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etjetez à la prise d'eau des qulntauxde fluor escine!... Et puis rendez-vous aux divers robinets dont nous avons parlé, et attendez Veffet de la coloration! Je vous engage à vous armer de patience avant l'épreuve, car l'attente sera longue...
« Acceptez-vous, monsieur l'ingénieur hydrologue? Vousvoyez (pieje ne cherche pasà medérober. Etafin que nul n'en ignore, demain j'enverrai cette lettre à plusieurs journaux.
« Si ces expériences tournent à ma confusion, je m'engage à le publier dans le Journal de la grotte et dans les Annales de Notre-Dame de Lourdes, et de plus à l'afficher en gros caractères et durant six mois^ soit à la grotte, soit aux piscines.
«Si les expériences tournent à votre confusion, vous le publierez dans tous les journaux qui ont reproduit vos articles : vous en avez pris l'engagement d'honneur, et je veux croire que vous ne faillirez pas à votre parole.
« Acceptez- vous, monsieur Probst?
« Vous avez beaucoup parlé d'un pari de 40.000 fr. Est-ce sérieux?... Môme dans le cas très invraisemblable où. vous réussiriez à déposer les 40.000 francs, vous savez très bien que cela n'aboutirait à rien ; la loi ne reconnaît pas ces sortes de paris; et même après vous avoirconvaincu d'erreur et de diffamation, je n'aurais aucun moyen de vous obliger de verser cette somme entre mes mains. Sans cela, je m'empresserais d'accepter le pari.
« Je m'arrête là pour aujourd'hui, et je veux espérer qu'après avoir tant parlé, après m'avoir tant de fois défié de vous répondre, vous ne reculerez pas devant ma proposition.
« J'ai l'honneur de vous saluer. «
Lourdes, le 22 août 1902.
PoiNTIS, Supérieur des Missionnaires de Lourdes.
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Extrait de la « Ghronicle » de Chicago
C'est cet article qui a fait le tour de l'Amérique: on peut voir par cet exemple à quel degré d'aberration la presse peut descendre. Nous citons textuellement :
Un vieux Sanctuaire démantelé. — Canalisations employées pour alimenter la grotte. — La source miraculeuse trop peu abondante pour suffire à toutes les demandes. — Découverte faite par un dévot ingénieur dont la femme mourut dans la grotte.
« Par càblogramme spécial.
« Paris, i6 août 1902. — Louis Probst, ingénieur du gouvernement, alFirme que la presque totalité de l'eau livrée aux pèlerins de Lourdes ne vient pas de la grotte oui, dit-on, la Vierge serait apparue, mais est amenée d'une rivière dans une grotte voisine par des canalisations souterraines, secrètement pratiquées par des moines, il y a de longues années.
« M. Probst occupe une haute position (il est employé de commerce) et est un catholique romain fervent (lisez luthérien).
« Il y a un an, espérant obtenir, par un miracle, la guérison de sa femme, atteinte d'une maladie déclarée incurable par les médecins, M. Probst amena son épouse à Lourdes, mais à peine l'eut-il plongée dans la piscine qu'elle y mourut! (Sa femme se porte très bien.)
« Or, pendant qu'on procédait aux préparatifs des funérailles de sa pauvre femme, l'ingénieur passa quelques jours en observation, et découvrit, ce faisant, que l'eau employée pour la mise en bouteilles n'avait pas la même saveur que celle de la grotte, et il lui vint à l'idée que l'énorme quantité d'eau con-
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sommée ne pouvait être fournie par la maigre source delà grotte.
«Dans la suite, M. Probst fut chargé par le gouvernement de procédera une enquête à ce sujet, et voici qu'il vient de faire un rapport dans lequel il publie, avec le plan des canalisations souterraines, des analyses qui nous montrent des éléments chimiques différents dans les eaux susdites. (Tout ce paragraphe est inventé de toutes pièces.)
« L'an dernier, 3 millions (au lieu de 3 millions lisez I million) de pèlerins environ sont allés à Lourdes, et les moines qui dirigent le pèlerinage ont envoyé aSo.ooo (ce chiffre dépasse toute vraisemblance) dollars au denier de Saint- Pierre, sans parler des achats de maisons et de terres qu'ils ont faits pour leur propre compte.
« Il y a (juinze ans encore, Lourdes n'était qu'un simple petit hameau. Aujourd'hui, c'est une ville splendide de 80.000 (quatre-vingt mille) habitants. » (Lisez 9.000 habitants au lieu de 80.000.)
Voilà certes un journal bien renseigné et qui, lui, doit posséder de fantastiques tuyaux, pour si bien servir ses heureux lecteurs! Nul besoin, n'est-ce pas? d'être, soit ingénieur, soit hydroscope ou hydrologue, pour en être convaincu.
La source. — Son débit. — Sa canalisation. Ses réservoirs.
A sa sortie du rocher de Massabielle, dans lequel la grotte est creusée, l'eau de la source miraculeuse coule, d'abord à l'air libre, sur un parcours de
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2 mètres, dans une rigole en ciment, profonde d'environ o™ 25.
Un grillage en fer, fermé par un cadenas, empoche l'eau qui parcourt cette rigole d'être salie par les corpuscules de toute nature que le vent fait tourbillonner fréquemment dans la grotte, tout en permettant de s'assurer que l'eau miraculeuse, bien loin d'être amenée par des procédés artificiels, sort réellement et naturellement de la grotte.
A la rigole fait suite un tuyau en fonte, prolégé contre les chocs par un revêtement en ciment; il contourne la base du rocher, au niveau du sol cimenté, et aboutit, en dehors de la grotte, à une cloche en tôle rivée, dans laquelle est renfermé un gros robinet à deux eaux ; c'est le terme technique qui sert à désigner un robinet à deux directions. Selon que l'on tourne le robinet dans un sens ou dans l'autre, l'eau de la source s'échappe au dehors par trois tubulures, à libre débit, situées en face de la sacristie de la grotte, ou bien elle est dirigée, toujours en suivant la pente naturelle, dans un premier réservoir jaugeant So.ooo (cinquante mille) litres ou 5o (cinquante) mètres cubes, placé entre le magasin de vente des cierges et les piscines, au-dessus des douze robinets à ressort, auxquels les pèlerins ont coutume de puiser de l'eau.
C'est également à ces robinets que les employés des missionnaires viennent, plusieurs fois par jour, remplir la petite voiture-citerne, bien connue de tous les habitués de la grotte, dans laquelle ils transportent jusqu'à l'atelier d'embouteillage, aménagé sous les arcades de la rampe sud du Rosaire, l'eau que l'administration de la grotte expédie dans le monde entier. Le trop-plein de ce premier réservoir se déverse dans les piscines.
Mais comme le débit de la source de la grotte, bien
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qu'il alleij?ne 122.000 (cent vingl-deux mille) litres ou 122 (cent vingt-deux) mètres cubes par vingt-quatre iieures, serait loin de sulfire, les jours de grand pèlerinage, aux bains, au remplissage des bidons des pèlerins el à la mise en bouteille tout ensemble, si on la laissait se perdre inutilement dans la nuit, les missionnaires ont eu la prévoyance de consliluer une puissante réserve, en faisant construire sous l'église du Rosaire un second réservoir pouvant contenir 450.000 litres ou 43o mètres cubes. Toutefois, ce réservoir étant notablemement plusélevé que le point où la source sort du rocher, pour y amener l'eau de la grotte, il a fallu installer sous l'escalier, par lequel on monte de l'esplanade à la terrasse dominant le portail du Rosaire, une petite turbine mue par un courant d'eau détourné du canal du Sàvy, dans le voisinage de l'usine électrique, et qui traverse toute l'esplanade par un conduit souterrain.
La turbine fait mouvoir une pompe aspirante et foulante dont le tuyau d'aspiration se raccorde directement avec le petit réservoir voisin des piscines, tandis que le tuyau de refoulement élève jusque dans le réservoir du Rosaire l'eau en excès, qui n'est pas employée en bains, en boisson ou aux expéditions en bouteilles.
C'est donc l'ignorance de la disposition des lieux et des aménagements non apparents que les diverses nécessités des pèlerinages ont engagé les missionnaires à adopter, qui a causé une regrettable confusion dans certains esprits, et qui a donné naissance aux fables puériles ou malveillantes relatives à la prétendue substitution totale ou partielle de l'eau du Gave à l'eau de la grotte, dont on accuse les Révérends Pères d'être coupables. Pas plus dans l'eau des piscines que danscelle qui se boit aux robinets ou s'expédie au loin en bouteilles, il n'entre la plus intime
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quantité d'eau du Gave, ne serait-ce qu'un centimètre cube. La provision emmagasinée dans le réservoir du Rosaire sufTit à tous les besoins, môme pendant la plus grande aflluence de pèlerins.
Louis Bans.
Tout le plan de canalisation de l'eau de la source a été dressé par l'architecte de la ville de Lourdes. Nous demandons que ce plan soit affiché dans les piscines :on pourra se rendre compte d'un coup d'œil de tous les travaux qui ont été faits. Ce qui nous semble prouver au surplus que l'eau de la source ne subit aucun mélange, c'est qu'elle reste toujours limpide, tandis que l'eau du Gave devient trouble à la suite des orages, ou de la fonte des neiges.
L'eau de la source a été analysée bien souvent, surtout par M. le professeur Filhol qui a reconnu qu'elle avait toutes les qualités d'une eau potable et qu'elle n'avait aucune substance active capable de lui donner des propriétés thérapeutiques. Tous les détails de cette analyse ont été du reste publiés partout.
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