‹ L'Œuvre de LourdesChapitre 25 sur 47 · CONVERSION D UN MEDECIN PROTESTANT · texte numérisé non relu

CONVERSION D UN MEDECIN PROTESTANT

je la trouvais fort belle, et depuis ce jour-là je n'ai cessé de la réciter matin et soir.

« Cette prière eut aussitôt uneinfluence marquée sur le cours de mes idées. Elle semblait m'élever audessus de mes préoccupations habituelles. Au mois de décembre 1889, il y avait à peine un mois que je la récitais, lorsque je fus invité à me rendre dans une réunion de protestants. Je crus qu'il s'agissait de quelque fête de charité, car depuis long temps, j'avais cessé de prendre une part active au\ pratiques de la religion protestante. Le ministre nous lut une épitre de saint Paul qui me frappa beaucoup. J'achetai une bible et chaque jour j'en lisais quelques pages. Tout un nouvel ordre d'idées s'ouvrit alors devant moi.

« J'arrivai bientôt à reconnaître la divinité de Notre-Seigneur Jésus- Christ et par un enchaînement d'idées j'admis l'existence d'une Eglise qui devait être unique et immuable.

« Mais où trouver cetteÉglise? Chez les protestants, ils étaient trop divisés entre eux. Chez les catholiques, j'avais trop de préventions pour chercher la vérité de ce côté. Je restai deux ans dans cet état d'indécision, récitant toujours ma prière.

« Au mois de décembre 1891, un magistrat de New- York, toujours un protestant, me donna les sermons du cardinal Newman, écrits avant sa conversion.

Le Docteur Bull

Cette lecture me fit faire un pas de plus. Je compris que la raison ne suffit pas pour conduire à la foi, que la foi est un don du Saint-Esprit accordé à celui qui la demande humblement. En feuilletant les ouvrages de Newman, je trouvai un hymne qu'il avait composé alors qu'il était encore protestant, pour demander la lumière : Lead kindlyliglit. « Conduisez-moi lumière « divine. » Je me misa réciter cette prière avec beaucoup de ferveur et, sans m'en douter, je suivais la même route que le cardinal pour arriver à la foi.

« Une idée fixe s'empara bientôt de mon esprit : l'idée que je devais chercher la vérité dans l'Eglise catholique, ce fut ma dernière étape, et cependant huit mois devaient s'écouler encore avant ma conversion.

« J'avais confié mon état d'àme à une amie qui me remit un catéchisme de Westminster. Je le lus avec beaucoup d'intérêt sans être arrêté par aucune difficulté: en même temps le P. Mathieu, passioniste irlandais, de l'avenue Hoche, me faisait lire des livres de controverse écrits par des ministres protestants convertis. Au mois de décembre 1891, j'entendis la messe pour la première fois dans la chapelle des Pères de l'Assomption de la rue François I^', mais je n'y compris rien; une dame me conduisit ensuite chez les Sœurs de la rue de Lubeck, je fut très frappé du recueillement de l'assemblée, jamais je n'avais vu prier avec cette ferveur.

« C'est au mois de mai 1892 que je ressentis pour la première fois un attrait pour la dévotion à la sainte Vierge, dévotion spontanée, don bien gratuit de la grâce, car rien ni dans mes lectures, ni dans les autres circonstances de ma vie ne m'inclinait de ce côté, du moins à ce moment-là plulôt qu'à un autre. Mais à partir de ce jour je marchai plus vite dans la voie de ma conversion, je ne me dirigeai plus, je suivis le courant qui me portait, la maladie vint

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