COX ALGIES ET MAL DE POTT
Sœur Justinien, Sœur blanche de Bretagne, guérie d'une coxalgie le i5 septembre 1904. — M"« Clément, d'Agen, atteinte depuis dix-sept ans d'une coxalgie, guérie le 17 septembre igoS. — M"* Marie-Thérèse Noblet, atteinte d'un mal de Pott, guérie le 3i août 1905.
SŒUR JOSTIfilEH
GUÉRIE d'une coxalgie, LE l5 SEPTEMBRE I904
Nous reproduisons le récit fait par les religieuses dans la revue de leur congrégation.
Elles nous disent :
« Nous sommes d'autant plus heureuses de la guérison de notre chère Sœur Justinien, que nos regards se détachent d'elle, pour voir plus loin que sa personne.
(' A l'heure actuelle où nous vivons et où le devoir est souvent plus dilticile à connaître qu'à accomplir, notre chère congrégation est souvent dans
l'angoisse. Est-elle dans la ligne providentielle? Dieu est-il content d'elle, de ses efïbrts, de ses luttes, de son attitude? La Vierge sourit-elle à ses intentions?
« Pour le savoir nous avons envoyé à Lourdes une pauvre petite feuille de papier, bien mince, bien fragile, notre chère Sœur Juslinien, et nous- avons dit, elle avec nous : « Vierge de Lourdes, répondez. « Dites si vous êtes contente de nous. » Et voici que cette fragile feuille nous revient revêtue de l'approbation éclatante de Marie, signée de sa puissance, parafée de sa bonté; et voilà pourquoi nous sommes si émues, et pourquoi le Magnificat éclate sur nos lèvres frémissantes.
« Sous cette forme charmante, notre Père vénéré répétait tout à l'heure le cri qui jaillissait hier à la grotte bénie au moment où la main divine de Notre- Dame, se posant sur notre chère petite Sœur Justinien, l'avait rendue à la vie, à la santé. Comment s'est opéré ce changement merveilleux? Comment ce corps immobilisé, raidi depuis trois ans par la douleur, a-t-il retrouvé tout à coup la souplesse et la vigueur?...
« Comment t'a-t-il ouvert les yeux? demandaient « à l'aveugle-né que Jésus venait de guérir les scep- « tiques de l'époque. — Cet homme qu'on appelle « Jésus m'a frotté les yeux..., m'a dit d'aller me « laver à la piscine de Siloé. Je suis allé, je me suis « lavé... et je vois. »
« Je suis allée à Lourdes, répond à son tour notre « heureuse miraculée... Je me suis baignée à la pis- « cine.dans l'eau miraculeuse, et je suis guérie... »
« Et le Magnificat se prolonge : et le frisson d'enthousiasme, de sainte joie, d'amoureuse gratitude continue à secouer la blanche famille du Saint-Esprit et de la Vierge immaculée.
« A tous nos foyers de Bretagne et de l'étranger
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retentit le cri poussé hier à la grotte de Lourdes : « Sœur Justinien est guérie : Magnificat! »
ft Sans vouloir sonder les secrets du ciel — aussi bien, ce n'est pas parmi nous qu'il faut chercher la
Sœur Justinien
race de ceux qui doutent — essayons de satisfaire la légitime curiosité de nos Sœurs et de nos amis. En racontant le fait recueilli de la bouche même de l'heureuse pèlerine qui a été l'objet des tendresses de Marie, nous rendrons gloire à Notre-Dame et, peutêtre, augmenterons-nous, dans quelques âmes, la
hbi.
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piété et la filiale confiance envers Celle que l'on n'a jamais invoquée en vain. »
Quand on songe que ces religieuses ont défendu leurs écoles au péril de leur vie, ont fait l'admiration de la France entière, il est touchant de les voir se demander si elles ont fait tout leur devoir.
« C'est au mois de novembre 1901, presque au lendemain de sa profession religieuse, que remonte la maladie de notre chère Sœur Justinien. Une pleurésie très grave, dont des soins intelligents et dévoués eurent raison, laissa la malade dans un état de faiblesse alarmant. Bientôt de vives douleurs se firent sentir à la hanche droite, la jambe devint inerte et le Dr P...,duConquet, déclara que la malade, incapable désormais de se mouvoir, devait être transportée au plus tôt à la maison principale.
« Le voyage fut pénible et douloureux. Arrivée à l'infirmerie — janvier 1902 — Sœur Justinien sentit qu'elle devait se résigner à une complète immobilité. De plus, les douleurs augmentant, le membre malade subit bientôt une déformation que le docteur essaya d'arrêter en emprisonnant le pied dans un appareil plâtré. Cette précaution médicale ne tarda pas à être reconnue insuffisante : il fallut emboîter toute la jambe et même la hanche dans l'appareil immobilisateur. Et, ce faisant, le docteur déclarait que son but était d'ankyloser le membre malade et ainsi d'endormir les douleurs de plus en plus aiguës qui torturaient la pauvre patiente.
« Depuis dix-neuf mois, elle était dans cet appareil que l'on ne pouvait enlever, même pour quelques instants, sans exposer la malade à des soufi'rances très vives. De plus, le membre se déformait d'une façon si étrange que la hanche déboîtée se portait en avant, l'articulation du genou produisait une distension qui effaçait la saillie de la rotule et le pied,
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recourbé en arc de cercle, rapprochait du talon le gros orteil. En un mot, déséquilibration complète de la charpente osseuse et, avec cela, diminution progressive des forces, la malade ne pouvant plus ni se nourrir, ni digérer le peu d'aliments qu'elle prenait.
« Notre chère Sœur en était là, lorscjue sa tante, une seconde mère, M™^ Lenormant, de Lannion, lui proposa de prendre part au pèlerinage de Lourdes.
« Ce n'est pas la première fois ;jue ma tante me « proposait d'aller à Lourdes, nous racontait la chère « miraculée, mais jusqu'ici j'avais toujours refusé, ne « me sentant pas assez de confiance pour être l'objet « d'un miracle... Cette année, nulle hésitation, au « contraire, j'ai dit, tout de suite : Oui, j'irai à « Lourdes et je serai guérie, ou je mourrai là-bas. « Car il est bien entendu que je n'en reviendrai pas « dans l'état où j'y vais. »
« L'approbation de notre vénérée Mère, vite obtenue, le docteur, très hésitant, lui, à permettre le voyage, mais vaincu parles aimables instances de sa cliente, songea a créer un moyen de transport, qui pût parer le plus possible aux secousses du wagon et aux fatigues du trajet. Une sorte de berceau d'osier fut préparé; la malade y fut déposée et le lundi, 12 septembre, à 7 h. 40, le train qui deyait la transporter à Lourdes quittait Saint-Brieuc.
« Prenez garde, lui avait dit, avant que le voyage « fût décidé, la Sœur infirmière qui savait à quelles « tortures allait s'exposer la chère malade. Prenez « garde, car, une fois en chemin, nous ne revien- « drons plus sur nos pas, nous irons jus([u'à Lourdes. » « Sœur Anne-Philomène avait eu mille fois raison de « me dire cela, répète maintenant la chère miraculée, o car le transport de la Maison principale à la gare « m'avait brisée, et le train n'était pas rendu en gare
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« de Rennes que j'étais tentée de demander comme (( une grâce de rentrer à Saint-Brieuc. »
« On juge, d'après cela, combien fut douloureux le trajet de Saint-Brieuc à Lourdes. Quelles tortures pour la pauvre patiente ! Quelles inquiétudes et quelles angoisses pour celles qui l'accompagnaient. Cependant en arrivant à Lourdes, et malgré son état d'épuisement, la malade demanda à être transportée immédiatement à la piscine. Enfant gâtée de la très sainte Vierge et sentant jusqu'oîi peut aller la filiale confiance envers Marie, elle avait choisi la piscine comme devant être le théâtre de sa guérison et, au fond du cœur, elle se sentait exaucée. Les deux premiers bains ne firent pourtant qu'augmenter les douleurs. C'était l'épreuve par laquelle Notre-Dame faisait passer sa pieuse cliente, et cette épreuve fut au comble, quand, à la tin de l'après-midi du mercredi, la chère malade se vit refuser l'entrée de la piscine. Gardons-nous d'en vouloir aux dévouées gardiennes de la grotte! Elles avaient vu la malade si exténuée, si souffrante après les précédentes immersions ! Et puis, je viens de le dire, l'épreuve entrait dans les desseins de la Vierge immaculée.
« Peinée, sans doute, mais non découragée. Sœur Justinien rentra à l'hôpital des Sept-Douleurs : « Je « serai guérie demain, ne cessait-elle de répéter, « demain, à la piscine... Vous verrez! » Ravies de tant de confiance, les Sœurs qui l'entouraient redoublaient elles-mêmes leurs instances près de la Vierge immaculée.
« Or, le jeudi matin, en l'octave de la Nativité de Notre-Dame, nouvel effort des gardiennes pour faire admettre à la piscine la Sœur blanche et son berceau d'osier. Il tombait une grosse pluie d'orage qui, malgré toutes les précautions, inondait la blanche couchette. Mais la pluie, à Lourdes, ne gêne pas plus les
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malades que les autres pèlerins : les prières, les chants, les stations à la grotte bénie et aux piscines n'y perdent rien, au contraire. Donc, Sœur Justinien acceptait fort bien l'averse et, patiemment, pieuse, confiante, elle attendait son tour,
« Je ne saurais dire si les baigneuses des malades ne furent pas tentées de faire la grimace en revoyantla pauvre infirme : il fallait tant de temps et de précautions pour plonger dans l'eau miraculeuse ce corps rigide et endolori! Trois personnes de chaque côté y suffisaient à peine... Cependant, avec une bonne grâce parfaite et comme poussées par la main bénie de la divine et immaculée Vierge, dont l'heure était venue, elles saisissent la malade et, en répétant leurs pieuses invocations, la plongent dans l'onde sacrée. Une douleur étrange se produit alors dans la hanche droite et dans la jambe. La malade se sent défaillir : « Replongez-moi dans l'eau, s'écrie-t-elle, je n'en puis « plus! » Aussitôt la douleur cesse. La malade, sans savoir comment, se trouve assise : le miracle est opéré. La joie monte au cœur; aux lèvres le Magnificat... « ÎNla Sœur, étendez-vous sur votre couchette, « sans quoi vous ne pourrez percer la foule », conseillent les dames en voyant s'éloigner la miraculée. « Mais plus je voulais me tenir allongée, plus la force « miraculeuse, qui m'avait soulevée dans la piscine, « me maintenait assise », disait Sœur Justinien en racontant sa guérison. Force lui fut donc de traverser assise les rangs serrés des pèlerins se pressant autour des piscines.
« Quelques-uns se doutèrent-ils du miracle? La physionomie déjà transfigurée de l'heureuse malade donna-t-elle à penser qu'elle avait été l'objet de la miséricordieuse bonté de Marie? Toujours est-il que le mot fut lancé. Avant que la chère miraculée eût achevé à la grotte sa prière et son action de grâces,
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sa couchette était assiégée par des groupes nombreux dont les brancardiers eurent peine à la dégager, pour la conduire au Bureau des Constatations. Comme une traînée de poudre, la nouvelle se répandit dans tous les pèlerinages et dans toute la ville de Lourdes : « La Sœur blanche est guérie! » Et les autres Sœurs blanches étaient assiégées, et mille bénédictions montaient vers Notre-Dame de Lourdes : et, sous mille formes, se répétait le mot charmant de notre Père : « La congrégation des Sœurs blanches a « apporté de Lourdesune lettre d'approbation : Notre- « Dame l'a signée et parafée : Magnificat ! »
« Pendant ce temps, celui que la voix populaire appelle le « Docteur de Marie », examinait minutieusement la malade, palpait le membre ankylosé et enfin déclarait que « Notre-Dame avait fait ce qu'Elle « devait faire. — Vous ne marchez pas, ajoutait-il; « mais, après tout, ce n'est pas l'affaire de la sainte « Vierge d'apprendre à ses malades à marcher. »
« Vous ne marchez pas. ma Sœur », répètent à leur tour les deux médecins de Saint-Brieuc qui, après avoir suivi les progrès du mal, suivent avec tant d'intérêt ceux de la guérison: « mais il serait « insensé de nier le surnaturel dans votre guérison ».
« Hâtons-nous d'ajouter que, de jour en jour et, pour ainsi dire, de moment en moment, s'accentue le progrès de la guérison : le genou a repris sa forme normale, la croûte qui s'était formée sur la jambe, par suite du long et perpétuel contact avec l'appareil, est presque totalement tombée, la coloration revient à la peau et, enfin, à l'heure où j'achève ce récit, Sœur Justinien n'a plus besoin que d'un faible secours pour arpenter sa vaste cellule d'infirmerie et revoit, après un si long lemps, les allées du jardin oîi elle s'exerce à la marche, comme l'enfant qui sent chaque jour ses jambes s'affermir.
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« De l'aveu du chirurgien lui-même, à supposer qu'il n'y aurait pas eu de « coxalgie avec raideur articulaire et déformation du membre inférieur », — c'est le terme du certificat remis à Lourdes au D' Boissarie, — le fait d'avoir séjourné dix-neuf mois dans un appareil plâtré empêcherait pour longtemps la personne la plus ingambe de marcher. Il est vrai qu'il n'en eût pas coûté davantage à la divine et immaculée Vierge de produire tout d'un coup le miracle complet; mais s'il lui plaît de nous faire savourer à loisir et par une lente progression ses divins bienfaits, qu'avons-nous à dire? N'est-ce pas une preuve nouvelle de sa maternelle tendresse pour nous? N'est-ce pas une raison de plus de redoubler d'amour, de gratitude et de confiance envers Elle?
(f Donc, pendant que la Faculté examine et... discute — c'est son droit, c'est son devoir — du reste, les miracles les plus avérés ne sont-ils pas les plus discutés, — l'action de grâces continue à monter de nos âmes vers vous, ô Marie! ô Vierge immaculée, qui dans nos angoisses avez daigné nous sourire, nousréconforter,nousconsoler... lue Magnificat, cette hymne d'amour et de gratitude tombée de vos lèvres bénies, et à laquelle votre vieille et fidèle Bretagne aimeàmèler, devant la grotte sanctifiée par vosdivines apparitions, ce refrain de sa belle langue celtique :
Porz ar Baradoz a zo digor,
Guère' hez, aman, evit Tud ann Arvor,
ce chant béni, répété là-bas, aux pieds de votre douce image, par le groupe heureux des blanches pèlerines de l'année jubilaire, au soir de celte bénie journée du i5 septembre, \e Magnificat di retenti vibrant, enthousiaste, dans notre radieuse chapelle de la maison principale, au retour de l'heureuse miraculée. —
Hier votre sanctuaire vénéré, ô Notre-Dame d'Espérance, retentissait à son tour des accents de la reconnaissance, tandis que là-bas, toujours,
A la grotte bénie, au pied des monts géants, Vierge, Reine du ciel, Cause de notre joie, O ma Mère! votre blanche famille envoie De son plus tendre amour les immortels accents A la grotte bénie, au pied des monts géants.
Saint-Brieuc, 20 septembre 1904.
« Sœur Sainte-A. »
Le certificat de maladie rédigé par les deux médecins de la Sœur ne laissent aucun doute sur la nature de sa maladie.
Sœur Justinien des Filles du Saint-Esprit (Sœurs blanches de Bretagne) qui a été guérie l'an dernier d'une coxalgie tuberculeuse, est revenue à Lourdes, cette année, en action de grâces. Elle nous a présenté le certificat suivant signé des deux médecins qui l'ont soignée pendant de longues années.
Antécédents manifestement tuberculeux. — Novembre 1901 : pleurésie avec vomique au Conquet (Finistère). Pendant la convalescence, douleurs au niveau des vertèbres lombaires qui font craindre au médecin traitant une carie en formation. Puis, brusquement, le point douloureux lombaire disparaît, et la douleur se localise nettement à la hanche, au niveau de l'articulation coxo-fémorale droite. La malade, examinée par deux confrères, est mise au repos pour une coxalgie au début. Malgré les prescriptions, la malade marche un peu avec un bâton et en s'appuyant sur le dos d'une chaise. A ce moment, la cuisse exécute un mouvement de rotation en dedans.
Sœur Justinien arrive à Saint-Brieuc en septembre 1902. A ce moment, la cuisse présente les caractères suivants : flexion, adduction, rotation en dehors. Le pied est déjeté complètement en dedans. Le genou prend la même attitude. La
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contracture est tellement forte qu'il faut séparer les deux membres inférieurs au moyen de bourrelets d'ouate i)Our éviter les eschares. La marche est impossible. Les mouvements sont excessivement douloureux.
Octobre 1902 : premier appareil plâtré, prenant d'abord le pied, puis, quinze jours après, le genou.
Le 14 février iQo'i, le D"" Nimier, appelé en consultation, confirme le diagnostic de coxalgie. La malade est endormie et mise dans un nouvel appareil plâtré (gouttière). A ce moment, disparition des douleurs. Toutes les tentatives pour enlever l'appareil furent inutiles, la douleur et la contracture nécessitaient immédiatement son emploi. La Sœur s'affaiblit : le membre mala(^e s'atrophie.
C'est dans cet état que, le 12 septembre 1904, la Sœur Justinien partit pour Lourdes, après dix-neuf mois de séjour dans un appareil plâtré. La malade, très légère, fut allongée dans une corbeille en osier et fit le voyage dans ces conditions.
Au retour de Lourdes, la malade est examinée. La douleur, au niveau de l'articulation coxo-fémorale, a complètement disparu. Les mouvements sont libres dans tous les sens et l'articulation malade semble aussi saine que l'autre. Toutefois, il persiste encore un peu de raideur au genou et au pied, et la Sœur ne peut complètement allonger la jambe. Son poids est de 70 livres. La malade s'assied facilement, marche avec un bâton, la jambe atrophiée étant sans force. Je revois la Sœur à diverses reprises : l'amélioration s'accentue; l'articulation de la jambe est aussi libre qu'auparavant. La Sœur prend des forces. Actuellement elle marche facilement, sans bâton, et peut même courir. Elle s'alimente et pèse 88 livres. Elle ne conserve que très peu de raideur au niveau du genou. Il y a lieu de croire que la guérison sera complète d'ici peu.
Saint-Brieuc, 10 novembre 1904.
D"^ Hery, D"^ Nimier.
Maintenant la guérison est absolument complète. L'état général de Sœur Justinien est excellent.
ATTEINTE DEPUIS DIX-SEPT ANS d'uNE COXALGIE GUÉUIE LE 17 SEPTEMBRE 1003
M"" Clément, fille du général Clément, est malade depuis dix-sept ans d'une coxalgie avec lésions osseuses. Elle est venue à Lourdes avec le pèlerinage diocésain d'Agen, le i5 septembre iqoS. Elle nous fait en ces termes le récit de son pèlerinage :
« A mesure que les jours qui me séparaient de Lourdes étaient moins nombreux, ma santé semblait s'altérer davantage, comme si Dieu eût voulu éprouver notre foi, celle de mes parents surtout. Pour moi, inébranlable dans ma conviction, je demeurais cependant sans désir, ou dans mon désir j'étais entièrement soumise à la volonté de Dieu.
« La veille de mon départmes amis vinrentme dire adieu, mon médecin lui-même examina cette pauvre jambe. Je souffrais beaucoup ce jour-là et chacun me regardait comme atteinte d'une folie douce, d'un caprice de malade. En me remettant son certificat le Dr de Nazaris me dit : « C'est une folie, remettez votre « départ à quelquesjours. — Non, lui dis-je, tant mieux « sic'estfolie, on verramieuxl'œuvredeDieu, je pars.» Le mardi i5 septembre, après une nuit afi'reuse, mes parents m'embarquèrent, le cœur bien gros. Tous ceux qui me voyaient passer, portée sur les bras de deux hommes d'équipe, disaient tout haut : « Si celle-là « nous revient guérie, je croirai! » Ont-ils cru? Je ne sais...
« Le voyage fut très pénible. La religieuse et mon amie, M'ie L..., durent me soulever sur leurs bras, car chaque cahot m'arrachait un cri de douleur. J'arrivais
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à Lourdes à 5 heures du soir, brisée: j'eus un premier évanouissement quand on me sortit du wagon, un second dans ma voiture, enfin un troisième en arrivant à l'hôtel. Je souffrais tant que ce ne fut qu'à 7 heures qu'on put me toucher pour me coucher. Cependant dans tout le trajet de la gare à l'hôtel, mon dévoué brancardier, M. le curé Roux, marchait avec une infinie précaution. Ace moment, j'étais une vraie loque humaine sans pensée, sans désir. Je me voyais à Lourdes et c'est à peine si une prière me venait aijx lèvres. Le lendemain, il fallut trois personnes pour me porter dans ma voiture. En arrivant à la grotte, la messe allait commencer. La sainte communion reçue, la vie etlesang de Notre-Seigneur Jésus- Christ m'ont réellement régénérée, ma jambe était agitée d'un long frémissement, mais sans souffrance. J'ai eu alors le sentiment très net que Jésus venait de me guérir. Je me sentais revivre et chaque minute semblait m'apporter un souffle plus intense, mais je ne marchais pas encore.
« A cette heure, à des centaines de lieues de moi, une personne de ma famille avait la révélation de ma guérison. Mon oncle, le P. Victor, religieux prémontré, en exil àDinant (Belgique), disait la messe pour moi, il était 8 heures. Il me vit au moment de l'élévation, marchant, guérie et rendue à ma famille. Sa messe dite, il fit part au Père abbé de ce qui venait de lui arriver ; aussi à l'abbaye personne ne fut surpris, par le télégramme apportant la bonne nouvelle. »
Vers 3 h. 1/2, on vient la chercher pour la procession; son rang de malade la mettait dans les dernières voitures du côté droit. Les invocations montaient vers le ciel :
« Le Saint-Sacrement passe près de moi, poursuitelle. A ce moment, une force me pousse en avant et je me mets à genoux, des deux genoux: mais je
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ne puis me redresser ni marcher. Le Saint-Sacrement passe, je ne suis pas guérie. Tout était donc fini pour moi: j'avais obtenu une amélioration, rien de plus. Tout à coup, Mgr Dubiliard, évoque de Quimpcr, qui cependant ne me connaissait pas, revient brusquement vers moi, et il me remet le Saint-Sacrement sur la tète. Oh! c'est alors que j'ai senti que tous mes maux avaient disparu, que j'étais guérie et que Jésus venait de me répondre. Je saute de ma voiture sans aide et je fais seule, sans appui, une cinquantaine de pas, moi qui n'avais pas mis le pied à terre depuis tant d'années!
« La foule à ce moment se jette sur moi; ceux qui étaient à Lourdes se rappellent son enthousiasme, son délire. Pour aller au Bureau des Constatations, pour traverser l'esplanade, nous avons bien mis quarante minutes. Au milieu de cette cohue, j'avais perdu ma religieuse, mon amie, tout mon entourage. J'entrai au Bureau seule, ahurie. On venait de m'arracher mon peigne, de casser ma chaîne, et ce fut un soulagement pour moi de me sentir entin dans une pièce fermée.
«Je donne mon certificat et après avoir enlevé mon appareil, on procède à la grande constatation. Tous les médecins présents, français et étrangers, peuvent m'examiner tout à leur aise, me mesurant et étirant ma jambe en tous sens. Certainement on aurait donné une coxalgie à un membre sain si la sainte Vierge ne faisait pas, bien les choses. Je fus, il est vrai, déclarée guérie partons.
« Malgré de longues dépèches, mes parents ne pouvaient croire à ma guérison. A mon arrivée à la gare, le vendredi matin, mon père croyait rêver en me voyant marcher, et la vieille cuisinière tremblait d'émotion. Mais rien ne fut comparable à celle de mon dévoué chirurgien, le D' de Xazaris. Il arrive à
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II heures, entre dans lasalle à manger où je déjeunais de bon appétit, m'embrasse et me dit : « Je crois à « une amélioration dans votre état, vous marchez, « maisjenecrois pas à un miracle. Je veux vous exami- « ner ce soir. » En sortant, il rencontre une dame et lui dit encore : « Je ne crois pas à un miracle. » Telle était son opinion à ii heures. Entin 5 heures arrivent,
Arrivée de M"' Clément à Lourdes sur son brancard
il me tardait un peu, car je me disais : s'iln'est pas de bonne foi, tout est perdu. On m'étend sur mon lit et commence une fois de plus le fastidieux examen. A mesure que la conviction se faisait en lui, son émotion augmentait : « Mais je ne suis pas fou, disait-il, « je sais comment était la jointure de cette hanche. Il <( n'y a plus trace de maladie... » Et il rédigea son certificat après l'examen. Son opinion s'était modifiée au point qu'il alla se dédire auprès de la dame à laquelle il avait parlé le matin.
« Huit jours après ma guérison, je faisais un long
126 l'ceuvke de lourdes
trajet à pied pour assister à la messe d'aclions de grâces. Depuis, le temps a passe, voilà bientôt dixhuit mois, je marche plus et mieux que l^eaucoup, sans boiter et je n'ai jamais plus soufTert. En me sentant guérie, je me suis dit que Notre-Seigneur venait de me répondre... Ma vie c'était à présent l'apostolat. Je voulais le glorifier et le faire aimer.
« J'ai eu depuis quelques années une foi profonde en la présence réelle. Je la sens dans nos églises si présente, si agissante ! Jésus y est vivant et la plupart des chrétiens le traitent comme un Dieu mort. Dans les catéchismes que je fais aux enfants, j'ai toujours, comme malgré moi, insisté sur la présence réelle.
« Cependant il n'y avait rien dans mon état d'âme présent et passé qui put motiver cette grâce de Notre- Seigneur, j'en étais indigne plus que personne. Peutêtre a-t-Il exaucé tant de prières, faites à mon intention, eta-t-Il voulu récompenser en ma personne toute une longue lignée de vertus et de sainteté, car en remontant bien haut dans le cours des âges, je trouve à chaque pas, jusqu'à nos jours, des prêtres, des religieux, des religieuses, des moines, des martyrs même dans ma famille. « Dieu regarde avec complai- « sance ceux qui lui paient l'impôt du sang, m'a dit « un jour un saint évêque. «Voilà donc quels auraient été mes protecteurs auprès de Dieu. »
Nous avons pris le récit de M'i^ Clément au moment de son départ pour Lourdes. Si nous l'avions suivie pendant ces dix-sept années de maladie, nous aurions vu comment Dieu avait épuré son âme par la souffrance et l'avait rendue digne des grâces insignes dont elle devait être l'objet.
« Mon certificat, dit M"e Clément, raconte toutes mes recimtes successives, tous les traitements que j'ai eu à subir, mais ce qu'il ne saurait dire, ce
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sont toutes mes crises d'àme qui ont accompagné mes souffrances physiques.
« Prise jeune par la maladie, alors que la vie me souriait et que j'avais Tardent désir d'en jouir, j'ai passé des années à lutter et à me révolter contre l'adorable volonté de Dieu. J'aurais aimé le monde, aussi me sentir clouée dans une complète immobililé, à la charge de tous, était pour ma nature ardente et autoritaire un joug insupportable. Dès qu'un mieux léger se manifestait, je me livrais sans mesure à tout ce dont j'étais privée, sans vouloir écouter aucun avis. Les crises se multipliaient cependant, autant en fréquence qu'en durée, et ma coxalgie c'était l'infirmité, la vie brisée, l'avenir sans espoir. Au reste, par une sorte de fierté mondaine, je ne voulais pas être plainte, je demeurais gaie, souriante, alors qu'une plaie cuisante me rongeait. »
Nous arrêtons là le récit si émouvant de cette guérison, écrit par la malade elle-même. Ce qui donne à ce fait un très grand intérêt au point de vue médical, c'est que le caractère organique de la coxalgie ne peut être mis en doute. Dans un rapport très précis, rédigé par le D' Goux, au début de la maladie, ce médecin constate qu'il existe des accidents analogues du côlé de la colonne vertébrale et des abcès par congestion dans l'aine. Ce dernier signe démontre d'une fjiçon irrécusable qu'il y avait des lésions osseuses dans l'articulation et dans la colonne vertébrale. C'était une dialhèse qui évoluait et qui a fini par se fixer dans la hanche.
Depuis sa guérison, toute la ville d'Agen a pu la voir marcher, se mouvoir, se mettre à genoux, sans aucun cmbaras. On l'avait vue pendant de longues années dans sa voiture de malade, avec des roues en .caoutchouc pour lui éviter toute secousse. On la
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voit aujourd'hui, traverser les rues d'Agen pour visiter ses malades ou faire le catéchisme à des enfants. La preuve de la guérison est défmitivement acquise. Son médecin, le D»" deNazaris, nous donne tous les détails de sa longue maladif dans le certificat suivant:
Je soussigné, docteur en médecine, ancien chef de clinique chirurgicale, certifie avoir examiné M"* Marie-Ange Clément le i8 septembre igoS, à son retour de Lourdes et avoir constaté ce qui suit :
Antérieurement : l'articulation coxo-temorale gauche qui, depuis dix-sept ans, était fixée dans un très léger degré de flexion à la suite d'immobilisations prolongées, qu'avait dû subir la malade dans des gouttières Bonnet, était incapable de se fléchir, même avec un certain eftort manuel, et quel que fût le mouvement qu'on voulait imprimer à l'articulation. La malade avait été mise en gouttière par les D'^ de Gaulejac, père, et Goux, puis examinée par le D"" Villemain, professeur au Val-de-Grâce, et le D'' Labat. Le D' Goux l'a soignée depuis l'origine du mal jusqu'au moment où il a cessé de pratiquer. Vers l'année 1892, je trouvai moi-même la hanche dans cette attitude anormale, ayant entraîné un raccourcissement de 4 centimètres 1/2 au membre inférieur de gauche, et la malade, pour marcher pendant les périodes d'accalmie de la douleur, était obligée, pour obvier à ce raccourcissement du membre, de prendre un point d'appui sur le bout du pied, le talon ne pouvant venir se mettre au contact du sol.
Cette raideur de la hanche était, depuis dix-sept ans, un obstacle insurmontable à la station assise normale. La malade devait prendre certaines précautions pour s'asseoir, et était obligée de laisser la jambe étendue, ce qui l'empêchait de fléchir le buste en avant, quand elle était assise.
C'est dans cet état que je trouvai M"* Clément lorsque des douleurs très vives, spontanées et, à la pression, nettement localisées à l'articulation coxo-fé morale, m'obligèrent à condamner encore une fois cette jointure à un repos absolu.
Depuis le 18 avril 1902 jusqu'au i6 septembre 1903, les révulsifs et les immobilisateurs n'avaic nt pu venir à bout des douleurs parfois fort vives que la malade éprouvait. Dix-sept mois d'immobilité n'avaient procuré aucun soulagement.
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Le 18 septembre igo'i, quel n'a pas été mon étonnement de constater que l'articulation coxo-fémorale de M"'' Clément était susceptible d'exécuter tous les mouvements normaux de celte jointure, et cela dans le maximum d'amplitude, sans
M "' Clément après sa guérison
réveiller aucune douleur, quelle que soit la brusquerie qu'on mette volontairement à faire exécuter ces mouvements.
Il est impossible à la main de percevoir aucun craquement, aucun froissement articulaire, pendant la production de ces mouvements.
Malgfré l'atrophie musculaire des muscles de tout le membre inférieur gauche, atrophie marquée par une diminution de 4 f^enlimctres d(^ circonférence à la cuisse, M"' Clément peut, non seulement faire tous les mouvements
i3o l'œuvre de lourdes
volontaires de l'articulation coxo-fémorale, mais encore marcher, en appuyant sur toute la face plantaire du pied sur le sol, et s'asseoir dans une attitude absolument normale.
Je dois à la vérité de dire, malgré la grande réserve à laquelle nous sommes tenus en présence de guérisons aussi soudaines, dans les circonstances particulières où elles se sont accomplies, qu'il s'est passé dans cette jointure enraidie par une inmiobilisation de plusieurs années, un fait a^ormal extraordinaire qui va à l'encontre de tout ce que nous avons l'habitude de constater cliniquement en pareilles circonstances.
En foi de quoi j'ai délivré le présent certificat.
21 septembre 1903.
D"" DE Nazaris.
IVIi'e ïV[flRlE-Tj4ÉHÈSE NOBliET
ATTEINTE I>'UN MAL DE POTT, GUÉRIE LE 3l AOUT igoS
M"e Marie-Thérèse Noblet, d'Épernay, âgée de quinze ans, souffrait de la région dorsale depuis le mois de janvier dernier. Les douleurs avaient augmenté rapidement d'intensité, et, les médecins ayant reconnu un mal de Pott dorso-iombaire, la malade fut transportée en wagon-lit à Paris, où on lui appliqua un premier corset plâtré.
Il existait alors une hémiplégie qui céda partiellement au bout de trois semaines ; le bras gauche reprit ses fonctions, mais la jambe gauche resta insensible et privée de mouvement. Quelque temps après, la jambe droite se paralysa également. Au mois d'avril, à Epernay, on remplaça le premier corset plâtré par un autre plus grand: mais malgré tous les moyens
COXALGIES l3l
employés, les douleurs n'avaient jamais cessé, et la marche avait toujours été impossible depuis le début de la maladie.
C'est dans cet état que Mi'e Noblet a entrepris le pèlerinage de Lourdes. Ce voyage fut très pénible à la jeune malade qui resta couchée sur un brancard pendant tout le trajet d'Épernay aux Pyrénées. A son arrivée à Lourdes, ses jambes étaient raides et fixées dans l'extension depuis trois semaines ; l'insensibilité était toujours complète dans les membres inférieurs et les douleurs dans le dos plus vives que jamais.
La malade n'a pas été plongée dans la piscine, à cause de son corset. Le jeudi 3i aoiil, à la procession du très Saint-Sacrement, les douleurs devinrent plus violentes et continuèrent à augmenter d'intensité jusqu'au retour à l'hôpital où elles cessèrent brusquement ; la jeune fille s'écria alors : « Je suis guérie ! »
Le lendemain, vendredi i"- septembre, le corset lui fut enlevé au Bureau des Constatations, et M^'e Noblet se mit à marcher facilement et sans aucune douleur. A l'examen, les médecins remarquèrent à la région dorsale inférieure un creux très prononcé, mais ils ne trouvèrent aucune sensibilité à la pression de la colonne. Nous reproduisons ici le récit de M. le D»" Régnier, de Neufchàtel-sur-Aisne :
« C'est ce vendredi i*^' septembre qu'il m'a été donné d'approcher de plus près la jeune Marie-Thérèse Roblet.
« Déjà, au cours du voyage, je l'avais aperçue toute blanche et résignée sur son lit-brancard. A Ars d'abord, le i25 avril, à son arrivée dans l'église, puis quelques instants a[)rès à la garede Villefranche, au moment où, avec mille précautions, on la descendait de la voiture réservée aux grands malades.
« Le 3o, je la retrouvai à Fourvières : j'ignorais
i3t2 l'(euvre de lourdes
alors à peu près toul de son passé médical et il en fut ainsi jusqu'au moment même où je la revis à Lourdes au Bureau des Constatations médicales.
« Un peu émue à mon entrée, M"« Noblet m'accueillit néanmoins en souriant et son expression n'avait rien que de très naturel : bien sûr, ce n'était pas une hallucinée que j'avais devant moi; d'ailleurs, n'eussé-je pas été prévenu alors du diagnostic, que la vue du plâtre emprisonnant complètement le torse de la malade depuis le cou jusqu'aux ischions ne m'eût laissé aucun doute. A cet instant, l'interne, armé d'un vulgaire couteau de poche, avait déjà attaqué la partie postérieure du corset, mais celui-ci était d'une épaisseur telle qu'il fallut recourir à un marteau; alors péniblement, par à-coups, nous arrivâmes, — car j'avais dû mettre la main à l'œuvre, — à extraire la malade de sa gangue de plâtre, non sans avoir dû endommager fortement le léger vêtement de jersey qui en formait comme la doublure.
« Enfin libre, la taille fortement cambrée, encore dans l'attitude que lui avait donnée l'appareil, la jeune iille se mit à faire quelques pas soutenant elle-même ses vêtements.
« Sur le dos mis à nu, et du haut en bas de la colonne vertébrale, je pus constater qu'aucune pression n'éveillait la moindre douleur; on voyait seulement une tâche violacée de la longueur d'une pièce de '2 francs environ, un peu plus à gauche de la ligne des apophyses, à la cambrure même de la taille, mais ni là, ni plus bas sur toute la région lombaire, il n'y avait plus ni saillie ni douleur, ni trace d'aucune collection purulente.
« Ce n'est qu'après cette scène inoubliable que je pus prendre connaissance du certificat médical très détaillé, très circonstancié délivré, à la veille du départ pour Lourdes, par le confrère d'Epernay qui avait
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