‹ L'Œuvre de LourdesChapitre 40 sur 47 · S. S. PIE X · texte numérisé non relu

S. S. PIE X

(pie i5o médecins catholiques étaient réunis à Rome, les principes admis par tous les hommes de science, la distinction cpie nous devons toujours faire entre

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deux ordres de phénomènes absolument distincts : d'un côte, les plaies, les réparations de tissus et, de l'autre, les troubles fonctionnels ou nerveux.

Le Saint-Père voulait, sans doute, répondre aux préoccupations qui avaient pu se faire jour autour de nous. Quoi qu'il en soit, nous étions heureux de recueillir ces grands enseignements de la bouche même du Souverain Pontife et de voir confirmer ainsi les principes qui nous ont servi de guide dans la direction de nos travaux.

Nous sommes restés dix-huit mois sans recevoir d'autre indication.

Le 7 juin 1905, au lendemain du Congrès eucharistique, le Saint-Père daignait nous exprimer le désir de recevoir, par l'intermédiaire de son médecin, le récit de nos plus belles guérisons.

Heureux de me conformer aux désirs du Sainl- Père, qui nous montrait ainsi avec quel intérêt il suit les enquêtes qui se font auprès de la grotte, j'écrivais, dans les premiers jours d'octobre, au D» Lapponi, en lui envoyant le résumé des guérisons qui nous paraissaient présenter le plus d'intérêt. Je le priai de vouloir bien les communiquer au Saint-Père et de me faire part des impressions qu'il aurait recueillies.

Le D' Lapponi voulut bien s'acquitter de la mission que je lui avais confiée, et il me répondait à la date du 22 octobre.

Très cher D'' Boissarie, J'ai communiqué votre Icltre et les faits extraordinaires de Lourdes au Saint-Père qui en a rté très consolé. A son jugcgement, cependant, il serait bon que, pour les faits les plus rema.rq\ia.hles, la. Révérende Curie institue un procès régulier, spécialement sur l'identité des personnes, sur les constatations des médecins et sur les dépositions des témoins qui ont vu les malades avant leur guérison.

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Kn terminant, le Saint-Père envoie de tout cœur, an D'^Boissarie et à ses collègues du Bureau de Lourdes, la bénédiction apostolique.

Homo, le 22 octobre 190,').

D"" LA.PPONI.

Cette lettre renfermait poumons renseig-nement le plus important.

A la veille du cinquantenaire des apparitions, la réalisation de ce prog^ramme, tracé par la plus haute des autorités, devait donner à l'Œuvre de Lourdes sa consécration dernière et mettre, pour ainsi dire, le sceau de l'Eglise sur le constat de nos guérisons, et réunir dans une même afTirmation et la science et la religion.

Aussitôt que le désir exprimé par le Saint-Père eût été connu, Mgr l'évèque d'Evreux écrivit directement au Souverain Pontife pour lui demander Tautorisalion d'instruire un procès canonique sur l'éclatante guérison d'un prêtre de son diocèse, survenue pendant un pèlerinage à Lourdes; il reçut la réponse suivante, à la date du i5 novembre dernier.

Illustrissime et Révérendissinie Seigneur, Le Saint-Père a pris connaissance de la lettre envoyée par Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, le 2 courant, contenant le rapport de la maladie et de la prodigieuse guérison du Révérend Cirette au sanctuaire de Lourdes, pour demander au Souverain Pontife l'autorisation d'instruire un procès canonique sur celle faveur regardée comme miraculeuse. Sa Sainteté, heureuse d'avoir confirmation de cette nouvelle gloire de la Vierge Immaculée de Lourdes, autorise bien volontiers Voire Seigneurie à introduire en Curie ledit procès.

Homo, l."( novembre 1902.

Cardinal Meruy del V.vl.

A l'exemple de Mgr d'Evreux, l'évèque de Bruges, Mgr Waffelaert, ayant sollicité du Sainl-Siège l'autorisation d'instruire un procès canoni(iue.

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sur la célèbre ^uérison de Pierre de Rudder, la Sacrée Congrégation des Rites a répondu à Sa Grandeur qu'aucune autorisation de la Cour romaine n'était nécessaire aux évoques pour instruire de tels procès canoniques, le droit à celte initiative leur étant reconnu par le concile de Trente.

Plusieurs évoques ont fait instituer des commissions semblables dans leur diocèse.

Les études de ces commissions viendront compléter les premières enquêtes et' donner à ces guérisons leur sanction définitive.

Le pèlerinage des médecins, la présence à Rome de nos malades guéris, nous avaient fait mieux comprendre qu'il restait une lacune dans l'étude de nos guérisons. La science avait fait son œuvre, elle ne pouvait guère aller au delà. Le Saint-Père, en nous disant qu'il fallait instituer le procès canonique des faits les plus importants, nous a montré la voie où nous devions nous engager.

Au moment du pèlerinage des médecins, je croyais que les enquêtes que nous poursuivons à Lourdes, sous les yeux de nos confrères^ en présence de tous les témoins, avec l'examen des malades répété pendant plusieurs années, devaient nous donner toutes les garanties possibles. Je croyais même que la congrégation des Rites pouvait difficilement réunir un tel ensemble de preuves. La lecture de quelques procès de canonisation m'a facilement convaincu que j'étais dans l'erreur; d'abord, en ces matières, on admet une procédure que nous devons suivre, sous peine de nullité, les débats doivent être contradictoires.

A Lourdes, un médecin, parfois un simple témoin, fait le récit de la gucrison, reproduit et classe les certificats, choisit ses preuves: souvent c'est une œuvre personnelle qui peut prêter à la critique; il

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faut toujours substituer à l'action d'un seul les conclusions d'une commission. •

Lorsque la congrégation des Rites, en 1890, dut approuver l'OIFice de l'xVpparition, elle lit porter son examen sur les travaux de la première commission d'enquête nommée par Mgr Laurence. Il fut reconnu que le procès-verbal de cette commission était absolument probant dans le fond, mais qu'il manquait des formes canoniques prescrites, et ce défaut le rendait nul. Il fallut l'intervention du Pape, pour dispenser des formalités de la procédure. On voit combien il importe de se conformer aux règles prescrites par la congrégation des Rites.

Nous pourrions laisser après nous de volumineux dossiers, des rapports intéressants au point de vue scientifique, probants même dans le fond, mais que l'Église ne pourrait accepter sous cette forme. Il n'en est pas moins vrai que les enquêtes qui se poursuivent à Lourdes, depuis cinquante ans, constituent l'œuvre d'apologétique la plus considérable. Tous ces matériaux, classés, publiés, discutés en public peuvent facilement être soumis au jugement de la Curie romaine. En leur appliquant les règles d'une procédure canonique, toutes ces publications recevront leur sanction détinitive.

Désormais, le cycle de Lourdes parait complet.

Quand nous célébrerons le cinquantenaire des apparitions, Lourdes ne sera pas un fait que l'on pourra circonscrire dans un temps, dans un lieu. Lourdes sera comme le résumé de ce poème magnifique que tout un siècle a chanté à la gloire de la Vierge Immaculée, Lourdes sera désormais placé sur ce roc immuable que les révolutions ne peuvent ébranler et son histoire restera intimement liée à l'histoire de l'Eglise.

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