GUÉRIE A LOURDES EN
La guérison d'Esther Brackmann n'a pas été publiée ; elle est pourtant bien intéressante.
Le D' Lefèvre, médecin de l'hospice de Villepinte, n'hésite pas à reconnaître que M'^^ EstherBrackmann, atteinte de péritonite tuberculeuse, est restée parfaitement guérie depuis son retour de Lourdes, le 24 août 1896. Son certificat est du 8 juillet 1897.
Le 4 juin 1901 la supérieure de l'hôpital nous dit que cette jeune lille se porte comme si jamais elle n'avait été malade. Elle ajoute : « Esther est une grande et svelte jeune tille, tellement transformée (ju'on ne peut reconnaître l'enfant de seize ans qui
l'JI L ŒUVRE DE LOURDES
partit pour Lourdes en 1896 eu pleine poussée de péritonite tuberculeuse, petite, à l'aspect rachitique, défiant toutes les ressources de la médecine. Elle est toujours pieuse et bonne, elle a passé avec succès ses examens et elle travaille actuellement pour le brevet supérieur. Lorsqu'elle vient à Villepinte elle donne à toutes les malades le désir d'aller puiser aux mêmes sources la santé qui brille dans ses yeux.
Avant d'entrer à Villepinte celte jeune fille avait fait d'assez longs séjours à l'hôpital de la Charité dans le service du D^ Gouraud, à l'Hôtel-Dieu, chez le professeur Duplay. Ce dernier avait pratiqué l'ouverture et le lavage du péritoine, mais n'avait pu arrêter les progrès du mal. Le D' Gouraud avait pratiqué plusieurs ponctions, l'hydropisie se reproduisait sans cesse. Le D^ Gouraud a constaté sa guérison quelques mois après son retour de Lourdes. Il la croyait morte depuis longtemps.
Nous publions le récit de la jeune fille :
« Atteinte, dès l'âge de treize ans, d'une péritonite tuberculeuse avec épanchement, je fus examinée par le D' Gouraud, médecin de la Charité, lequel me fit entrer immédiatement dans son service; dès mon arrivée on me fit une ponction, puis une seconde le mois suivant et une troisième à peu de temps de là ; chacune de ces ponctions donnait de dix à quinze litres de liquide et chaque fois l'épanchement se reproduisait plus rapidement.
« Examinée alors par plusieurs docteurs, il fut question d'opération, leD' Gouraud me recommanda au professeur Duplay, qui m'opéra dans son service à la fin de juin iSgS. Au mois de juillet de la même année, j'entrai à Villepinte, où je reçus des religieuses les soins les plus assidus et les plus délicats: malgré cela, loin de reprendre des forces, je finis par m'alanguirde plus en plus; cependant je n'eus plus,
de ces grands épanehements nécessitant, comme avant l'opération, de fréquentes ponctions, mais ce fut la période aigui- : douleurs violentes, qui me rendaientlamarcheimpossible, (lèvre, vomissements, etc:
Esther Brackmann
l'application de vésicatoires et pointes de feu ne me soulageait que momentanément, aussi mon étal allait s'aggravant.
« Le D' Lefèvre, médecin de la maison, ayant déclaré que je n'avais plus que quelques mois à vivre, mon parrain demanda mon admission pour le pèlerinage national de 1896. Je fus admise pour le train
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blanc, avec quinze de mes compagnes, dont cinq gravement malades.
« Depuis longtemps, je me préparais à ce pèlerinage, en offrant à Dieu cliacune de mes souffrances et de mes sacrifices et ce fut le cœur plein de foi, d'ardeur et de confiance que je partis à Lourdes.
« Le voyage fut long et pénible. A Poitiers, je donnai même quelques inquiétudes, et à Bordeaux, pensant sans doute que je n'arriverais pas à Lourdes, un de nos Pères voulut me donner une dernière absolution, mais je ne voulus pas en entendre parler. Avant de quitter Villepinte nous avions convenu, mes compagnes et moi, de faire le sacrifice de notre guérison et de prier les unes pour les autres ; malgré cela, j'étais convaincue intérieurement, que je serais guérie. La fin du trajet fut des plus douloureuses, chaque arrêt du train me faisait perdre connaissance, ma faiblesse était extrême, n'ayant pu prendre depuis mon départ qu'un peu de limonade pour toute nourriture.
« Arrivée à Lourdes, je fus mise sur un brancard et transportée à la grotte où je lis la sainte communion en viatique ; peu après, je perdis connaissance. Que se passa-t-il pendant ce temps? Je ne sais; mais je me retrouvai à la piscine sans m'être rendu compte qu'on m'y avait transportée. Trempée dans la piscine avec le drap, par nos chères petites Sœurs, de nouveau je perdis connaissance; on me retira, mais sentant que je n'étais pas guérie, je suppliai qu'on me retrempât, décidée à ne pas sortir de la piscine sans être guérie; il fut fait comme je le désirais et on me replongea. Au même moment j'éprouvai une grande commotion et une forte chaleur intérieure. Aussitôt je pus me lever seule et je m'aperçus que l'enflure du ventre, qui précédemment était considérable, venait de disparaître subitement.
« On m'aida à m'habiller, et me sentant tout à fait vaillante je refusai de reprendre mon brancard, je partis à la grotte appuyée simplement sur un bras.
« Quelles furent mes impressions, à ce moment-là ? Il me serait difficile, je crois, de les exprimer, elles furent, sans doute, celles de tout miraculé: calme, joie profonde mais peu extérieure, et paix si absolue qu'il me semblait ne plus être de la terre; aussi, j'avoue que cet empressement de la foule autour de moi me paraissait tout à fait extraordinaire. Vers 1 1 heures, mourant littéralement de faim, notre aumônier me conduisit au restaurant, oîije pris, comme c'était un vendredi, œufs durs et pommes de terre à l'huile, aliments peu légers pour une malade qui depuis plus de six mois ne prenait guère que du liquide ; la digestion s'opéra sans douleur ni fatigue, et tout l'après-midi je pus suivre les exercices du pèlerinage ; le lendemain il en fut de même et je lis en plus le chemin de croix au calvaire, avec ma compagne Marguerite Ménaud, guérie le matin d'un ulcère à l'estomac.
« Le dimanche matin seulement, on me conduisit au Bureau des Constatations, où je fus examinée par plusieurs docteurs qui me trouvèrent encore un peu d'empâtement du côté gauche du ventre, dont je n'ai jamais souffert depuis.
« Le retour du pèlerinage s'effectua sans aucun malaise, et après quelques jours passés dans ma famille, je rentrai à Villepinte en véritable convalescente, ne pouvant me rassasier, engraissant à vue d'œil et courant et sautant dans toute la maison, comme on peut le faire à quinze ans.
« Le D' Lefèvrenecrut pas à ma guérison et voulut me garder un an en observation. Cette dernière année passée à Villepinte s'écoula sans que je fusse malade un seul jour et sans incident particulier, car
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la vie en cette sainte maison, loin de tonte agitation du monde, est calme, recueillie, égale, on y jouit d'une paix profonde; entourée des soins les plus délicats et les plus maternels, les grandes malades se préparent au passage de l'éternité avec une résignation joyeuse et meurent en véritables prédestinées. « A mon retour du grand pèlerinage de 1897, j^ quittai Yillepinte pour rentrer dans lemonde: depuis, lidèle à Notre-Dame de Lourdes je retourne chaque année, avec les chers malades du train blanc, prier au pied de la grotte bénie pour remercier la sainte Vierge de tant de grâces reçues et lui demander une foi nouvelle et toujours plus ardente afin de marcher dans la vie en véritable chrétienne. »
DE PALERME (siCILE), GUÉRIE LE I^'' SEPTEMBRE I90G
Au milieu des nombreuses guérisons de phtisiques, une des plus intéressantes est celle d'une jeune Sicilienne guérie le i^' septembre 1906.
Le 3i août à 3 heures de l'après-midi je trouvais Mil'' de Bénével sur un lit d'hôpital, la respiration haletante, crachant le sang, avec une lièvre ardente, pouvant à peine parler. Elle me remit une lettre de son médecin que je reproduis textuellement:
Mon cher Confrère, Je vous envoie une de mes clientes de Luchon, la comtesse de Bénével, Sicilienne d'origine, âgée de vingt-huit ans et atteinte de tuberculose héréditaire.
PHTISIQUES l-JJ
Sa mère est morte à quarante ans de cette afTection et sa jeune sœur est malade.
Son état actuel date de deux années ; elle a été soignée par plusieurs médecins, entre autres le professeur Grancher.
On l'a traitée par une suralimentation telle qu'en arrivant ici elle ne supportait plus aucune nourriture suflisante. Elle a une toux qui la fatigue beaucoup... De temps à autre, filets de sang dans les crachats. Fièvre de 39°, la nuit, et sueurs profuses que j'ai soignées vainement.
Quelques adénites du cou et sous les bras ; un genou gonflé de liquide.
Voilà, mon cher confrère, tous les renseignements que je peux vous donner sur ma cliente.
Agréez...
Jeudi, 30 août 1906.
Henry Racine.
M'ie de Bénével arrivait à Lourdes dans la soiréedu vendredi 3i août. Le lendemain, samedi i^' septembre, à la procession du Très- Saint- Sacrement, elle est guérie, et les nombreux médecins qui l'examinent ne trouvent plus aucune trace du mal dont elle souffrait. Frappé, plus qu'on ne saurait dire, de la complète transformation qui vient de s'opérer dans l'état de cette jeune fdle, j'écrivais le lundi matin, 3 septembre, à M. le D' Racine :
Très honoré Confrère,
Votre malade, à son arrivée, m'a remis votre lettre. Elle était en bien mauvais état : fièvre, toux, crachements de sang, étoudcments, les traits tirés. Son état nous parut très grave, et nous eûmes la pensée de la faire conduire à l'hôpital.
Le lendemain, on n'osait pas la baigner. A la procession de 4 heures, c'était une vraie résurrection : plus de toux ni crachats; les forces et l'appétit retrouvés, elle courait au milieu de la foule qui menaçait de faire des reliques de ses vêtements. 11 n'y a plus de râles ; la respiration est légèrement souillante à droite.
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Donnez-moi votre avis sur ce changement si rapide et si complet : est-il d'ordre médical?Je suspends mon jugement : il faut que le temps condrme tous ces résultats.
Croyez à me» meilleurs et plus dévoués sentiments.
Notre-Dame de Lourdes, le 3 septembre 1906.
D*" BOISSAUIE.
Constatation de la guérison par M. le D'^ Racine
Au moment où j'allais mettre cette lettre sous enveloppe, celui à qui je la destinais, M. le D' Racine, informé par sa cliente de son retour à la santé, venait, de Luchon, constater lui-même la prodigieuse guérison de Mlle Bénével. Longtemps et très soigneusement il l'examina et l'interrogea, puis, au bas même de ma lettre, il écrivit la déclaration dont voici la teneur :
Je, soussigné, ayant soigné M"^Carinade Bénével à Luchon, certifie qu'elle a été guérie de tuberculose pulmonaire datant de deux ans, intéressant les deux poumons, avec fièvre continue, amaigrie par des vomissements continus aussi, anémie complète, sueurs profuses, adénites du cou et de l'épaule, tumeur blanche au genou droit et menacée de phtisie galopante, à Lourdes, le 1" septembre 1906, pendant la procession du Très- Saint- Sacre ment.
Lourdes, le 3 septembre 1906.
D' H. Racine.
Avant de porter un jugement sur cette guérison, nous devions consulter les divers médecins qui avaient soigné cette malade.
Deux lettres de M. le D-^ Béliard, de Paris
A la date du 28 septembre 190.5, M. le D' Béliard, domicilié à Paris, 162 boulevard Voltaire, adressait à M"'" la princesse deTorrebruna Landolina, duchesse de Sorrenlino, à Palerme, dont M''^ de Bénével était la protégée, une lettre dont voici de larges extraits :
Princesse,
J'ai été appelé à donner mes soins à M"'' de Bénével, à laquelle vous vous intéressez... Cette jeune fille, très sympathique et très courageuse, est atteinte, sans nul doute, de tuberculose pulmonaire; elle a beaucoup maigri, et tout dernièrement elle a présenté d'assez abondants crachements de sang. L'auscultation de sa poitrine révèle des lésions notables. Vous savez sans doute, princesse, que, dans cescas, les guérisons sont rares et incertaines, qu'on les obtient avec l'hygiène la plus sévère.
Peul-on la guérir? J'en doute ; l'améliorer, probablement, et en la mettant dans les conditions hygiéniques, nécessaires, et en lui donnant l'asile d'un sanatorium.
Daignez agréer, etc..
D"" Octave Béliard,
Ifi-J, boulevard Voltaire, Paris.
D'une autre lettre, adressée, un mois plus tard, par M. le D' Béliard à la princesse de Torrebruna, nous extrayons ces lignes :
Princesse, Après la première lettre que vous avez bien voulu m'adresser,je me suis enquis d'un sanatorium, et j'ai reçu des renseignements sur deux établissements très confortables et convenant en tous points à la malade. La direction du premier,
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situé à Meung-sur-Loire, m'a seulement averti qu'on n'hospitaliserait pas ma cliente, à quelque prix que ce soit, le spectacle d'une mort causant toujours une panique parmi les autres clients de l'établissement. Le second sanatorium qui m'ait donné des renseignements est celui d'Avon, près de Fontainebleau. Je ne sais s'il reçoit des malades rendus à la période de M"^ de Bénével. Je lui ai transmis ces renseignements.
Paris, 23 octobre 1905.
D'' Octave Béliakd.
Une lettre de M. le D' Salivas directeur du « Sanatorium » d'Avon-Fontainebleau
he 6 avril, M. le D^ Salivas, directeur du sanatorium d'Avon-Fontainebleau, oîi M"e de Bénével était entrée, annonçait, dans les termes suivants, à M^e la princesse de Torrebruna que le mal dont souffrait M"e de Bénével ne faisait qu'empirer :
Madame la Princesse,
J'ai l'honneur de venir vous donner des nouvelles deM"Me Bénével.
Cette malade, qui était en janvier dernier, comme je vous l'ai écrit, en bonne voie d'amélioration, est retombée très sérieusement depuis trois semaines.
Avon, le 6 avril 1906.
D"" Albert Salivas.
P. S. — Dans le cas de M"<= de Bénével, on peut hésiter, comme diagnostic, entre l'appendicite et une manifestation tuberculeuse intestinale. Quoi qu'il en soit, la situation est grave.
Une lettre de M. l'abbé Hamelein, missionnaire diocésain de Paris
Presque en même temps, M. l'abbé Hamelein, missionnaire diocésain de Paris et confesseur de
M'ie de Bénével, écrivait à la bienfaitrice de M""^ de Bénével :
Madame,
Je suis allé voir hier M"'' Garina, je l'ai trouvée dans un état de faiblesse beaucoup plus grand; le docteur a maintenant des inquiétudes sérieuses; il craint l'envahissement des intestins par la tuberculose. Ses souffrances, ses insomnies, la moindre nourriture, qu'elle ne peut supporter, rendent son état très inquiétant.
La pauvre enfant ne peut recevoir la sainte communion, car elle ne peut rien garder. Si elle éprouve quelque amélioration, M . le curé d'Avon lui procurera cette consolation.
Pour moi, je la crois bien mal et près de sa (in.
Paris, Je 7 avril 1903.
E. Hamelein,
Miss. dioc.
Une lettre de M. le chanoine Maupomé, curé-doyen de Luchon
Quelques mois plus tard, M'i^ de Bénével venait à Luchon, demander son rétablissement à l'air vivifiant de nos Pyrénées. Ce fut en vain, et le 17 août son état inspirait de telles inquiétudes que M. le chanoine Maupomé, curé-doyen de Luchon, en informait ]VIme la princesse de Torrebruna, par la lettre que voici :
Bagnères-de-Liiclion, le 17 août 1906.
Madame la Princesse, M"'' Carina Matton de Bénével est à Luchon depuis un certain temps déjà. Elle me dit que vous avez la bonté de vous intéresser à elle conmie une mère. J'ose donc me permettre de vous faire savoir, après avoir pris l'avis de l'excellent docteur qui la soigne, que l'état de sa santé est loin de s'améliorer et inspire de sérieuses inquiétudes.
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Elle est ici dans des conditions bien pénibles, seule... Je me demande même, non sans une grande allliction, ce qu'il y aurait à faire en cas de décès et à qui il faudrait s'adresser.
F. Maupomé, Curé-doyen, chanoine hotioraire.
Tous ces renseignements ne laissent pas de doute sur l'existence d'une phtisie pulmonaire à marche rapide.
Les crachats, analysés au laboratoire municipal de Paris, auraient révélé la présence de nombreux bacilles.
M^'e (Je Bénével nous raconte ainsi sa guérison :
« Le i«' septembre, malgré les supplications de la Sœur qui voulait me faire rester au lit, je voulus être portée aux piscines où, vu la gravité de la situation, on se contenta de me faire des lotions sur les parties malades. En sortant des piscines, je ressentis une légère amélioration. Je me lis porter à la grotte où je restai, immobile et accoudée dans ma voiturette, jusque vers l'heure de la procession eucharistique. A 4 heures on me transporta sur la place du Rosaire. Et quand, une demi-heure plus tard, je reçus la bénédiction de l'ostensoir, je dis à Jésus : « Si vous voulez « ma vie, je vous la donne sans regret, mais si vous « voulez me guérir, il vous suffît d'une parole et je « serai guérie. » Instantanément, je ressentis comme un courant électrique me traverser les veines. Je me jetai à genoux sur ma voiturette même, les bras en croix, je pleurai et remerciai le Seigneur. De mourante que j'étais, j'étais revenue à la santé et n'éprouvai plus aucun malaise.
« Après la cérémonie, je me redressai, je quittai ma petite voiture et je dis à la religieuse qui pleurait d'émotion : « Je suis guérie ! » La foule cria au miracle. Et les brancardiers ne réussirent pas à me
dégager de la foule qui voulait me porter en triomphe. Ils eurent grand'peine à m'amener auBureau médical ; le certificat de mon médecin en main, leD' Boissarie et nombre de médecins ne purent que constater le prodige : la tuberculose disparue, les poumons, l'ulcération de la gorge cicatrisés ; disparues les glandes et la tumeur, les forces et l'appétit revenus. Je fus aussi examinée par mon médecin qui n'avait pas tardé de venir à Lourdes : les larmes aux yeux il déclara, d'accord en cela avec les autres docteurs, que j'étais miraculeusement guérie. Quarantecinq médecins m'ont vue et aucun d'eux, même incroyant, n'a pu contredire le fait de ma guérison.
« Deux mois se sont écoulés depuis lors, et je me porte très bien; j'ai augmenté de lo kilos. »
Cette guérison est encore bien récente, pour que nous puissions nous porter garants de l'avenir. Mais, dès aujourd'hui, nous pouvons dire : MM. les D'^^Béliard et Racine ont déclaré formellement que M"cdcB... était atteinte de tuberculose pulmonaire. Pendant un long séjour au sanatorium, le D"^ Salivas a pu suivre les progrès du mal. Par ses prescriptions, le Dr Grancher semble partager la même opinion. Nous n'avons aucune raison de mettre en doute leurs atlirmalions.
Carina de Bénével
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M"e de B... s'est relevée le i<"- septembre, à la procession, entièrement guérie. Le D^ Racine, qui l'ausculte, le surlendemain, ne trouve plus trace des lésions constatées par lui. Plus de vingt médecins l'ont auscultée depuis, et ont conclu dans le même sens. M"'î de B... a engraissé de 120 ou So livres dans les mois qui ont suivi et, depuis lors, elle n'a pas eu un jour d'arrêt: nous ne pouvons admettre que tous ces médecins se sont trompés, que cette guérison n'est qu'illusion, apparence trompeuse. Sans doute, nous attendons pour nous prononcer, mais, en attendant, nous prenons acte des affirmations de nos confrères et des résultats acquis.
11 faut suivre longtemps ces malades pour s'assurer que ces guérisons ne sont pas une surprise, une amélioration passagère, mais une modification profonde et durable.
Les études du surnaturel sont toujours controversées. Malgré les garanties de tout genre dont nous cherchons à nous entourer, il reste des doutes dans beaucoup d'esprits. Mais il faut reconnaître que la clinique de Lourdes ne ressemble pas aux autres. Tout est troublé dans la marche des maladies que nous observons. Ce sont des guérisons subites, sans convalescence, contraires à toutes les lois; des phtisies brusquement arrêtées dans leur cours, de véritables résurrections sur des malheureux qui n'ont plus que le souffle.
Nous n'avons pas les émotions des amphithéâtres, la chair meurtrie et palpitante sous le couteau du chirurgien, mais nous avons des spectacles plus passionnants... Ce sont des âmes bercées par des harmonies célestes, des cœurs brisés qui se dégagent d'une eff'royable étreinte! Sous nos yeux, la vie revient à flots dans des corps épuisés, des plaies se cicatrisent, des tumeurs disparaissent. Autour de nous, les émo-
tions atteignent à des liauteurs qui sont ailleurs inconnues
Il faut laisser s'épuiser ces premiers chocs; nos malades sont impuissants à ressaisir leur pensée, la science, avec ses froides analyses, serait mal à l'aise. Mais qu'importe? La vision instantanée du miracle n'existe pas. Ce n'est pas Toeil qui voit, c'est l'esprit qui juge sur les documents qui nous sont soumis. Les études, les enquêtes, le classement des faits demandent plusieurs mois.
Avec le concours des médecins de tous les pays et de toutes les écoles, nous avons pu étudier les guérisons des maladies des yeux, des sourds-muets de naissance, des cancers, des tumeurs et des plaies.
Les poitrinaires forment un des chapitres les plus intéressants de l'histoire de notre clinique. A côté de noms anciens : Sœur Julienne, Irma Montreuil, Aurélie Huprelle, Marie Lebranchu (la Grivotte de Zola), chaque année des noms nouveaux viennent s'ajouter, nous apportant des témoignages plus concluants si c'est possible.
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Vue de la Grotte et de la Basilique