date trop rapprochée pour qu'on puisse admettre une guérison réelle. Mais tous ces derniers faits ne figurent que pour une faible proportion dans nos procès-verbaux.
En parcourant la liste de nos constatations pendant les années précédentes, nous avons toujours retrouvé les mêmes moyennes.
Un tiers de maladies organiques sans mélange, une moitié de troubles fonctionnels liés à des lésions ou purement nerveux. Enlindix ou quinze pour cent de cas difficiles à classer ou n'autorisant aucune conclusion.
Avec ces divisions qui répondent à la réalité des faits, il est facile de répondre à ce dilemme dans lequel on voudrait nous enfermer :
Suggestion et maladies nerveuses.
Suggestion ! Non pour les maladies organiques, pas même pour les maladies nerveuses, lorsque ce n'est pas seulement un symptôme effacé, mais un tempérament modifié, lorsque la maladie est guérie dans son principe. Dans les névroses il y a des cas bien inté-
UNE ANNÉE A LOURDES 3l
ressants. Parmi les guérisons de l'année nous pouvons citer M'ie Scorsery. Son médecin, le professeur Duret, nousamontré que c'étaitune névrose grave causée par des pertes de sang fréquemment répétées, entretenues par une anémie profonde qui touchait à la cachexie et pouvait entraîner la mort. Si cette guérison reste complète, sans rechute, elle pourra se placer parmi les observations que nous devons retenir. Quand on nous parlera de suggestion, il faudra savoir sur quel terrain on fait porter le débat et ne pas accepter des faits controuvés que nous sommes les premiers à récuser.
Je n'ai pas parlé des guérisons qui ne figurent pas dans nos comptes rendus. Il y en a pourtant un nombre notable. Les malades qui guérissent loin de Lourdes, ceux qui ne viennent pas dans notre Bureau et gardent le secret des grâces qu'ils ont reçues. Toutes ces guérisons ignorées et parfois fort importantes compensent et au delà les guérisons que nous devons rayer de nos tableaux.
Depuis 1892, nous dirigeons le Bureau de Lourdes, pendant quatorze ans, nous avons relevé sur nos registres 1.975 procès-verbaux, ce qui nous donne une moyenne annuelle de i38. Nous avons un tiers de maladies organiques. Si nous ajoutons que ces guérisons sont instantanées et sans rechute, il est facile d'établir que nous sommes en dehors de toutes les lois de nos observations scientifiques.