FIDES, DU « PROPHETE
Dès le second acte, alors que Bertha vient d'entrer, poursuivie par les soldats d'Oberthal, dans la maison de Jean, où elle a trouvé un abri, le sentiment maternel a l'occasion de se manifester de la façon la plus puissante, puisqu'il ira jusqu'au mépris de la mort. Fidès, en effet, qu'Oberthal a entre ses mains, devra mourir, si Jean ne livre pas sa fiancée. La mère tombe à genoux, prête à recevoir le coup fatal, sans faire un geste, sans regarder même son fils. C'est lui qui décidera de sa vie ou de son trépas, selon qu'il lui préférera, ou non Bertha,
Mais, quand Jean, voyant la hache levée sur la tête de Fidès, s'est précipité vers la cachette de Bertha et Ta livrée au tyran, en disant :
Ah ! va-t-en, tu le vois, il le faut, va-t-en 1
Quelle reconnaissance que celle exprimée par la mère, dans le célèbre arioso :
Ah ! mon fils, sois béni !
La musique est arrivée, dans cette page, à un degré d'intensité d'expression rare. La ritournelle ne dit-elle pas, à elle seule, l'émotion dont est plein le cœur de cette mère, qui ne
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peut d'abord prononcer que des mots entrecoupés ? Ah ! mon fils — sois béni ! Cette appellation de : mon fils, reviendra constamment sur les lèvres de Fidès. Il semble que tout est là : c'est son fils ! et il a renoncé à son amour, envoyant sa fiancée peut-être à la mort, sans hésiter, pour sauver sa mère.
Mais, au IVe acte, quand le prophète se voit menacé de passer pour un imposteur, parce que sa mère Ta reconnu, il n'hésite pas, lui aussi, à offrir sa vie. Il comprend que Fidès acceptera de passer aux yeux de ce peuple tou t entier pour une démente, afin de sauver les jours deson fils, même renégat. Et, lorsqu'elle se trouvera dans la prison, elle ne se plaindra d'avoir été conduite dans un cachot, que parce que l'on retient ses pas, alors que Bertha veut la mort de Jean, au secours duquel Fidès voudrait courir. Et si, un instant, le souvenir de la scène de la Cathédrale lui revient en mémoire et lui fait dire :
Que sur son front coupable éclate ta colère ! Frappe, toi qui punis tous les enfants ingrats !
aussitôt après, elle pardonne, dans cette cavatine si pleine de tendresse.
Ne trouve-t-on pas là l'exemple d'un amour